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  • Fucking Love #1 - For Play - Chapitre 17

    Chapitre 17

    Dereck

     

     

    La soirée des Grabbys se termine avec un quadruplé pour FUCKING BOYS. Scarlett est heureuse comme jamais, elle va pouvoir se vanter

    Le label a raflé l’Awards du meilleur actif pour Jax, son statut de gay for play semble plaire aux jurées et ses prouesses ont été saluées. On repart également avec le meilleur solo grâce à Brooks, ce dernier nous a fait un show sur scène en récupérant son prix, un mime de branlette qui a éclaté la foule. Très différent du sourire timide de Jax.

    Nous avons eu la chance avec Jax d’être élue duo le plus hot de l’année, ex-aequo avec deux gars de MENS.

    Et pour finir, je rentre avec une statuette du meilleur newcomer pour la première fois. D’habitude, je n’étais jamais nommé. SPIT OR SMALOW a tellement d’acteurs qu’on est noyé sous la masse, et ce n’était sans doute pas plus mal étant donné l’état dans lequel j’étais.

    La cérémonie de remise des prix était des plus chaudes. L’ambiance était électrique et ceux qui se sont occupés de monter le show ont fait un sacré boulot de recherches. Ils ont diffusé des extraits de films qui ont fait monter la température. Pour notre duo, c’était un bout du plan de notre trio, lors du final. Putain j’en ai bandé comme un fou durant plusieurs minutes.

    Jax a mes côtés, me jetait des regards plus qu’équivoques. Ces dernières heures ont été folles et d’une intensité palpable. Je ne rêve que d’une chose, le coincé dans une zone discrète et lui enlever ce sourire.

    Nous n’avons presque pas dormi de la nuit, nous avons passé des heures à user du corps de l’autre entre les draps, tachant nos peaux des preuves de nos ébats. On s’est envoyé en l’air comme jamais, dans une dizaine de positions, dans la douche, sur le fauteuil de sa chambre, par terre et contre le mur. Et ce matin, alors que la journée se levait sur Chicago, on a commencé ce jour de célébration sur le balcon de sa chambre, nu, lui contre mon dos à me faire transpirer et gémir avec possessivité.

    C’était délirant et tellement bon. Jax m’a surpris comme jamais. Quand il lâche les rênes, il le fait à fond. Je ne l’aurais pas pensé si passionné en privé. À Los Angeles, il contrôle ce qu’il dit, ce qu’il pense, ce qu’il fait parce qu’il y a Sage, mais sans sa fille, Jax m’a chamboulé.

    Il est encore plus drôle que d’ordinaire et j’ai découvert quelqu’un de tendre et d’affectueux qui n’avait pas peur de montrer par des gestes, ce qu’il n’arrivait pas à dire avec des mots. Je crois que les idées fusent dans son esprit, qu’il se pose beaucoup de questions.

    Lorsque nous étions en présence des autres pour un super repas dans un restaurant branché, nous avons ri, bavardé, partagé un moment d’amitié entre potes. Chacun a raconté des anecdotes de tournages, avant ou depuis qu’ils sont affiliés à FUCKING BOYS.

    Brooks et Lake se sont montrés encore plus proches l’un de l’autre, j’ai appris qu’ils venaient tous les deux d’Angleterre, mais je n’avais pas fait le lien avec le léger accent qui peut apparaitre à certains moments.

    Ils sont partis de chez eux à dix-huit ans et j’ai cru comprendre que c’était pour des raisons qui n’étaient pas sympathiques. Ils affirment clairement qu’ils sont ensembles et amoureux, ce qui n’a pas cessé de faire rire Archer.

    Jax m’a confié que ça allait de moins en moins entre lui et Demon, mais je n’ai pas réussi à savoir pourquoi, même si j’ai déjà une petite idée en tête.

    Scarlett nous a raconté ses péripéties de réalisatrices, elle devait caster deux mecs pour former un nouveau duo et ils ont essayé de la brancher elle.

    Jax n’a pas raconté des choses extraordinaires, par exemple, son premier partenaire ne comprenait pas qu’il n’arrivait pas à bander juste en le voyant. J’ai ri aux éclats, celui-là devait avoir un sacré égo.

    Et je crois que ce qui me plait c’est son silence qui en dit long en public, les petits pics qu’on s’envoie, et les gestes volés dans l’obscurité discrètement.

    Il essaie et bordel, je suis fou. Tout comme je suis fou de lui avoir demander ce plus qui le fait flipper à cause de son passé.

    Et je suis dingue de lui avoir dit que j’étais tombé amoureux de lui, pourtant, c’est le cas.

    Mais je ne suis pas Bell, je ne suis pas une femme, et ça peut être différent. Ça l’est déjà. Je n’ai jamais vécu ça avec un homme. Cette sensation d’être possédé physiquement et intellectuellement par une personne. Jax me met dans des états de nerfs intenses, il me chamboule le restant du temps.

    C’est dangereux pour un ex-camé, mais je n’ai pas envie que ça cesse.

     

    — Bon, on salue fièrement les gars qui ont sauvé l’honneur des studios ! scande Archer en levant sa bière.

     

    Nous faisons tous comme lui. L’Hardeur est en forme, je crois qu’il n’a pas dessoulé du week-end. Brooks et Lake nous ont raconté au petit déjeuner qu’il avait fait un peep-show plutôt hot avec deux mecs de MENS, dragué la moitié des acteurs gay ou bi. Il parait qu’il a fait sensation aux deux after des studios NO LIMITS et PLEASURE. Les deux Anglais s’en sont amusés, mais Jax a tiré une sale tête.

     

    — Mais avant ça, il faut faire un toast !

     

    Archer se tourne vers Brooks qui se fait tripoter par Lake. Le brun mordille l’oreille de son partenaire qui se mord la lèvre en rougissant.

    Ces deux-là semblent insatiables.

    Mais Brooks devient subitement sérieux en voyant tous les regards dans sa direction. Archer lui jette un clin d’œil en annonçant :

     

    — À Brooks, parce que bordel, même si l’extrait n’a duré que vingt secondes, tu te branles comme un dieu !

     

    Tout le monde l’applaudit en faisant taper ses bières sur le comptoir du bar de la discothèque, la musique n’est pas assez forte pour être désagréable et beaucoup sont aller au défilé deMENS.

     

    — Et il branle comme un dieu, commente Lake en lui pinçant les fesses.

     

    Ce dernier lui lance un regard équivoque, Brooks l’attrape par la nuque pour plaquer sa bouche contre la sienne et l’embrasser avec cette passion qu’ont les gamins à peine sortit de l’adolescence.

     

    — Ils sont partis pour se tripoter toute la soirée, commente Autumn en souriant.

     

    — Tu viens quand tu veux ma belle, plaisante Lake.

     

    La petite rousse vire au rouge tomate, les mecs se moquent gentiment d’elle.

     

    — J’en connais un aussi qui astique comme personne, taquine Jax en buvant à sa bière.

     

    Je me tourne vers lui en prenant un air offusqué. Tout le monde fait de même.

     

    — Est-ce que tu t’en plein ? je souligne en attrapant sa bière.

     

    Jax me la pique de nouveau en haussant un sourcil.

     

    — Et toi ?

     

    Une tension nous gagne alors que nous nous affrontons silencieusement. Un frisson nait sur ma peau Un frisson nait sur ma peau ainsi qu’une putain d’excitation.

    Une nuit n’a pas suffi à faire redescendre ce qu’on avait emmagasiné depuis plusieurs mois.

     

    — Est-ce que notre duo de l’année aurait des choses à nous dire ? plaisante Scarlett en se glissant entre nous.

     

    Nous rompons tout contact visuel et nous nous contentons de boire à nos bières respectives. Notre réalisatrice vêtue de sa superbe robe de soirée rose moulante est magnifique, encore plus avec quelques verres, elle fait moins sérieuse.

     

    — J’exprimais les talents de mon partenaire, se contente de répondre Jax.

     

    Et moi, je me contente de vivre les siens.

    Archer nous sort de notre séquence compliments en brandissant sa bière à moitié vide et nous offre un toast digne de son taux d’alcoolémie.

     

    — À Jax et Dereck, parce que BORDEL, c’était putain d’excitant de voir l’extrait où j’ai moi-même participé, même si on ne me voyait pas. Continuez de baiser c’est un régal pour les yeux !

     

    Un rire commun nous gagne et nous poursuivons la soirée en se remémorant la cérémonie avant que la fête ne commence. Et j’apprécie le fait d’être avec des gars bien, sans drogue, sans animosité. Juste entre amis. Ça me change tellement de ce que j’ai vécu avec SPIT OR SMALOW que j’en arrive presque à baisser ma garde.

     

    ***

     

    Je percute que je n’ai pas été suffisamment prudent lorsque je me retrouve plaquer contre le mur de l’ascenseur et que des gars pénètrent après moi.

    Mon cœur s’emballe. Je mets quelques secondes à comprendre ce qu’il vient de m’arriver. L’adrénaline parcourt mon corps en un instant, mon souffle devient plus rapide lorsqu’une voix familière résonne à mes oreilles.

     

    — Dereck, enfin seul !

     

    On me retourne brutalement pour que je fasse face à mes agresseurs. Je ne suis même pas surpris de voir que Garrett et Dan me maintiennent fermement, j’essaie de me sortir de leur prise, mais ces deux enfoirés ont plus de force que moi en étant seuls.

    Bordel.

    Je tente de garder mon calme, je dévisage le réalisateur qui tente de m’impressionner en me jetant un regard noir.

     

    — Dit à tes deux sbires de me lâcher, Battle, j’ordonne.

     

    Mon ancien boss est un gars d’une cinquantaine d’années, habillé comme un mac à pute, les cheveux grisonnants brossés en arrière, un piercing à l’oreille et une barbe grise soigneusement taillée. C’est un salopard doublé d’un truand.

    Il se met à rire, retrouver les manches de sa veste de costume, puis de sa chemise et avant que je n’aie le temps de renchérit mes propos, le coup de poing dans mon ventre, part.

    Je me plis en deux, mon souffle se bloque, Garrett et Dan me tirent en arrière pour que je me redresse.

    Merde !

    Battle appuie sur le bouton de l’ascenseur pour le stopper.

     

    — Ça ne va pas durer longtemps. J’ai quelques mots à te dire. Puisque les signes que je t’ai envoyé à ton nouveau studio et à Demon ne t’ont pas suffi.

     

    Je me doutais que c’étaient eux, les investigateurs des courriels que Scarlett recevait, Jax m’en a parlé. Tout comme j’avais compris qu’ils étaient les responsables du saccage d’une partie du studio. Scarlett ne voulait pas d’ennuis, n’a jamais porté plainte. Elle aurait dû, mais la réalisatrice cultive le secret et ne veux pas faire de vagues.

    Et moi ? Je ne peux pas en parler.

    Sa voix est toujours profonde et dure à l’oreille. Il est autoritaire de nature, mais je ne suis plus le camé qu’on pouvait manipuler en lui faisant marchander une dose.

    Je résiste, et même s’il compte me tabasser, je résisterai parce que je refuse d’être faible de nouveau.

     

    — Et moi je n’ai rien à te dire, je réponds en essayant de dégager mes bras.

     

    Garrett et Dan, le grand roux aux yeux verts secoue la tête pour me dire de rester calme.

    Sinon quoi ?

    Battle ignore clairement mes propos. Il s’approche de moi sans me dévisager, comme si je n’en étais pas digne et poursuis son laïus.

     

    — Quand tu vas rentrer de Chicago, tu vas retourner chez toi et tu vas me réexpédier ma casette en prenant soin que…

     

    Je le coupe sans hésitation en riant, outré.

     

    — Non, je ne ferais pas ça. On te voit sur cette putain de casette ! On t’entend ordonner à ton enfoiré d’acteur de lui tirer une balle entre les deux yeux pour l’achever ! je hurle, furieux.

     

    Il a fait assassiner un gamin qui n’avait rien demandé et sur la vidéo filmée sans montage, on entend tout.

    Je ne lâcherai pas. Mon ancien Boss paiera.

     

    — Enfoiré, t’es foutu, j’ai une dizaine de copies remise à des gens de confiance, s’il m’arrive quelque chose, tu vas directement en taule.

     

    Je bluffe, mais j’espère être suffisamment convaincant.

    L’atmosphère dans l’ascenseur devient tendue, il baigne un sentiment de danger mêlé à la colère. Je vois mon ancien réalisateur inspirer en serrant les poings, furieux.

    Battle s’approche de moi en prenant sa démarche qui m’inquiétant avant, celle imprévisible qui ne me permettait pas d’anticiper ces gestes.

    Il attrape mes cheveux et me tire vers lui en me foudroyant du regard furieux.

     

    — Tu ne prendrais pas le risque que ton unique preuve contre moi s’altère en tentant de faire des copies. Je te connais Dereck, tu as le souci du détail et de l’authentique.

     

    Je ne me retiens pas, je lui envoie un coup de pied bien placé qui me vaut d’être sonné par Garrett qui réagit encore plus vite. Son crochet m’explose le visage avec violence. La douleur se répercute dans toute ma tête, mon souffle se coupe, ma joue me brûle et par miracle, je ne saigne pas. Mais bordel ce que ça fait mal.

    Je ne suis pas le seul à souffrir de cet interlude. Mon ancien réalisateur explose en jurant, plié en deux.

     

    — C’en est assez de ce jeu ! Tu me renvoies la casette ou je viendrai la chercher moi-même, qu’importe les risques ! Qu’importe ton frère ! Je serai prêt à faire intervenir mes amis haut placés pour régler ce problème !

     

    Silence.

    Je suis toujours bloqué contre le mur par Garrett et Dan qui a glissé son bras sous ma gorge et fais une pression suffisante pour m’empêcher de bouger à nouveau.

    Au son de sa voix furieuse, je comprends qu’il ne plaisante pas. Et j’avais raison, le plan de Vinz ne suffisait pas. Son enquête est au point mort, mais pas mes bourreaux.

    Battle m’affronte durement du regard et conclut notre échange de la façon la plus flippante :

     

    — Et avant que nous nous quittions, je tiens à ce que le message passe, histoire que tu piges que je ne plaisante plus !

     

    Il fait signer à Garrett, mon cœur s’emballe, je me demande ce que cet enfoiré va faire.

    Et je ne tarde pas à le savoir.

    Je le vois sortir de la poche de sa poche un tube semblable à une seringue pleine. Mon cerveau pige à la seconde. Mon sang ne fait qu’un tour.

     

    — Garrett, bordel, ne fais pas ça ! je lance en commençant à paniquer.

     

    Mon ex me sourit avec sarcasme. Je me débats malgré leur prise, des coups partent. Tout se passe si vite que mon esprit se déconnecte. Ma tête tape. C’est comme s’il s’arrêtait de marche quelques secondes pour encaisser le choc à venir.

    Je sens une violente douleur dans le bras, quelque chose se brise en moi. Je me débloque, et le reste suit. La peur m’envahit, doublée de la colère face à cette putain d’injustice.

    J’entends le ding des ascenseurs ainsi que les portes s’ouvrir à mon étage.

    Je respire violemment en essayant de reprendre contenance et lorsque mes yeux s’ouvrent de nouveau, je croise un regard que j’espérais ne pas voir.

    Celui de Jax.

    Il était parti se changer pour la soirée en boite de la cérémonie, son costume le mettait mal à l’aise. Au départ, j’étais parti voir s’il s’en sortait quand ma route a croisé Battle, Garrett, et Dan.

    Putain de karma.

    Tout le monde se fige en voyant Jax. Mon partenaire se raidit et à travers mon état de stupeur, je pense le voir froncer les sourcils, furieux en constatant qu’il s’est produit quelque chose de grave.

    Battle réagit rapidement cependant. Il fait signer à Garrett et il s’exécute.

     

    — A bientôt Dereck.

     

    Garrett me pousse vers la sortie de l’ascenseur, Jax m’attrape au vol, et mon ancien partenaire sélectionne un étage pour disparaitre l’instant d’après.

    Les portes se ferment, l’ascenseur disparait. Je vois trouble, je tremble, ma respiration est erratique, j’entends à peine la voix de Jax.

    Par contre, je sens ses bras qui tentent de me maintenir à flot.

    J’arrive à me dégager de sa prise, je dois m’isoler, je dois me protéger d’eux, je dois prendre une douche, me mettre en sécurité, attendre que ça passe.

    Je perds la tête.

     

    — Dereck ! Merde ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ! Qu’est-ce qu’ils t’ont fait !

     

    Je marche comme un fou en tanguant tellement j’encaisse le choc. J’essaie de me dire que ce n’est pas possible, mais les réactions sont là : ils m’ont injecté de la drogue et elle est en train de se diffuser dans mon organisme.

    Je traverse la moitié du couloir vide d’étranger, il n’y a que Jax sur mes pas. Mes yeux me brûlent, mon corps se serre, j’ai envie de m’effondrer tellement c’est dur. Tellement la réalité me frappe de plein fouet.

    Je vais rechuter. Ils m’ont fait le pire.

    Je perds l’équilibre, je respire de plus en plus vite, je sens monter l’angoisse. Je vais exploser.

    Je m’arrête contre le mur du couloir, prend appuie contre ce dernier, j’essaie de chasser cette boule dans ma gorge, mais rien n’y fait.

     

    — Dereck…

     

    La voix de Jax n’est qu’une déchirure à l’oreille. Je le sens dans mon dos, je frissonne, je veux pas être ce type-là devant lui.

    Je tente de le repousser, mais je heurte le vide. Jax se rapproche davantage, ses mains se referment sur mes épaules, je le vois double devant moi.

     

    — Va chier Dereck, je ne te laisse pas, lance-t-il à mon oreille en me serrant contre lui.

     

    À la pression de ses bras sur moi, je m’effondre pour de bon.

    Je m’écroule sur le sol et entraine Jax dans ma chute. Je me laisse aller, assis contre le mur. L’étreinte de Jax est rompue.

    Je ferme les yeux, les larmes me brûlent à l’intérieur, mon cœur bat si vite que je crains de virer dans les paumes.

    Ce n’est pas juste.

     

    — Parle-moi, me demande Jax près de moi, dis-moi ce qu’il s’est produit avant que j’aille faire quelque chose que je vais sévèrement regretter.

     

    — Ne fais pas ça… je murmure, ne va pas te frotter à eux…

     

    Je sens son regard, mais je n’ai pas le courage de l’affronter. Je tremble de plus belle, à l’intérieur de moi, des plaies anciennes s’ouvrent de nouveau et saignent. J’ai envie d’hurler, envie que ce poison qu’ils m’ont injecté sorte, envie de tout recommencer, que cet instant n’est jamais existé.

     

    — Je ne voulais pas que tu voies ça, je souffle.

     

    Jax essaie de m’attirer contre lui, je le repousse. Des larmes de rage glissent le long de mes joues, je suis défait. Je frotte mon bras comme pour faire partir la sensation.

     

    — Je voulais tourner la page, je voulais oublier. Je voulais tout recommencer, mais ça ne fait que revenir.

     

    Ce putain de passé revient.

    Perdu dans mes pensées sombres, Jax arrive enfin à m’attirer contre lui, je me laisse faire, incapable de lutter contre lui et contre moi-même.

    Je continue de frotter mon bras en tanguant, je n’arrive pas à faire face. Je ne peux pas encaisser ce qu’il s’est produit.

     

    — Je ne suis pas quelqu’un de bien, je murmure contre lui.

     

    — Bien sûr que si.

     

    Je secoue la tête, je n’y vois rien, les larmes coulent, la peine me dévore et la violence de ce qu’il s’est passé par leur geste me rappelle ce contre quoi je me suis battue depuis des mois.

     

    — Non Jax, je ne suis pas quelqu’un de bien, je répète.

     

    — Ce n’est pas parce que tu baignais dans la drogue que tu es quelqu’un de mal, m’explique Jax en essayant de m’attirer plus à lui.

     

    Je m’accroche à sa veste, il ne comprend pas. Il ne comprend pas que la drogue ce n’est rien à côté de ce qu’on m’a fait faire pour ça. Je ne suis qu’un putain de monstre qui a tourné des choses affreuses pour le fric, pour une dose. Et aujourd’hui, je paie cher ma liberté parce que je veux dénoncer ce système qui a entretenu mes vices.

     

    — Dereck, parle-moi… continue Jax.

     

    — J’ai fait une grave erreur en voulant entrer dans ta vie, je marmonne d’un air absent, je suis un camé, un putain de mec qui ne méritent pas tout ça.

     

    — L’erreur que tu fais, c’est en disant de pareilles conneries, répond Jax avec sérieux.

     

    Je ferme les yeux, l’eau salée continue de brûler mes joues. Mon partenaire me secoue, je ne réagis pas, je me balance en laissant échapper des sanglots de plus en plus bruyants. Je ne me reconnais pas. J’ai l’impression d’avoir fait un bon dans le temps.

     

    — Merde qu’est-ce qu’on t’a fait pour qu’on arrive à te mettre dans un tel état ?

     

    Le ton de la voix de Jax ne cache pas son inquiétude. Je tente de m’exprimer du mieux que je peux. Mon partenaire est juste devant moi, je le vois flou, mais je sens ses mains essuyant les larmes brûlantes.

     

    — Ils m’ont injecté quelque chose. Ils m’ont injecté de la drogue bordel… je délire.

     

    — Dereck, laisse-moi faire.

     

    Jax essaie de me sortir de mon état de transe. Il tente de retirer ma main de mon bras pour voir, mais je continue.

     

    — Je n’ai rien pris depuis des mois… je gémis malade à l’idée qu’ils aient gâché ça.

     

    Je fais cette terrible constatation, mon travail sur moi-même est parti en fumée. Je suis tellement paniqué à l’idée de ce qu’ils m’ont injecté dans l’organisme.

    Héroïne ? Pire ?

    Jax arrive à retirer ma veste et à soulever mon t-shirt gris. Je sens sa main sur moi et la nausée me gagne. Je sais ce qu’il va voir et ce qu’il va comprendre ensuite.

    Je ne suis qu’un camé.

     

    — Dereck, regarde-moi, me presse-t-il avec calme.

     

    Jax pose son front contre le mien. Sa main libre se fourre dans mes cheveux, il embrasse ma peau brûlante en essayant de m’apporter la paix.

     

    — Il n’y a aucune trace d’injection. Ce n’est qu’une illusion. Ils ont fait semblant, m’explique-t-il sur un ton compatissant.

     

    Ses doigts touchent de nouveau mon triceps, comme pour me prouver qu’il n’y a pas de zones meurtries. Je ne ressens rien, pas la sensation qu’on a sur la peau lorsqu’une aiguille nous la transperce. Juste le toucher tendre de mon partenaire qui cherche par n’importe quel moyen de m’aider.

     

    — Ils ne t’ont rien fait de ce côté-là, m’assure Jax d’une voix serrée.

     

    Je ferme les yeux en me laissant aller, et pour la première fois depuis des mois, des sanglots brûlants glissent le long de mes joues dues au soulagement. Le déchirement résonne. Ils ne m’ont pas injecté une merde, ils ne m’ont pas fait replonger.

    Je sens le regard désarmé de Jax sur moi. Il doit me prendre pour un fou, il doit ne pas comprendre comment un gars comme moi, Dereck – Blacks – Cole, si fort, je me retrouve à 31 ans, à me taper une crise de panique telle un enfant.

    La peur m’a tellement dévoré l’espace d’un instant que j’ai cru être de nouveau tombé. J’ai vu défiler ses premières semaines de sevrages ignobles où le manque me tordait les tripes parce que la drogue me manquait et parce que j’avais atteint des limites sans retour. Je n’ai jamais touché à l’héroïne, mais tout le monde sait que c’est ce qu’il y a de pire pour un ancien camé. Quand j’ai vu Dan sortir cette seringue, j’ai compris que j’étais foutu. Le travail que j’avais fait sur moi allait partir en fumée et je devrais quitter ma place chez FUCKING BOYS, rappeler mon frère et me faire interner pour recommencer.

    Je pleure silencieusement en séchant d’un geste brusque les larmes salées sur mon visage. Jax m’attire contre lui, je ne résiste pas.

    Je ne veux pas être cet homme-là.

    Pourtant Jax n’en a rien à faire. Assis en plein milieu du couloir, il me serre contre lui en caressant mes cheveux et en embrassant ma tempe. Je trempe sa veste en m’agrippant à elle. Mon corps tremble. Je suis sous l’emprise de la peur et de l’adrénaline qui redescend. 

     

    — Je suis là, même si je ne comprends pas, je suis là, chuchote mon partenaire à mon oreille.

     

    Des gens passent devant nous, mais ne nous prêtent pas attention. Je crois qu’un regard noir de mon compagnon leur suffit à poursuivre leur route.

    J’ignore combien de temps nous restons ainsi, mais en voyant que je ne me calme pas, Jax réagit. Il se redresse, sort de la poche arrière de son pantalon de costume sa carte magnétique pour ouvrir la porte. J’entends à peine le clic de l’ouverture de sa chambre.

    Je ressemble à un putain de pantin qui n’y voit rien. Jax me tire par le bras pour que je me relève et me prends dans les siens en me soulevant. Il glisse mes jambes autour de sa taille, je me tiens à son cou en me blottissant contre lui telle une âme en peine. Mon partenaire me serre contre lui en nous faisant pénétrer dans sa chambre. La pénombre nous accompagne, fidèle compagne de mon état d’esprit.

    Jax nous porte jusqu’au lit, où il nous y allonge. Mon corps sent à peine le matelas et l’odeur légère de l’acteur dans les draps. Il se glisse dans mon dos et me serre contre son torse. Ses bras musclés m’enserrent avec force. Ma vue se brouille de plus belle et je n’arrive pas à résister au choc. Je sombre, pour ce soir, je m’autorise à lâcher du lest.

    C’était censé être le week-end déboire, où nous aurions dû nous chauffer à danser dans toutes les soirées, nous amuser ensemble avec Jax et les mecs. Mais ça ne s’est pas passé ainsi ce soir.

    Le passé m’a rattrapé au moment où j’aurai voulu penser à l’avenir seulement. Si je suis fort pour affronter n’importe quoi, quand il s’agit de ça, je ne me reconnais pas.

    Je ferme les yeux en m’agrippant au bras de Jax. Je n’arrive pas à lui faire face alors qu’il tente de me tirer vers lui. Je doute d’avoir le courage de l’affronter, de lire le doute et l’inquiétude.

     

    — Je suis là, répète Jax en embrassant ma nuque, et ça va aller Dereck, je te le promets.

     

    Nous sommes restés là, blottis l’un contre l’autre durant un long moment avant que je m’endorme. Mon partenaire a calmé ma crise de panique lentement, chassant ma peur par le réconfort de ses mots et la chaleur de son corps. Ça m’a vaguement rappelé une nuit similaire lorsque mon amant était dans un sale état à son tour.

    Jax n’a pas posé de questions même s’il en avait. Il n’a pas essayé de comprendre pourquoi mon ancien label avait essayé de m’agresser, il n’a pas demandé les raisons qui pouvaient m’amener à avoir de telles emmerdes. Il a été là. Et l’espace d’un instant, je me suis rendu compte ce que ça faisait d’être réellement avec quelqu’un.

     

    AMHELIIE

  • Légion #2, Chapitre 25

    Chapitre 25

    Ezra

     

     

     

    Mon corps heurte avec violence la seconde porte d’entrée menant à notre appartement. Je souris contre sa bouche qui me dévore alors qu’on tente de trouver un compromis pour libérer l’autre quelques secondes, le temps de pénétrer notre appartement.

    Rien n’y fait, nos lèvres se livrent bataille, elles se cherchent et luttent ensemble. Embrasant un peu plus le feu qui crépite entre nous.

    Je sens l’érection de Tristan contre mon ventre, la fraicheur du mois de mars ne fait qu’augmenter mon excitation lorsque le froid effleure ma peau. Je frissonne quand le légionnaire me déshabille dans l’escalier, après ma veste, c’est mon pull marron qui dégage, révélant mon soutien-gorge beige. J’attrape son t-shirt, le retire à son tour. Je retrouve son torse tatoué, son matricule sur son pectoral gauche avec son groupe sanguin. Je n’ignore pas les traces blanches qui viennent marquer sa peau. L’histoire qui les lie au légionnaire est déchirante. Si ces plaies-là sont refermées, ce n’est pas le cas de toutes. Je m’attèlerais à ce que ces blessures soient de moins en moins ouvertes.

    Je me penche pour les embrasser, Tristan se fige, mon cœur se serre, sa respiration devient plus brusque. Je tiens à lui montrer que ça ne me dérange pas, aucune de ses blessures, qu’elles soient voyantes ou pas ne me gênes.

    Mon regard croise celui de Tristan, ses yeux marrons sont voilés par le désir, ils brillent sous l’intensité des sentiments qui s’entrechoquent en lui.

    Je le saisis par la taille de son treillis pour le rapprocher vers moi. Nos deux torses se touchent, la chaleur qui s’en dégage me fait jurer.

    La joie de nos retrouvailles a laissé place à la tension sexuelle, à ce besoin de retrouver l’autre physiquement après des mois d’éloignements où l’abstinence est de mise.

    C’est toujours comme ça entre nous. Il y a toujours cette excitation qui nous gagne avec passion. On dirait deux drogués en manque qui s’apprêtent à succomber une nouvelle fois, sans pouvoir émettre l’idée de s’arrêter.

    La flamme ne s’éteint pas, elle perdure encore.

    Ses doigts dérivent le long de mon ventre, vers la fermeture éclair de mon jean. La pression augmente.

     

    — Et si je te prenais, là, comme ça, lance Tristan en effleurant ma bouche. Contre la porte, ton jean à mes pieds, à moitié nus.

     

    J’inspire brusquement, on peut jouer le premier round de cette façon-là, avec possession et ardeur. La tendresse pourra s’inviter plus tard, lorsque le feu sera moins présent.

     

    — Bon sang, oui ! je réponds en m’activant.

     

    Je détache le bouton de mon jean, puis baisse la fermeture éclair. Tristan s’agenouille face à moi. Ses doigts agrippent le tissu de mon pantalon. Il le fait glisser d’un geste brusque vers le sol. Mes bottes le coincent. Tristan jure, il prend le temps de les retirer. Il rit lorsqu’il voit mes chaussettes.

     

    — Terriblement sexy, Madame Vial, se moque-t-il.

     

    Je me mords la lèvre lorsque le légionnaire vient embrasser l’intérieur de mes cuisses.

     

    — Ce n’est pas mes orteils que tu baises, alors laisse les au chaud.

     

    Je commence à frissonner de plus en plus au fur et à mesure que sa tête remonte le long de mes jambes. Je sais ce qu’il va faire, il y a dans son regard cette envie irrésistible de me faire jurer à mon tour en le suppliant silencieusement de me faire basculer.

    Là, contre la porte. Il va le faire.

    J’ai en mémoire un souvenir semblable à ce qui est en train de ce passé, il était chaud comme la braise.

    Tristan m’a déjà fait ça, la première fois qu’on s’est rencontré, je me souviens de ma jambe sur son épaule et de sa tête œuvrant entre mes cuisses dans le but de me faire jouir. C’était déroutant et incroyablement bon de se laisser aller au plaisir dans une telle position où notre esprit doit rester concentré pour que le corps ne chute pas.

    J’ouvre subitement les yeux lorsque je sens ses doigts écarter ma culotte pour frayer un passage à sa langue. Je retiens mon souffle lorsqu’il lèche mon sexe d’une caresse lente et appuyée. La sensation de rugosité sur mon clitoris me fait gémir. Ça fait des mois que je n’ai pas ressenti ça. Cette pression sur cette zone sensible, cette tension qu’il fait naitre en m’embrassant là.

    Tristan se rend compte de l’effet que ça me fait. Il continue son manège en jouant avec la pointe de sa langue avant de partir s’enfoncer dans la chaleur humide de mon intimité.

    Je m’accroche à ses cheveux en souriant alors qu’un son plaisant m’échappe. Le militaire prend son temps pour me redécouvrir, il glisse effectivement une de mes jambes contre son épaule pour se donner un meilleur accès. Je l’entends jurer, suivis de près par le bruit d’une culotte innocente qu’on déchire.

    Je tremble d’excitation face à ce geste brutal. L’instant d’après, le soldat entreprend de me rendre folle. Il mordille, lèche et suce mon sexe, ses doigts se joignent à la partie. Je jure en les sentant s’enfoncer en moi, tournoyant, caressant l’intérieur de mon intimité douloureuse. Je m’accroche un peu plus à ses cheveux en collant mon bassin contre sa bouche experte lorsqu’il se met à suçoter avec plus de pression mon clitoris. Je sens battre un futur orgasme contre ses doigts. Si j’ai joui seule en son absence, prendre mon pied dans ses bras après une longue séparation ressemble à une course contre la montre d’une minute trente où il suffit d’un rien pour me faire exploser.

    Alors que la tension monte de plus en plus, alors que je sens l’intérieur de mon corps me brûler à cause du manège jouissif de Tristan. Mon autre main s’appuie contre la poignée de la porte d’entrée pour tenter de trouver un endroit où m’accrocher. Grave erreur de ma part. Cette dernière s’ouvre, mon dos contre le bois perd son socle. Je me sens basculer en arrière. Tristan me retient de justesse en me voyant perdre l’équilibre.

    Il rompt le contact de sa bouche travaillant mon sexe. Il en profite pour me glisser sur son épaule, me trimballant comme un vulgaire sac à patates. Tristan a toujours eu une facilité déconcertante à me bouger d’un point A à un point B sans montrer une once de fatigue.

    Le légionnaire se relève, il nous fait passer la porte d’entrée, la claque d’un coup de pied, me repose sur les miens. Nos regards se croisent, je vois ses lèvres humides de mon excitation.

     

    — C’est dangereux de faire l’amour avec toi, je ris.

     

    Le militaire m’offre un clin d’œil en serrant mes fesses nues.

     

    — Et sportif, conclut-il en me faisant basculer.

     

    Je m’accroche d’instinct à ses épaules pour ne pas tomber. Un petit cri de surprise m’échappe, ce qui l’amuse. Tristan nous allonge sur le parquet de notre entrée, à cheval avec le tapis du petit couloir. La fraicheur du sol entre en contraste avec celle de nos deux corps qui s’étreignent. Mes cuisses s’écartent d’elles-mêmes pour l’accueillir. Son poids ravive le plaisir que j’ai de l’avoir sur moi. Cette sensation m’avait manqué.

    Tristan glisse une main dans mes cheveux détachés habillant le parquet. Ses hanches s’appuient contre les miennes. Je sens le frottement de son pantalon de treillis sur mon sexe, le militaire en joue, l’effet tissus sur ma peau humide apporte une fiction excitante.

    Mais trop vite à mon goût, je le vois s’écarter pour se mettre à genou. Lorsque ses doigts commencent à baisser son pantalon, j’interviens.

     

    — Attend, je souffle.

     

    — Quoi ?

     

    Je souris en donnant un coup de hanches pour l’inciter à basculer en arrière. Je veux le déshabiller, je veux aussi prendre le temps de le sentir sous mes doigts avant que les choses dérapent.

    Tristan se laisse faire. Il fronce les sourcils, curieux. Je grimpe sur lui, retire mon soutien-gorge, dévoile mes seins. Je les saisis entre mes deux mains pour les palper, le militaire jure quand je pince mes tétons pointant dans sa direction en remuant des hanches. Un spasme de plaisir part mourir entre mes cuisses. Je le provoque, je veux le rendre fou pour qu’il puisse totalement s’abandonner par la suite.

    Mon regard croise le sien, je le vois inspirer bruyamment lorsqu’il comprend où je veux en venir.

    Je baisse à peine son treillis, libérant le haut de son caleçon que je baisse à son tour. Son érection se dévoile, longue et dure. Je la saisis à pleine main, la caresse avec fermeté. Mon pouce passe sur son gland rougit, Tristan grogne. Je retrouve la sensation de son membre, la façon dont mon compagnon a de réagir lorsque je le touche. J’adore ça.

    Et sans le prévenir, je me penche pour le prendre dans ma bouche.

     

    — Ez, bordel ! jure Tristan.

     

    Je n’écoute pas sa protestation. Ma langue s’active, elle tournoie autour de son gland, joue avec. Je le masturbe au même rythme que mes lèvres descendent et remontent le long de sa queue. Je savoure le contraste. Je le lèche sur toute sa longueur, titillant ses veines, suçant le bout de son sexe avant de le noyer de salive.

    J’entends les jurons étouffés de mon mari qui commence à perdre son calme. Ses hanches remuent d’elles-mêmes pour en obtenir plus. Je resserre ma prise, poursuis mon manège. Lorsque je le mordille légèrement, Tristan craque. Et ça ne fait que quelques minutes. Visiblement, le self-control, ce n’est pas pour tout. Mais ça me plait.

    Le militaire me saisit par les bras, me remonte avec force, et me retourne d’un geste fluide. Je me retrouve de nouveau sur le dos, son corps surplombant le mien. Ses yeux marron sont brillants d’excitation. La fierté me gagne, si la course promettait d’être folle, elle sera ardente et passionnée à présent.

     

    — Tu me rends fou, bon sang, lâche-t-il d’une voix rauque.

     

    Je souris, c’est ce que je veux. Si la folie qu’il redoute peut être dangereuse, celle que je cherche, ne l’est pas. Elle est bonne et salvatrice pour lui, comme pour moi. Son gland vient se frotter contre mon clitoris, m’envoyant de minuscules décharges électriques.

    Je l’attire, sa tête vient se nicher dans mon cou qu’il embrasse, il prend le temps d’aller sucer chaque pointes de mes seins, m’arrachant quelques gémissements. Puis, comme dans une supplique silencieuse, Tristan décide de sceller nos retrouvailles.

    Il se positionne à l’entrée de mon vagin, je sens son gland appuyer contre mes lèvres, mes jambes s’enroulent autour de ses cuisses, il se plaque contre moi, et d’un geste fluide, le légionnaire s’enfonce profondément.

    Un halètement commun résonne en sentant sa queue se mouvoir en moi, les palpitations de mon sexe le font jurer. Plus de quatre mois nous séparaient de ce genre d’intimité. L’amour avec lui est toujours une chevauchée plaisante où un simple contact peut en valoir dix.

    Tristan prend un instant pour reprendre ses esprits, je me contracte autour de lui pour ressentir chaque détail de cette possession. Puis, langoureusement, il se met à aller et venir en moi, ressortant presque de mon corps, pour mieux y revenir.

    Je frissonne. Très vite, lui comme moi nous nous rendons compte que ce n’est pas assez. Je chuchote à son oreille que j’en veux plus, que j’ai besoin de plus et lui aussi.

    Tristan me prend au mot. Un cri rauque m’échappe sous la poussée franche.

    Je m’accroche à son cou en passant un bras autour, l’autre se retient dans son dos en sueur sous l’effort. On danse l’un contre l’autre. Mon dos frotte le parquet, enflammant ma peau, j’ai tellement chaud. Chaque contact de son torse écrasant ma poitrine, de sa queue m’empalant profondément me fait grimper de plus en plus au sommet.

    Tristan augmente le rythme de ses hanches. C’est brusque, bon. Je me laisse emporté par sa fougue qui dure plusieurs minutes. À chaque pénétration, des picotements s’envolent sous ma peau. Les prémices du nirvana ne sont plus très loin. 

    Tristan pose son visage dans mon cou, qu’il lèche sans arrêter le mouvement de sa queue glissant en moi.

    Quelques instants plus tard, je suis surprise par l’élan plus brusque de mon mari me faisant ramper sur le sol. Ma tête bascule en arrière lorsque je sens l’orgasme me gagner. Intense et brûlant, il éclate dans mon corps comme un feu d’artifice, se répandant dans chacun de mes membres, m’arrachant un petit cri, bloquant mon souffle, noyant ma vue.

    Je vibre, prise sous le feu, mes muscles internes pulsent contre son sexe qui continue de me pilonner avec ardeur. Je me laisse bercer par les spasmes de la jouissance, entrainant mon mari avec moi l’instant d’après. Je le sens se déverser en de puissant jet chaud, son sexe continuant de me pénétrer avec force. L’humidité tâche mes cuisses et sans doute le sol.

    Tristan a du mal à se calmer malgré l’endorphine, je le sens tendu contre moi. Je reprends peu à peu mes esprits, toujours prise par le feu qui perdure entre mes cuisses suite à la friction persistante des va-et-vient de mon amant.

    Le légionnaire finit par trembler, puis son corps se fige avant de s’effondrer sur le mien en restant en moi, comme pour ne pas rompre la connexion. Je ferme les yeux quelques instants en appréciant les sensations qui nous gagnent, l’apaisement, le plaisir, mais surtout, ce sentiment que nous nous sommes retrouvés pour de bon.

     

    ***

     

    J’ignore combien de temps on reste allongé l’un contre l’autre sur le sol froid de notre appartement. Ses doigts jouent avec ma peau qu’il connait par cœur. Mais comme à chacune de nos retrouvailles, il y a une phase d’apprivoisement où l’on veut se remémorer chaque détail de l’autre. Je fais de même, ma tête posée sur sa poitrine musclée qui reprend petit à petit un souffle normal. Son bras me garde contre lui.

    Je finis par éclater de rire en embrassant son épaule, je réalise ce qu’on vient de faire.

     

    — On n’avait jamais baisé sur le tapis de l’entrée pour nos retrouvailles.

     

    — On préfère les voitures et les plages publiques, se moque Tristan, on est comme deux vieux naturistes.

     

    Je ris de nouveau en mordillant la peau de son cou, mes doigts glissent vers son visage que je tourne dans ma direction.

     

    — Tu m’as réellement manqué.

     

    Sa main s’enfonce dans mes cheveux noirs emmêlés, il se penche pour m’embrasser chastement avant de m’avouer à son tour :

     

    — Toi aussi.

     

    Ses doigts reviennent sur mon bras, m’apportant des frissons, je commence à avoir froid. Tristan me blottit contre la fournaise qu’il est.

    Il n’a rien dit en voyant la cicatrice à mon bras, elle n’est pas vilaine, elle est visible. Je dois reconnaitre que les médecins militaires de guerre savent faire des choses encore plus belles lorsqu’ils ont plus de temps. Mais j’ai senti chez lui, ce pincement au cœur qui le fait serrer la mâchoire quand quelque chose ne lui plait pas.

     

    — Je te propose deux plans, je finis par déclarer en brisant ce calme serein.

     

    Ezra, tu es la reine de la mauvaise ambiance.

    Je me maudis en espérant que ma remarque ne casse pas tout. Au contraire, Tristan semble du même avis que moi si je me fie à son expression.

     

    — Le premier, on va récupérer mes valises qui sont devant chez mes parents et on s’assoie un moment quelque part pour discuter. Où tu veux. On peut même quitter l’appartement, partir plusieurs heures dans un endroit neutre. Je te suis.

     

    Le légionnaire acquiesce en prenant une mine sérieuse. Il m’observe sans dire un mot en m’écoutant émettre ma deuxième idée.

     

    — Le second : on va quand même récupérer mes valises, et dès que tu es opérationnel, on se fait un second round sous la douche, puis dans notre lit parce que mon matelas me manque et que s’envoyer en l’air sur le parquet, ça fait quand même mal au dos.

     

    — J’ai une meilleure idée, me coupe-t-il.

     

    Tristan m’écarte gentiment, me laissant sur le tapis, il se lève, je ne perds pas une miette du spectacle. De son dos tatoué d’une immense croix catholique arborant la grenade à six flammes et la devise de la Légion. Je le vois se rhabiller, puis attraper son téléphone portable près du plan de travail de la cuisine, jouer avec le clavier tactile un moment avant de le reposer et de revenir vers moi.

     

    — Tes bagages sont en lieu sûr, me confirme le militaire.

     

    J’en connais un qui a dû textoter beau papa à la rescousse.

    Je me lève à mon tour en gémissant, baiser sur le sol est intense, mais ça laisse des courbatures. Mon regard l’affronte, je lui offre un petit sourire.

     

    — Baiser ou discuter ?

     

    — Je crois qu’on peut prendre une heure pour parler. Je pense qu’on a suffisamment retarder ce moment… j’ai retardé ce moment, se corrige-t-il.

     

    La tension dans l’appartement devient plus palpable alors qu’on approche de cet instant compliqué à gérer. Je suis soulagé de le voir moins renfermé, prêt à entamer une conversation sur tout ce qui nous a poussés à nous séparer un temps.

    Je crois qu’il est prêt, sinon, il ne ferait pas ce premier pas.

     

    — D’accord.

     

    — Enfile un truc par contre, me demande le légionnaire.

     

    Je ris, la tentation serait séduisante à ce que je vois. Je zieute le rez-de-chaussée avant de trouver dans un coin, une de ses panières de linges soigneusement pliés. J’attrape le premier t-shirt du 2ème REP qui me saute aux yeux avant de l’enfiler.

    Je fais un détour par la salle de bain pour rapidement me nettoyer, puis, on part s’installer dans le canapé, l’un à côté de l’autre, pas trop proche, mais pas trop loin non plus. Je lui laisse un espace vital pour respirer.

    Le silence reprend possession des lieux. Je reste calme. Tristan prend quelques instants pour trouver ses mots.

    Dans le calme le plus absolu, j’entends seulement les battements de mon cœur devenir de plus en plus rapides, et c’est là que ça se produit. Le légionnaire se met à me raconter l’histoire depuis le début.

    Il me parle de sa mission, du pourquoi il est allé là-bas. Il m’explique plus en détail ce qu’il m’avait déjà dit par mail. Je ne suis pas vexée de le voir fuir mon regard, je ne prends pas en compte ses hésitations, je l’écoute seulement en sachant à quel point, il est courageux d’en parler maintenant, à voix haute, mettant des mots sur ses maux.

    Quand il en vient à me parler de ce qu’il s’est produit durant sa captivité, je laisse échapper quelques larmes silencieuses.

    Quand il me confie sa douleur en perdant Vadik, en se sentant si impuissant, je pleure à chaudes larmes. Tristan essuie nerveusement les quelques rares qui lui échappent. Il ne perd pas une seule fois contenance.

    Son récit affreux se poursuit dans le besoin tenace de lever le voile sur ce secret qui nous a rongés.

    Tristan me raconte ses longues heures dans sa cellule, la douleur, la faim, la soif, l’odeur nauséabonde qui régnait. Son esprit qui délirait, ses rêves qui le ramener à moi, la souffrance de ses bourreaux, les noyades à l’eau, l’espoir de me revoir, de se remémorer nos souvenirs pour le faire tenir.

    Mais le pire, et je le sens venir, c’est lorsqu’il me raconte leur libération avec des points de suspensions verbales qui me laissent deviner que mon mari ne me dit pas tout.

    Je le vois hésiter, longtemps, de longues minutes. Je me surprends à saisir sa main alors que je ne l’ai pas touché depuis le début de son histoire. Tristan enlace nos doigts en respirant douloureusement, puis il finit par m’avouer ce qu’il le rongeait tant. En plus de la colère, en plus de la haine et de la honte, de cette culpabilité d’être l’un des seuls survivants, il m’avoue ce qu’il a pensait de pire : la trahison envers ses frères, envers lui-même, envers ses codes en ayant eu peur de la mort.

    J’ai soulagé que ça ne soit pas moi.

    Une fois ses mots de prononcés, il tente de se dégager de ma prise, mais je le retiens. Il fuit mon regard, je vois clairement la douleur se dessiner sur ses traits, la honte et la rage.

    Mon cœur se brise une nouvelle fois devant sa lutte.

     

    — Seigneur Tristan…

     

    Je me rapproche de lui, il me laisse faire quand je l’attire contre moi. Il tremble, en colère contre lui-même.

     

    — Tu n’es pas un lâche en ayant pensé ça, ça fait de toi un homme. Jamais je ne serais déçue, jamais je ne t’en voudrais pour ça, jamais je ne te jugerai. Parfois, je donnerai simplement une part de moi pour que tu cesses un peu de te mettre une telle pression.

     

    Tristan me récupère contre lui en me serrant avec force, j’entends sa respiration devenir désordonnée, je comprends qu’il va craquer. Et dans le plus grand silence, à l’abri des regards, c’est ce qu’il fait. Il marmonne des mots incompréhensibles pour la plupart. Je crois qu’il me demande pardon, je crois qu’il m’avoue avoir craint ma réaction. Que dans sa descente en enfer, il avait tremblé à l’idée de s’en prendre un jour à moi. Qu’il avait peur de lui-même, de ne plus reconnaitre cet homme qu’il était.

    J’aimerais tellement prendre cette douleur quelques instants pour l’en soulager. Je l’aime comme jamais et il n’y a rien de pire que d’assister à la souffrance de l’être aimer sans pouvoir rien faire d’efficace dans l’immédiat.

     

    — Ça va aller, Repman, je te le promets qu’on va réussir à surmonter tout ça. À retrouver ce que nous aimions tant, à te voir porter fièrement ton uniforme sans cette culpabilité qui te ronge.

     

    Je le serre contre moi en accueillant enfin un début de sa rédemption. Comme s’il avait besoin de mon pardon. C’est la pire des conneries que je n’ai jamais entendues à son sujet. Mais je lui accorde, si m’entendre lui dire que je lui pardonne dans fautes qu’il n’a pas commises peut l’aider à avancer, je le ferais. Parce que je suis capable de faire n’importe quoi pour lui. Parce que je me rends compte que derrière ses airs de grand dur, l’image que j’ai de lui l’importe.

    Il ne m’a jamais déçu, même quand ça n’allait pas, j’avais l’espoir que derrière l’homme brisé se cache toujours l’homme dont j’étais tombée follement amoureux : en treillis, sourire taquin, et des yeux marrons qui renferme tant de secrets qui font de lui, ce légionnaire qui m’a faite succomber.


     AMHELIIE

  • Instinct #1 - Chapitre 11 - Elya


     

     

    Nik sort les ingrédients un à un puis les dépose sur le plan de travail. Je l’observe en fronçant les sourcils, sous son aspect méthodique. Je suppose que chaque chose a une place et chaque place a une chose. J’en viens à me demander si ce mec sait ce que se détendre veut dire. Même cuisiner il le fait de façon militaire.
    La cuisine est grande et spacieuse, en bois sombre, un peu veillotte mais pratique. Le genre de pièce où l’on imagine sa grand-mère faire de bons petits plats.
    Il termine de poser ce dont il a besoin, j’observe les ingrédients sur le plan de travail en me demandant ce qu’il veut faire.
    — Des lasagnes, il répond à ma question muette.
    Il m’explique le processus et par quoi commencer. Je le laisse mettre les pâtes à cuire et m’occupe des oignons. Je ne sais pas si j’aime cuisiner, dans l’immédiat ce n’est pas une activité qui me semble familière mais elle ne me dérange pas. Je préfère être là plutôt que dans ma chambre à fixer des tableaux.
    Je me dirige vers le four pour prendre une allumette dans la boite qui traine à côté. Je la fourre entre mes lèvres puis je reviens couper les oignons.
    — Qui est venue Nik ? je questionne.
    Je sais que d’un côté il me cache parce qu’on ne sait pas qui je suis et qui en a après moi, mais je doute que ce soit pour ça qu’il l’a fait aujourd’hui. C’est pour lui, pour sa propre sécurité, pour que je n’en apprenne pas plus. Ces personnes sont forcément des complices, des amis, de la famille, quelqu’un de proches de lui qui sait que je suis ici, mais qui ne fera rien contre.
    Au bout de quelques secondes de silence je relève la tête pour voir pourquoi il ne répond pas. Il m’observe, du moins mes mains occupées à trancher des oignions à une vitesse digne d’un chef. Je suis tellement surprise de voir de quoi je suis capable et ça, même avec mon plâtre, que je relâche tout et m’écarte.
    Ce n’est pas normal, c’est comme si quelqu’un prenait possession de moi et je déteste ça. Je ne me souviens pas de la dernière fois oú j’ai cuisiné et pourtant mes gestes ont l’air de savoir quoi faire.
    Je lève les yeux sur Nik, il me dévisage avec intérêt et presque de la crainte.
    — Des souvenirs ? il demande comme à chaque fois que mon comportement est étrange.
    Pourtant, toujours rien à l’horizon.
    — Non.
    — Bien. On sait à présent que tu as souvent tranché des oignons.
    Je ramasse l’allumette tombée au sol et part la mettre à la poubelle. Mon corps tremble, mon équilibre est précaire et je sens une boule d’angoisse se former dans ma gorge. Une qui fait monter les larmes à mes yeux, cette impuissance face à mon état, à qui je suis et où je suis commence à épuiser mes nerfs. J’en ai marre de ne pas me connaitre, de découvrir des choses qui viennent de je ne sais où et qui n’apporte aucune aide.
    Je sens le grand corps de Nik juste derrière moi. J’inspire et tente de chasser l’angoisse qui me gagne, mes yeux se ferment et une image floue comme j’en ai souvent vient se loger sous mes paupières. Celle d’une autre cuisine, d’un autre homme derrière moi qui me serre contre lui. Puis plus rien. Encore plus rien, encore un souvenir inutile qui ne m’apprend rien.
    Je fais volte-face rapidement, je chasse le trouble en regardant Nik, toujours silencieux qui se contente de m’observer. Son corps est bien trop proche, sa puissance trop présente, je le contourne aussi rapidement que je peux pour en revenir à notre plat.
    Il me rejoint en silence et nous reprenons nos taches. Les larmes coulent sous l’effet de l’oignon, elle masque la réalité de ces perles salées qui coulent sur mes joues. L’impuissance. Celle qui me rend folle. Celle qui me prive de ma propre vie dont j’ignore tout.

    Les lasagnes finissent par prendre forme, Nik est plutôt doué.
    — Tu aimes cuisiner ? je demande quand il enfourne le plat dans le four.
    — On vient de faire le seul plat que je connaisse.
    Je souris, pourtant cuisiner, suivre une recette au mot prés, serai bien son genre.
    — Qui t’as appris à faire les lasagnes ?
    Il revient vers moi, essuie le plan de travail avant de me répondre. Je pense à sa mère, à ce qu’il m’a dit sur elle plus tôt dans la journée. A combien il avait l’air triste et en colère en mentionnant sa mort.
    — Angélique, il répond.
    — Angélique ?
    Il retourne à l’évier et commence la vaisselle. Je reste assise sur un tabouret à attendre des réponses.
    — La cuisinière de ma famille.
    Son air dur et froid reprend le dessus, ce qui me laisse penser qu’elle n’est plus en activité et peut-être que comme sa mère, elle est aussi est morte.
    Je m’en veux d’avoir mis les pieds dans le plat, j’ignore pourquoi ça me chagrine de le voir triste alors qu’il ne fait rien pour m’épargner.
    — Et si on faisait un dessert, dis-je en me levant.
    Je me dirige vers le frigo, mon estomac commence à gargouiller sous l’odeur alléchante qui s’échappe du four.
    Mes yeux divaguent sur les étages du frigo, mon cerveau se met en route, tout comme face à un tableau, il associe les aliments les uns aux autres et mes envies font le reste. Je sors du beurre et un bol de framboises. Je me dirige ensuite vers les placards, là où j’ai vu que Nik rangeait tout ce qui est sucré. Je souris face à deux tablettes de chocolat blanc.
    — Tarte framboise chocolat blanc ! je lance ravie en brandissant les tablettes.
    Nik s’essuie les mains sur un torchon, il semble amusé.
    — Tu sais faire ça ?
    — Je crois que oui.
    Il acquiesce de la tête, je sors ce dont on a besoin pour faire la pâte à tarte puis, Nik dispose le tout bien aligné sur le plan de travail.
    — Tu vas devoir faire la pâte, je reprends, avec mon bras plâtré je ne pourrais pas.
    — Laisse-moi deviner, c’est le plus chiant ?
    — C’est le plus salissant.
    Nik me dévisage avec une lueur étrange dans les yeux, une lueur presque animal dans ce regard
    vert trop clair pour mon bien être.
    — Me salir les mains ne me dérange pas, il conclut d’une voix tendue.
    Je retourne aux ingrédients et lui explique comment procéder. Il écoute attentivement, je crois qu’il pourrait, il prendrait des notes.
    Il s’attaque à la pâte, pendant que je m’occupe des fruits. Je regarde ses grandes mains pétrir les ingrédients avec force et attention, je commence à trouver ses gestes excitants. J’écrase les framboises avec une fourchette pour en faire une sorte de purée, sans vraiment faire attention à ce que je fais, accaparé par les mains de Nik. Le jus des fruits se met à gicler sous ma fourchette et part éclabousser le t-shirt et le visage de Nik.
    On s’arrête quelques secondes, avant que je ne me mette à rire de voir la trainer de jus de framboises glisser sur son nez, le long de sa cicatrice.
    Il sort ses mains de la pâte mais ne peut pas s’essuyer avec, je prends pitié de lui, m’approche et enlève le jus de mon doigt que je finis par lécher. Je cesse de rire en croisant son regard, mon ventre se tord en sentant ce feu incandescent dans ses pupilles qui m’observent trop fortement. Mon cœur bat à tout rompre alors que je me hisse tant bien que mal sur la pointe des pieds, pour aller directement lécher le jus qu’il reste sur son menton. Nik respire fortement, ses yeux me fixent et l’atmosphère se charge de désir et d’envie. Je savoure le gout acide de la framboise sur ma langue puis, je trempe la main dans le bol de purée du fruit et l’étale sur son visage. Il ne dit rien, il me laisse faire et ma langue repart se poser sur sa peau pour laper chaque trainée que je viens de laisser. Je ne comprends ce que je fais, pourquoi j’agis ainsi, je sais juste que j’ai envie de cet homme, que j’ai envie de sentir ses mains sur moi, que j’ai envie de découvrir son corps et sa force.
    Nik semble rester de marbre jusqu’à ce que ma bouche se pose sur la sienne. Je perçois son souffle brulant et j’imagine le sentir entre mes jambes. Je gémis en mordillant sa lèvre et la seconde d’après tout dérape. Nik sort de sa torpeur, il me saisit par la taille et m’installe sur le plan de travail. Son corps vient se nicher entre mes jambes puis sa bouche s’approprie la mienne. On partage la framboise sur ma langue, il grogne, ce son se répercute directement sur ma peau. Nike me fait vibrer par son baiser dévorant, ses mains me parcourent avec avidité, son désir calé contre mon entre jambe il se frotte à moi et éveille de plus en plus mon désir. Ses lèvres quittent les miennes, elles dévient sur mon cou, des frissons me gagnent alors qu’il goute ma peau. J’ai envie de lui, terriblement envie qu’il me possédé, qu’il me domine.
    Ses mains pleines de pates saisissent mes cuisses il les presses contre lui, la tête me tourne de toutes les envies que j’ai envers lui. Je tire sur son t-shirt, qui disparait la seconde d’après. Son corps passe sous mes doigts, ses muscles tailler dans l’acier, sa peau brulante que je salis de framboises. Nik reprend ma bouche, il ne me ménage pas, il est brut, il est possessif, il est lui. Nos langues se tourmentent, ses mains remontent sur ma taille et je gémis de douleur lorsqu’il les pose sur mes cotes. Il se fige contre mes lèvres, nos regards se croisent et si le feu du désir est toujours là, il ne le domine plus. La raison revient, Nik s’écarte de moi me laissant pantelante sur la farine du plan de travail. Il recule comme si je venais de le bruler.
    — Nik…j’arrive à dire d’une voix tendue.
    Il recule encore, passe sa main dans ses cheveux courts et semble prendre conscience de ce qui se passe.
    — Je ne veux pas te faire de mal.
    Je reste pantelante à le dévisager alors qu’il détourne le regard, honteux. Mon cœur semble se briser de le voir ainsi, le voir…avoir peur.
    Je finis par descendre du plan de travail, je m’approche de lui doucement, il ne bouge pas, il ne me regarde même pas. Il ne m’a pas fait de mal, il a été un peu brutal, mais c’est ce qui m’excite chez lui, je ne veux pas de douceur, je veux qu’il me baise. Je ne suis pas fragile, je ne suis pas en sucre et ses mains, si elles sont fortes je sais qu’elles ne me feront jamais de mal. Je le sais depuis le début, même quand il tente de me faire peur je sais au fond de moi qu’il ne fera rien contre moi. Il me maitrisera si je vais trop loin, mais il ne me frappera pas.
    Je tends la main derrière moi et la plonge dans la purée de framboise, j’en prends une poignée et la pose sur son torse. Il me regarde enfin alors que j’étale le fruit sur sa peau. Il saisit mon poigné sur son bas ventre.
    — Ne fait pas ça, il gronde.
    Mon ventre se serre de le voir lutter avec l’envie, de l’entendre m’avertir, il ne fait que m’exciter un peu plus. J’enlève mon t-shirt, puis ma peau rencontre la sienne, son torse se colle à ma poitrine par le jus de fruit. Mon visage à hauteur de ses larges épaules, j’embrase sa peau, la mordille et goute au gout de Nik mélangé à la framboise. Ses mains se serrent en poing, son torse se lèvent rapidement, il se contient, alors que je veux qu’il se lâche.
    — Elya…je ne sais pas être tendre.
    Je souris contre ses muscles, puis je relève la tête, prend la sienne entre mes mains et croise son regard perdu entre le désir et la raison. Il sait être tendre, il l’a été plus d’une fois avec moi, dans la baignoire, quand il m’a massé, dans la piscine et tout à l’heure dans le jardin quand le souvenir de la parte d’une mère dont je ne me souviens pas m’a surpris.
    — Ne le soit pas.
    Son front vient se poser sur le mien alors qu’il expire, il perd pied, je caresse sa cicatrice avant de l’embrasser doucement et tout dérape de nouveau. Il saisit mes cuisses et me soulève dans ses bras, mes jambes s’enroulent autour de sa taille, sa bouche s’accapare la mienne, avec passion et puissance. Je sens sa queue se presser sous mes fesses et l’envie de lui augmente. Il me réinstalle sur le plan de travail et allonge mon corps dessus. Ses mains me caressent durement, ma peau en feu semble s’arracher à chaque passage de ses paumes rugueuses. Je me tortille et je maudis ce foutue plâtre qui me prive d’une partie de mon toucher. Sa bouche s’attarde sur mes tétons, il mord et aspire les pointes. Je me cambre, les décharges de désir se répercutent directement entre mes jambes. Nik lèche mon ventre puis il dégage le survêtement qui me couvrait. Mes jambes nues l’entourent et le rapproche de moi. Il déchire la culote qu’il m’a acheté et ses doigts me touchent enfin là où je veux qu’ils soient. Je gémis fortement, mes yeux croisent son regard, ma peau frissonne devant ce désir brutal qui l’habite. Non, il ne va pas me ménager et c’est tout ce que je veux. Je me redresse, ses doigts s’enfoncent en moi, Nik guettent mes réactions à chaque va et vient et je ne tiens plus, ce n’est pas suffisant, ce ne sont pas ses doigts que je veux, c’est lui, en moi.
    Je m’assois sur le plan de travail, ses doigts quittent l’entrée de mon corps, je m’empresse de défaire son jean, il mordille mon épaule et suce le lobe de mon oreille ce qui me fait m’y prendre à deux fois pour venir à bout de sa ceinture et des boutons de son jean. Je saisis sa queue dure et brulante dans ma main, la taille ne m’impressionne pas, tout est grand chez lui, tout est fort et l’idée qu’il me possède totalement ne fait qu’attiser mon désir. Il me ramène au bord, ses mains sur mes fesses, je le caresse en frottant son gland contre ma peau humide d’envie. Nik m’embrasse alors qu’il mime le va et vient qu’il s’apprête à faire en moi. Il n’entre pas, il reste sur mon clitoris à me rendre un peu plus folle d’envie. Je gémis, il prend mes bras et les enroulent autour de ses épaules.
    — Accroche toi, dit-il contre mes lèvres.
    Je souris de sa vantardise, puis je croise son regard alors que je sens sa queue à l’entrée de mon corps.
    — Pas de douceur Elya.
    J’hoche la tête haletante en attendant qu’il entre en moi. Son regard ne quitte pas le mien, ses mains saisissent mes cuisses plus fortement, comme s’il avait peur que je lui échappe. L’attente devient insoutenable quand enfin il me pénètre d’un coup de rein puissant. Mon corps décolle du plan de travail, mon vagin palpite de le sentir profondément en moi, comblant ce manque qu’il a fait naitre. Nik ressort de mon corps et revient plus fort, sa bouche contre la mienne, je mords sa lèvre, il grogne et recommence encore et encore. Il accélère et me prend sans douceur, sans tendresse, juste avec envie et passion. Nos corps ne font qu’un, nos peaux collantes l’une contre l’autre, sa queue enfoncée en moi et sa bouche contre la mienne. Son regard me rend folle, il est comme habité par un autre homme, un que j’ai entraperçue, un qui ne contrôle plus rien et qui laisse son désir prendre le dessus.
    Je sens les prémices de l’orgasme m’envahir, ses picotements agréables qui parcourent mon corps. Je délaisse ses épaules et prend son visage entre mes mains, ses va et vient ne s’arrêtent pas, alors que je touche du bout du doigts sa cicatrice, il est magnifique, animal, puissant, viril, il me possède totalement. Je jouis en l’enserrant en moi, en gardant les yeux ancré dans les siens. Nik continue d’aller et venir en moi prolongeant mon plaisir, les vagues de bien-être qui s’abattent sur mon corps endoloris, puis je vois son visage se tendre, son regard devenir plus ombrageux et je le sens jouir à son tour enfoncé dans mon corps, il se déverse en moi.
    Son corps se laisse aller contre le mien, mon visage se pose sur son épaule et nous reprenons notre souffle ainsi. Je ferme les yeux en savourant sa peau et ses bras qui me soutiennent.
    Je refuse de penser à ce qu’il vient de se passer, je veux juste encore profiter de ce moment, où chacun de nous a oublié qui était l’autre.

     

    MARYRHAGE