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Fucking Love

  • Fucking Love #2 - For You - Chapitre 9

    Chapitre 9

    Jax

     

     

    Juillet

     

    Un mois plus tard…

     

     

    L’air de rien, je zieute Dereck et Sage qui sont en train de faire l’exposé de ma fille. Elle l’a embobinée à son arrivée et comme d’habitude, mon partenaire a cédé aux yeux bleus du monstre. Le voilà en train de peindre des sphères en planète de notre système solaire sous les ordres de Sage.

    Je suis ravi qu’il soit là. Dereck passe de plus en plus de temps ici. Il nous rejoint pour nos sorties et reste avec nous le soir pour diner.

    J’ai pensé que ce serait moins brutal pour ma fille si elle s’habituait à la présence de mon compagnon.

    Elle nous croit amis, on joue bien la comédie, pas un seul faux pas en sa présence. Mais dès que Sage part se coucher, une nouvelle facette de notre relation s’éveille et c’est tout aussi génial. Je ne dis pas que c’est simple, on marche sur des plaques tremblantes. Ce n’est pas facile pour moi d’être avec quelqu’un, tout comme pour Dereck. Il y a des habitudes à prendre, et avec un enfant, on ne peut pas vivre d’impulsivité et d’imprévu. Mon partenaire fait de gros efforts. Je lui en suis terriblement reconnaissant de s’adapter à ma vie de père pour qu’on puisse vivre notre existence d’amants. Dereck me propose parfois de sortir et Mack nous couvre en  s’amusant à me lancer des petits piques. Elle est heureuse pour moi.

    Dereck m’a trainé au cinéma, on aurait dit deux ados dans le coin de la salle. Nos mains ne sont pas restées en place et je crois que je n’ai pas compris la moitié du film d’action.

    Il a voulu m’inviter au restaurant, on a passé une soirée géniale, comme Dereck l’avait prédit, j’ai appris des choses sur lui, et inversement. Ce rencard s’est terminé contre la porte d’entrée de mon appartement avec simplement un simple baiser avant que Dereck ne file.

    Ce mec est dix fois trop intense pour moi, et j’aime chaque seconde où nous sommes ensemble.

    Et quand les regards indiscrets ne sont plus dans notre champ de vision, on retrouve l’intensité de ce qui nous a permis d’être ce nous.

    C’est presque amusant de devoir se cacher. J’aime cette excitation qui nous gagne.

    Au studio, Scarlett n’a pas à se plaindre de l’énergie qu’on dépense. J’ignore si c’est ce que Dereck dégage, mais quand on doit tourner, une tension électrique explose et ça finit toujours en apothéose.

    Le sexe avec lui est toujours aussi intense. Surtout en dehors des caméras. J’ose plus. Dereck me fait découvrir certaines pratiques voire certaines positions que je n’aurais jamais tentées même au studio. J’ai toujours aimé faire l’amour, mais avec quelqu’un pour qui on éprouve des sentiments, c’est encore plus fort. Il se produit quelque chose et c’est pire qu’une drogue.

    J’ai découvert un Dereck très câlin. Je n’aurai pas cru, mais lorsqu’on se retrouve dans mon appartement la nuit, sur mon canapé ou dans mon lit, il est le premier à venir se coller contre moi, parfois même sans s’en rendre compte. Je trouve ça touchant, un mec aussi sûr de lui en apparence dégageant un tel charisme ait besoin de ça.

    Il passe presque toutes ses nuits chez moi. Et quand Dereck ne passe pas sa soirée avec nous, je lui envoie un SMS, et vingt minutes plus tard, il débarque dans mon appartement sur la pointe des pieds pour qu’on soit ensemble. On dirait qu’on flirte avec l’interdit.

    Durant ces dernières semaines, les choses ont bougé avec Bell. On a commencé les journées et les soirées « partagées ». J’ai cru défaillir la première fois que j’ai laissé seul Sage à sa mère. Je n’ai toujours pas confiance en elle, je suis flippé comme jamais. J’ai peur qu’elle me l’enlève tellement, que j’en deviens parano si Bell a une minute de retard.

    Je tente de ne rien montrer à notre fille, elle est plutôt heureuse de retrouver sa maman. Surtout que cette dernière ne lésine pas sur les cadeaux. Dès que Sage revient d’une journée avec Bell, elle a droit à quelque chose. J’ai horreur de ça. Qu’on achète son absence par des jouets.

    Je prends sur moi quand Sage me parle de sa mère. Bell lui raconte des tas de choses sur notre passé commun, elle se trouve des excuses, et j’ignore si je suis prêt à encaisser le fait de la partager avec quelqu’un.

    Elle ne l’appelle pas Maman encore, mais je redoute ce jour où je ne serais plus son super héros et où ma place sera divisée en deux.

    Je chasse cette pensée quand j’entends mon compagnon parler de l’atmosphère de Jupiter qu’elle serait écrasée comme une crêpe en y allant. Sage rigole et j’apprécie ce que j’entends.

    Je continue de préparer le repas en les laissant dans leur monde.

    Sage est très contente quand Dereck est là, je l’ai rarement vu comme ça. Il s’intéresse à elle, il joue avec elle et lui parle comme si Sage était une grande. Dereck est génial. J’adore les voir ensemble. Et quand je me permets d’être fou, je me demande comment ça serait, si mon histoire avec Dereck tenait la route. À quoi on pourrait ressembler tous les trois ?

    Mon cœur se gonfle à cette idée. Je m’habitue à accepter ce que je ressens pour Dereck, je me pose encore des questions, le regard des gens est parfois compliqué, celui de ma fille me fait carrément flipper, mais Dereck est tellement exceptionnel que j’oublie les codes et les règles. Il n’y a que lui qui compte, pas les étiquettes qu’on s’attache. Je serai prêt, un jour ou l’autre.

    Je termine le repas, et nous passons à table vingt minutes plus tard. Dereck écoute ma fille lui raconter sa journée, je fais de même. Sage nous parle de ses copines, mais surtout de son nouvel amoureux, un prénommé Edward. Bon sang, sa mère devait fumer ses conneries de bouquins de vampires.

     

    — Moi je collectionne les amoureux en ce moment, c’est fatigant, lance-t-elle de sa petite voix d’enfant.

     

    On se jette un regard avec Dereck pour se retenir de rire. Je la plaindrai presque. Aujourd’hui, je trouve ça mignon, dans dix ans, je botterai le cul du fumier qui s’approchera de ma gosse.

    C’est quand je ne m’y attends pas, que Sage déclare quelque chose qui me fait l’effet d’une bombe.

     

    — Mais Papa il n’a pas d’amoureuse depuis longtemps, soupire-t-elle.

     

    — C’est toi l’amour de sa vie, rétorque mon partenaire en me lançant un clin d’œil complice.

     

    Sage tente d’écraser ses légumes pour me faire croire qu’elle les a mangés, elle joue avec sa fourchette en répondant à Dereck.

     

    — Non, mais moi, il ne peut pas me faire de bisous. Il lui faut une Mack, mais pas Mack Papa. Je veux que cette personne soit gentille. C’est important d’être gentil.

     

    — T’aimerais que ton Papa il est une amoureuse ? demande Dereck. Je croyais que tu aimais bien qu’il ne soit qu’à toi.

     

    Sauf que mon amoureuse du moment elle porte une queue.

    Sage sourit face aux propos de mon partenaire, il répète que ce que ma fille ne cesse de dire. Nous ne sommes que tous les deux depuis le début, elle n’est habituée qu’à moi. Pourtant son discours change ce soir. Elle ne rit pas.

    Je sens que je ne suis pas au bout de mes peines.

     

    — Je ne veux plus qu’il soit seul.

     

    Sa voix est triste. L’ambiance joyeuse de la cuisine devient plus tendue. Un sentiment étrange nous gagne tous les trois. Dereck se tait, il fuit mon regard, comme s’il ne voulait pas me montrer quelque chose, et moi, je reste figé, comme un con.

    Je ne suis plus seul, Sage.

    Je suis heureux et je suis même tombé amoureux, le truc, c’est que c’est d’un homme.

    Mon cœur se met à battre de plus en plus vite alors qu’une idée germe en moi. Une impression de dérapage me gagne. Je vais dire quelque chose que je n’avais pas prévu d’annoncer ce soir.

    Je ne veux plus qu’il soit seul.

    Impossible de m’arrêter. Mon instinct paternel me pousse à vouloir lever cet air morose sur le visage de ma fille.

     

    — Ce n’est plus d’actualité, je lance.

     

    Mes mots font l’effet d’une bombe dans la pièce. Sage se fige, Dereck aussi, il manque de cracher l’eau qu’il a dans la bouche.

    L’atmosphère devient palpable. Je me sens subitement nerveux. Mon compagnon me jette un regard interrogateur et l’espace d’un instant, j’ai l’impression qu’il désire que je me la ferme.

    Ma fille fronce les sourcils, elle se tourne vers mon partenaire qui est choqué.

     

    — Explique-toi, commente Sage, nous ne te comprenons pas avec Dereck.

     

    Je laisse échapper un petit rire. Oh Dereck comprend très bien.

     

    — Jax… commence-t-il, je ne sais pas si…

     

    Je ne le regarde pas, je me concentre sur ma fille pendant que j’en ai encore le courage et les mots. J’ignore ce qui me pousse à parler, mais je le fais. Je suis fou, Sage pourrait mal le prendre, le dire à sa mère, détester Dereck et me détester, mais un sixième sens me dit le contraire.

    J’attrape sa main sur la table pour la caresser tout en murmurant :

     

    — Je ne suis plus seul, ma puce. J’ai quelqu’un.

     

    Ma belle petite fille aux cheveux blond ne cache pas sa surprise. Ses yeux pétillent de surprise.

     

    — T’es amoureux ? me demande-t-elle d’une voix étonnée.

     

    — Oui.

     

    — Ce n’est pas Bell quand même ? répond ma fille en fronçant les sourcils. Elle est mariée, et tu m’as dit que ce n’était pas bien de tomber amoureux de quelqu’un qui ne pouvait pas être avec toi.

     

    Dereck se détend à nos côtés, il sourit en se retenant de rire. Je ne risque pas de tomber amoureux de nouveau de sa mère : elle me déteste, et moi aussi.

     

    — Ce n’est pas Bell, je confirme.

     

    — Alors c’est qui ton amoureuse ?

     

    L’explosion dans ma poitrine. Le souffle qui me manque, l’impression que tout va basculer et l’impossibilité de retenir mes mots.

    J’inspire avant de lancer sans hésitation :

     

    — C’est Dereck.

     

    Sage lâche sa cuillère, ses yeux s’écarquillent sous le choc, elle garde la bouche grande ouverte.

    Je crois que je viens de la choquer.

    Ma fille se tourne immédiatement vers mon compagnon qui tente de se faire discret. Il me dévisage surpris, je crois qu’il ne l’avait pas vu venir. Dereck me demande silencieusement ce qu’il m’a pris.

    Moi non plus je n’en sais rien.

    Son regard vert me dit « tu voulais attendre », mais mon cœur de père en a décidé autrement.

     

    — Dereck, depuis quand t’es l’amoureux de papa ? demande Sage.

     

    Mon partenaire sourit en essayant de masquer son trouble. Il craint que ma fille ne réagisse plus violemment, je le comprends, je ne suis pas serein non plus. Il passe une main nerveuse dans ses cheveux, son bras tatoué bouge et mes yeux captent chaque mouvement. Je chasse la tension et l’appréhension, Sage ne nous regarde pas avec colère.

    Pas encore peut-être ?

     

    — Depuis que c’est le mien aussi, avoue Dereck.

     

    — Oh… lâche ma fille, surprise.

     

    Un long silence s’installe dans la cuisine. Sage dévisage le vide, perdu dans ses pensées. Les minutes passent, on se jette des coups d’œil inquiets avec Dereck. On attend une réaction de sa part. Je la redoute. Ce n’est pas normal son silence. Ma fille ne réagit pas ainsi. J’essaie de décrypter son visage, mais il reste vague. Sage scrute le vide en réfléchissant. Mon cœur bat de plus en plus vite. Je me sens soudainement idiot d’avoir agi aussi impulsivement.

    Je passe une main nerveuse dans mes cheveux, je dois m’expliquer, m’excuser.

     

    — Sage ? Écoute ma puce, je suis désolé, je n’aurai pas dû te le dire comme ça…

     

    Ma fille se met à sourire, elle nous regarde tour à tour. Son visage se détend, et j’espère qu’elle avait juste besoin de quelques instants pour comprendre.

     

    — Vous êtes comme tonton Brooks et tonton Lake alors ? nous interroge-t-elle.

     

    Ensemble, amoureux, amants.

     

    — Oui, nous répondons avec Dereck.

     

    — Est-ce que va pouvoir aller avec eux à la Gay Pride cette année ?

     

    Un fou rire nous gagne, j’ignore où elle a entendu parler de ça, mais je soupçonne nos deux testeurs de sex-toys d’être derrière tout ça. Cette remarque nous détend subitement, elle enlève un poids sur nos épaules. Je m’attendais à pire.

     

    — Est-ce que ça te fait bizarre ? Dis-moi ce que tu penses de tout ça, j’insiste en laissant refroidir nos repas.

     

    — Pourquoi ça me ferait bizarre ? me questionne ma fille en fronçant les sourcils.

     

    C’est là que je comprends que son éducation n’a pas servi à rien, lui apprendre la tolérance et l’amour m’aide beaucoup à cet instant. Sage sait qu’on peut aimer des hommes et des femmes.

     

    — Parce que toutes tes copines ont un papa et une maman… ce n’est pas habituel pour les autres.

     

    Parce que nous n’avons été que tous les deux, parce que j’annonce que je suis avec un homme. Parce qu’on est unique et différent, et même si elle est extraordinaire, parfois, on aimerait toujours être comme les autres. Elle a le droit de le vouloir. L’originalité, sortir du moule, ce n’est pas simple.

    Sage ne cache pas sa peine, pas celle contre moi, mais contre les injustices que nous avons connues. Elle a su faire la part des choses très tôt et comprendre que la vie n’était pas simple.

     

    — J’avais pas de maman, murmure-t-elle, je n’avais qu’un papa. Maintenant j’ai un papa et une presque maman. Je peux avoir un papa de plus, ça me fera plus de bisous. Je suis habituée à être la « fille bizarre », lance-t-elle en bougeant ses mains, comme Mack le fait en voulait faire des guillemets imaginaires.

     

    Elle soupire et prend son air désolé, un léger sourire se dessine sur son visage, Sage a du mal à nous regarder. On dirait que ma fille est peinée par sa récente constatation.

     

    — Je suis très contente, reprend-t-elle. J’aime Dereck. Je t’aime Papa, mais j’aime beaucoup Dereck. Mack dit qu’il est très beau, je ne vais pas me plaindre. Je suis désolée, j’avais besoin de réfléchir. Maintenant, j’ai compris.

     

    Je lui fais signe de venir, Sage sort de table, retire sa serviette et cours vers moi. Je la soulève et la serre dans mes bras. Je la réconforte de ce choc émotionnel qu’elle semble bien prendre. Ses bras se nouent autour de mon cou, elle m’embrasse en me disant qu’elle m’aime. Je tente de la rassurer au mieux. On reste quelques minutes comme ça, à partager notre complicité en confortant l’autre qu’on est toujours pareil. Je suis son père, elle reste ma fille, ma priorité.

    Je finis par murmurer à son oreille :

     

    — Il ne faut pas que tu en parles autour de toi. Pas pour l’instant, ma puce. Ce n’est pas parce qu’on a honte ou qu’on veut mentir aux autres, on veut simplement prendre le temps de profiter d’être tous ensemble, sans que les gens ne viennent nous embêter.

     

    — Pourquoi ? insiste ma fille en chuchotant à son tour.

     

    Je sens le regard de Dereck sur moi, il nous entend, je le sais. Il est très intuitif, l’acteur sait quand se mettre en retrait, et je sais qu’il saura intervenir si besoin. Parfois, Dereck n’a rien d’instable comme il le pense.

     

    — Pour l’instant, on aimerait que ça reste entre toi, moi et Dereck. Tu serais d’accord ?

     

    Pour éviter que ta salope de mère s’en serve pour obtenir ta garde complète, notre histoire doit rester sous silence.

     

    — C’est un secret ? demande Sage.

     

    — Oui.

     

    Ma fille acquiesce contre mes bras, elle s’écarte en me regardant, sans poser davantage de questions.

     

    — Parfait, motus et bouche cousue alors, déclare ma fille.

     

    À la place, elle s’intéresse à mon amant. Je sais que d’autres interrogations lui viendront au fur et à mesure, elle doit encaisser le « choc » encore. On sera là pour répondre à ses questions.

     

    — Dereck ? lâche-t-elle un moment plus tard.

     

    Mon compagnon se tourne vers Sage, lui montrant qu’elle a toute son attention. Un sourire tendre dessine le visage de Dereck, il fait tellement sérieux à cet instant.

     

    — Oui ?

     

    — Est-ce que tu vas pouvoir me lire des histoires encore ? Tu vas vivre avec nous ? Est-ce que tu es toujours mon ami ?

     

    Je souris à mon tour devant cette liste de questions. C’est bien du Sage Howard.

     

    — Évidemment. Non, pour l’instant je ne vais pas vivre avec vous, et bien sûr que je suis toujours ton ami.

     

    Ma fille se réjouit de certaines réponses. Elle descend de ma chaise, je la laisse faire. Elle grimpe sur les genoux de Dereck qui ne dit rien. Sage s’installe sur lui et le regarde d’un air curieux et sérieusement exagéré. C’est tout elle, ses mimiques.

     

    — Je suis heureuse. Papa n’a jamais été amoureux, déclare-t-elle d’une voix gaie. Tu l’aimes vraiment ? De toutes tes forces ? Comme Mickey et Minnie ? Comme Anna et Christophe ? Et Belle avec la Bête ?

     

    Sage le surprend en posant sa petite main sur sa bouche pour le faire taire. Dereck l’observe avec curiosité, je les laisse se parler en restant témoins, mais en retrait.

     

    — Attention à ce que tu vas dire, eux, ils s’aiment éternellement. Même à la fin du film. C’est éternel. Si tu aimes Papa comme eux, tu n’auras jamais le droit de le quitter. Et Papa il dit qu’on ne doit pas faire de fausses promesses. Réfléchis bien. Mais t’as le droit d’aimer papa différemment. Il parait que l’amour est aussi fort qu’on le décide.

     

    Je me retiens de rire devant le dramatisme de ma fille qui doit arrêter les films romantiques et les Disney avec Mack en mon absence. Pourtant son discours me touche, elle tente de comprendre, de voir si c’est sérieux, elle me protège du haut de ses six ans comme moi je le ferais.

    Dereck acquiesce pour lui confirmer qu’il est prêt à répondre au bout de quelques instants. Sage retire sa main et attend sa réponse. Elle ne tarde pas. Mon amant tatoué semble avoir les mots.

     

    — Je l’aime plus que j’aime le chocolat, plus que les câlins entre adultes, et plus que beaucoup de choses. Je ne sais pas si ça sera aussi éternel que dans tes dessins animés, si ça traversera le temps, mais c’est sincère. Je suis sérieux. Je ne compte pas faire de peine à ton père. Je veux qu’il soit heureux et si je peux participer à son bonheur, je veux le faire. Je n’avais pas prévu ça Sage et ton papa non plus. On s’est rencontré pour le boulot, on est devenu ami et sans prévenir, les sentiments se sont transformés en quelque chose de beaucoup plus fort. Je voulais plus que de l’amitié. Je le voulais lui. Je voulais qu’il soit à moi.

     

    — On ne peut pas s’approprier les gens, souligne ma fille en le sermonnant légèrement.

     

    Il n’y a plus qu’eux, ni mon partenaire, ni Sage ne me calculent. Je sens que le débat promet d’être intéressant.

     

    — Je sais… mais quand on aime quelqu’un, comme tu aimes ton Papa en voulant qu’il ne soit qu’à toi, on veut cette personne envers et contre tout. Je voulais vivre une histoire avec lui, malgré la vie parfois difficile. J’ai eu de la chance que ton Papa soit aussi tombé amoureux de moi, même si ce n’était pas prévu. Mais tu veux que je te dise ? Je ne compte pas te voler ton père. Je le partagerai avec toi et ce n’est pas une compétition. Il ne nous aime pas de la même façon et il t’aimera toujours plus. Parce que si je suis son amoureux, toi, tu es son monde, et c’est ce qu’il y a de plus important.

     

    Je reste figé en entendant le sérieux des paroles de Dereck. J’ignore où il a appris à parler aux enfants ainsi, mais il le fait incroyablement bien. Sage le dévisage comme s’il était un de ses nouveaux supers héros et je crois que mon compagnon a réussi à vaincre les peurs de ma fille avant qu’elles n’arrivent.

    Mon cœur bat vite, et des sentiments intenses me gagnent en me confirmant une chose : j’aime cet homme, encore plus parce qu’il protège ma fille.

    Je suis touché.

     

    — C’est comme ça qu’on tombe amoureux ? lance Sage en battant des paupières, l’instant d’après.

     

    — Oui, en tout cas, c’est comme ça que je suis tombé amoureux de ton papa.

     

    Je ne peux m’empêcher de sourire devant cette version un peu conte de fées qui aide à faire comprendre à une petite fille comment un Papa peut tomber amoureux d’un homme et pas d’une belle princesse comme Mack. Notre histoire est plus compliquée, plus intense et sauvage, remplie de sexe et d’incompréhension. Mais depuis que les sentiments se sont installés, elle pourrait peut-être ressembler à quelque chose de plus simple. Cette comparaison est simplement pour ma fille, elle comprendra mieux ainsi.

     

    — Et moi ? Moi tu m’aimes bien ? ne peut s’empêcher de demander Sage.

     

    Dereck se détend, il passe une main dans ses cheveux pour les emmêler ce qui la fait rire. Et moi aussi.

     

    — Je t’aime plus que bien, sinon je ne te laisserai pas dessiner sur mes tatouages.

     

    — Et tu ne regarderais pas non plus la Reine des Neiges avec moi ?

     

    — Exactement.

     

    Dereck la dévisage comme si ma fille comptait plus que tout et sa façon de faire, si naturelle, me touche tellement. Il sait que Sage est mon univers et le voir ainsi avec ma fille, c’est tout. C’est plus que n’importe quelle promesse, plus que le secret. Les actes comptent plus que les mots.

     

    — On ne se connait pas encore comme j’aimerai et comme ton papa le voudrait. J’aimerai qu’on apprenne pleins de choses sur l’autre. Je ne veux pas prendre la place de ton papa, je veux que tu m’en fasses une différente, celle que tu voudras. Je crois que ton père voudra te dire des tas de choses quand je ne serais plus là. Mais je peux déjà te confirmer qu’il t’aimera toujours. Ce n’est pas parce que je débarque dans sa vie, que ça changera entre vous. Je ne veux rien t’imposer. Tu seras toujours sa priorité et d’une certaine façon, tu deviens un peu la mienne. J’espère que tu me donneras une chance. D’être ton ami, d’être moins que ça, ou beaucoup plus. Tu as le choix, on ne te force à rien.

     

    Sage me jette un coup d’œil. Elle semble bouleversée, mais heureuse, comme si on lui avait offert un super cadeau pour son anniversaire. Ses yeux bleus croisent les miens, ils sont légèrement humides. Elle me sourit. Et je suis soulagé de ne pas y voir de la colère. Elle ne semble pas m’en vouloir.

     

    — Il est gentil, me lance-t-elle et il m’aime bien, et en plus il est mignon.

     

    — Oui, je confirme.

     

    — Je sais que c’est vrai, tout ce que Dereck me dit, murmure Sage.

     

    Elle s’accroche au t-shirt de Dereck, et même si elle le sait, elle a besoin de me l’entendre dire. Je ne la quitte pas des yeux en répétant :

     

    — Je ne t’abandonnerai jamais ma puce, et je ne t’aime pas moins parce que j’ai Dereck. Je t’aime toujours autant. Tu es mon univers.

     

    — Je veux que tu sois heureux.

     

    — Je suis heureux avec Dereck et je le suis encore plus avec toi. Rien ne changera, je te le promets, je conclus d’une voix rauque et émue.

     

    Ma fille me lance un baiser dans l’air, et c’est comme s’il atterrissait sur ma joue. Mon cœur vrille, cette soirée aurait dû être différente, mais j’ai l’impression qu’elle devait se dérouler ainsi.

    Il n’y a pas eu de crise comme à la rencontre de sa mère, je sais qu’il y aura des questions, des tas quand Dereck partira, peut-être que Sage ne comprend pas tout, mais j’en doute. Elle vit entourée d’hommes qui s’aiment et cela ne l’a jamais dérangée. Mais je suis son père, tout peut être différent. Je me dois d’être prudent, de la surveiller. Je ne veux pas la blesser. Et Dereck non plus.

    Sage laisse échapper un petit soupir, elle reporte son attention sur mon partenaire, sa petite main se lève pour frotter sa joue râpeuse. Sage est câline en plus d’être très tactile. C’est sa façon à elle de montrer qu’elle aime bien quelqu’un. Et si ça a été le coup de foudre avec Dereck, entre eux, il y en a eu un autre, comme ça, sans raison.

     

    — Je t’adore déjà Dereck, murmure ma fille, et je veux tout savoir de toi. On va apprendre à se connaitre et tu auras une place spéciale. T’es l’amoureux de mon papa maintenant. On prendra soin de lui ?

     

    — Toujours ma puce.

     

    Ma fille se blottit contre Dereck. Je sens mon partenaire très ému, il la serre contre lui en fermant les yeux, comme s’il était soulagé que cette soirée, inattendue se soit bien passée. On dirait qu’il accepte une partie de son avenir qu’il avait refoulé jusqu’alors. Celle d’une famille, de stabilité.

    Sage lui donne une sorte d’accord et je ne peux m’empêcher de soupirer de soulagement.

    J’ai vingt-six ans et pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression de voir se former ce que j’espérais tant en ayant Sage : une famille.

    Je détourne le regard en frottant mes yeux quand je sens l’émotion me gagner. Je n’avais pas prévu de lui annoncer comme ça, ma fille m’a pris de court et je n’arrivais pas à lui mentir. À chaque fois que je lui répondais que j’étais seul, sans copine, elle arborait cette expression triste, je ne voulais pas lui cacher le bonheur que je ressentais depuis plusieurs semaines avec Dereck. J’essaie de me dire que ce n’est pas prématuré, que notre histoire, même si elle est officielle depuis un mois seulement, elle dure depuis plus longtemps.

    L’espace d’une seconde, face à ses mots, mon esprit n’a plus voulu que je cache à la personne la plus importante de ma vie Dereck.

    Je sursaute en sentant une main saisir la mienne, je lève mes yeux bleus en direction de Dereck et Sage, mon partenaire me dévisage. Je resserre sa prise en laissant l’organe dans ma poitrine reprendre un rythme plus normal.

    Il ne dit rien et moi non plus, mais j’ai compris que Dereck savait à quoi je pensais. Et même si c’est encore récent, même si nous tanguons encore un peu. J’ai bonne espoir que nous soyons sur la bonne voie.

     

  • Fucking Love #2 - For You - Chapitre 8

    Chapitre 8

    Dereck

     

     

    — Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis contente de vous retrouver sur ce plateau !

     

    On se jette un regard avec Jax, Scarlett est plus qu’enthousiaste, on dirait que ça fait un siècle qu’elle n’a pas vu de mecs à poil dans son studio. Pourtant, elle ne manque pas de boulots avec tous les duos.

    L’ambiance du label m’avait manqué pendant un mois et demi. Je suis venu tourner deux trois scènes solos, mais ce n’est pas pareil. Ce n’est pas ce qui me fait aimer le porno, et c’est encore moins ce qui me plait. C’est tourner avec Jax qui m’intéresse.

    Scarlett a modifié entièrement une pièce en notre absence. On a découvert un salon à la place d’une chambre dans des styles masculins, à l’allure de pub avec des murs en pierre rouge, un billard, et des canapés en cuir usé. Je crois que mise à part le Donjon de Demon et Archer, tous les décors prennent un coup de neuf plusieurs fois dans l’année. J’adore, l’ambiance qui se dégage est très excitante.

    La réalisatrice s’approche de nous alors que le staff cent pour cent féminin se met en place. Les caméras sont positionnées à différent endroits stratégiques de la pièce, Ciera et Leila règlent les détails techniques.

     

    — OK donc le scénario a été tiré, nous explique Scarlett en sortant une feuille de son décolleté de pin-up.

     

    Son sourire s’élargit, l’impatience me gagne. J’ignore comment on a réussi avec Jax à ne pas se sauter dessus chez moi après notre conversation. On est resté un moment à discuter des dernières nouvelles en ignorant la tension sexuelle entre nous.

    Je deviens pire qu’un ado, mais ce mec dégage quelque chose de tellement intense, qu’il m’est impossible de ne pas avoir la gaule sans arrêt en sa présence.

    J’ai hâte que ce tournage commence, mon côté un peu exhibitionniste est ravi de ses retrouvailles filmées. Je me demande si nous verrons une différence à la caméra entre nous maintenant que tout a changé. La curiosité me dévore. Tout comme l’envie.

     

    — Il s’agit d’une partie de billard qui va déraper, nous avoue Scarlett.

     

    Bon sang.

    OK, d’où le billard qui a dû couter cinq mille dollars. La bête est magnifique, on dirait une table sculptée. Mon premier réflexe est de regarder la taille des pieds. Est-ce qu’il va supporter le poids de deux mecs en mouvement ? Parce que je me doute que ce n’est pas par terre que nous allons tourner, mais sur le billard.

    Jax éclate de rire en me voyant bouger contre ce dernier pour tester sa résistance. Il passe le premier test de validé : ça semble tenir.

     

    — Et quelle est la suite ? demande mon partenaire.

     

    — Impatient ? je le nargue.

     

    Ses yeux bleus trouvent les miens, la lueur que j’y vois me fout des putains de frissons.

     

    — Et toi ? lance-t-il d’une voix rauque.

     

    Très.

    Scarlett se racle la gorge pour obtenir notre attention. On sourit de cette situation. Les choses ont tellement changé en l’espace de quelques mois.

     

    — Les votes et les propositions ont été très… intéressants.

     

    — Merci Mack, commente Jax en prenant un air faussement agacé.

     

    La photographe fait quelques tests en lançant un « pas de quoi » presque innocent.

    De mon côté, j’espère que ce sera aussi chaud que la première fois qu’on a tournée ensemble. Parce qu’aujourd’hui, raisonne un peu comme tel.

     

    — En préliminaire, l’heureux choix est le Rimjob Cowboy inversé.

     

    Jax éclate de rire, je sens monter une chaleur enivrante en visualisant la scène. Bordel de merde, je veux assister au montage de ce film. Je veux tourner cette séquence maintenant.

    Je passe une main dans mes cheveux. J’ai du mal à cacher l’excitation qui grimpe. Elle était déjà palpable quand on a franchi les portes du studio, désormais, elle est brûlante. C’est difficile à décrire, mais il plane dans l’air une impression qu’un truc ne va pas tarder à exploser.

    Je tente de rester concentré en écoutant Scarlett nous suggérer diverses positions avec le billard. Jax en bonne élève ne se distrait pas, moi je pense déjà à l’acteur en plein action.

    Vivement que tu baises, Dereck.

     

    — En position, poursuit Scarlett, vous avez été gâtés, vous en avez deux : Jockey et Teaspoons.

     

    C’est bon, on m’a perdu. Les prochaines minutes vont être les plus longues de toute ma vie. J’aurais dû supplier mon partenaire de calmer ce désir entre nous, chez moi. Cette séquence va avoir ma peau.

    Mon rythme cardiaque augmente, je bande de plus en plus dans mon jean. Je commence à sérieusement douter de mon self-control.

    Et Jax, il opine comme si de rien n’était, comme s’il ne ressentait pas la tension s’évader de mon corps contre le sien.

     

    — Pour la petite note en plus, Jax, il faut que tu taches le merveilleux dos tatoué de Dereck. Je veux voir du blanc les mecs, alors ne me décevez pas.

     

    Il ne manquait plus que ça au tableau.

    Dereck, prépare-toi à la crise cardiaque.

    Scarlett nous offre un petit clin d’œil complice en nous laissant la feuille de récap. Elle repart à ses derniers ajustements, Jax se tourne vers moi. Il affiche un sourire satisfait.

     

    — Tu vas exploser Dereck, j’ai l’impression, commente-t-il.

     

    — J’espère bien, je réponds en usant de provocation.

     

    Je résiste à l’envie de le toucher. D’attraper son t-shirt gris pour le plaquer contre moi et lui lever l’envie de sourire de la sorte.

    Rien qu’à cette idée, mon cerveau déraille. Je m’écarte légèrement de lui. L’absence de cette intimité-là depuis mon agression m’a rendu dingue. Je peux supporter beaucoup, mais ces dernières semaines ont été éprouvantes. J’ai l’impression d’être au bord du gouffre.

    La drogue et l’abstinence sexuelle sont deux mélanges dangereux.

    Ma nervosité vient de là. J’aurais pu céder et me taper le premier cul d’une boite de nuit, mais ma relation avec Jax m’en empêche. Je ne voulais pas aggraver mon cas, et même si l’envie était plus que présente, je n’avais pas envie de coucher avec un inconnu.

    C’est bien la première fois de ma vie que je suis fidèle à quelqu’un avant même d’être avec cette personne. Grande évolution.

    Je fais le tour de la pièce pour installer les boules au centre de la table au cœur du triangle. Je m’occupe pour ne pas avoir à rompre la promesse que j’ai faite à mon partenaire : s’aimer en secret.

    Autumn s’approche de Jax avec son kit pour érection. Elle nous informe qu’elle a caché le lubrifiant dans un des trous du billard avant de disparaitre pour laisser mon partenaire avec sa tablette et ses écouteurs.

     

    — Il se dégage une tension sexuelle dans cette pièce, commente Mack dans un petit soupir plaisant.

     

    Un rire nous gagne quand je croise les yeux bleus de Jax.

     

    — T’as encore besoin de ça ? je déclare d’une voix rauque.

     

    Comme si je ne voyais pas la naissance d’une érection dans son jean.

    Mon compagnon m’offre un clin d’œil complice en allant s’assoir sur un des canapés pour se « chauffer ».

    Je fais mine de m’occuper, je tente de ne pas imaginer Jax dans mon dos, une vidéo porno dans la main, sa queue dans l’autre.

    Pourtant, quand je l’entends siffler, je me retourne. Personne ne nous calcule encore, et ce que je vois manque de me faire craquer.

    Jax me montre sa tablette, il n’est pas sur ses sites habituels. Il est sur le nôtre. Sur FUCKING BOYS, dans notre section. La nôtre bordel !

     

    — Tu vois que j’ai encore besoin de ça, me répond Jax.

     

    Je serre les dents, vivement qu’on commence.

     

    ***

     

    On tourne depuis un bon quart d’heure les prises de jeux qui serviront d’intro pour le scénario du film. On est presque à poil. Les filles ont le chic de trouver des idées pour pimenter n’importe quelles scènes. Après le strip-poker, j’ai découvert le strip-billard, ou si ton adversaire rentre une balle et pas toi, un de tes vêtements rejoint le sol.

    Voilà comment on arrive à augmenter la tension. Jax est à fond. Il joue et il le fait toujours bien dès qu’il est question de se mettre dans la peau de Summers.

    C’était une véritable torture de le savoir s’exciter devant une de nos premières séquences alors que tout le monde le pense devant du porno hétéro.

    Putain d’érotique.

    Quand Scarlett nous a dit qu’on pouvait démarrer le tournage, l’acteur n’a pas cessé de m’allumer. Il ne cesse toujours pas.

    Dès qu’il peut, son corps effleure le mien. Ses mains sont baladeuses quand il s’installe à mes côtés. Il se glisse derrière moi quand je m’apprête à tirer pour rentrer des boules.

    Si nos rôles étaient inversés devant la caméra, je crois que Jax s’en souviendrait. Je le prendrais si fort que son corps en serait marqué de la meilleure des façons. Et j’espère que c’est ce qu’il va me faire, aujourd’hui.

    Je me concentre, il ne reste plus que la boule blanche à faire disparaitre pour gagner la manche. Nous sommes en caleçon avec Jax, cet enfoiré se met juste en face de moi pour me distraire, j’ai dû mal à quitter des yeux son érection déformant son boxer noir. J’ai envie de ça, de sentir son sexe bandé dans ma main, de retrouver sa bouche et le frottement de sa barbe contre la mienne avant que sa langue n’aille fouiller d’autres recoins de mon corps.

    Pourtant, mon côté joueur aimerait remporter la partie avant de gagner le trophée.

    Je respire plusieurs fois, j’essaie de calmer mon rythme cardiaque. Je place la queue de billard, tâtonnent mes gestes, et quand je pense avoir le bon angle, je frappe.

    Sans surprise, la boule blanche part se glisser dans le trou. Je me redresse, la tension explose quand mon regard croise celui de Jax.

    J’ai gagné.

    La partie est finie.

    On va pouvoir s’envoyer en l’air.

     

    — T’as perdu, je lance d’une voix rauque.

     

    — Non, j’ai gagné quand même, me répond-il avec envie.

     

    Jax laisse tomber sa queue de billard sur le sol. Je fais de même avec la mienne et me prépare au choc imminent. L’acteur contourne la table pour me rejoindre l’instant d’après. Son torse heurte le mien. Ses mains m’agrippent, le contact fait vriller l’organe dans ma poitrine. Jax me soulève et me pose rapidement contre la table de billard. J’ai à peine le temps de comprendre que sa bouche est sur la mienne. Ses lèvres m’embrassent avec ardeur. Nos souffles se mélangent.

    Je fourre mes doigts dans ses cheveux en l’attirant plus encore. Nos langues se frôlent, nos bouches se dévorent, l’envie palpite entre nous.

    Mon cœur est bord de l’explosion tellement je crevais d’envie de le toucher. Ses muscles défilent sous mes paumes qui l’explorent. Jax jure contre moi en me pressant davantage. J’aperçois la lumière de la caméra de Ciera.

    Elles vont filmés nos retrouvailles, bon sang.

    L’excitation s’intensifie alors que nos lèvres s’offrent un duel passionné. Ses mains dévient vers mon caleçon qu’il tire pour l’enlever. Je me penche en arrière, notre baiser se rompt pour l’aider à se débarrasser du vêtement. Ma queue bandée se dresse entre nous. Jax jure en la voyant. Une lueur particulière nait dans son regard bleu. J’ai envie de plus aussi. De sentir sa peau nue m’écrasant et le frottement de nos deux sexes l’un contre l’autre. Mes doigts tirent à leur tour sur l’élastique de son sous-vêtement, mon partenaire le fait dégager aussi rapidement que le mien.

    Une fois nu, Jax grimpe sur le billard à son tour. Il me traine avec lui et me force à m’allonger sur le tapis vert. Mon dos râpe un peu, mais ça ne fait qu’augmenter la tension régnante entre nous. Je le laisse tenir les rênes.

    Le désir noue mon estomac, augmente mon souffle et mon rythme cardiaque. Mon érection est douloureuse, j’ai besoin de contact. De sentir des mains me saisir et me toucher avec force.

     

    — Qu’est-ce que l’heureux gagnant veut ? demande Jax au-dessus moi.

     

    Ma main dévie vers nos entrejambes. Je n’hésite pas en saisissant nos deux sexes. Je les empoigne et les caresse comme je peux étant donné notre situation.

     

    — Toi.

     

    Mon partenaire laisse échapper un juron. Ses hanches se mettent à bouger d’elles-mêmes à la recherche de plus de contact. La sensation de sa verge contre la mienne et dans ma main. La chaleur qui se dégage de nos deux corps plaqués l’un contre l’autre mette à mal mon self-control. J’essaie de me calmer, de ne pas oublier que nous sommes en tournage et qu’il faut prendre le temps de donner un certain spectacle.

    Jax pose sa tête dans mon cou, son souffle chatouille ma peau brûlante, il remue dans mon poing, nos deux torses s’effleurent, imitant l’étreinte à venir. Mon cerveau déraille. Le désir est trop fort cet après-midi.

     

    — J’ai envie de toi, murmure-t-il à mon oreille, j’ai besoin de plus.

     

    Moi aussi.

    Je déglutis avec difficulté, sa confession me vrille le cœur et chamboule mon désir.

     

    — Alors, ne jouons pas, je réponds en resserrant ma prise autour de nous.

     

    Jouons. Succombons.

    Jax jure quand je le fais basculer sur le dos. On arrive à échanger nos rôles sans se casser la gueule du billard. Ce dernier ne bronche même pas sous notre poids.

    Je l’embrasse encore, mes hanches glissent contre les siennes, nos sexes se touchent, on s’allume encore. Je veux profiter de ça. De cette tension qui fait vibrer la pièce, du désir qui annihile tout l’espace et engendre un sentiment érotique contaminant. Le silence est encore plus présent que d’habitude, seuls nos râles et nos souffles désaccordés résonnent. Je savoure tout.

    Sous l’effet de la pression, nos gestes se font plus tremblants, je m’écarte. J’embrasse le torse de Jax, et lui lance un regard fiévreux qui donne le signal.

     

    — Je veux ton cul, murmure-t-il d’une voix assez forte pour que les caméras l’entendent.

     

    Les filles nous scrutent et ma queue se raidit un peu plus. Moi aussi j’en ai envie. Je veux faire cramer l’ambiance de cette pièce, prendre mon pied, jouir et le retrouver.

    Je me retourne pour me mettre dos à lui, tout en restant en appuie sur mes genoux, les jambes de part et d’autre de son torse. J’offre mon dos à Jax qui laisse courir ses mains sur mes flancs tatoués. Un frisson me gagne. Jax soulève ses cuisses pour que je prenne appui dessus. Je me penche en avant, ma position lui offre un angle et un accès parfait à mon cul. Je sens son souffle contre mes fesses, mon rythme cardiaque s’accélère. Bordel, rien que l’idée même me ferait presque jouir. Le souvenir de sa langue sur moi et de ses doigts travaillant mon corps me hante.

    Les lèvres de Jax jouent avec ma peau, il embrasse chaque lobe, à chaque instant je me prépare à ressentir la caresse humide de sa langue contre mon entrée, mais ça ne vient pas. La frustration me ronge, l’impatience m’excite comme jamais. Je prends les devants. Je lèche ma paume en laissant trainer une bonne dose de salive, l’instant d’après, cette dernière se referme autour de sa queue. J’étale la goutte blanche sur son gland, Jax frissonne à son tour face à cette caresse.

    Si le scénario ne nous imposait pas cette pratique, sa verge aurait fini au fond de ma gorge.

    Quand je commence à faire glisser mon poing de haut en bas avec rapidité, Jax jure et cède. Il écarte mes fesses et rapproche son visage pour mettre un terme à cette attente. Je laisse échapper un gémissement de plaisir lorsque sa langue vient taquiner mon orifice. Chaude et glissante. Elle s’enfonce en moi en déclenchant des putains de frissons.

    Seigneur !

    Je m’appuie sur les cuisses de Jax en encaissant ses assauts lents et mouillés. Bordel ce que j’aime ça.

    Je respire de plus en plus vite, j’aperçois les filles s’approchaient. Leila s’installe dernière Jax pour obtenir une vision plus précise de sa langue qui détend mes muscles. Ciera capte mes gestes. Je savoure être le centre de l’attention, et l’idée que chacune de nos réactions seront conservées sur la caméra. L’ambiance dans le studio est palpable.

    Jax écarte davantage mes fesses, ses lèvres se joignent à sa langue, des sons tellement bandants et sexy résonnent. L’acteur joue et s’enfonce en moi. Sa salive glisse le long de ma cuisse, il me prépare, m’écarte et fait en sorte de me détendre le plus. Je me laisse aller, j’apprécie chaque seconde. Le feu crépite, je veux toujours plus. Il est tellement doué pour ça… et l’espace d’un instant, je me demande si Jax ne serait pas en train d’aimer un peu trop ce qu’il fait.

    Sa main s’insinue devant moi. Elle saisit mon sexe, je raffermis ma prise autour du sien. Jax suit mon propre rythme tout en poursuivant la torture de sa langue. C’est aussi langoureux, qu’impatient. Chaque caresse décuple les sensations, chaque minute qui s’écoule dans cette position me rend fou. Mon partenaire me surprend, il attire mon sexe vers le bas, vers sa bouche et laisse glisser sa langue dessus, puis ses lèvres. Un frisson me gagne, il est de partout. Sa bouche me suce et l’enveloppe, la chaleur m’envahissent. Je me cambre pour lui donner un angle parfait. Jax en profite, il suce avec plus de franchise mon gland, un gémissement rauque m’échappe, des spasmes éclatent dans mon ventre.

    Bordel, c’est trop bon.

    Mon visage doit prendre une expression de pure passion. J’exprime mon plaisir par des râles sincères, ma main s’active sur son propre sexe, je veux le rendre fou comme il me rend dingue.

     

    — Jax… je souffle quelques minutes plus tard en caressant sa verge avec une frénésie impatiente.

     

    Prends-moi putain.

    L’acteur lâche ma queue, il laisse courir sa langue entre mes fesses une dernière fois avant d’ajouter :

     

    — En place, champion.

     

    Jax me repousse légèrement, je me retrouve à quatre pattes sur le tapis. Lui se redresse et d’un mouvement souple, il arrive à se placer dans mon dos, ses hanches contre mes fesses, son érection pointant contre elles.

    Bordel.

    J’entends le bruit du bouchon du lubrifiant, suivi de ses doigts humides. Ils se pressent contre mon entrée, mon partenaire n’hésite pas à les enfoncer en moi avec aisance. Le contraste chaud froid me fait jurer.

     

    — Bon sang, lâche-t-il, t’es étroit et brûlant à la fois.

     

    Je me resserre autour de lui pour lui intimer de venir y foutre sa queue, mais l’acteur continu à me tenter en testant l’ouverture de mon corps, la chaleur de ce dernier et à quel point, je suis plus que prêt à l’accueillir.

     

    — Jax ! je proteste en remuant contre lui pour m’empaler sur sa main.

     

    — Qu’est-ce que tu veux ? me provoque-t-il d’une voix rauque.

     

    Ses doigts s’enfoncent plus rapidement en moi. La chaleur s’intensifie dans mon ventre, si je me touche, j’explose. Je jouirai comme un putain d’adolescent.

     

    — Ta queue. Je veux que tu me baises avec ta queue, je lance sur un ton mauvais.

     

    Ou une supplique, au point où j’en suis, je n’ai plus la maitrise totale de mon esprit. Mon amant laisse échapper un rire, il se retire, je soupire.

    Enfin les retrouvailles.

    Mais, j’ai tort.

    Jax n’en était qu’à sa première torture. Mon partenaire joue avec son sexe, il n’enfonce que son gland et le ressort, testant encore mes muscles et leur absence de résistance, me donnant un aperçu de son excitation et des sensations qui vont avec la possession.

    Il me tente, me provoque. À chaque va et viens, je m’attends à ce qu’il me prenne complètement.

    Je serre les dents et les poings, j’ai besoin de ça. De lui, de baiser enfin.

    Je suis à bout, en sueur, mon cœur martèle frénétiquement sous le désir. Quand sa main se referme autour de la mienne pour m’empêcher de me soulager, je jure comme un putain de damné. Je suis tellement noyé sous l’envie que j’en oublie l’essentiel : nous sommes au boulot. Si nous étions à l’abri des caméras, Jax m’aurait laissé jouir, mais pas là. Ce qui ne fait qu’augmenter mon désir « pervers ».

    L’acteur reprend ses mouvements brefs, son érection glisse à présent entre mes fesses pour me montrer à quel point il est dur. Il use de mon cul pour se branler.

     

    — Baise-moi, je déclare sur un ton méconnaissable, tu ne…

     

    Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que l’acteur agit. Il referme mes cuisses d’un geste fluide. Ma peau claque. Celles de Jax s’ouvrent et m’emprisonnent entre elles.

    Enfin ! Diable ! Enfin !

    Je ne vais pas rater une miette de sa queue s’enfonçant en moi. L’accès va être serré et chaque sensation sera décuplée. Je remercie le petit génie qui a eu l’idée de baiser dans cette position.

    Les mains de Jax écartent de nouveau mon cul, je sens un liquide chaud glisser le long de mon entrée qui se mélange au lubrifiant.

    Sa salive bordel. Il humidifie mon cul comme ça !

    Je ferme les yeux en me demandant quand est-ce que mon supplice va se terminer, lorsque je sens son gland contre l’entrée de mon corps.

    Je n’ai pas le temps de lui dire de succomber, qu’il s’enfonce brutalement.

    Par tous les saints !

    Le plaisir marque mon visage. Le souffle me manque. Les retrouvailles sont délicieusement rudes, et bordel, c’est jouissif. L’intense chaleur qui se diffuse en moi, mon cul qui s’adapte à l’intrusion. Je sens chaque putain de centimètres de sa queue glisser entre mes muscles serrés. Je palpite autour de Jax, la douleur familière de son empalement me ferait presque jouir.

    Je serre les poings en laissant échapper un râle bruyant qui n’a rien d’exagéré. C’est trop bon.

    Une fois enfoncer jusqu’à la garde, Jax se fige, mon cœur est au bord de l’implosion. Je me serre autour de lui pour sentir son sexe bandé me posséder. Épais, dur, intrusif, et prometteur.

    Bouge, Jax.

    Et c’est ce qu’il fait. Dès que l’acteur commence à me baiser, je me laisse emporter. À chaque fois que sa queue entre et sort, je frémis. Mon corps se frotte en rythme avec ses coups de reins sur le tapis rugueux. Les sensations sont bandantes, c’est presque douloureux, ça ne fait qu’accroitre ce désir que j’ai pour lui.

    Jax ne me ménage pas, il me garde plaqué contre le billard, ses cuisses serrent les miennes. Il m’empale sans s’arrêter, alternant ses poussées, tapant de temps en temps ma prostate. Des putains de décharges électriques inondent mon ventre au moment où je m’y attends le moins. Des frissons de plaisir s’éparpillent dans mon être, je vois des étoiles. J’ai besoin de plus. De soulager la pression, de toucher mon érection qui ne réclame que mon attention.

     

    — Bordel, Dereck… jure-t-il.

     

    Je sais.

    Les minutes qui s’écoulent sont toutes aussi intenses. L’excitation grimpe, le plaisir aussi. Les filles n’en ratent pas une minute. Les caméras tournent autour de nous, et il n’y a aucun jeu d’acteur, toutes réactions sont vraies.

    Au moment où je m’attends à ce que Jax me permette de me redresser, il s’arrête un instant, je gémis, le souffle court. Mes bras et ma joue sont rougis par le frottement contre le tapis vert du billard. Tout comme mon sexe qui n’a trouvé que cette friction, je veux ressentir tellement plus.

    Mon amant se penche à mon oreille, son torse plaqué contre mon dos, il m’ordonne d’une voix rauque :

     

    — Redresse-toi et prends appui sur tes bras.

     

    Je m’exécute. J’avais presque oublié qu’on avait une check-list à remplir.

    Je me cambre, mon bassin prend un angle parfait quand je fais reposer le poids de mon corps sur mes mains. Mes bras sont tendus, je ne sais pas si je vais arriver à encaisser les coups de reins de Jax sans chanceler.

    Mon partenaire me provoque des putains de frissons lorsque ses mains agrippent franchement mes hanches. Il se penche, sa langue remonte le long de ma colonne vertébrale en traçant un chemin humide jusqu’à ma nuque. Jax mordille ma peau, sa queue revient se frotter entre mes fesses, ses mains dévient dangereusement vers mon entrejambe. Il est de partout.

    Et je crois bien que mes nerfs ne vont pas survivre à cette scène s’il ne franchit pas de nouveau la ligne d’ici les quelques secondes à venir.

     

    — T’es à moi. J’ai peut-être perdu la partie de billard, me provoque Jax, mais la course à l’orgasme, je la gagnerai.

     

    Un sourire plaisant s’affiche sur mon visage. Je n’en retiens que trois mots.

    T’es à moi.

    Je suis à lui en quelque sorte. Et je sais qu’il ne le dit pas seulement pour la caméra, l’idée que les gens le pensent m’excite plus qu’elle ne me frustre. On cultive notre jardin secret. Exposant notre histoire récente sous couvert d’amitié, livrant du vrai en faisant croire du faux.

     

    — Je vais te faire jouir si fort, que ton sperme tâchera le tapis de billard en plus de mes doigts, conclut Jax.

     

    Oui bordel !

    Et il craque. Son sexe retrouve mon cul et il s’y enfonce avec force. Le rythme qu’il m’impose est semblable à la frénésie du moment.

    C’est trop bon. Trop intense, trop déchirant et excitant. La chaleur qui me noue de l’intérieur me fait perdre la tête.

    Je n’hésite pas, mon poing se referme sur ma queue que je caresse à la même cadence folle.

    Je savoure chaque coup de reins, chaque poussée qui m’arrachent des gémissements lorsque mon amant touche cette zone sensible en moi.

     

    — Alors, qu’est-ce que ça te fait qu’on se retrouve comme ça ? murmure-t-il à mon oreille.

     

    — C’est parfait, j’avoue dans un souffle.

     

    Savoir qu’on nous mate m’excite comme jamais. Ce sont nos retrouvailles et je pourrais les regarder encore et encore sans m’en lasser.

    De la sueur perle sur mon front, mon érection me fait mal, le désir me broie de l’intérieur. Les pénétrations de Jax m’enflamment, mais pas suffisamment pour me faire basculer. Pas encore.

     

    — Plus fort, je lance. Prends-moi plus fort !

     

    Le bras de Jax entoure ma taille, il me tire en arrière et m’oblige à prendre appuie sur mes genoux, Jax les écarte encore plus pour se laisser la place de bouger. Je sens sa queue s’enfoncer plus profondément, adoptant un angle parfait. Je bouge en même temps que lui. Je m’empale sur son sexe avec rapidité, le son de nos deux corps claquant l’un contre l’autre résonne.

    Le regard des caméras m’excite comme jamais, je sens les yeux des filles, bouches bée d’une telle ambiance au sein de la pièce. L’excitation ne nous anime pas seulement, Jax et moi, les autres aussi sont touchés.

    J’entends les shoots de Mack autour de nous, je n’y prête même plus attention. Je veux jouir, je veux que Jax y aille plus fort, qu’il se lâche, me marque. Je veux le sentir encore en moi durant des heures.

    Je rêve de me faire baiser comme ça depuis Chicago. Ma main ne me suffisait plus et rien n’est comparable à la queue d’un homme vous pilonnant avec force et envie.

    Mon souffle s’accélère, ma voix s’enraille, toutes pensées devient incohérentes alors que Jax se déchaine, il me pilonne avec rapidité. Ses hanches claquent contre mes fesses, sa queue s’enfonce dans un rythme effréné. Il ne se contrôle plus. C’est tellement viril, tellement brutal, on sent le désir puissant, celui qui nous met à vif et nous pousse à bout, jusqu’à l’explosion.

    Jax me rend fou, je m’accroche à lui sans cesser d’accompagner ses coups de reins. À chacune de ses poussés, des millions de petites décharges électriques me parcourent de l’intérieur quand il heurte ma prostate. Le plaisir noue mon ventre, des spasmes jouissifs se rependent, mon sexe palpite, je tremble et s’en est presque douloureux de vouloir jouir à ce point.

     

    — Jax, je…

     

    — Bascule, Dereck, murmure-t-il à mon oreille en s’enfonçant plus brutalement.

     

    Seigneur. Je me mords la lèvre, c’est tellement bon.

     

    — Bordel !

     

    Je jure une dernière fois lorsque Jax touche ma prostate, Ciera comprend que c’est le moment, elle me fait face, la caméra se braque sur ma main qui bouge frénétiquement sur mon sexe. La savoir si proche en train de me filmer atteindre l’orgasme me fait basculer.

    J’explose avec violence, mon sperme tache mon torse, des gouttes tombent sur le vert du billard. Je continue de me caresser en rythme avec les coups de reins de Jax qui ne ralentit pas la cadence. J’ai tellement chaud. Ça fait tellement de bien. L’explosion de sensation est telle, que j’en ai le souffle coupé.

    Mon cul palpite autour de Jax, il l’emprisonne et créée une friction supplémentaire autour de son sexe. Je le laisse faire, je savoure les derniers spasmes de plaisir qui parcourt mon corps et les sensations que mon partenaire prolonge.

    Quand Jax resserre sa main sur ma hanche, je comprends qu’il est sur le point de basculer à son tour. C’est le moment de donner le signal aux filles pour qu’elles ne ratent rien de son orgasme.

    Je m’allonge sur le billard, ma peau frisonne sous le contact râpeux du tissu.

     

    — Marque-moi ! je lance d’une voix cassée.

     

    Et c’est ce qu’il fait, refoulant son envie de jouir au fond de mon corps, Jax se retire, laissant une impression de vide. Je ferme les yeux en l’imaginant cambrée, sa verge prisonnière de son poing qu’il bouge avec frénésie pour clore cette étreinte brutale.

    Il ne lui faut que quelques instants pour qu’un gémissement de plaisir résonne, suivi de la chaleur de son sperme atterrissant sur mon dos tatoué.

    Le silence revient, Jax s’effondre à côté de moi. Je me laisse aller sur le ventre, le corps tremblant de ce qu’il vient de se produire. Ma respiration est en vrac, mais j’affiche très certainement le sourire d’un mec heureux.

    C’était intense pour une reprise.

    Jax se tourne pour me faire face, un sourire déforme son expression. Sa main se glisse dans mes cheveux qu’il saisit pour m’attirer contre lui. Son visage retrouve le mien. On s’embrasse calmement, appréciant le simple contact de l’autre après des retrouvailles absolument renversantes. Nos lèvres rendent au porno arty tout son secret : des moments intimes qu’importe la situation donnée.

     

    — Coupé ! lance Scarlett.

     

    Non, je jure.

    J’en voudrais encore de cette tendresse qu’il offre après le sexe, de ses mains survolant ma peau, alors qu’il est capable de m’empoigner avec force sous l’excitation.

    On s’arrête difficilement, mais Jax est plus maitre de ses envies que moi. Il rompt notre baiser, me lance un clin d’œil avant de se redresser. Mon partenaire s’étire en se remettant debout. Il me laisse à poil, et couvert de sperme sur la table de billard.

    Jax passe devant Mackenna qui termine les derniers shoots et je l’entends demander :

     

    — Tu peux me prendre une photo de lui comme ça, s’il te plait ?

     

    Je fais mine de ne rien entendre, mais Jax l’a dit. Je ne cherche pas à comprendre pourquoi, mais ça me plait.

    Je croise le regard de Mack, il en dit long, la complicité se dégage. Je crois qu’elle a pigé que les choses avaient véritablement changé entre nous.

     

    — C’était parfait les garçons ! poursuit Scarlett après avoir rapidement vérifié sa caméra et celles des autres.

     

    Je me tourne vers la réalisatrice, elle sourit, les joues légèrement colorées. Elle est amusante. Elle tourne depuis des années des pornos et en arrière encore à en être émoustillée.

     

    — On doit appeler ton mari, Scar ? je plaisante.

     

    — Je vais l’appeler moi-même, ne t’en fais pas, me répond-elle dans un sourire.

     

    Je croise les bras sous ma tête en attendant qu’une âme charitable vienne m’essuyer le dos. Et c’est Jax qui vient armer d’une serviette humide quelques instants plus tard. Il me jette un regard complice en laissant trainer sa main libre plus que nécessaire. Mon cœur vrille à nouveau. Je sais bien que notre situation est instable, que quelque chose peut venir tout faire foirer à un moment, mais je veux espérer que ça puisse aller entre nous.

    Au contact du tissu chaud, je frisonne.

     

    — Un second round dans une loge ? me propose-t-il en se penchant vers mon oreille. Je n’en ai pas terminé avec toi.

     

    Il n’a pas fini de me le dire que je descends du billard pour quitter le lieu de tournage et filer dans une zone sans regard indiscret.

    J’espère secrètement que ma douche va connaitre ce second round. Je garde un souvenir enrichissant de mon dos plaqué contre le carrelage sous l’eau brûlante et je donnerais cher pour sentir encore Jax perdre pied.

     

     

    ***

     

    — J’espère que cette nouvelle aventure vous plaira les garçons !

     

    On lève tous nos verres pour fêter l’annonce de notre patronne. Pour notre reprise, Scarlett a fait un petit truc spécial après notre journée de travail. Elle en a profité pour nous annoncer du changement. Mais surtout, son annonce principale étant l’accord qu’elle a passé avec une chaine de diffusion sur le câble. Désormais, certains longs métrages des FUCKING BOYS vont être diffusés tard dans la nuit pour les plus curieux. Elle a également reçu une offre de partenariat pour une agence de pub travaillant avec des parfums et des auteurs érotiques ayant besoin de vidéos ou d’images de promo. J’ai ri en voyant la tête de certains de mes amis et collègues. J’ai déjà participé à ça, et mon corps trône sur quelques couvertures de livres bien sympas. Le milieu de la littérature gay est très enrichissant. On va devoir faire des castings et des nouvelles séances photo pour essayer de décrocher des contrats, ce qui permettra aux studios d’être mis en avant, autres que pour du porno seulement.

    J’ai même cru entendre qu’elle serait prête à adapter un roman érotique BDSM. C’est une sacrée visionnaire. Scarlett est intelligente et remplie d’idées.

    La soirée se poursuit avec les dernières nouvelles. Mason et Zane semblent connaitre un peu de paix dans leur partenariat, ils ont repris une catégorie de la maison, la DIRTY. Apparemment, Brooks et Lake ont suffisamment à faire avec leurs jouets. Mack n’arrête pas de brancher le couple phare du Gentlemen’s Club avec leur shoot hot comme jamais.

    On ne parle pas souvent du Club, mais Mason et Zane semblent être les plus à l’aise, et les stars du lieu. On ne les voit pas souvent au studio, mais j’ai cru comprendre qu’il y avait un endroit caché sur le site de FUCKING BOYS, qui permettrait aux clients les plus particuliers d’assister à leur session en direct du club.

    Encore une idée de Scarlett. Et d’après les rumeurs, Mason et Zane ne répondent pas à des scénarios, mais plutôt à un ordre d’idées donné par les membres du club présent dans la pièce ou une idée venant d’eux, une sorte de voyeurisme pour montrer aux autres leurs fantasmes.

    De quoi éveiller ma curiosité.

    Les deux qui manquent à l’appel de cette soirée sont Archer et Demon. On les a furtivement vus, mais depuis un moment, ils ont disparus.

    J’observe dans un coin mon partenaire discutant avec Scarlett. Il semble plus calme maintenant qu’on a mis les choses aux clairs. Je retrouve l’homme que j’ai connu il y a un an et qui m’a baisé contre une fenêtre avec envie.

    Je n’ai pas le temps de partir dans mes pensées qu’elles sont troublées par une voix assassine dans le couloir.

     

    — Dem !

     

    — Arrête, A ! Lâche-moi !

     

    — Laisse-moi t’aider, bordel !

     

    Un silence gagne la pièce principale du studio. Tout le monde se fige et par réflexe, nous allons voir ce qu’il se passe.

    Une tension palpable règne dans le restant des locaux. On dirait que les deux hommes sont sur le point d’exploser. On découvre Archer et Demon en pleine querelle. Ils se dévisagent avec haine.

    Merde qu’est-ce qu’il se passe ?

    Aucun d’eux ne remarque notre présence.

     

    — Je les ai vus Dem ! Alors tu vas m’expliquer c’est quoi ce merdier ? l’accuse A.

     

    — Qu’est-ce qu’il se passe ? demande Scarlett en arrivant à son tour.

     

    Les deux Hardeurs nous ignorent royalement, pire, face au silence de Dem, Archer explose. Il plaque Demon contre la porte du Donjon. On sent la colère se dégager de lui.

     

    — Comment tu peux faire ça, Dem ?! hurle-t-il.

     

    — Va te faire foutre.

     

    Demon le repousse, mais Archer va plus vite. Il le saisit par le t-shirt, le plaque de nouveau avec force contre le mur, son poing en l’air, A hésite.

     

    — Vas-y, t’en meurs d’envie, le provoque Dem.

     

    Ses cheveux rouges et noirs sont en bataille, ses tatouages jouent sur ses bras dénudés. Il dévisage son partenaire avec dégout et sarcasme.

    A se calme brusquement, le couloir prend une ambiance triste. Il finit par le lâcher, Demon jure en le repoussant pour de bon. Il ne tente pas de le rattraper, et personne n’ose s’interposer avec le Dom quand il passe devant nous.

    Leurs disputes sont de plus en plus fréquentes.

     

    — A ?

     

    L’acteur croise notre regard et ce que j’y lis me tord l’organe dans la poitrine.

    Il est rongé par l’inquiétude.

    Archer ne dit rien, il se contente de nous dépasser pour rejoindre la salle commune. Je le suis, je le vois choper une bouteille de tequila dans le bar et revenir vers le Donjon. On reste comme des cons à ne plus savoir quoi faire ni quoi dire. Archer ouvre la porte et la referme l’instant d’après en la verrouillant, sans nous calculer.

    Putain de merde, c’était quoi ce merdier ?

    Je jette un regard à Jax qui hausse les épaules, tout aussi paumé.

     

    — Ça ne va plus, soupire Scarlett. Et j’ignore quoi faire pour essayer d’arranger les choses entre eux.

     

    La réalisatrice met fin à la soirée en allant s’enfermer à son tour dans le bureau. On reste comme des cons à tenter de comprendre ce qui ne va plus avec notre duo de BDSM, et je crois savoir.

    J’ai remué la merde, et je pense qu’une conversation avec Demon s’impose.

     

  • Fucking Love #2 - For You - Chapitre 7

     Chapitre 7

    Dereck

     

     

    Une semaine plus tard.

     

     

    — Jax ?

     

    Je ne cache même pas la surprise dans ma voix en le voyant sur le pas de ma porte. Je ne m’attendais pas à une visite de lui après une semaine sans signes de vie. Je savais qu’il avait besoin de temps pour réfléchir, mais quelque part, j’espérais que ce moment n’arriverait pas. Parfois j’aime repousser l’échéance, et quand je sens qu’une page va se tourner, j’en ressens un nombre important de sentiments, pas tous bons.

     

    — Salut Dereck.

     

    On se dévisage quelques instants, mon partenaire m’a l’air nerveux. Il frotte sa nuque, ses cheveux bruns sont en pétard. Il a la même gueule de tôlard que moi. Pas rasé, fatigué, et aborde une impression disant qu’on a raté quelque chose.

    Est-ce que tu es déçu de nous, Jax ?

     

    — Est-ce qu’on pourrait parler ? me propose Jax.

     

    Je refoule le stress qui me gagne en acquiesçant. Je m’écarte pour le laisser entrer. Son parfum envahit mes sens quand il me frôle. Je me raidis.

    Je n’aime pas sa façon d’être, elle n’indique rien de bon, un sentiment de crainte m’envahit.

    Je ferme la porte à clé, Jax m’observe quand je me retourne. Je n’arrive pas à garder ce suspens, il faut que je sache.

     

    — Est-ce que tu veux que je démissionne tout à l’heure quand nous arriverons au studio ? je demande.

     

    Mon partenaire sourit légèrement. Cette simple expression allège un poids dans ma poitrine.

     

    — Je veux qu’on s’assoie et qu’on discute sérieusement dans un premier temps, si t’es d’accord, me propose Jax. On a le temps encore avant d’aller au studio.

     

    — OK.

     

    Calme-toi Dereck.

    On gagne mon salon pour s’installer sur mon grand canapé d’angle. Jax d’un côté, moi de l’autre. Je coupe le son de la télévision. Le silence se fait maitre des lieux. J’observe  Jax dans son jean et son t-shirt rouge. J’ai envie de plus. De ne pas connaitre cette distance.

    Est-ce que je vais le perdre pour de bon ?

     

    — Comment tu vas ? ne peut s’empêcher de demander Jax.

     

    Je tape du pied sans m’en rendre compte, mon rythme cardiaque s’accélère. On dirait un gamin sur le point de passer son bac. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je n’arrête pas de penser. Je me demande ce que je vais faire si jamais mon aventure chez FUCKING BOYS doit s’arrêter, je n’ai pas envie de quitter Los Angeles. Mon frère est au point mort pour son enquête, ma vie stagne dans le doute et ce n’est pas bon. Je suis inquiet à l’idée d’exploser et de faire une connerie dans toute cette attente. Jax est devenu mon ancre, il représente un nouveau départ, et ce boulot, ressemble au paradis. Cette seconde chance, je ne veux pas la niquer aussi.

     

    — Je suis nerveux, je ne dors pas beaucoup, je réponds en fuyant son regard.

     

    Je ne voudrais pas y lire « pauvre Dereck, je vais te faire encore plus de mal en te révélant ce que je compte faire de notre situation ».

     

    — Moi aussi, m’avoue l’acteur d’une voix morne.

     

    Le silence revient, je frotte les mains, je cherche les bons mots. Je les avais pourtant, je n’ai pensé qu’à ses excuses depuis des jours. À la meilleure façon de lui expliquer ce qu’il n’a pas compris. Je veux qu’il comprenne que j’ai changé. Je ne suis plus le Dereck d’avant. J’ai changé.

    Une tension palpable nait petit à petit dans mon salon, je me tourne vers Jax, il m’observe déjà de ses yeux bleus. Mon rythme cardiaque s’accélère.

    Ne me quitte pas.

    Je veux croire qu’il y a encore une infime chance de rattraper mon erreur.

     

    — Je suis désolé, nous lançons en même temps.

     

    Cette intervention commune à l’avantage de nous détendre. Un rire léger nous gagne.

     

    — Va y commence, je renchéris, je crois que j’ai suffisamment parlé l’autre jour.

     

    — Et moi pas assez, j’ai réagi comme un idiot blessé, me répond Jax avec honnêteté.

     

    — C’était compliqué à encaisser, j’admets, et je ne t’en veux pas pour ça. Je ne t’en veux même pas à vrai dire.

     

    Jax se décale sur le canapé, je suis surpris de voir qu’il s’approche de moi. Son genou vient toucher le mien, un frisson me gagne, je ne veux pas tenter d’interpréter les signes, mais ce rapprochement me fait du bien.

    Est-ce que c’est bon ou est-ce que Jax fait ça avant de me donner le coup fatal ?

     

    — Je ne sais pas ce que je voulais faire après l’après-midi où tu m’as dit les raisons de ton départ de Miami. J’ai eu besoin de réfléchir, beaucoup, peut-être trop. J’ai pesé le pour et le contre, ça n’a pas été concluant. Alors, hier, je suis allé chez Demon. Nous avons beaucoup parlé, il m’a expliqué certaines choses et m’a éclairé sur d’autres que je ne comprenais pas. Il a changé mon jugement sur certains points, même si à mes yeux, certaines pratiques me dépassent, je n’ai pas à juger ceux qui les aiment parce que moi, je ne les accepte pas. J’ai eu tort.

     

    Mon partenaire soupire en regardant ses mains, je sens une certaine culpabilité chez lui. Mais je suis surpris de son discours.

    J’ai encore en tête ses mots, je n’en reviens pas. Jax est allé voir Demon pour essayer de comprendre ? Je ne cache pas ma surprise ni l’espoir que qui va avec. J’admire son intelligence, Jax ne reste pas fermé dans ses idées, quand il ne sait rien sur un sujet, il tente de s’ouvrir pour en comprendre les mystères. C’est ce qu’il a fait. Sans doute, c’était peut-être plus simple pour lui d’entendre certaines explications de la bouche d’un ami, plutôt que de celui qu’on aime.

    En connaissant Demon, je ne doute pas qu’il a dû être plus que franc sur SHADOWS mais sur le BDSM aussi.

    Jax prend le temps de me confier quelques parties importantes de son échange avec l’Hardeur, je l’écoute attentivement. Petit à petit, je me détends en voyant que Dem a fait les choses bien. Je suis presque soulagé de voir Jax calme. Il n’est plus aussi nerveux qu’en arrivant et n’affiche pas ce même regard que lors de mon annonce.

     

    — Et j’ignorais que tu te tapais Demon, finit Jax en se laissant aller à un petit rire tendu.

     

    Oh bordel.

    Mon cœur rate un battement en l’entendant mentionner cette histoire. Alors comme ça Demon s’est montré très… loquace.

    Est-ce de la jalousie ?

     

    — C’est un peu compliqué… je commence, c’était des histoires comme ça, sans… rien de sérieux.

     

    Sa main se pose sur mon genou, il le serre en cherchant mon regard. L’ambiance dans le salon s’intensifie.

     

    — Je n’allais pas te piquer une crise, à vrai dire, je pensais en rire en te demandant de me raconter dans quelles circonstances on peut se taper Demon Riggs « comme ça ».

     

    — Nous étions amis Jax, parfois ils nous arrivaient d’un peu déraper mais… je n’ai jamais eu de sentiments pour lui.

     

    Pas comme pour toi.

    Mon partenaire, qui n’était pas du tout jaloux d’après lui, prend un air satisfait en m’entendant lui dire que je n’étais pas sous le charme de Demon.

    Est-ce un signe ?

     

    — Demon m’a dit qu’il pensait que tu avais eu une rupture entre le Dereck de SHADOWS et le Dereck d’aujourd’hui et il a raison. Tu n’es pas un monstre Dereck, et je suis désolé de t’avoir dit que tu en étais un. J’étais sous le choc l’autre jour, quand tu m’as appris tout ça. J’ai eu l’impression de voir un inconnu. Pire que ça, j’ai eu une sensation de déjà-vu. Je pensais connaitre presque tout de toi, et j’ai découvert une facette très sombre à un moment où je n’avais pas suffisamment de recul pour l’encaisser de manière plus adulte. J’ai senti mon cœur se briser en deux. Je me suis dit que j’avais laissé entrer un homme dans ma vie, la remettre en question et lui, il trouvait le moyen de tout foutre en l’air. Je t’en ai voulu Dereck de me révéler ce qu’il y avait de moche chez toi.

     

    Bon sang.

    Je me sens subitement vulnérable de l’entendre me dire tout ça. Je m’en veux de lui avoir fait ressentir cette peur et cette déception mais ses mots, son respect et ses excuses qui n’auraient pas eu besoin d’être dites, ça engendre un flot d’émotions intenses.

    Jax s’en veut de m’avoir jugé, et je lui en suis reconnaissant de s’ouvrir autant. De me confier ce qui l’a brisé cet après-midi-là. Pourquoi sa réaction était si forte et sa colère si puissante.

    Je comprends désormais.

     

    — Jax… je commence.

     

    Mais il m’interrompt.

     

    — Mais maintenant, je préfère savoir que d’imaginer une réalité qui n’existe pas. Maintenant, je me dis que je sais presque tout de toi. Le bon comme le mauvais, le douloureux et le moche. Et c’est mieux.

     

    Nos regards clairs se croisent de nouveau. L’expression sur le visage de Jax ne cache pas ses doutes et sa déception de lui-même. L’organe dans ma poitrine se serre. Je saisis sa main sans hésiter et la serre de toutes mes forces pour lui montrer que je le soutiens, que j’ai ressenti cet amas de sentiments durs et contradictoires qui nous plongent dans l’incertitude.

    C’est violent d’aimer quelqu’un dont on ne connait pas tous les secrets et c’est d’autant plus violent quand on les apprend une fois qu’on est engagé.

    À mon contact, Jax cède une première barrière. Il se retourne, attrape mon t-shirt gris et m’attire contre lui pour que nos visages soient face à face.

    Son souffle se mêle au mien quand il m’avoue d’une voix triste :

     

    — Ma fille te réclame. Elle est en colère après moi parce qu’elle pense que je me suis disputé avec toi et que je t’ai foutu dehors sans te donner une seconde chance. Le pire, c’est qu’elle a raison aussi. Et tu sais quoi ? Passé le choc, passés les doutes et les zones sans réponses, j’ai compris ce que je voulais. Mais est-ce que toi, tu veux la même chose encore ?

     

    Je l’attire contre moi d’un geste brusque, on est à moitié avachi l’un sur l’autre. Le contact de son corps contre le mien dégage une chaleur réconfortante.

    Je n’ai plus peur maintenant, je comprends que les choses n’ont pas changé malgré le passé. Jax m’offre une seconde chance, et peut-être même que je n’avais pas perdu la première. Il avait besoin de temps pour réfléchir et faire son choix.

    Il l’a fait.

    Je souris, il attend ma réponse. Je glisse ma main dans ses cheveux, c’est agréable de ne plus avoir de plâtre pour faire ça. Agréable de pouvoir le toucher encore.

     

    — C’est toi que je veux, je réponds sans hésiter. Depuis ce baiser sous la pluie, depuis notre trio avec Archer, depuis la nuit où tu m’as dit que tu ressentais quelque chose, depuis que j’ai appris à te connaitre. C’est toi que je voulais. Qu’importe les sacrifices à faire, même si t’es hétéro et moi homo. Je n’ai pas su résister non plus et j’ai échoué en te promettant de ne pas franchir la barrière entre amitié et sentiments. Mais je te veux Jaxson Howard.

     

    — Je ne veux pas que tu quittes FUCKING BOYS, renchérit-il en serrant toujours mon t-shirt.

     

    — Moi non plus, je réponds dans un souffle.

     

    Ma bouche s’écrase contre la sienne l’instant d’après. Jax jure et m’embrasse en retour. Ses lèvres cherchent les miennes, la tension augmente, l’envie aussi. Je sens naitre une putain d’érection dans mon jean. Je le veux. J’ai besoin de calmer cette excitation qui demeure depuis un mois. J’ai envie de le retrouver de cette façon. De lui prouver que c’est différent des autres fois. Entre nous, ça devient de plus en plus fort.

    Ma langue se joint à la partie, la sienne effleure la mienne. Nous continuons ce combat où nos souffles deviennent haletants et le désir si ardent.

    Mes mains glissent sur son torse, je touche ses muscles ferment en le faisant basculer sur le dos. Je sais qu’il nous reste des tas de sujets à évoquer, mais à cet instant, le feu me dévore et je veux cet homme.

    Jax laisse échapper un juron en ayant mon érection contre la sienne. Il m’embrasse avec plus de ferveur. Mais dès que je commence à vouloir retirer son t-shirt, l’acteur fait preuve d’un grand self-control.

    Jax s’écarte avant que le choses se compliquent, il me jette un sourire heureux en touchant ses lèvres. Un poids semble avoir quitté ses épaules, et le soulagement a envahi ma poitrine. On commence petit à petit à mettre les points sur les I, à éclairer des zones d’ombres et à révéler ce qu’on a tant gardé pour nous depuis des mois.

    Les sentiments font flipper, et nous sommes deux désavantagés de ce côté.

    Il se lève du canapé, comme pour nous donner de la distance. Je le laisse faire, peut-être Jax a besoin d’un peu d’espace pour la suite.

     

    — Je voudrais que tu me promettes que si un jour tu dérapes et rechutes, tu ne redeviendras pas cet homme capable de faire n’importe quoi devant une caméra pour du fric, mais un homme capable de demander de l’aide. Et si un jour, tu as envie de plus, de…tente d’expliquer Jax en scrutant mon salon.

     

    Il ne me faut pas beaucoup de temps pour piger ce qu’il a du mal à sous-entendre. Son hésitation étant toutes les pratiques que j’ai un jour adorées.

    Mon compagnon me jette un regard en coin et soudain je comprends pourquoi il s’est éloigné pour me parler de ça. Ce n’est pas seulement notre baiser qui l’a mis dans cet état, ce sont ses pensées.

     

    — Tu rougis, je le taquine. Tu ne serais pas curieux Jaxson Howard ?

     

    Jax passe une main nerveuse sur sa nuque en jouant avec la balle de baseball qu’il a trouvé dans ma bibliothèque.

     

    — J’ai vu une vidéo de Demon et Archer, d’accord ? se justifie-t-il, c’était assez… intense et j’y pense encore, mais ça m’a amené à me poser des questions sur ce que tu voudrais peut-être. En plus de ce qu’on a.

     

    Je soupire en m’appuyant sur mes coudes, il doute encore sur certains points et je ne peux que le comprendre. Même si Demon lui a permis de répondre à ses questions, celles qui me concernent sont sans réponses encore.

     

    — Je ne peux pas te promettre qu’il n’y aura jamais de rechute avec la drogue. Mais si jamais ça se produit, je me ferais hospitaliser pour qu’on m’aide. Je ne veux pas revivre ces mois d’enfer seul. En revanche, je peux t’affirmer que je ne tournerais plus dans des trucs hardcore. Je ne suis plus un Hardeur. Ça me convient ce qu’on a entre nous. C’est différent, mais ça me plait parce qu’il se dégage des choses encore plus intenses que de soumettre quelqu’un dans un donjon.

     

    Jax se fige en m’écoutant parler d’une voix calme et apaisée. La nervosité s’est envolée à l’instant où il m’a dit qu’il me voulait malgré mon passé. C’est à mon tour de lui enlever certains doutes.

    Je ne quitte pas ses yeux en révélant ce que je pense avoir compris.

     

    — Je crois que t’as des tas de trucs à découvrir encore Jax. Alors si t’es curieux de quelque chose, tu m’en parles et on voit. Mais je ne veux plus jamais baigner dans le milieu du BDSM de façon… poussée. Je ne veux plus jamais être un dominant dans ce contexte. Ça m’a trop détruit. Je n’ai pas réussi à être aussi détaché que Demon pour continuer dans cette voie. Et sincèrement ? Ce ne sont pas des pulsions, je peux très bien me passer de tout ce que j’ai pu faire auparavant dans le porno. Regarde, c’est exactement ce que j’ai fais depuis le début de notre partenariat.

     

    Je lui offre un clin d’œil complice en voyant Jax devenir rouge, c’est surprenant quand on le connait. C’est toujours compliqué de parler de ses envies et de ses fantasmes. Et Jax a beau être un super acteur porno, dans sa vie d’homme, il reste comme la moyenne des gens : ses fantasmes sont… tabous, ses désirs doivent être raisonnables.

     

    — Je crois que Jaxson Howard a deux trois fantasmes en tête là, je murmure sur le ton de la confession.

     

    — Bordel, je… tente-t-il de s’expliquer.

     

    — Tu voudras que je t’attache et que je te bande les yeux, Jax ? je le taquine, que je joue avec toi, ton corps avant de nous propulser dans le plaisir ?

     

    Sa respiration s’accélère, je le vois déglutir avec difficulté, et l’envie de lécher sa gorge pour apprécier les battements de son cœur me tord l’estomac. Je serre les poings, si ça ne tenait qu’à moi, Jax se retrouverait plaquer contre le sol de mon appartement. Nous serions déjà en pleine action.

    Mon partenaire m’offre un regard noir qui ne cache pas cependant son excitation.

     

    — Je vais aller boire un verre d’eau, murmure Jax.

     

    Je me lève pour le retenir, nos corps se heurtent de nouveau, l’atmosphère de la pièce se gorge d’excitation. Je le fais basculer sur le canapé avec moi, sous moi. Jax encaisse mon poids, je souris comme un ado à l’idée de pouvoir me permettre ça, de lui dire ce qui me passe par la tête, de le toucher sans craindre de représailles par la suite.

     

    — Alors ?

     

    — Va te faire foutre Dereck, jure-t-il.

     

    — Bientôt, je l’espère.

     

    J’embrasse le coin de sa mâchoire avant de m’écarter.

     

    — J’arrête de t’embêter avec ça, même si l’idée me plairait, ce que tu m’offres me convient.

     

    Jax reste allongé un instant, les yeux clos, il ressemble le peu de self-control qu’il lui reste.

    Bordel, j’ai hâte d’être à cet après-midi pour faire redescendre la tension maintenant que mes peurs se sont envolées.

     

    — J’aimerai te dire aussi : merci d’avoir cherché à comprendre, j’avoue en frottant mes mains sur moi. Merci d’avoir compris en partie, de ne pas me juger sur ce que j’ai pu être. T’as le droit d’être curieux Jax sur ce que t’as découvert, ce n’est pas mauvais. Et jamais je ne ferais quoi que ce soit qui te mette mal à l’aise. Je ne veux pas d’une relation tâchée par les pratiques de mon passé. Je veux ce qu’on avait à Chicago.

     

    J’affronte son regard, Jax acquiesce, il se redresse et m’avoue sans pudeur :

     

    — Je devrais te sortir de ma vie. M’éloigner de toi pour le bien de ma fille, pour le mien, pour me rendre les choses plus simples avec Bell mais…

     

    Il me surprend en montant sur mes genoux. Je me retrouve plaquer contre le dossier du canapé, Jax me surplombe, il est subitement sérieux. Mon rythme cardiaque s’emballe de cette soudaine proximité.

     

    — Je suis amoureux de toi, poursuit Jax, et je n’arrive plus à lutter contre.

     

    Je ferme les yeux en resserrant ma prise autour de sa taille.

    Il a enfin accepté ses sentiments et il a eu le courage de me les dire à voix haute. Et ça… c’est comme sauter sans parachute, grimper sans cordage, courir près du vide et avancer dans le noir. C’est aussi fort qu’un feu d’artifice et aussi intense que le contact d’une main sur une peau. C’est aussi renversant qu’un des plus grands discours, ce sont des mots qui vont changer tout un monde.

    Aujourd’hui c’est le mien qui change.

    Son front se pose contre le mien, quand il reprend, sa voix est rauque et sincère.

     

    — Ça me fait toujours autant flipper, parce que la dernière personne que j’ai aimée, elle m’a abandonné. Mais, tu m’obsèdes. Quand je pense à toi, je me sens heureux. Même si ça me semble compliqué. Ça me rend dingue cette chaleur qui me gagne quand je suis près de toi. Mon cœur s’emballe à chaque fois qu’on se touche et une montagne de sensations m’envahit quand on se noie dans le sexe. Je souris comme un con quand tu fais de même. J’aime quand tu es avec ma fille, j’aime que tu l’adores et que sans t’en rendre compte, tu prennes soin d’elle. J’admire le combat que t’as dû mener, même si je ne sais pas tout et que je ne l’ai pas compris tout de suite. J’aime l’homme que t’es en dehors du porno, et le contraste que tu arbores parfois. Fort mais avec des faiblesses. J’aime quand t’es drôle et qu’en un regard, tu arrives à dire beaucoup de choses sans prononcer le moindre mot. J’aime l’idée que t’es réussi à me montrer qu’on puisse aimer au-delà des apparences. Je n’ai aimé et voulu que des femmes, mais aujourd’hui, la seule personne que je veux, c’est toi. Je veux qu’on fasse plus qu’essayer, Dereck.

     

    Bordel.

    Mon cœur chavire devant cette déclaration, je ne m’y attendais pas, je ne pensais pas connaitre ce sentiment un jour, ni cette chance. L’amour me semblait une aventure interdite, jusqu’à lui.

     

    — Je veux ça aussi.

     

    Même si je n’ai aucune idée de comment ça va se passer, je n’ai pas envie de tourner la page en disant que l’alchimie entre nous n’existe pas. Nous sommes adultes, nous le voulons tous les deux et nous avons compris que ça ne servait à rien de taire nos sentiments.

     

    — Je suis imparfait, m’explique Jax, mais j’essaie de rattraper mes erreurs avant que les gens auxquels je ne tiens m’échappent. Je démarre dans cette existence-là, Dereck, je risque de faire de nombreux faux pas. Je n’ai jamais été en couple en étant un adulte. Je n’ai jamais été avec un homme…

     

    — Et moi donc.

     

    Jax reste assis sur mes cuisses. Je résiste à la chaleur qui grimpe, à cette envie puissante de vouloir plus que sa proximité. C’est dur de se concentrer, mais je l’écoute, parce que je sais que les minutes qui vont suivre sont importantes.

     

    — Si tu veux t’engager avec moi, il faut accepter que Sage soit là aussi. Ma fille reste ma priorité.

     

    — Je sais, et jamais je ne t’en voudrais ou te le reprocherais, je réponds sans hésiter.

     

    J’adore cette gosse, et quand elle est avec son père, voir Jax aussi protecteur et viril me fout une putain d’érection. Jamais Sage n’a été un problème dans mon esprit, même si ça implique beaucoup de responsabilités de sortir avec quelqu’un qui est parent.

     

    — Mais je peux en avoir une deuxième.

     

    Jax me surprend en m’avouant ça. Ça gonfle l’organe dans ma poitrine et me prouve que je ne suis pas rien pour lui. Qu’il a mis le temps mais qu’une fois que Jax est engagé, il l’est totalement.

    Putain, ça promet.

     

    — Je crois en la fidélité dans un couple, je suis assez vieux jeu là-dessus. Je crois qu’on peut très bien faire marcher notre partenariat et notre histoire. 

     

    Jax est incapable de s’arrêter de parler, comme si nous avions un train à prendre, comme si le temps pour s’expliquer était compté. Je le laisse faire, parce que j’apprécie tellement de le voir lâcher les rênes. Et si me dire toutes ces choses le rassure, Jax peut me parler toute la journée. Entendre sa voix et savoir que ce mec va être à moi me satisfait tellement.

     

    — Je n’accepterais pas de te partager en dehors du boulot, je l’interromps.

     

    Et encore…

    Jax redevient sérieux, son regard croise le mien, sa voix devient tendue, il inspire plusieurs fois avant de se lancer.

     

    — Et si un jour, tu veux qu’on arrête tout ça, je t’en prie, ait le courage de venir me le dire en face.

     

    La peur de l’abandon. Bell l’a traumatisé avec ça.

     

    — OK, c’est promis, je jure.

     

    Jax pose de nouveau son front contre le mien en nouant son bras autour de mon cou.

     

    — Merci de ne pas me prendre pour un fou de dire tout ça.

     

    J’embrasse sa joue râpeuse en sentant des vagues de chaleur nouer mon ventre.

     

    — Est-ce qu’on recommence à zéro ? je demande.

     

    — Je ne veux pas oublier Chicago, murmure Jax contre moi. On tourne la page plutôt, si tu es d’accord ?

     

    — Je suis d’accord… j’affirme sur un ton amusé.

     

    — Mais ?

     

    Il commence à bien me connaitre. Je souris contre lui en lui faisant part de ce que j’aimerai. On a débuté notre histoire à l’envers.

     

    — Mais j’aimerai qu’on recommence du début sur certains points.

     

    Jax sourit à son tour. Il me dévisage, amusé, prêt à entendre mes idées.

    Mes mains descendent le long de son dos, je le presse contre moi en expliquant :

     

    — Je veux te draguer et réussir à te séduire. Sortir avec toi et rentrer chez moi sans rien avoir obtenu de toi si ce n’est un baiser coller contre un mur entre deux ruelles. Je veux passer plusieurs soirées à tes côtés et apprendre à connaitre tout ce que j’ignore encore sur toi. J’aimerais qu’on normalise cette relation sous certains aspects.

     

    — Tant que tu peux coucher avec moi, plaisante Jax.

     

    Un rire léger résonne.

     

    — Je doute de pouvoir réussir à me contrôler à ce niveau, tout comme je pense que Scarlett ne serait pas d’accord pour une chasteté prolongée.

     

    Et bordel, jamais je ne tiendrais plus que quelques heures. Si je me retiens, là tout de suite de lui dire de se foutre à poil et de le baiser c’est juste parce que tout à l’heure, quand nous arriverons au studio, l’attente aura engendré des pulsions et une envie folle auquel on pourra succomber.

    Mon côté voyeur et exhibitionniste va en prendre plein la gueule.

     

    — T’es un grand romantique, Dereck, souligne mon partenaire.

     

    Ma main se pose sur sa nuque.

     

    — Tu n’as pas idée. Sache que j’étais malheureux à l’idée de te perdre. Tu n’as jamais été avec un homme ? Je ne suis jamais tombé amoureux d’un. Je ne sais pas faire non plus, sinon, je n’aurai pas autant merdé ces derniers mois en te cachant la vérité. Je crois qu’on avance en terrain inconnu Jax, mais ça me va parce qu’on avance ensemble.

     

    — Je suis désolé de mettre du temps à comprendre les choses et à les accepter surtout, s’excuse-t-il.

     

    — Je me dis que l’attente valait peine.

     

    Et je crois qu’il partage mon avis. Si ces sept jours lui ont permis de prendre une décision censée, ça me va.

    J’observe Jax et je sens qu’il a envie de me parler. Je l’encourage, je pars du principe qu’à partir de maintenant, tout peut être dit.

     

    — Est-ce que je peux te demander une dernière chose ?

     

    — Je t’écoute.

     

    Jax hésite, cherchant ses mots durant un moment. Je fronce les sourcils et avant qu’il ne se lance, je crois savoir.

     

    — Est-ce qu’on peut rester discret quelques mois ? J’aimerai éviter que Bell l’apprenne et qu’elle s’en serve contre moi pour le jugement. Le regard des gens ne m’effraie pas, simplement…

     

    — Une chose à la fois ? je renchéris pour conclure sa phrase.

     

    Je comprends parfaitement. Ça ne me dérange pas. Je me fous des étiquettes, je veux simplement que Jax soit le mieux possible. C’est nouveau pour lui d’assumer d’être avec un homme. Je ne compte pas lui imposer la totale. S’il veut prendre son temps, on ira à son rythme.

    Jax me remercie d’un signe de tête, ce mec ne se rend pas compte de ce qu’on aimerait faire pour lui.

     

    — J’ignore encore comment justifier mon boulot auprès du juge, pour l’instant, je réfléchis encore à ce sujet, mais je veux prendre le temps de le dire à Sage, quand elle sera moins perturbée après le retour de sa mère. Je veux faire les choses bien. Je veux être sûr de nous avant de lui dire.

     

    Ces propos son censés. Il n’y a rien à contredire.

    La rencontre a eu lieu alors Bell. Je n’oublierai pas de demander comment ça s’est passé pour eux deux quand on sera sorti de ce moment spécial nous concernant.

     

    — Tu es son père, tu sais ce qu’il y a de mieux pour elle, je le conforte dans ses propos.

     

    Jax soupire en acquiesçant, il n’est pas bien depuis le retour de son ex, je veux être là pour lui. Mon partenaire n’a pas à affronter ces emmerdes seul.

     

    — Et puis, si tu es d’accord, j’aimerai voir si ça marche entre nous avant de le dire aux autres. J’aimerai qu’on règle nos problèmes sans que tout le monde vienne nous juger. Mais je ne veux pas qu’on les règle séparément, poursuit Jax.

     

    — Ça me va. C’est tellement plus que ce que je pensais obtenir après t’avoir dit mon passé, je réponds avec sérieux.

     

    — On aurait dû avoir cette conversation il y a des semaines Dereck, on a repoussé, je suis désolé de ça aussi.

     

    Il faut dire qu’on a connu pas mal de merde dernièrement qui n’ont pas aidé. Maintenant on sait, on est fixé.

     

    — Essayons pour de vrai cette fois, conclut Jax.

     

    Je le serre contre moi en savourant les sensations de dingue qui m’envahissent. Je pensais que notre histoire se terminerait aujourd’hui, mais nous avons trouvé le moyen de la faire débuter pour de bon. Ensemble. Et même si toutes nos emmerdes sont loin d’être réglés, j’ai la certitude qu’une chose dans ma vie sera stable et vraie : Jax.