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  • Fucking Love #2 - For You- Chapitre 20

    Chapitre 20

    Dereck

     

    Février

    Un mois plus tard.

     

     

    Je crois que c’est l’un des films les plus excitants que nous ayons tourné jusqu’à maintenant. Je suis en train de remercier le mec qui a eu l’idée folle de créer du chocolat. Bordel, il n’y a rien de plus sexy que de voir son partenaire laisser courir sa langue sur mon torse.

    L’ambiance de la pièce de tournage et les décors ont des allures de Saint Valentin. Ça rend très bien, l’effet tamisé, la légère musique d’ambiance et ce scénario des plus érotique.

    Rien que la scène d’intro du film était sexy. Découvrir Jax a moitié nue dans le lit en train de se caresser c’était une vision des plus plaisante, mais me retrouver sous lui, à la merci de ses mains et de sa bouche, je pourrais subir ce sort éternellement.

    Mon cœur bat vite, ma respiration est en vrac alors que Jax dessine une trainée de chocolat vers mon aine. Sa langue glisse à son tour sur ma peau, le contact de velours me fait frissonner. Mon sexe bandé n’attend que la suite. J’écarte les cuisses sans m’en rendre compte, Jax sourit contre moi, sa main remonte le long de ma jambe, son regard croise le mien. Une tension palpable nous habite.

     

    — Qu’est-ce que tu veux Dereck ? m’interroge Jax en frôlant mon érection.

     

    Toi. Encore. Comme ce matin, mais devant les caméras cette fois-ci.

    Bordel ce matin, je l’ai réveillé de la même façon, ma langue sur sa queue, j’ai observé Jax sortir du sommeil en gémissant sous mes assauts. J’ai cru défaillir quand il m’a demandé de le prendre avec sa voix ensommeillée encore. C’était vraiment tendre et passionné. De quoi bien commencé la journée. Et si Jax se laisse totalement aller dans l’intimité, au boulot, mis à part le Gentlemen’s club et notre live, l’acteur attend le bon moment pour ça. Et peut-être que ça n’arrivera jamais et ça m’irait aussi. J’aime ne pas partager ça avec les autres.

     

    — Ta bouche, je réponds d’une voix rauque.

     

    Il se penche pour embrasser l’intérieur de ma cuisse, je me demande quel goût aura sa bouche après le sexe. Un mélange étonnant avec le chocolat qui me fait jurer d’impatience. 

     

    — Et ensuite ?

     

    Bordel.

     

    — Ensuite, je déclare en respirant plus vite, je veux tes doigts en moi, ta langue sur mon sexe.

     

    — Et ?

     

    Jax lèche sa main pour l’humidifier, cette vision me fait toujours le même effet.

     

    — Toi.

     

    — Un programme des plus divertissants.

     

    Et le soulagement arrive enfin. Jax saisit ma verge dans son poing, ma main agrippe ses cheveux par réflexe, j’ai tellement envie de ça. Après plus de dix minutes à supporter la torture de ses gestes et de sa bouche sur mon corps pour m’exciter et donner aux caméras, j’ai enfin ses lèvres sur moi. Ces dernières sucent mon gland, sa langue me taquine, des spasmes de plaisir m’inondent. Je savoure ce contact chaud et plaisant. Jax prend son temps. Il redécouvre ma queue qu’il connait par cœur déjà. J’aime toujours le voir faire ça. Jax y met un certain talent à l’œuvre, on voit qu’il s’est perfectionné pour le boulot, mais avec moi, ça prend des allures plus intimes. C’est lent, excitant, rageant et provocant. Il sait m’amener au bord du gouffre.

    Jax bouge son poing en même temps que ses va et vient avec sa bouche. Sa prise est ferme, comme ses assauts avec sa langue qui taquine ma veine et mon gland.

    J’ai à peine le temps de savourer la chaleur de sa bouche, le mouvement de cette dernière sur moi, que Jax s’écarte.

    Un râle frustré m’échappe, mais très vite, il est remplacé par un gémissement d’impatience.

     

    — Oh bordel, je jure.

     

    Jax saisit la bouteille de chocolat liquide et sans hésiter, il en déverse une giclée sur ma queue tendue vers lui. Le contact presque froid sur moi me fait frissonner. Jax sourit, satisfait avant de se remettre au travail. Sa main reprend ma queue, et sa langue entreprend de nettoyer ma verge. La vision de son muscle allant et venant sur mon membre me rend dingue. Je la vois bouger, lécher et taquiner mon érection lentement, en poussant des gémissements appréciateurs.

    Bordel de merde, je ne vais pas tenir.

     

    — Jax… je murmure.

     

    Mon amant termine de savourer. Sa langue lape un restant de chocolat avec les quelques gouttes de liquide pré séminal qui s’échappe de mon gland. Je manque de jouir sur le champ en le voyant faire.

     

    — Ton goût mélangé au reste, mec c’est…

     

    Je cède. Une de mes jambes s’appuie sur son épaule, ma main le guide vers mon sexe tendu, et Jax reprend sa torture brûlante.

    Mes hanches remuent d’elles-mêmes dans sa bouche, Jax me laisse le baiser. Je m’enfonce en lui régulièrement, ses lèvres m’emprisonnent divinement bien. Il exerce différentes pressions, et je fais de même. J’ai besoin de ça, de m’engouffrer en lui, de le sentir m’entourer. Jax suce tellement bien que c’est l’une des choses que je préfère faire avec lui.

     

    — Jax ! je gémis quand ses doigts trouvent l’entrée de mon cul et s’y enfoncent.

     

    Mes yeux se ferment, je bouge plus vite. Sa langue me lèche de temps à autre, ma queue devient plus que sensible sous toutes ses stimulations. On s’active avec frénésie durant de longues minutes. Ma main tire les cheveux de Jax. J’ai besoin de jouir, besoin de plus. La sensation de ses doigts bougeant en moi, ma queue qui baise sa bouche, ses lèvres qui me sucent. Le mix est des plus excitants.

    Au moment où je me sens proche du gouffre, Jax le ressent aussi. Ses doigts effleurent ma prostate et m’arrachent une plainte des plus significatives. Je ne simule pas, et tout le monde comprend que si le tournage veut se poursuivre, ils ont plutôt intérêt à tout stopper.

    Et c’est ce que Scarlett fait.

     

    — Et coupez ! Merci les garçons.

     

    Comment briser le charme.

    Jax s’arrête immédiatement, je ne m’empêche pas d’exprimer ma frustration. J’avais envie de plus. De ne pas tourner un film scénarisé et que ce soit une improvisation filmée. J’aime tellement ça avec Jax, c’est beaucoup moins frustrant.

    Mon amant se redresse, je reste figé sur le lit, le corps tremblant d’excitation. Jax me surplombe, il m’écrase et j’ai enfin réponse à ma question. Quand sa bouche m’embrasse et que sa langue joue avec la mienne, je découvre ce goût bien spécial du sexe. Le baiser ne dure qu’un instant, j’ai à peine le temps de plaquer Jax contre moi pour profiter de l’étreinte qu’il s’écarte à nouveau. Son souffle me fait frissonner quand il murmure à mon oreille :

     

    — Je te promets que t’auras dix fois plus sous la douche et cette nuit.

     

    Le son de l’appareil photo en action résonne. Cette promesse me parait bien lointaine.

     

    — Tu auras ma langue de nouveau sur ta queue, mes doigts en toi, et… moi. Je te laisserai m’avoir comme tu veux.

     

    Comme ce matin.

    Je repousse mon amant qui m’allume ouvertement sur les draps blancs en partie recouverts de chocolat. Je me redresse pour chercher du regard notre boss. Scarlett est derrière la caméra principale, elle échange quelques conseils avec Leila.

     

    — Scarlett, on fait ce que tu veux, mais s’il te plait, rapidement.

     

    La belle blonde sourit, elle croise les bras sur sa chemise sexy en me jetant un regard des plus amusés. L’ambiance dans la pièce est chargée en humour et tension sexuelle. Personne n’ose imaginer le plus de délire que c’est de se faire littéralement lécher le corps par son amant. La bouffe et le sexe sont deux choses qui me rendent dingue et accroc. C’était tout simplement jouissif, surtout quand on a moyen d’observer Jax sa main autour de ma queue, ses lèvres à peine tâchées de chocolat me suçant.

    Le paradis bordel.

     

    — On devrait peut-être tourner la suite maintenant. Je crois que jouer avec le chocolat est en train de faire fondre les neurones de notre Australien.

     

    Ma réalisatrice se moque ouvertement de moi. Elle a raison, quand j’ai lu la suite du scénario, mes yeux se sont écarquillés de surprise. L’idée d’imaginer Jax me lécher le dos tout en s’enfonçant en moi me provoque des courts circuits. Ça me rappelle toujours une de nos meilleures scènes, celle dans la cuisine, avec le pot de miel.

     

    — Scar… je jure.

     

    Je crois qu’elle a enfin pitié de moi. Un rire la gagne et j’obtiens quelques instants de soulagement.

     

    — Pause de quinze minutes, me répond-t-elle, mais Dereck…

     

    J’ai compris.

    J’entends plusieurs rires derrière nous. Elle n’a pas le temps de finir que je sors du lit au centre de la pièce et tire Jax. On traverse la pièce, je l’entraine dans le couloir, vers notre loge désormais, avec les nouveaux arrivants, on a décidé de n’avoir qu’une seule pièce. C’est super pratique. Mon partenaire dit quelque chose, mais je ne l’entends pas, à vrai dire je suis concentré sur mon objectif : poursuivre ce qu’on a commencé, prendre du plaisir sans y succomber. C’est totalement sadique, mais incroyablement bon. Très pratique pour ne pas faire retomber la pression.

     

    — Tu vas enfin connaitre le boulot d’un Fluffleur, je déclare en le plaquant contre la porte.

     

    — On était à poil devant au moins dix candidats, Dereck, m’informe Jax.

     

    Je bande un peu plus à cette révélation. Je ne les ai même pas calculés. Je voulais juste profiter encore d’un instant supplémentaire, ne pas attendre pour qu’il me touche et ne pas avoir à entendre Scarlett nous dire « vous allez trop loin hors caméras ». Les inconvénients du job.

     

    — Bordel, ça va être encore plus compliqué de ne pas jouir maintenant après cette confession, je murmure en léchant son cou.

     

    Je me penche vers son oreille, nos deux torses se frottent l’un contre l’autre, nos verges bandées aussi. Jax frissonne et glisse ses bras autour de mes épaules en ondulant légèrement du bassin.

    Mes mains gravitent sur son torse musclé, j’ai du mal à me dire encore que cet homme est à moi.

     

    — Dereck…

     

    — J’ai envie de toi bordel. Encore. Même après ce matin, j’ai envie de toi.

     

    Je remercie le ciel de ne plus être chez SHADOWS ou un autre label ou le sexe en dehors des tournages étaient moins régulier : normal, il faut « concentrer » sa queue pour la performance, avec Scarlett, on a le droit d’avoir une vie sexuelle en dehors du studio.

    Je lui présente ma main, mon amant la lèche pour la mouiller, le contact de sa langue me fait jurer. Il laisse trainer sa salive et l’instant d’après, ma main se referme sur sa queue. Jax soupire de plaisir, nos visages se frôlent, je commence à bouger. Mon pouce taquine son gland, j’apprécie le contact dur et l’imagine très bien s’enfoncer en moi tout à l’heure. L’impatience me noue l’estomac.

     

    — Ne joue pas trop, murmure Jax.

     

    — Juste un peu.

     

    Je bouge un peu plus rapidement, Jax frisonne en ondulant des hanches pour raffermir la pression de mon poing sur lui. Sa queue durcie d’avantages entre mes doigts.

     

    — Tu ne sais pas t’arrêter, gémit mon partenaire. Ça va déraper.

     

    Je le ferais, mais je veux juste lui faire ressentir ce que je ressens à cet instant. L’excitation presque douloureuse. Le plaisir qui monte crescendo.

     

    — Si nous étions à la maison, je commence.

     

    — Dereck…

     

    Je bouge toujours plus vite, j’alterne le mouvement de mon poing. Je maintiens Jax contre la porte. Je bande comme un dingue de le sentir perdre de pied sous mes assauts.

     

    — Je t’allongerai sur le sol, je me mettrais sur toi, ma queue finirait dans ta bouche, et la tienne ferait de même. Je pourrai taquiner ton cul, et m’enfoncer en toi comme tu me l’as promis. Seigneur j’en ai tellement envie. De t’avoir encore, de t’avoir toujours.

     

    Sa tête tombe dans mon cou.

     

    — Plus vite, me demande-t-il en remuant des hanches.

     

    Je serre sa queue sensible, je le masturbe plus violemment, des gémissements gagnent notre loge. Je ne ralentis pas la cadence, je la rends folle. Et quand je sens mon amant se contracter, prêt à jouir, je le lâche.

    Jax jure en souriant contre ma peau.

     

    — C’est de bonne guerre. Mais j’aurai détesté jouer avec un fluffler, c’est bien trop frustrant, murmure-t-il.

     

    Frustrant, mais excitant. On va revenir sur le plateau avec une tension sexuelle des plus intenses. Ça va donner à la caméra un visuel passionnant.

     

    — On y retourne ? me rappelle Jax.

     

    — On y retourne, je confirme.

     

    Bon sang, je suis à fleur de peau, excité comme un dingue, j’espère que Scarlett ne nous fera pas faire dix mille pauses.

    On sort du couloir, toujours autant à poil, et effectivement, on voit une partie de la salle d’attende d’où nous sommes, certains regards n’hésitent pas à nous lorgner, et mon état d’esprit ne peut s’empêcher de la ramener.

     

    — Ce mec est à moi les gars, vous voyez l’érection que je me trimballe, c’est grâce à Jaxson Summers ! Quel dommage que vous n’en profitiez jamais !

     

    — Dereck !

     

    J’éclate de rire en regardant mon partenaire prendre des couleurs face à ma confession et à l’énorme érection que j’affiche sans honte en traversant le couloir pour rejoindre le premier studio. Je marque mon territoire auprès des nouvelles recrues. Je ne partage pas avec des inconnus, plus maintenant, pas quand je suis à ce point dingue de lui. Ma raison ne supporterait pas vraiment, même si ma queue penserait le contraire, j’ai compris qu’il y avait certaines tentations qui ne pouvaient pas être atteintes en compagnie de n’importe qui.

    Et pour l’instant, tant que c’est nouveau pour tout le monde, je préfère rappeler que Jaxson Summers n’est plus un cœur à prendre. Il reste peut-être le Gay For You le plus sexy de Los Angeles, il reste le mien. À moi seul.

     

    ***

     

    Première virée sur la plage de l’année, le froid se fait remplacer petit à petit par une chaleur apaisante. Mon deuxième hiver à Los Angeles et il n’a presque rien à envier à celui australien. J’ai définitivement emménagé chez Jax, maintenant, c’est notre appartement, et c’est tout simplement génial.

    Je n’aurai jamais cru vivre ça, devenir à ce point responsable et stable. Je partage mon quotidien entre un amant et l’éducation d’une petite fille. Beaucoup de nouveauté pour un mec qui ne pensait pas s’occuper d’une famille. Pourtant, c’est ce que j’ai. J’ai réussi à décrocher le jackpot en tournant des films de culs.

    Je suis heureux et serein pour la première fois de ma vie en dix ans, depuis mon départ d’Australie, je connais une forme de paix. Je n’ai pas peur de demain comme l’avenir pouvait m’effrayer.

    Je sors de mes pensées quand une petite main froide quitte la mienne et qu’une voix d’enfant résonne :

     

    — Dereck, est-ce qu’on peut la faire courir ? me demande Sage en me tendant le bâton.

     

    Je souris en acceptant le « jouet ». Je n’hésite pas, je lance très loin le bout de bois et deux flèches courent devant nous. Sage, et notre nouveau compagnon : Nyx, une magnifique Beagle marron et blanche. Derrière arrivé à l’appartement.

     

    — Nyx, attends-moi ! hurle Sage en courant.

     

    — Je n’en reviens pas que tu lui as pris un chien Dereck, m’engueule Jax d’une voix amusée.

     

    Je me tourne vers mon amant, il marche à la limite de la zone d’échouage des vagues. Il est tellement sexy avec son cuir sur l’épaule, ses converses et ses lunettes de soleil sur le nez. Je m’approche de lui, mon bras entoure ses hanches, je le rapproche de moi. Jax se laisse faire en souriant, il n’y a quasiment personne à cette heure sur la plage.

     

    — On voulait un chien avec Sage. Deux voies contre une. En plus tu l’adores.

     

    Jax acquiesce en prenant un air résigné.

     

    — Qu’est-ce que tu ne me ferais pas faire ?

     

    Quelques choses encore. Même si les meilleurs, on les partage déjà, il reste des péripéties qu’on n’a encore jamais approchées. Dont une qui n’est pas seulement un fantasme, mais un désir qui nait de plus en plus, comme la continuité de quelque chose. Ce ne sera pas pour maintenant, mais j’ose espérer un jour.

    C’est bien une idée qui ne m’avait jamais traversé l’esprit avant.

     

    — M’épouser, je déclare en riant, trop de stabilité pour le juge.

     

    Jax se fige face à ma remarque, il ne rit pas, non, il prend un air conspirateur et provocant qui me fait tout de suite bander. Mon partenaire me rapproche de lui, nos corps se frôlent, la tension augmente entre nous et ce qui sort de sa bouche me surprend.

     

    — Tu es si certain de ça ?

     

    Mes yeux s’écarquillent de surprise. Je retire ses lunettes de soleil.

     

    — Jax…

     

    Mon compagnon me surprend de nouveau en me faisant tomber dans le sable d’une prise simple. Mon corps encaisse le choc. Jax s’agenouille entre mes jambes, il sourit fièrement en essayant m’immobiliser totalement. Je me débats pour l’emmerder, ça nous fait rire. On entend Sage se « battre » avec Nyx pour que notre petite chienne se laisse faire.

     

    — Redemande-moi ça dans quelque temps, et tu verras.

     

    Il se penche pour m’embrasser, mais je le stoppe en posant une main sur son torse. Mon esprit a besoin de deux minutes là.

    Jax vient de dire ça.

    Tu verras ?

     

    — Jax ! Tu m’as demandé de te demander de…

     

    Il me fait taire à nouveau en m’embrassant. Je le laisse faire, un baiser simple et totalement chaste qui a des allures de moquerie.

     

    — Tu verras, Dereck.

     

    — Bordel…

     

    — On essaie plus, me rappelle-t-il.

     

    Nos regards ne se quittent pas, je plonge dans le sien, m’y noie encore. J’y lis des tas de choses, dont la sincérité et l’engagement définitif. Finis les peurs, place à la passion.

     

    — Papa ! Dereck ! Nyx elle fait caca dans le sable ! s’offusque Sage.

     

    On éclate de rire. Je sens qu’on ne va pas s’ennuyer ses prochains mois. Entre notre famille, le quotidien et les projets au studio, tout me semble désormais stable et rassurant. Même si l’enquête de Vinz plane toujours entre nous à cause de Demon qui vient de rentrer, je suis serein.

     

    — C’est vraiment ce que tu veux ? me demande mon amant.

     

    — C’est tout ce que je veux. Toi, nous, elle.

     

    Je l’embrasse à nouveau. Il sourit, je me demande si le bonheur ne ressemble pas à ça.

    Ça l’est.

     

    — Je suis foutu, tu ne t’en souviens pas ?

     

    Jax acquiesce en souriant, il prend cet air prometteur qui me séduit toujours.

     

    — Et moi je suis fou de toi, on fait un bon partenariat.

     

    Mon cœur vrille sous cette confession qu’il murmure parfois dans l’obscurité, à l’ombre des regards et dans la plus stricte intimité. Quelques fois, Jax me surprend à l’avouer en plein tournage et c’est juste exceptionnel. Ça me rend dingue et j’ai envie de tellement plus. Nos tournages ne font qu’augmenter en intensité, et j’ai cru halluciner l’autre jour en participant au montage d’un film promotionnel pour la première diffusion de FUCKING BOYS sur une chaine télévisée. Ce n’est plus simplement du jeu entre nous.

    On rit de nouveau en se retrouvant dans le sable mouillé, je n’ai pas le temps de prévenir Jax que la nouvelle vague nous trempe à moitié. L’eau fraiche nous fait nous relever d’un bon, Sage se moque de nous, Nyx se met à aboyer.

    Jax me fait une réflexion amusée et on termine de nouveau dans l’océan calme et plutôt frais à se tremper comme deux gamins qui découvrent encore et toujours, leur complicité.

    Je suis tombé amoureux d’un homme exceptionnel, comme un fou, dans un milieu qui ne s’y prêterait pas. Je suis dingue d’un homme trop bon pour moi, mais qui m’aime malgré mes erreurs et mon passé.

    Je chéris chaque instant, et je remercie le ciel que nos chemins se soient croisés, car malgré l’adversité et le regard des caméras, j’ai appris qu’il était possible de construire un « nous » quelque part. On forge le nôtre, ensemble, et c’est parfaitement imparfait, mais tant que ça nous appartient, le reste m’importe. Jaxson Howard, l’hétéro des caméras de films pornos est à moi, et je suis à lui. Que demander de plus quand on obtient une famille ? Rien, car il n’y a pas plus beau scénario que de succomber à l’aventure intense des sentiments. Surtout des nôtres. Surtout quand on serait capable de tout… juste pour toi.

     

  • Fucking Love #2 - For You - Chapitre 19

    Chapitre 19

    Jax

     

     

    Janvier

     

    Deux semaines plus tard.

     

     

    Après des vacances fantastiques malgré le plâtre de Sage, revenir à la réalité n’a pas été simple. Les parents de Dereck sont formidables, ils m’ont donné l’impression de faire partie entièrement de la famille. Notre séjour là-bas a été des plus intenses. Je ne suis pas habitué à tout ça et Sage non plus, mais les Cole sont comme Dereck : entier. Il n’y avait aucune raison de ne pas nous accepter puisque nous étions le quotidien et l’autre partie de la vie de leur fils. Sa mère n’a pas cessé de me poser des questions, elle est tendre et maternelle. Le genre de femme qui me fait penser à Scarlett en plus… simple. Moins pin-up. Taylor Cole a pris soin de Sage et nous a libéré quelques heures à plusieurs reprises pour que mon amant me traine dans la ville qui la vue grandir.

    Dereck m’a montré des tas de choses. Les coins les plus célèbres de Sydney, ceux plus personnels. C’étaient des moments hors du temps. Je les ai chéris comme jamais. Partir en Australie avec Dereck, c’était clore la découverte de cet homme secret.

    Ces vacances nous ont énormément rapprochés. Rien que ma décision de le laisser entrer dans nos vies de nouveau était un grand pas. Je n’attendais rien, j’espérais un peu, mais je voulais voir si Dereck serait suffisamment fou pour vouloir suivre ma cadence. Il voulait qu’on y aille à mon rythme, et mon rythme m’a poussé à désirer qu’on avance.

    Toutes ces histoires m’ont montré que rien n’est certain, il suffit d’une ombre pour que l’obscurité revienne. On a suffisamment perdu de temps durant ces mois de doute, certes justifiés, mais qui au final, nous ont mené à l’inévitable : nous.

    Dereck emménage petit à petit. Sage est ravie, elle ne cesse d’en parler. C’est concret désormais, ce n’est plus provisoire, dans l’attente de « et si » qui ne viendront peut-être jamais. Ils sont là, ça continue de me faire flipper et en même temps, ça me procure tellement de bonheur que je refoule cette peur. Dereck n’est pas Bell. Nous sommes des adultes qui ont fait le choix d’être semble, malgré tout un tas d’obstacle, malgré le regard des autres, malgré l’adversité et la nouveauté. C’est ainsi. Comme toutes les étoiles dans ce putain de ciel et l’amour que je porte à ma fille. Je suis tombé amoureux d’un homme alors que je n’étais pas prédestiné à ça. J’ai eu le cœur brisé par une femme qui se recolle petit à petit à côté d’un mec extraordinaire.

    J’ai de la chance qu’il soit là, dans chacun des combats que nous avons à mener depuis notre rencontre, Dereck est cette ancre solide sur laquelle je peux m’appuyer.

    Et il sera là ce soir, quand je rentrerai pour lui annoncer le verdict du juge. Celui qui est tombé il y a vingt minutes à peine.

    Nos existences viennent encore de changer.

     

    — J’imagine que tu dois être satisfait ?

     

    Je sors de mes pensées en voyant Bell se ternir devant moi. Je me suis isolé dans le parc en face du palais de justice pour prendre l’air et me faire à cette idée.

    Apparemment, on semble enfin avoir un point en commun avec Bell : la surprise mêlée à la déception.

     

    — Pas vraiment, je soupire, et toi ?

     

    Bell hausse les épaules, son visage féminin est marqué par les doutes, on dirait qu’elle est au bord de l’explosion. Je la comprends. Tant de pression pour tout ça…

    Mon ex s’assied à mes côtés. Je ne dis rien, j’attends que Bell ne rompe ce silence qu’elle est déjà venue briser. Je n’ai plus rien à dire de ce côté-là. Cette histoire a une clôture, peut-être pas celle que j’aurai souhaité dans mon orgueil, mais elle semble… juste.

     

    — On s’est livré bataille pour finalement perdre tous les deux.

     

    Un sourire amusé me gagne. Le destin aura eu raison de nous. Le juge a décidé de ne pas prendre parti. Apparemment, ça s’est joué aux derniers moments.

     

    — Je te remercie de ne pas avoir utilisé l’incident avec Sage pour faire pencher la balance, poursuit Bell, gênée. James n’a pas cessé de me dire que ça aurait pu jouer en ta faveur. Tu as été très… compréhensif.

     

    Je me tourne pour lui faire face, la mère de ma fille culpabilise encore. Jamais elle n’apprendra que ce n’est pas elle, la responsable. Je n’ai pas assez confiance en elle pour lui parler de l’affaire de Vinz. Mais cette frayeur lui a permis de redescendre sur Terre, Bell s’est rendu compte qu’elle pouvait perdre sa fille. Qu’un enfant n’était pas qu’un simple objet. Que l’éducation n’était pas une distraction. Elle a tout à apprendre encore, mais ma fille a besoin d’elle. Ça me tue de le reconnaitre, mais je l’ai vu. Au cours de ces dernières semaines, après notre périple en Australie, Sage voulait partager du temps avec Bell. Je ne pouvais pas aller contre ses désirs. Qui suis-je pour la priver de sa mère au final ? Je serai devenu un monstre. Je l’ai compris au travers de ma fille, lorsqu’elle me parlait de Bell, de ce qu’elle faisait pour elle. Des souvenirs qu’elles tentaient de partager ensemble pour se construire une relation qui n’avait jamais pu éclore.

    Chacun mérite une seconde chance, aussi compliqué que ça soit de l’admettre, le jugement ne me dérange plus. Il est juste et offre beaucoup de possibilités. Il va me permettre de lâcher les rênes et apprendre à Bell à se comporter comme une mère. C’est Sage notre priorité. Mes désirs n’ont pas leur place.

     

    — Je ne l’aurai jamais fait Bell. Je n’ai pas changé à ce point, je jure. La colère parlait pour moi ce jour-là.

     

    L’ambiance entre nous devient plus tendue, mais pas de manière brusque, non, il règne une certaine… mélancolie entre nous, assis, sur ce banc.

     

    — Non, c’est vrai, tu es toujours le même.

     

    En plus âgé et en différent quand même.

    Je soupire en pensant à tout ça. L’Australie m’a permis de faire le point, et j’ai l’impression d’avoir pris quelques années en y réfléchissant.

    J’avance, dans chaque cheminement de mon existence, et il était temps de le faire.

     

    — Je ne sais pas si je te pardonnerai un jour pour ce que tu as fait à notre famille, je murmure, mais je peux avancer, parce qu’il est hors de question que Sage continue de grandir dans cette situation. On ne peut pas se déchirer Bell, pas pour notre fille. Ça ne veut pas dire que je te pardonne ni que je n’oublie, encore moins que je te fasse confiance. Mais je veux croire que tu seras enfin la mère que Sage mérite même si la méfiance que j’ai à ton égard n’a pas de limites. Tu es sa mère, je n’ai pas le droit de t’en priver, tout comme tu n’avais pas à vouloir me la prendre. Nous devons être adultes, mais surtout des parents, ensemble.

     

    Je ne peux pas la rayer définitivement de ma vie, je dois faire avec son retour. Et pour notre fille, je préférerai que nous ne nous détestions pas.

     

    — Même si ça te coûte.

     

    — Même si ça me coûte, je confirme, sans la quitter des yeux. J’espère que tu penseras la même chose. Après tout, tu n’as peut-être pas obtenu la garde de Sage, mais tu l’auras un week-end sur deux, un soir par semaine et la moitié des vacances scolaires. Je ne voulais que tu n’aies rien du tout au départ. Mais j’accepte que tu puisses avoir tout ça.

     

    Le regard clair de Bell s’humidifie, et mon cœur vrille en la voyant. Je la trouve enfin, cette parcelle qui s’allume en elle, celle qui me rappelle une femme que j’ai tellement aimée. Comme un fou, à m’en damner et à faire n’importe quoi pour la garder. J’étais jeune et vraiment naïf de croire que tout pourrait aller. La vie m’a appris que ça n’était pas si simple. Et après un rapide détour dans le monde du porno pour m’apprendre des tas de choses me concernant, après six ans à élever un enfant, je commence à me trouver un peu sage.

     

    — Je suis désolée, Jaxson, pour ce que je t’ai dit, s’excuse soudainement Bell.

     

    Elle essuie quelques larmes traitresses aux coins de ses yeux.

     

    — Je sais pourquoi je suis tombée amoureuse de toi quand nous avions seize ans. Et je ne te déteste pas d’être avec un… homme. Tu as raison, je suis égoïste et maintenant que j’ai obtenu en partie ce que je voulais, je relâche la pression. Je suis désolée, répète Bell.

     

    La femme parfaite et imbuvable que j’ai côtoyée depuis des mois se brise petit à petit. Pour la première fois, je n’ai pas l’impression que ça ne soit pas sincère, même si je reste sur mes gardes, même si Bell lève enfin un masque, j’apprécie de la voir redescendre de son nuage.

     

    — Mon mari fait croire qu’il comprend, mais en vérité, je doute, poursuit Bell dans sa confession du siècle. Quand je lui ai appris pour mon passé, il a été très choqué. Il vient d’une famille assez… conservatrice. S’il n’était pas vraiment tombé amoureux de moi, je crois qu’il m’aurait quitté sur-le-champ. C’est lui qui m’a convaincu d’entamer des démarches pour obtenir la garde partagée de Sage. Ça lui semblait impensable autrement. Quant à moi, je… je pensais que je ne mériterais pas d’être une mère après tout ça. Mais James n’aime pas être regardé du doigt. Il ne supportait pas l’idée de ne pas être ce couple parfait, et moi… j’ai fini par penser pareil.

     

    Bell sourit tristement en essayant de ne pas trop anéantir son maquillage malgré son émotion. Je veux bien croire que ce procès pour la garde de notre fille n’a pas été simple pour elle aussi, tout comme j’entends une version de l’histoire plus vraie que la première.

     

    — Mon discours fait très prétention, mais Jax, je n’ai jamais menti quand j’ai dit que je n’avais pas cessé de penser à elle.

     

    Bell fouille dans son sac à main, elle en sort une photographie très abimée, mais qui n’a pas perdu de son charme. Mon cœur se serre devant une telle vision.

     

    — Elle ne me quitte jamais depuis six ans.

     

    C’est la première photo de nous trois. Celle prise à la maternité quelques heures après la naissance de Sage. On semble très heureux. À des milliers de kilomètres d’ici, et de penser que l’avenir ne serait pas clément avec nous. On s’aimait, comme on aime à vingt ans. Avec la passion des lendemains glorieux qui ne connaitront jamais l’ombre des doutes, et la fougue d’une jeunesse qui ne réfléchit pas toujours.

    On a quand même réussi à faire de belles choses ensemble, c’est indéniable.

     

    — Je n’étais pas prête Jax, murmure Bell en fixant la photo, je pensais l’être et… j’ai eu peur. Et dans la peur, j’ai voulu fuir la difficulté. Je n’aurai jamais dû, j’ai été lâche avec Sage. Je n’ai pas cru en nous comme toi tu l’as fait. Il n’y a pas un jour ou je ne regrette pas.

     

    L’organe dans ma poitrine se serre. Elle me l’a déjà dit tout ça, mais pour la première fois depuis longtemps, ça sonne vrai.

     

    — Je ne te l’ai jamais dit, mais… tu as fait un magnifique boulot, poursuit Bell sans me regarder. Elle est parfaite. Elle te ressemble tellement. Tu l’as élevé comme un chef. Sage est tellement… géniale. Je suis…

     

    Son corps tremble, Bell essuie de nouveau ses joues en respirant. Elle me jette un regard triste et bouleversé à la fois. Elle me fait penser au Dereck du café, quand il me suppliait de l’écouter et de lui pardonner pour ce qu’il avait fait.

     

    — Je ne te demande pas de me pardonner, surtout pas après tout ce que j’ai fait. Mais j’espère que tu me donneras une seconde chance pour que nous puissions avancer dans l’avenir et partager la vie de Sage comme nous aurions dû le faire si je n’étais pas partie.

     

    — On a fait quelque chose de magnifique ensemble, Bell, je déclare sans hésitation. Et pour elle, je suis prêt à prendre ce risque.

     

    Ma confession fige mon ex-petit ami. Sans doute, elle s’attendait à devoir ramper, mais non. Même si je n’oublie rien, même si je reste méfiant, je veux mettre fin à cette lutte maintenant que nous sommes fixés sur notre sort. Sage sera toujours sous ma garde, près de moi, et elle pourra voir sa mère. Je ne la perdrai pas même si je devrais la partager désormais. Je ne dois pas oublier qu’elle n’est pas qu’à moi.

     

    — Je suis désolée, répète de nouveau Bell.

     

    — Je sais.

     

    Et je comprends que c’est sincère, sinon, elle ne le dirait pas autant. Je me surprends à glisser un bras autour de ses épaules pour l’attirer contre moi. Bell succombe dans mes bras, et je la réconforte, comme avant. Parce que même si nous avons changé, même si nous nous sommes aimés puis déchirés, il reste encore une part de ces Jax et Bell qui se sont adorés. Mon cœur ne peut pas être à ce point éteint, pas quand il s’agit de ma fille et de son bonheur. L’intelligence n’est pas de rester braquer dans ses idées, c’est de les faire évoluer, au risque d’être surpris.

    Je ne pardonne pas, mais j’avance.

    Pour elle, pour Sage.

     

     

    ***

     

     

     

    — Nous avons une bonne nouvelle à vous annoncer, je commence.

     

    Mon partenaire me jette un regard amusé, on a parié sur la façon dont on allait leur annoncer. Dereck a remis la vidéo à Scarlett, mais apparemment, elle ne l’a pas encore visionné, sinon, nous aurons eu un retour. On s’est dit qu’officialiser notre relation pour débuter l’année serait une bonne nouvelle parmi tant d’autres. Surtout que tout le studio est présent pour ce brunch de rentrée.

    Face à mon court silence, je vois se dresser des sourires divertis. Une ambiance palpable nait dans la pièce de séjour, celle qui me dit qu’il se trame un truc.

    Je ne tarde pas à en avoir le cœur net. Zane a pitié de moi.

     

    — Dois-tu nous annoncer que tu es avec Dereck ?

     

    — Vous ne baisez plus pour de faux ? poursuit Lake.

     

    Un rire les gagne, je les dévisage comme un idiot en me demandant diable comment ils savent. Nous n’avons jamais rien montré depuis le retour de Dereck. Aucune intimité en dehors de chez moi. Rien au studio… mais nous sommes-nous trahis autrement ?

    Je jette un regard à mon amant qui termine son café d’un trait. Il m’offre un clin d’œil complice, celui voulant dire que ce n’est pas grave. Sommes-nous mauvais acteurs ?

     

    — Alors ce n’est plus une nouvelle, poursuit Dereck.

     

    — Plus vraiment, rétorque Leila.

     

    Comment ont-ils su ?

    Ma question doit se lire mon visage, j’encaisse le choc, un brin honteux d’avoir voulu me cacher de cette famille qui m’a toujours accueilli et ne m’a jamais jugé malgré mes différences. Je sais que je n’aurai pas besoin de m’expliquer, d’essayer de leur faire comprendre pourquoi mon silence, pourquoi nous avons décidé avec Dereck de nous cacher. Chacun pige ma situation, chacun a été confronté à ça. À ce moment où on finit par se foutre de l’avis des autres et où on s’assume pour dire ce qu’on est, qui on aime.

    Ce moment est arrivé pour nous. Et si Dereck le voit comme un événement simple, pour moi, c’est plus compliqué. C’est tout un regard sur moi qui va changer…

    Pas tant que ça quand j’observe mes proches.

    Comment ont-ils su ? je me répète en boucle.

    Dereck glisse un bras autour de mes hanches, comme pour me soutenir.

     

    — Sage me l’a dit à l’hôpital, je crois que ta gosse supporte mal les médocs, déclare Brooks, je n’allais pas garder cette info pour moi, Lake devait être au courant.

     

    — Comme son père se moque Mack.

     

    Chacun se met à nous taquiner un instant avant que notre patronne n’intervienne. Scarlett était restée silencieuse jusqu’alors. Elle ne semble pas surprise. Et je me demande si elle n’a pas déjà eu des échos de notre show au Gentlemen’s Club.

     

    — Je vous observe presque tous les jours tourner des scènes, les rater ou les réussir. Je ne suis pas aveugle. J’ai vu que vous aviez changé. Que vos gestes n’étaient plus si joués, poursuit Scarlett. J’ai vu beaucoup d’hommes s’approcher du point de non-retour par le sexe. Quand il cesse de n’être qu’un art pour devenir plus que ça. Je ne saurai dire quand je vous ai vu basculer, mais j’espérais que c’était ce que vous souhaitiez. C’est une très bonne nouvelle, elle nous fait plaisir, confirme Scarlett. On veut que vous soyez heureux, et évidemment que nous n’avons rien contre ça.

     

    Cette femme que je connais depuis toujours semble lire en moi comme un livre ouvert. Elle s’approche de nous, ses mains saisissent mon visage, nos regards ne se quittent pas quand elle rassure mes craintes.

     

    — On s’en fou des étiquettes Jax, tu es toujours le même, sauf que désormais tu es avec quelqu’un. Jamais nous te jugerons. Alors, ne t’inquiète pas. Tu seras toujours notre GAY FOR PLAY, même si ton cœur appartient à un homme.

     

    Elle m’embrasse sur la joue, je la serre contre moi alors que nos enfoirés de collègues applaudissent pour nous féliciter. Leur réaction ne m’étonne pas, même si je la redoutais un peu, comme toujours.

    On se prend quelques vannes et on apprend que nous n’avons pas été si discrets que ça. Mason avait des soupçons depuis notre live au Gentlemen’s par exemple. Mais tous se rejoignent sur un point : c’était dans nos regards et nos gestes que nous nous trahissions. Comme quoi, quand on aime, on ne compte pas et on ne peut pas le cacher.

    La matinée se poursuit et de détend. Je suis moins nerveux et je m’autorise même ma première marque de tendresse en public avec Dereck. Autant dire le putain de grand huit pour moi. Mon amant ne cesse de rire et de me taquiner à ce sujet. Il savait que c’était important pour moi ce moment.

    On parle des projets à venir et du reste. Je remarque qu’Archer reste discret. Il lève son verre en affichant un air triste. L’acteur blond, si jovial et passionnant n’est pas d’humeur à rire.

     

    — Je tiens à vous informer que nous débuterons les castings d’ici quelques jours, intervient Scarlett. Nous avons reçu pas moins de cinquante candidatures ! Archer sera le principal intéressé à mener ces rencontres, mais vous êtes les bienvenues.

     

    En l’absence de Demon qui est parti un mois à New York pour l’affaire, A se retrouve en solitaire. Je n’ai pas encore eu l’occasion de trouver le moment adéquat pour parler avec lui de tout ça, mais j’ai l’impression que la nouvelle lui ait tombé dessus avec violence. Sans doute, ne s’attendait-il pas à tout ça.

    Il a l’air d’avoir le cœur d’un homme brisé quand je l’observe. Ce regard triste quand on voit quelqu’un qu’on aime nous échapper. Ce regard hante souvent Archer. Surtout quand il s’agit de Demon. Et dans cette lutte auquel il ne peut pas participer, l’acteur semble voir se profiler à l’horizon, une chute dangereuse qu’il ne pourra pas éviter.

    Sa participation aux castings, je la vois comme un affront envers Demon, un moyen de le blesser, comme lui le blesse sans même le vouloir.

    Et si jamais l’un d’eux ose dire à nouveau qu’il n’y a rien les concernant, se serait là le pire des mensonges. Tout comme ça l’a été entre Dereck et moi. Nous n’avons jamais été de simple ami, il y avait déjà plus aux premiers regards.

    Car si le Donjon reste un endroit des plus secrets pour nous tous, il referme ceux de deux hommes qui ne savent pas comment vivre avec ses silences.

    Et j’espère qu’un jour, ils auront ce même courage que Dereck et moi : de les affronter ou de se laisser succomber.

  • Fucking Love #2 - For You - Chapitre 18

    Chapitre 18

    Dereck

     

     

    Enfin seuls.

    Je profite d’un moment inespéré pour rejoindre Jax dans la salle de bain. Vivre sous le même toit que mes parents et le restant de ma famille n’aident pas vraiment pour se retrouver en tête à tête.

    Je saisis celui-ci. Sage est dans la cuisine en compagnie de ma mère et de ma sœur pour commencer à préparer le repas de ce soir. Mon père est parti chercher Vinz et Isobel à l’aéroport, il n’y a personne à l’étage quand je verrouille la porte. Le son me fait vriller le cœur d’impatience.

    Jax est dans la baignoire, sous le jet brûlant qui fait également douche. De la buée se propage dans la pièce, elle tache les miroirs et la petite vitre devant Jax.

    Je pianote sur mon téléphone avant de le poser contre le mur face à lui.

    J’ai envie de ça toutes les nuits depuis notre arrivée, surtout quand Jax se colle contre moi durant son sommeil, que je sens son érection matinale frotter mes fesses et la chaleur de son corps blotti contre le mien. C’est de la torture. J’ai réussi à la coincé il y a deux jours dans les toilettes pour faire retomber la pression. En quelques minutes, j’ai joui dans sa main et lui dans la mienne. Entre la situation, entre l’abstinence qui finalement ne nous ressemble pas, ça devient compliqué de ne pas sentir un homme contre moi, m’écrasant sur un matelas ou n’importe quelle surface plane pour me prendre. Je compte bien l’obtenir ce jour de réveillon de Noël.

    Je me déshabille en vitesse, Jax n’a pas l’air d’avoir compris mon intrusion. Il est dos à moi, ses mains nettoient ses cheveux bruns, l’eau savonneuse glisse le long de sa colonne vertébrale jusqu’à ses fesses musclées. Mon érection pulse dans mon caleçon que je dégage en dernier. Je n’hésite à faire les derniers pas qui nous séparent pour le retrouver. J’enjambe le rebord de la baignoire et mes mains se posent sur sa taille.

    Jax frisonne avant de sourire et de se laisser aller contre mon torse. Mon cœur fait des putains de bons de savoir que cet homme est à moi. Et il se serre en sachant que j’ai pris une décision des plus difficiles qui le blesse. Mais Jax est tellement exceptionnel qu’il sait être de raison même quand le cœur n’y ait pas.

     

    — T’as fermé la porte ? me demande mon partenaire.

     

    — Je l’ai même verrouillé.

     

    Je laisse trainer ma langue sur son cou. J’embrasse sa mâchoire piquante d’une barbe qu’il n’a pas encore rasée. L’eau chaude commence à me mouiller, mes mains gravitent sur lui, les siennes restent sages pour un court laps de temps.

     

    — Ça me rappelle un bon moment, m’avoue Jax.

     

    Je souris contre son cou que je mordille. Oui moi aussi, même si ça a frôlé la catastrophe sur la fin, c’était intense. C’était inespéré et tellement jouissif de l’avoir ainsi. Il n’y a rien de mieux qu’un Jax perdant le contrôle.

     

    — Moi aussi.

     

    Je lèche sa nuque trempée, il frissonne. Un juron lui échappe quand il sent mon sexe bandé contre ses fesses. L’atmosphère dans la pièce devient plus tendue. Une tension nerveuse nous gagne, celle révélant l’excitation et la passion vive.

     

    — J’ai envie de toi, déclare Jax d’une voix rauque.

     

    J’aime qu’il s’exprime aussi clairement. Il ne réfléchit plus depuis quelque temps à tout ça et c’est là que je vois que Jax a évolué. Mon amant désire et ne refoule plus ses envies. Il a accepté de vouloir un homme et n’hésite pas à l’exprimer.

    Mes mains caressent son torse, je frôle ses tétons et dérive plus au sud.

     

    — J’ai une question à te poser avant.

     

    Mon souffle s’emballe, mon rythme cardiaque aussi. A ma demande, l’ambiance s’enflamme.

     

    — Fais vite.

     

    Jax termine de se rincer les cheveux pour être opérationnel. Je souris en le voyant faire, tout comme j’apprécie de voir déjà naitre une superbe érection entre ses cuisses musclées.

     

    — J’ai allumé mon téléphone sur VIDÉOS et ça tourne. Si t’es partant, nous pouvons réaliser notre premier LIVE pour FUCKING BOYS. Si tu ne l’es pas, je garderai le film pour moi.

     

    Jax se fige, son regard se tourne vers moi, je ne le quitte pas des yeux alors qu’il réfléchit à ma proposition. Du sexe, oui, toujours, entre nous, mais est-ce qu’en dehors des caméras mon partenaire voudrait être filmé dans son intimité ?

     

    — OK, me répond-il. Baisons et voyons.

     

    Je ris face à son commentaire que je sais rempli d’humour. Il termine de se rincer en sachant très bien que nous retournerons nous laver après notre étreinte.

    Peut-être que je pousserai le vice à demander à ma sœur de veiller sur Sage lors d’une de nos dernières nuits à Sydney pour kidnapper son père et le faire transpirer dans les draps durant des heures avant de tomber de fatigue.

     

    — On a combien de temps ? m’interroge mon amant.

     

    — Un quart d’heure sans doute.

     

    Jax se retourne d’un seul coup, il m’attire contre lui et me plaque contre le carrelage mural. Mon dos encaisse l’impact avec plaisir. Je croise le regard lumineux de mon amant. Jax ne cache pas l’envie qui le ronge. C’est si bon d’être ensemble de cette façon-là. Toujours fort et apaisant.

    Et tellement jouissif.

     

    — Alors, ne perdons pas de temps, conclut l’acteur en écrasant sa bouche contre la mienne.

     

    Je savoure l’impact de ses lèvres sur moi. Je les embrasse avec fougue et envie. Je sais que chez mes parents, je n’ai pas de malaise à avoir. Même si c’est la première fois qu’ils me voient avec quelqu’un, je n’hésite pas à embrasser Jax si j’en ai envie. Lui se fait plus discret, il n’est pas habitué à ça, à ce que des inconnus le regardent apporter de l’affection à un autre homme. Cette légère pudeur me plait et m’excite à la fois. Surtout quand on sait de quoi l’acteur est capable en privé. Sage rit toujours en nous voyant faire. Elle trouve ça mignon les bisous.

    Moi, j’adore ça. C’est le premier contact que j’ai eu avec Jax et le plus simple auquel j’ai droit en dehors du sexe. Je ne pourrais pas m’en passer. Il se dégage tellement d’intimité dans un seul baiser.

    Ma langue joue avec la sienne. Des frissons me gagnent. Je remue contre lui à la recherche de plus de friction. Le sexe de Jax glisse contre le mien dans un mouvement lent et excitant. La douche prend quelques degrés encore. Mes mains pressent ses hanches, je crève d’envie qu’il me soulève légèrement pour que je puisse le coincer entre mes jambes et laisser faire la gravité faire son job, mais mon compagnon en a décidé autrement.

    Jax s’écarte et s’agenouille face à moi. L’eau de la douche continue de nous tremper. Je n’ai pas le temps de me préparer à l’assaut qu’il s’exécute. Sa main se referme sur ma verge et ses lèvres emprisonnent mon gland sensible.

    Mon poing finit dans ses cheveux que je tire en essayant de retrouver du souffle. Mon cœur tambourine dans ma poitrine alors que j’observe Jax me prendre dans sa bouche chaude. Sa langue tournoie autour de ma queue, l’acteur exerce un succion approfondi qui me fait jurer. Il m’accueille profondément, j’ignore ce qui est le plus excitant. Voir Jax à genoux pour moi, ou le voir me sucer avec envie. Parce que l’acteur ne joue pas, il s’active avec la même envie que d’ordinaire lorsque nous sommes en tête à tête. Je ne vois pas l’ombre d’une hésitation dans son regard. Il aime ce qu’il fait, il aime être avec moi, il m’aime et bordel, ce mec me rend tellement fou. C’en est jamais assez d’êtres à ses côtés.

    Je respire plus vite alors que la bouche de Jax augmente son rythme, entre coup de langue et aspiration, des spasmes de plaisir inondent mon ventre, tendent ma queue, la rendant encore plus sensible.

    Je manque de défaillir lorsque Jax se met à fredonner autour de moi, des vibrations rajoutent au plaisir du moment. Mais c’est surtout lorsque sa langue s’emploie à torturer le bout de mon sexe que je manque de jouir. Voir Jax me regarder, son poing refermé sur ma verge, sa langue lapant mon gland, léchant la petite goutte salée et taquinant la veine gonflée.

     

    — Bordel, tu suces comme un putain de Dieu, Jax, je souffle en bougeant des hanches.

     

    Sa main accompagne mes mouvements, il me laisse m’enfoncer dans sa bouche quelques coups de reins. Les doigts libres de Jax s’immiscent entre mes jambes pour venir effleurer mes bourses. Je halète, le rythme cardiaque affolé. La pression de ses doigts me malaxant ne manque pas de me faire réagir. Je glisse plus rapidement entre ses lèvres ouvertes. Je suis fasciné par sa façon de faire, j’ai toujours aimé ça, regarder un homme me prendre en lui. C’est une vision des plus excitantes surtout quand le mec en question est le sien.

    Quand l’acteur glisse vers mon cul, je cède. La légère pression de son majeur contre mon orifice met mon self-control à mal. Après presque une semaine sans sexe, je ne veux pas joueur : je veux tricher et passer de la case départ à l’arrivé en sautant tous les points de contrôle.

     

    — Jax, je déclare en m’écartant à contrecœur.

     

    J’aide mon amant à se relever. On manque de déraper quand il se redresse, et je sens venir le fait divers : « deux hommes pimentent leur douche et se retrouve le crâne explosé contre le sol ». Ce serait moyen comme Noël.

    Je ne réfléchis pas, j’attrape la main de Jax pour le guider hors de la baignoire. Mon amant prend soin de couper l’eau. Je jure, il va falloir être discret.

     

    — Des idées ? me taquine Jax alors qu’il m’observe scruter la pièce.

     

    Toujours.

    Je lui offre un clin en allant ajuster le téléphone dans le bon angle. Je reviens vers lui, ma peau est aussi trempée que la sienne, Jax sent le gel douche, bordel, si j’avais le temps, je laisserais courir ma peau sur toutes les zones, jusqu’aux meilleures pour le faire frémir.

    Malheureusement, j’ai bien peur qu’il ne nous reste que très peu de temps avant que notre absence ne soit remarquée.

    Et j’ai besoin de ça, de lui.

     

    — Assis toi contre la baignoire, j’ordonne d’une voix rauque.

     

    — Tu veux la jouer cow-boy australien ? me questionne Jax en haussant un sourcil.

     

    Je souris de plus belle.

     

    — Exactement.

     

    Jax se laisse tomber sur les fesses, sur le tapis de bains à moitié trempé. Son dos s’appuie contre le carrelage bleu. Il me fait signe de venir vers lui d’un geste de la main. Je ne perds pas de temps.

    Je le chevauche, mes jambes de chaque côté de ses cuisses mouillées. Le contraste de nos peaux va se faire ressentir. Ça va claquer quand nous nous mettrons à bouger. Je passe un bras autour de ses épaules pour me maintenir, puis je commence à bouger des hanches, allant et venant sur lui. J’intime un mouvement sexy qui stimule nos deux sexes l’un contre l’autre. Nos visages sont proches, à un geste de capture les lèvres de Jax. Au lieu de ça, je profite de l’expression qui se dessine sur ses traits. Ce mec est trop beau pour être à moi.

     

    — On n’a rien sous la main, Dereck, remarque Jax en pressant les siennes sur ma taille en mouvement.

     

    — Comme si ça allait m’arrêter.

     

    Il sait que j’adore ça en plus. Le sexe brutal, où la douleur persiste plus qu’un instant. C’est tellement bon d’être marqué de l’intérieur, de tout ressentir. Jax s’impose en moi et je me souviens de lui quelques heures après son passage. C’est l’une des choses que je préfère.

    Je crache dans ma main, mon poing se referme sur son sexe que je lubrifie. Jax tressaille à mon contact, un juron lui échappe, son souffle augmente.

     

    — Dereck…

     

    Mon pouce frotte son gland, je prends un certain plaisir à le rendre nerveux. Le pousser à bout le rend instable et tellement plus passionné. Nos étreintes n’en sont que meilleures.

    L’atmosphère dans la salle de bain ne fait qu’augmenter. On respire le sexe et l’envie.

    Ses doigts se présentent à ma bouche, je les laisse entrer. Je les suce sans quitter le regard de mon amant qui devient fou. Je laisse trainer ma salive dessus, glisse ma langue. Ses doigts entament un mouvement de va-et-vient entre mes lèvres. Bordel, c’est tellement excitant. La sensation est semblable à celle de sa queue allante et venante en moi. J’ai envie de ça.

    Jax semble le comprendre, j’accélère ma prise autour de lui, l’acteur jure. Ses doigts humides trouvent mon cul, dès qu’ils s’enfoncent en moi, je retiens mon souffle. Je contacte mes muscles autour de lui pour faire sentir à Jax combien j’en ai besoin, maintenant. Je me fous de la douleur, elle m’excite. Je ne veux pas faire les choses lentement, je veux qu’on se perde dans le feu de la passion. Que le sexe devienne un peu brutal. On aime ça, cette fougue qui nous perd.

     

    — Jax, je te veux toi, je murmure en posant mon front contre le sien, viens.

     

    Ses doigts continuent de jouer avec mon cul. Glissant plutôt facilement, m’attirant des frissons. On dirait qu’il tente d’atteindre son but habituel, mais dans notre position, c’est plutôt compliqué.

     

    — Ne t’en fais pas pour ma prostate, je le taquine, ta queue se chargera de la trouver.

     

    Je m’embrasse avec fougue pour faire le faire taire. Je frissonne néanmoins sous les mouvements de sa main. C’est tellement bon, mais rien n’est meilleur que ce qui va suivre.

    Je me hisse sur lui, ses doigts écartent à présent mes fesses, je me positionne pour que son gland presse mon entrée. Un spasme de plaisir me contacte le ventre sous l’excitation. J’en crève d’envie. Qu’importe la douleur, qu’importe la rapidité, qu’importe le comment, tant que c’est avec Jax, je ne me soucis plus du reste.

    On retient nos souffles un instant avant que tout bascule. Je laisse faire la gravité, je m’empale sur lui, laissant son sexe entrer en moi. Je me raidis sous la brûlure intense, Jax se contracte sous moi. Il tente de m’écarter, mais je reste contre lui et l’embrasse pour le distraire. Je laisse mon corps s’adapter. Une multitude de sensations me gagnent, Jax tremble contre moi. Je palpite autour de lui, et j’imagine très bien ce qu’il ressent : cette sensation d’être totalement possédé et prisonnier.

    Bordel, je dois être totalement à fleur de peau pour bander à ce point alors que la douleur familière est plus forte que d’ordinaire.

     

    — Touche-moi, je demande d’une voix presque suppliante alors que je commencer à bouger sur lui.

     

    Je monte et descends sur son sexe tendu avec rapidité. Mon cul claque contre ses cuisses, je l’enfonce profondément en moi, j’en apprécie chaque sensation, chaque pression et chaque caresse. Je frissonne quand je change d’angle pour que son gland vienne toucher ma prostate.

    La main de Jax se referme sur ma queue, on commence à bouger en rythme. Nos gestes sont coordonnés, brusques et rapides. Le but étant de basculer le plus vite possible. J’ai rarement partagé un tel moment avec lui. La passion nous fait arborer un masque des plus sexy, Jax est perdu dans la montagne de sensations qu’il ressent, je suis rapidement au bord du gouffre. L’empalement de son sexe en moi, sa main me malmenant, les spasmes de plaisir qui irradient dans mon corps à leur contact.

    Un dernier contact, une dernière pression, un dernier mouvement de reins, et nous basculons avec violence, l’un contre l’autre, sur le sol de ma salle de bain. Je jouis dans la main de mon amant qui s’enfonce une dernière fois en moi avant de céder à son tour. Je sens la chaleur me noyer de l’intérieur. Mon orgasme prolonge le sien. Je palpite autour de lui, le souffle court, nos deux fronts posés l’un contre l’autre. Je nous maintiens blottis ainsi. Le cœur au bord de l’explosion, et un sourire de génie sur le visage.

    Jax met quelques instants à revenir sur terre, il me lâche en m’entendant gémir. Sa bouche embrasse le coin de la mienne avant de déclarer :

     

    — Sans doute notre baise la plus rapide.

     

    — Vite fait, bien fait.

     

    Je l’embrasse à nouveau en savourant cette ambiance apaisante qui nous entoure après le sexe. J’avais besoin de ça pour affronter la journée, et surtout mon frère. Ce dernier va sans doute sceller mon avenir proche. Et si le réveillon de Noël commence bien, j’ai peur qu’il se transforme en fête dédiée au père Fouettard.

     

    ***

     

    Mon frère me tend une cigarette que j’accepte volontiers. On s’est éloigné un peu avant le début du repas. J’ai enfin rencontré mon petit neveu, Aaron, il est magnifique. Il parle très bien et m’a reconnu. Je vois qu’Isobel n’a pas manqué de lui parler de moi, de montrer mes photos, et ça m’a ému. Ce petit bonhomme est magnifique. Sage était sous le charme aussi. Elle n’a pas cessé de nous demander si elle aurait cette chance, avec son père ou avec sa mère d’avoir un petit frère. Jax n’a rien dit, j’ai ri de la voir aussi au courant du sujet. Brooks ne s’est visiblement pas gêné de lui expliquer comment lui et Lake auraient un jour des gamins. Ils ont bien fait. Parler d’avenir me semble éphémère pour l’instant, mon présent actuel est tellement instable que mes désirs sur le court terme pourraient être compromis.

    J’allume la clope en tirant dessus. On partage aussi une bière et ça me rappelle ces soirs d’été ou nous habitions tous ici encore. On écoutait un match à la radio en profitant de la vie du quartier. Ce soir c’est plus calme, mais je ne le suis pas. J’ai besoin de savoir ce que mon frère a à me dire. Il est arrivé il y a quelques heures, nous avons tous fait en sorte de ne pas mentionner l’affaire pour profiter de retrouvailles bien méritées, mais désormais il est temps, sinon, je vais finir fou.

     

    — J’attendais le bon moment pour te parler de tout ça, mais tu m’as l’air bien à cran.

     

    — Laisse-moi passer un réveillon de Noël l’esprit en paix. Je me fais des films, je lance à mon frère en lui tendant la clope.

     

    Il zieute derrière lui pour vérifier qu’Isobel ne le voit pas faire. Il tire deux trois lattes avant de me la redonner. Un silence étrange s’installe entre nous. Vinz boit plusieurs gorgées de bière avant de soupirer. Il ne croise pas un instant mon regard.

    Qu’est-ce qu’il se passe ?

    Depuis l’accident de Sage, Vinz m’a dit qu’il avait mis les bouchés doubles et que les choses allaient changer à la nouvelle année. Je me demande ce qui pourrait être pire : si mon frère a trouvé de quoi m’inculper dans son enquête en dénichant une véritable snuff, ou bien… si je suis totalement écarté de l’affaire pour X ou Y raisons.

    La vérité ne tarde pas à être révélée.

     

    — Je n’ai plus besoin de toi, Dereck, murmure-t-il doucement.

     

    — Quoi ?!

     

    Bordel, mon sang ne fait qu’un tour face à cette annonce. J’ai l’impression de me prendre une baffe en pleine gueule. L’organe dans ma poitrine se serre, mon rythme cardiaque s’accélère et je n’ai qu’un mot en tête : pourquoi ?

     

    — Vinz, tu déconnes !

     

    Mon frère passe une main nerveuse dans ses cheveux.

     

    — Il y a plusieurs raisons Dereck. D’abord, on nous a affecté un nouveau procureur, une femme géniale qui a repris le dossier depuis le début. Elle a trouvé nos propres failles… et ton témoignage a été jugé trop bancal. Nous le savions. Et puis… j’ai eu un retournement de situation qui m’a confirmé ce que j’espérais : j’ai pris la décision de t’écarter de cette affaire. Je pense que tu mérites de tourner la page, je pense que tu en as assez fait, et grâce à toi, j’ai réussi à trouver plus que ce que j’imaginais.

     

    Je tire sur ma clope en essayant de calmer la colère qui nait en moi. Je me sens… comme une merde qu’on jette quand on trouve mieux. J’entends les propos de mon frère, mais j’ai du mal.

    Je savais que je pouvais être considéré comme étant un témoin instable à cause de mon passé de drogué, mais après autant de temps pour combattre mon addiction, j’aurai pu aider…

    Cette affaire m’a tellement maintenu à flot, elle m’a donné envie de me battre, de surmonter le plus dur. J’avais un but, et Vinz me le retire.

     

    — Je ne comprends pas.

     

    Je tente de rester calme, mais j’ai du mal.

     

    — J’ai réussi à trouver la preuve qu’il me manquait.

     

    Nos regards se croisent dans cette animosité. On se tourne pour faire face à nos proches qui s’emploient à terminer les derniers préparatifs. Je tire sur ma clope en voyant l’avenir devant nous, bien loin du passé qui nous a rapprochés avec Vinz. Mon frère me fait la révélation de l’année, celle auquel je ne suis totalement pas prêt.

     

    — Matthews Riggs, Demon. Il est venu à New York avant mon départ, il avait en sa possession sa propre snuff movie.

     

    Mon cœur rate un battement. Deuxième choc. Je me tourne vers Vinz qui boit à sa bière en acquiesçant. Il me confirme que c’est bien vrai. Mais comment est-ce possible ? Comment Demon a fait ?

    Je réfléchis pendant que mon frère tente d’apporter quelques réponses à mes questions, je vois certaines parties du puzzle s’emboiter dans mon esprit, expliquant enfin le comportement de Demon. Il s’éloignait de FUCKING BOYS pour replonger dans le passé. Il a dû se produire un déclic à un moment donné pour que l’Hardeur se lance dans cette quête, j’ignore quoi cependant, mais Demon n’agit pas sans rien.

    Je n’ose même pas imaginer ce qu’il a dû faire ou qui rencontrer pour atteindre son but.

    Merde, j’en ai de l’arythmie.

     

    — Il l’a retrouvé. J’ignore comment il a fait, mais Demon me l’a apporté, il m’a garanti que c’était la seule copie, et qu’il était prêt à témoigner pour faire plonger Battle. Peut-être pour une partie de ses crimes, mais suffisamment pour le condamner à perpétuité étant donné les accusations. Quand on a visionné la cassette, bordel… personne ne peut simuler ce qu’il a vécu, Dereck, c’était une boucherie.

     

    Je ferme les yeux en refoulant la culpabilité. Je me souviens encore de son visage défoncé ce jour-là, quand il m’a annoncé qu’il partait. Il semblait mal, mais avec la drogue, je n’ai pas dû voir à quel point il était détruit physiquement et mentalement.

    J’observe mon frère, il a l’air tellement mal. Il termine sa bière d’un trait en poursuivant notre échange tendu.

     

    — La procureure a authentifié son témoignage avec la casette. Voilà pourquoi Demon ne sautera pas et sera un des principaux acteurs de la condamnation de Battle. J’ignore comment il faut pour rester aussi stable.

     

    Ce n’est qu’apparence, j’ai envie de lui dire. Demon ressemble à une bombe prête à exploser.

    Qu’est-ce qu’il a dû faire pour la récupérer ?

    Cette question qui n’aura jamais de réponse me hante. Pourquoi n’a-t-il rien dit ?

    Parce que c’est Matthews.

    Je reste sans voix face à tout ça. Je comprends mieux que mon frère décide de m’évincer. Je ne servirai à rien face à Dem.

     

    — Et puisqu’une nouvelle n’arrive pas seule. J’ai appris par mes collègues à la sortie de l’aéroport qu’ils avaient arrêté Garret et Kyle à la frontière du Mexique. Ils avaient presque réussi le coup parfait pour disparaitre, mais le sort en a décidé autrement.

     

    Nouveau choc.

    J’observe mon frère en haussant un sourcil. Il acquiesce. Nous sommes d’accord, ce n’est pas le fruit du hasard que deux suspects soient retrouvés aussi vites. On a dû les balancer. Mais je sais que Vinz ne cherchera pas pour l’instant à trouver le pourquoi du comment. Il sait qu’il marche sur des braises, à tout moment, tout peut foirer s’il s’approche trop des grands méchants. Ces derniers lui donnent de quoi bosser sans creuser plus.

    Ils ne connaissent pas encore Vinz.

     

    — C’est fini Dereck, ils vont plonger, conclut Vinz, après presque quatre ans d’enquête.

     

    — Pas les acheteurs. Ils trouveront d’autres fournisseurs de ce genre de vidéos… je soupire.

     

    Mon frère serre mon bras pour avoir mon attention. Il semble aussi contrarié que moi, mais je note cette lueur d’espoir, celle qui soulagera un peu les familles des victimes en sachant que le responsable de la mort ou des sévices de leur proche paiera. Peut-être que Vinz réussira à faire le lien entre sa liste de noms et celles de Battle. Peut-être pas. Mais au moins, cet enfoiré sera condamné pour ces actes.

     

    — Cette partie du combat, nous ne pouvons pas la gagner pour l’instant. Peut-être que si nous remportons le procès, on montera une équipe qui se chargera de ce problème. L’affaire ne va pas rester sous silence quand elle éclatera dans les journaux. Demon est prêt à ça.

     

    Vinz montre d’un signe de la main, Jax qui installe confortablement Sage dans un fauteuil. On est tous habillés des t-shirts rouge et blanc, avec des touches de verts. On ressemble à la famille kitch. J’observe mon amant et sa fille. Ils rigolent à une blague de mon père. Ils semblent… bien, tous ensemble. Jax accepté, Sage. Ça ressemble à l’avenir tout ça. Mais quelque part, je sens les bribes du passé, ce combat, j’ai du mal à le lâcher, à aller de l’avant. Il m’a tellement maintenue à flot qu’il est dur de lâcher la bouée maintenant que je sais nager.

     

    — Mais toi, tu as tellement à perdre Dereck, tellement. Je sais que tu es quelqu’un de bien, de confiance, mais on ne prendra pas en compte ton témoignage. Pas à côté de celui de Demon. Ni à côté de ceux qui étaient plus clean que toi à l’époque. Et même si je crois en toi, je ne veux pas t’embarquer dans une bataille ou tu seras le soldat qu’on mettra sur le côté. Tu as œuvré dans l’ombre, mais tu as permis de prouver qu’il y avait des moyens de parvenir jusqu’à la lumière. Merci Dereck, pour tout ce que tu as fait. Je sais que c’est dur, mais je préfère être un enfoiré et te jeter avant qu’on ne s’en prenne à toi. Je t’aime trop pour ça, et quand tu m’as appelé pour me dire que ta famille était en danger à cause de mon incapacité.

     

    La confession de mon frère me touche plus qu’il ne le pense. L’entendre dire que j’ai une famille, autre que là nôtre me chamboule. Ça prouve tellement de choses aux yeux de tous. Ça montre que j’ai changé, que j’ai su accepter un peu de normalité dans ma vie de dingue. Mon frère est plus sage que moi à cet instant. Il me retire du combat quand je me saurais maintenant tête baissée, prêt à tout sacrifier encore pour des enfoirés.

     

    — S’il y avait eu Demon…

     

    — Je t’aurai viré quand même. La vie d’un enfant ne vaut pas une preuve dans une affaire. J’en aurais trouvé d’autres, m’interrompt Vinz.

     

    J’acquiesce. Merde, c’est douloureux d’accepter que le combat était perdu d’avance. D’un côté, je suis soulagé, d’un autre, j’espère que ça suffira pour que Vinz et les autres remportent cette bataille finale, qui se fera sans moi désormais.

     

     

    ***

     

     

    — Je suis désolé, s’excuse Jax.

     

    On s’est isolés un instant après un début de repas des plus sympathiques. J’avais oublié à quel point ma mère cuisinait bien. J’avais oublié l’ambiance chaleureuse.

     

    — Je ne pensais pas que mon témoignage soit à ce point irrecevable. Depuis le début de cette histoire, mon frère ne compte que sur moi. J’avais l’impression de servir à quelque chose. Ce combat m’a donné une raison de me battre encore plus. Je soupçonne mon frère de le savoir depuis un petit moment déjà.

     

    — Dereck…

     

    Nos regards se croisent, j’en suis à ma sixième clope de la soirée, mais mon amant n’a rien dit. Je pense qu’il a compris que j’ai besoin d’évacuer la tension qui règne en moi. Et à défaut de le faire avec lui… je fais comme je peux. Jax semble soulagé, et en même temps soucieux.

     

    — Je vais avoir du mal à accepter que ça se poursuive sans moi. Mais je suis soulagé que le FBI ait trouvé de quoi avancer.

     

    — Demon le fera plonger, et s’il le fait, c’est grâce à toi. Tu as réussi à faire ce que tu souhaitais, peut-être pas comme tu le voulais, mais tu as contribué à faire plonger les monstres du passé. Je suis tellement fier de toi. De cet homme courageux que je n’ai pas connu, et de celui que je découvre un peu plus chaque jour.

     

    Mon cœur s’emballe face aux propos de mon compagnon.

     

    — Est-ce que tu rentres avec nous ? demande mon amant.

     

    — Je ne comptais pas rester ici sans vous désormais.

     

    Je vois le soulagement se peindre à nouveau sur son visage. Sa main glisse dans mes cheveux, il m’attire à lui et m’embrasse le front. Je me laisse faire dans cette étreinte. Je suis soulagé aussi. Je redoutais le moment des séparations. Je n’avais pas envie de quitter ce que nous étions en train de construire. Et puis, à la rentrée, le procès pour la garde de Sage se conclura, et en fonction du verdict, ce sera à son tour d’avoir besoin de moi.

     

    — La vidéo donne là à Scarlett, je crois qu’elle sera heureuse de comprendre par ce biais que ces deux acteurs sont plus qu’amis. Je ne doute pas qu’elle fera un succès fou, chuchote-t-il à mon oreille.

     

    Je me fige face à cette soudain révélation. Je m’apprête à lui demande pourquoi, quand il me devance. Ses bras enlacent ma taille, il m’attire à lui pour que je lui fasse face. L’atmosphère devient étrangement agréable, elle m’enlève un peu du poids que j’ai dans la poitrine. Dans la pénombre de la nuit, alors que j’entends mon père, ma sœur et Sage chantaient de célèbres chansons de Noël, je partage un moment réconfortant avec l’homme dont je suis fou. Celui que je n’aurai jamais pensé avoir ainsi.

     

    — On ne lâche pas, renchérit Jax. On ne prend plus de décisions aussi violentes que la tienne. On avance Dereck et on doit avancer là aussi. Alors… si tu es d’accord, je veux que tout le monde sache qu’on est ensemble. Je veux t’aimer en public, dire que tu es à moi pour qu’on ne me propose plus aucune vidéo sans toi. Je te veux encore et après toutes ces épreuves, même avec celles qui nous reste, je suis sûr d’une chose : je t’aime et je n’ai jamais ressenti ça pour personne. Ce tel besoin d’appartenir à quelqu’un. D’être avec quelqu’un, de le revendiquer.

     

    Jax se tait un instant, son visage s’approche du mien. Son souffle chaud m’attire des frissons. Je ne pense pas m’habituer un jour que c’est ma réalité. Que j’ai quelqu’un à présent. Ça me semble encore irréel.

     

    — Je te revendique Dereck Cole, t’es à moi. Gay ou pas gay, témoin ou pas, Hardeur ou simple acteur, australien et américain, acteur porno ou globe trotteur. Amant et ami. Tu n’es pas un lâche, me confirme-t-il, et sans toi, peut-être que cette histoire n’aurait jamais vu le jour. Peut-être que Battle n’aurait pas payé pour ces crimes. Tu es un héros à mes yeux, le mien, un de ceux de ma fille. Et je vais être là pour t’aider à surmonter ça.

     

    Son front s’appuie contre le mien. Je le serre contre moi en savourant la chaleur qu’il dégage et en imprimant ses mots dans ma mémoire.

     

    — C’est l’heure des cadeaux ! s’exclame Ella en nous interrompant.

     

    On ne sursaute pas quand elle arrive, on s’éloigne juste un peu pour lui faire face, mais on garde cette proximité. Celle qu’ont tous les autres couples. Je jette un regard avec Jax, il n’a plus cette gêne qu’il avait au début de notre partenariat.

    On avance, ensemble, on se découvre, on découvre ça tous les deux.

     

    — Vous êtes trop mignons, commente ma sœur en prenant une moue adoratrice.

     

    Je garde un bras autour de ses hanches.

     

    — Quelle chance qu’il soit à moi, je renchéris.

     

    Mon partenaire me le confirme en embrassant le coin de ma joue, bordel, ce simple geste me fait frissonner et fondre mon cœur de gros dur. Son naturel charmeur et tendre me séduit autant qu’une pipe.

     

    — Hum… je n’ai pas de chance pour te refaire basculer du côté obscur ? plaisante Ella.

     

    Un rire gagne Jax qui claque mes fesses avant de s’écarter pour entrer.

     

    — Désolée belle-sœur, mais ton frère a des atouts que tu ne pourras jamais avoir.

     

    — Une queue ?

     

    Jax lui offre un clin d’œil en se penchant vers son oreille. Je l’entends quand même murmurer :

     

    — Et tellement plus que ça.

     

    Les deux se tapent dans la main avant que mon compagnon n’aille retrouver sa fille pour qu’elle aide à distribuer les cadeaux que le père Noël a apportés.

    Quant à nous, Ella me jette un regard qui en dit long. Celui qui insinue ; ne laisse pas partir cet homme quoiqu’il arrive. Jax est foutu, quand je fais une promesse, je la tiens, surtout quand il s’agit de nous.

     

    ***

     

    On a réussi à apporter quand même pas mal de cadeaux avec nous. On attend que Aaron et Sage aient terminé d’ouvrir leur paquet. La petite puce a eu plein de livres sur les princesses ainsi qu’un… sabre laser. J’ignore ce qu’elle va faire de ça, mais ça avait l’air de l’éclater.

    Mes parents se sont offert des livres ainsi qu’un tas de bricoles. Ma sœur a reçu une collection entière de Disney en DVD, mon frère et ma sœur un séjour en Australie. Le message subliminal de mes parents pour voir leur petit fils plus souvent. J’ai horreur à Jax un immense intégral de Série TV et lui, il me tend mon cadeau. Une boite carrée.

    J’entends plein de vannes sur le contenu. Jax reste discret en souriant. Je me demande ce qu’il y a à l’intérieur.

     

    — Une clé USB ? je l’interroge.

     

    — Ouvre et tu verras, me lance mon amant en se frottant les mains.

     

    Je lui jette un coup d’œil amusé en déchirant le papier cadeau sobre. Je découvre une boite rouge. Je l’ouvre en retirant le couvercle et le contenu manque de m’échapper quand je vois de quoi il s’agit.

    Il n’a pas fait ça.

    Mon cœur s’emballe.

     

    — Qu’est-ce que c’est ? demande Sage en se penchant vers ma boite.

     

    Je me tourne vers Jax qui sourit, fier de lui.

     

    — Est-ce que… je commence.

     

    — Le père Noël t’a apporté la clé de l’appartement. Je crois que ça serait sympa que tu l’aies. Surtout si tu as envie d’emménager avec Sage et moi.

     

    Seigneur.

    Je dévisage la clé posée sur un mini cousin. Il y a un porteclé avec écrit « HOME ». Ma main se met à trembler, je sens l’émotion me gagner. Je ne m’y attendais pas.

     

    — Oh, ça veut dire que Dereck va enfin venir habiter avec nous ? demande Sage, ravie.

     

    Jax la prend sur ses genoux. La petite fille semble heureuse. Elle scrute ma réaction, comme toute ma famille. Ils restent suspendus à mes lèvres.

    Laissez-moi deux minutes.

     

    — T’es content ? poursuit la petite princesse.

     

    Mes yeux deviennent légèrement humides. Merde, je n’arrive pas à le contrôler, mais… c’est tellement pour moi. Cette clé représente un avenir. Jax me demande d’emménager chez lui. C’est énorme. C’est… un grand pas. Un des plus grands. Jax me prouve encore une fois que notre histoire n’est pas un coup de folie, une crise de la trentaine. Non, il le veut. Il a envie que je sois avec lui, qu’on construire quelque chose.

    Bordel, si nous étions en tête à tête, la clé aurait fini par terre et nous aussi. Je l’aurai baisé contre ce sol pour le remercier de me faire sentir aussi vivant et aimé.

     

    — Oui, je suis tellement content.

     

    — Tu acceptes ?

     

    Jax semble hésiter de ma réponse.

    Je souris comme un con en glissant une main autour de sa nuque pour l’attirer contre moi.

     

    — J’accepte.

     

    Je l’embrasse avec fougue sous les applaudissements de mes proches. J’imagine mon compagnon rougir devant toute cette attention. Le contact de nos lèvres ne dure qu’un instant, mais suffisamment pour lui communiquer tout ce que je ressens.

    Je t’aime, résonne autour de nous.

     

    — Ils vont enfin pouvoir faire cracra biscotte sans que Dereck n’ait à partir sur la pointe des pieds le matin, commente Sage.

     

    Un élan de rire nous gagne face à la déclaration de la petite fille, apparemment, on s’était fait bien griller. On laisse finir de déballer Aaron qui avait planqué certains de ses paquets et je savoure ce moment de calme où pour la première fois, même si l’avenir va changer, il ne me semble plus aussi incertain et dangereux. Je le dois à trois hommes : mon frère, Demon et Jax.