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  • Blood Of Silence, Tome 6 : Rhymes, Chapitre 26

     

    Robyn

    CHAPITRE 26

    ***

     

     

    — Qu’est-ce que tu fais là ? demande une voix masculine me sortant de mes pensées.

     

    Je lève les yeux de mon rapport et croise ceux magnifiques de Rhymes qui me dévisage avec surprise.

    Je range les papiers que je feuilletais en l’attendant dans ma pochette. J’ai un premier rapport qui m’est parvenu concernant notre taupe. Les deux enfoirés du FBI voulaient en discuter demain matin à la première heure.

    Rhymes montre les trois marches de son porche, il semble fatigué, mais plutôt satisfait de me voir.

    Les choses changent. La dernière fois que je suis venue ici, je l’ai menacé d’une arme à la main.

     

    — Alors ? insiste le Blood en venant s’asseoir à côté de moi.

     

    Je souris.

     

    — Hé bien, je me suis dit que ça pourrait être sympa de venir chez toi. Mes voisins commencent à se poser des questions sur une bécane, je lance, l’air de rien.

     

    Rhymes se gare toujours dans un coin à l’abri des regards. Un air amusé vient se dessiner sur son visage, il n’est pas convaincu de mon excuse.

    À vrai dire, la vérité est toute conne.

     

    — En fait, j’avoue, il n’y a plus de courant chez moi. Je n’ai pas envie d’aller au poste de police et j’avais du boulot. Et vu que c’est éclairé sous ton porche…

     

    — Tu squattes ?

     

    — C’est ça.

     

    Je ne suis pas assez courageuse pour rester seule alors que je suis dans le noir. J’ai beau être une dure à cuir, je suis crevée le soir, absolument pas sur mes gardes et avec les tensions qui règnent dans la rue, je n’ai pas confiance. Je redoute depuis la fusillade que des enfoirés entrent chez moi.

    Sans électricité, je n’ai plus d’alarme. Donc, je me suis rendue chez un preux chevalier.

     

    — Je vais devoir demander un loyer, s’en amuse Rhymes en se levant.

     

    Il n’est pas venu hier soir. Je le soupçonne d’avoir eu un transfert d’armes ou de coke. Je ne dis rien, et Rhymes ne m’a rien dit sur son absence.

    Hier, je me suis surprise à regretter de ne pas le voir arriver. Je commence à m’habituer à sa présence enquiquinante pour mon affaire, mais plaisante pour la femme que je suis.

    Rhymes me fait, quand on est tous les deux, il n’est que lui, et je ne suis que moi. J’en oublie et lui aussi, que nous sommes ennemies en dehors des murs de nos maisons.

     

    — Je peux payer en nature, je propose en me levant à mon tour.

     

    Le Blood se fige en ouvrant la porte d’entrée, il me jette un regard fiévreux en allumant la lumière.

     

    — Je comptais faire nettement plus qu’un 69 sur la table de ma cuisine et tacher les draps avec un truc sucré, lance-t-il, l’air de rien.

     

    Je rougis à la mention de ces deux derniers événements qui m’ont fait jouir comme jamais. De Rhymes dans ma chambre, sa tête entre mes cuisses alors qu’il léchait le sucre liquide sur ma peau à m’en faire frémir.

    Ce mec est fou.

    Le VP me fait signe d’entrer, je m’exécute. La première fois que je suis venue chez lui, je n’ai pas pris le temps de regarder la décoration. Mis à part des posters de bécanes et de nanas à poil, des meubles masculins et simples, il n’y a pas grand-chose. Je note l’impressionnant

    Je pose mon sac contenant mes documents dans un coin près du porte-manteau. Je sursaute lorsque la porte

     

    — Tu vivais ici avec Sean ?

     

    — Oui.

     

    — C’est charmant.

     

    — Efficace. Robyn, t’as sérieusement envie de parler ?

     

    Je me tourne pour lui faire face, sourire aux lèvres alors qu’il verrouille la porte d’entrée de chez lui. Ses mains vont ensuite sur son cuir.

    Mon cœur s’emballe, je crois que ce soir, ni lui ni moi n’allons jouer à « résiste-moi ».

    J’ai juste envie d’être avec lui, de profiter d’une soirée loin de mes emmerdes pros et des siennes sans doute. J’ai rarement vu Rhymes aussi inquiet. Ses traits sont marqués par quelque chose qui le préoccupe. Je ne peux pas demander quoi. Mais je peux faire autre chose.

    J’ai envie de faire autre chose.

    Tu fonces droit dans le mur Robyn, ça, c’est une réaction qu’on a lorsque….

    Je chasse cette pensée en retirant mon blouson que je laisse aller sur le sol, mes bottes à talons suivent  . Rhymes me dévore des yeux lorsque j’annonce d’une voix claire :

     

    — OK, t’as exactement deux minutes pour te foutre à poil. Cette nuit, on ne joue pas. On profite.

     

    Est-ce que ça te va ? nage dans l’atmosphère qui se charge d’une tension sexuelle.

    C’est toujours comme ça entre nous tendu et intense.

    Rhymes sourit, il fait dégager son cuir, puis ses rangers. Je passe devant lui pour monter les escaliers, nos fringues s’en vont rapidement. On ne joue pas, mais on s’amuse, c’est clair. Chacun de nous fait monter la température de l’autre en se découvrant. Mon jean s’en va dans l’escalier, le sien aussi. Son t-shirt s’accroche à la rambarde, le mien rejoint le sol, mon soutien-gorge aussi, ma petite culotte dans le couloir et son caleçon de même.

    Lorsqu’on arrive devant sa chambre, nous sommes nus.

    Rhymes me plaque contre la porte, sa queue raide s’enfonce dans mon ventre lorsqu’il se blottit contre moi. Ses doigts détachent mon chignon, mes cheveux tombent en cascade sur mes épaules, nos regards se croisent, la tension est là bien vivante, elle nous fait vibrer l’un l’autre.

    Mon cœur s’emballe, son souffle s’emballe et sans attendre, nos bouches se retrouvent avec vivacité. On s’embrasse avec ardeur, nos lèvres se cherchent et se dévorent, l’impatience émane de chacun de nous deux. L’envie nous dévore, je sens montrer l’excitation alors que nos langues jouent l’une contre l’autre. J’aime ça, cette proximité avec lui. Cette alchimie.

     

    — J’ai envie de toi, murmure Rhymes en mettant de la distance entre nos lèvres.

     

    — Moi aussi.

     

    Le Blood ouvre sa chambre, on entre. L’obscurité ne nous gêne pas, on s’y habitue rapidement.

    Il va vers sa table de nuit, je le vois sortir des préservatifs et du lubrifiant. Je le rejoins, à sa hauteur, Rhymes m’offre un clin d’œil complice, il jette le paquetage « baisons comme des bêtes » sur le lit avant de me fait tomber dessus.

    Rhymes saisit mes hanches et me retourne pour me mettre à quatre pattes. L’excitation me gagne. Il veut la faire sauvage. J’en ai envie, qu’on ne tourne pas autour du pot, de sentir maintenant ce vide douloureux entre mes cuisses se remplir de sa présence.

    Je l’entends déchirer un emballage, ses mains m’attirent contre le pied du lit où il est resté debout.

    Ses doigts glissent entre mes cuisses, contre mon sexe. Rhymes joue avec mon clitoris un instant, le titillant pour le simple plaisir de le toucher et de me voir frissonner, mais il ne s’y attarde pas. Il trouve l’entrée de mon intimité, et sans hésiter, il s’enfonce en moi. La sensation d’empalement me fait trembler, je retrouve le soulagement de le sentir là, au fond de moi.

     

    — Je crois que trois jours de préliminaires suffisent, soupire Rhymes en restant immobile un instant.

     

    Son souffle caresse mon dos, je sens ses lèvres embrasser ma peau. J’acquiesce en me frottant contre lui pour réclamer plus.

     

    — Qu’est-ce que tu attends ? je lance avec défi.

     

    Sa main claque ma fesse, il rit, je souris, et très vite, l’atmosphère de la chambre devient plus palpable. Sa queue commence à aller et venir en moi. Mon cœur s’emballe, ma respiration se noue. Je me laisse porter par ses mains qui me tiennent fermement pour ne pas que je lui échappe. L’angle de pénétration m’enflamme, Rhymes heurte une zone délicate et sensible en moi qui me fait gémir. C’est divin. Perdue par les sensations, je ne vois rien venir.

     

    — Rhymes, je souffle en sentant ses doigts froids jouer contre l’entrée qu’il n’a pas encore possédée.

     

    Je tourne la tête pour croiser son regard fiévreux, le Blood écarte davantage mes cuisses, je vois un film de sueur sur son front, créer par l’effort.

     

    — Tu veux ? me demande-t-il d’une voix fiévreuse.

     

    Je me mords la lèvre en sentant une vague de chaleur me gagner en imaginant le Blood s’enfoncer en moi là aussi.

    Oui.

     

    — Oui, je déclare.

     

    Le Blood semble satisfait de ma réponse. Il continue d’aller et venir entre les replis de mon sexe tout en jouant entre mes fesses. Je sens une de ses doigts glisser en moi, puis une deuxième.

    Je remue des hanches sur lui, l’aidant à me prendre. Son sexe heurte le fond de mon intimité, je tremble, je me détends. Le mélange de sensation, ses doigts tournants et me préparant à le recevoir me rendent dingue. J’adore. Je ne réfléchis pas avec Rhymes quand il s’agit de sexe, je m’en rends compte alors qu’avec un autre, j’aurais certainement dit non. Pas avec lui. Rhymes dégage un sentiment de sécurité au lit, qu’importe ce qu’il se passera, tout sera bon. Personne n’est jugé, il n’y a que le plaisir. Et ce dernier est là. Il monte lentement, enflammant ma peau, l’intérieur de mon corps. On dirait qu’il est de partout.

    La fraicheur du lubrifiant contraste la chaleur de nos deux corps brûlant sous l’effort. C’est incroyablement excitant de le sentir en même temps, à deux endroits différents. C’est sexy et jouissif. Je me surprends à moi-même m’empaler sur ses doigts et sur sa queue. Rhymes grogne, il s’enfonce en moi plus durement avant de sortir de mon corps.

    Il me retourne, je me retrouve sur le dos, Rhymes vient sur moi, ses lèvres rencontrent les miennes avec possession. Il m’embrasse un instant avant de me faire basculer sur lui. J’atterris sur ses cuisses, son érection se frottant contre mon sexe.

     

    — Prends-moi, lance-t-il.

     

    Bordel.

    L’excitation me noue l’estomac. Je n’hésite pas, je saisis sa queue, vérifie que le préservatif est toujours en plus. Je me redresse en positionnant son érection contre moi.

    Son gland s’appuie contre l’entrée de mon cul. La tension augmente dans la chambre. Ses mains écartent davantage mes fesses pour se laisser la placer de les pénétrer. Je commence à m’empaler sur lui, lentement.

     

    — Détends-toi, souffle-t-il, laisse-moi entrer.

     

    Je m’abandonne, une douleur habituelle me gagne, je fronce les sourcils, je laisse faire la gravité. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait ça. L’idée de le faire maintenant avec ce désir palpitant entre nous me rend dingue. Je me perds dans les baisers de Rhymes qui m’embrasse pour m’embrumer l’esprit, je comprends pourquoi il le fait l’instant d’après.

    Je tremble lorsqu’il force l’entrée en s’enfonçant d’un coup de rein, la douleur devient plus vive, mais le Blood entreprend de me la faire oublier.

    Il reste immobile, son visage vient s’enfouir entre mes seins. Sa main glisse entre mes cuisses, ses doigts trouvent mon clitoris qu’il caresse en suçant mes tétons. La double sensation me détend, je frissonne. C’est bon, cette sensation mêlant plaisir et douleur.

    Au bout d’un moment, je bouge de moi-même. Rhymes s’écarte, il s’allonge pour me regarder le prendre, mener la barque.

     

    — Oh bordel, Robyn… jure-t-il quand je le glisse profondément en moi.

     

    Je monte et descends sur lui, d’abord lentement, j’apprécie la sensation de le sentir là. L’impression d’être totalement possédé me gagne. Il est de partout, ses mains, son sexe. Lorsque Rhymes accompagne mes mouvements d’un geste plus franc, je gémis.

    Mon vagin palpite autant que mon cul autour de son érection.

    Je contracte les muscles de mes fesses autour de son sexe que je chevauche. Je vois son regard sur la jointure de nos deux corps, sa respiration se noue en voyant son érection disparaitre.

    Rhymes perd pied. Il me saisit par les hanches et commence à me baiser avec plus d’ardeur. M’incitant à aller et venir sur lui plus rapidement. Il accompagne le mouvement de mon bassin s’empalant sur lui. Le sentir là m’excite comme jamais.

    C’est enivrant. La chaleur me gagne, je croise le regard du VP, il est sous le charme, totalement perdu par les sensations délirantes de mon emprise sur lui.

     

    — Rhymes…

     

    — Oui ? souffle-t-il en respirant difficilement.

     

    Ma main glisse sur son torse, je griffe sa peau, je prends appui sur son épaule en le chevauchant plus durement. Je sens naitre en moi les prémices de la jouissance. Mon corps tremble, mon esprit se brume. J’ai envie de plus. J’ai envie de le sentir perdre pied. Qu’il ne m’épargne rien.

     

    — Jouis en moi, je demande.

     

    — Je suis déjà en toi, me fait-il remarquer.

     

    Je saisis sa main que je fais descendre jusqu’à mon entre cuisses, ses doigts touchent l’humidité de mon sexe malmené et victime des gestes. Rhymes jure en voyant à quel point, sa queue enfouie dans mon cul m’a excité.

     

    — Là, sans rien, je souffle, la voix rauque.

     

    Rhymes fait entrer un doigt dans mon vagin, son pouce caresse en cercle mon point sensible, je frissonne, le souffle court. Je me raidis sur lui, serrant un peu plus son sexe en moi. Il jure.

     

    — C’est ce que tu veux ?

     

    Nos regards se croisent, j’y lis une tonne de questions, dont une primordiale à laquelle je réponds :

     

    — J’ai un implant, fais-moi confiance.

     

    Comme toi tu me demandes de te faire confiance.

    Le Blood me dévisage un instant. Je me demande ce que ça ferait de sentir Rhymes sans rien. Il saisit mes hanches, s’enfonce dans mon cul une dernière fois avant de se retirer. Une impression de vide me gagne.

    Le biker me fait basculer sur le dos, ma peau en sueur rencontre les draps emmêlés. Rhymes s’active, il se redresse, retire le préservatif. J’écarte les cuisses pour l’accueillir, il s’allonge sur moi en faisant peser son poids. Son érection frotte contre mon clitoris sensible, je gémis en m’accrochant à ses épaules. Nos regards se croisent, dans le sien règne une lueur de plaisir mêlée à autre chose de plus intense.

     

    — Rhymes…

     

    Il sourit contre ma peau qu’il embrasse, sa main saisit la mienne, l’autre glisse dans mes cheveux, mes jambes se lèvent pour venir encercler sa taille. D’un mouvement fluide, le Biker trouve l’entrée moite de mon sexe et enfonce le sien. Les retrouvailles me font frissonner, je palpite autour de lui, Rhymes jure. C’est divin, ne pas sentir le froid du préservatif, le sentir lui, long et dur effleurer mes parois de mon intimité.

     

    — Je vois que ça t’a fait de l’effet, gémit-il, t’es brûlante.

     

    Ses hanches reprennent leur course sauvage. Glissant en moi avec facilité. Le VP sait très bien que je peux endurer un rodéo intense, où la brusquerie et les mouvements appuyés sont de mises.

    Le rythme de ses pénétrations s’accélère, nous sommes tous les deux à vif, rendu fou par les dernières minutes, à un pas de basculer. Le Blood trouve pourtant le moyen d’accentuer ce plaisir douloureux qui sommeille en nous.

    Il change remonte l’une de mes jambes sur lui, changeant l’angle de pénétration. Sa queue se frotte contre mes parois intimes sensibles qui vibrent sous le contact de velours de son érection.

    L’orgasme me prend de court, il arrive comme ça, sans prévenir.

    Ma tête bascule en arrière, je serre la main de Rhymes, j’explose en laissant échapper un cri rauque. Le feu navigue dans chaque parcelle de mon corps, entre mes cuisses, un plaisir douloureusement intense m’enivre, des millions de picotements m’envahissent. Je tente d’échapper à la prise de Rhymes qui s’active toujours, allant et venant en moi avec rapidité. La combine des deux le fait basculer à son tour. Dans la chaleur empoisonnante de mon sexe, Rhymes succombe. Il se fige, son front contre le mien, son corps se raidit quand l’orgasme le gagne. Le Blood jure en se rependant en moi, je sens une chaleur et l’humidité se diffuser entre mes cuisses.

    Je reprends mon esprit quelques secondes plus tard, le souffle court, le cœur en vrac et un sourire soulagée se dessinant sur mon visage.

    C’est ce qu’on appelle se faire baiser en règle. Et même si c’était sauvage, c’était… intense. Il y avait autre chose qui régner dans la chambre qu’une simple envie de jouir de l’autre.

    Rhymes allonge ma jambe avant de s’effondrer sur moi. Sa tête sur ma poitrine, il me serre contre lui. Je tente de regagner mes esprits, le Blood tremble contre moi en reprenant également son souffle.

    Rhymes ne dit pas un mot, et moi non plus, on se contente de rester contre l’autre, à profiter de sa présence. Je me surprends à caresser ses cheveux, Rhymes joue avec la courbe de mes seins, dessinant leur contour.

    Une tendresse nouvelle nous gagne. Après la fougue de notre étreinte, c’est surprenant, mais j’aime ça.

    Et je veux rester encore quelques heures avec cet homme qui provoque en moi une palette de sentiments que je doute de vouloir interpréter.

    Bercé par la proximité de mon amant, je crois que je sombre dans un sommeil réparateur et bienveillant.

     

    ***

     

    — Rhymes ! beugle une voix masculine.

     

    Je grogne contre Rhymes, la tête enfouie dans son cou. Il est trop tôt pour des cris. Je me blottis contre le corps chaud du VP, l’air froid de janvier commence à faire frissonner ma peau. Je dormais bien avant cette interruption.

     

    — Bordel, t’es toujours pas levé ! renchérit cette même voix en montant les escaliers.

     

    Contre moi, je sens Rhymes se raidir, il se réveille d’un bon, pigeant ce qu’il se passe.

     

    — Merde c’est Sean ! lance le VP.

     

    Mon amant me secoue pour que je me réveille. Ma vue est légèrement floue. Pourtant, je le vois s’activer, il me tire hors du lit. Je proteste, avant que mon esprit retrouve une logique. Nos regards se croisent, et avec sérieux, le biker me propose :

     

    — Le dressing ou dessous le lit.

     

    Je soupire, la tête dans le cul, totalement à poil, on dirait deux gamins. Mais je comprends que le Blood ne veuille pas que son jumeau le découvre à poil dans les bras de l’ennemie. Je ne dis rien, je me dirige vers le dressing et m’y enferme juste à temps pour entendre la porte de la chambre s’ouvrir.

     

    — Y’a une nana chez toi ? lance Sean.

     

    — Non, répond Rhymes d’une voix encore endormie.

     

    — Alors pourquoi il y a un string et un soutien-gorge dans le couloir ? Bordel, me dis pas que tu te travestis parce que là…

     

    Je me mords la lèvre pour ne pas rire, dans le dressing de Rhymes, je suis bercée par son odeur masculine.

     

    — OK, j’ai ramené une nana.

     

    Un silence s’installe.

     

    — J’ai pas le temps de jouer aux devinettes, Harley pète la forme, elle n’a pas dormi de la nuit, elle tient encore debout et nous… Écoute, j’ai besoin de trois heures tranquilles.

     

    — Pourquoi ?

     

    Un juron agacé résonne dans la chambre du VP. Son frère semble à cran.

     

    — À ton avis, baiser ma chatte sans que notre fille débarque en demandant qu’est-ce que je fais à sa mère ! Et dormir !

     

    Rhymes se met à rire de bon cœur, je me retiens de faire pareil. La joie de faire des gosses.

     

    — OK, je te la garde quatre heures, conclut Rhymes.

     

    — Merci. Et dit à la nana qui se planque dans ton dressing qu’on repassera pour les présentations. Tant que ce n’est pas la shérif.

     

    — Je baise qui je veux.

     

    Je lève les yeux au ciel.

    Ne commence pas Rhymes.

     

    — Ouais, on en reparlera une prochaine fois. T’es gentil, tu enfiles un jean pour descendre, ma fille n’a pas besoin de voir des couilles avant ses trente ans. Harley est devant la télévision. T’as a environ cinq minutes pour faire dégager ton plan cul.

     

    — De rien !

     

    — Merci mon frère.

     

    Et comme une tornade, Sean Brown s’éclipse. J’entends le bruit de ses pas dévaler les escaliers. J’attends que Rhymes vienne m’ouvrir, totalement nu avec une érection matinale qui pourrait se transformer en une baise torride s’il n’était pas de corvée babysitting.

    Il m’aide à sortir, je vois le malaise dans son regard.

     

    — Tant que ce n’est pas la shérif, je répète.

     

    — Robyn…

     

    Je lève les mains pour le faire taire.

     

    — Du calme, c’est normal. Je vais te laisser avec ta nièce.

     

    Je le contourne pour échapper à la tentation de son corps et commence à partir à la recherche de mes fringues éparpillées dans le couloir et l’escalier. Je fais attention de ne pas faire trop de bruit, Rhymes me rejoint quelques secondes après, j’ai eu le temps d’enfiler un t-shirt et ma petite culotte.

     

    — Tu ne veux pas rester ? chuchote-t-il en ramassant ses fringues aussi.

     

    — J’ai du travail.

     

    — On est samedi.

     

    — C’est le dimanche, mon jour de repos.

     

    Rhymes soupire, hé oui voyou, on n’a pas tout un emploi du temps malléable.

    Lorsque j’arrive près de la porte d’entrée avec mes habits, une petite voix résonne dans notre direction, je sursaute, Rhymes aussi.

     

    — Lope ! T’es en culotte ?

     

    Nos regards se croisent avec le Blood. On les tourne vers Harley assis sur le canapé face à nous. Elle nous sourit.

    Bordel.

     

    — Grillés, je lance à Rhymes.

     

    — Tu restes boire un café ? me propose-t-il.

     

    — Avec ta nièce qui moucharde tout ?

     

    J’ai moyennement confiance aux gamins même s’ils sont adorables.

     

    — Bébé, je sais la convaincre, rit Rhymes.

     

    — Arrête de m’appeler Bébé.

     

    — T’as raison, après ce que tu m’as laissé faire cette nuit…

     

    Je lui envoie un coup dans le ventre. Il n’a mis qu’un jean et je vois son tatouage sur son pectoral, deux serpents liés.

    Trop sexy.

     

    — Tonton, Lope elle part ? J’ai miam avec Papa, mais j’ai encore faim. Le dessin animé c’est le dessin animé des garçons, renchérit la petite en retournant à sa télé.

     

    En silence, je foudroie Rhymes du regard pour qu’il fasse quelque chose. Rhymes est amusé de la situation, il se dirige vers la puce, s’accroupit devant elle pour avoir son attention.

     

    — Harley ?

     

    — Oui ? lance la petite fille sans quitter des yeux la télévision.

     

    — Tu sais garder un secret, ma puce ?

     

    — Un secret ? C’est la chose que je ne dois pas dire à papa et à maman ? l’interroge Harley.

     

    — C’est ça, et à personne d’autre.

     

    J’observe l’oncle et sa nièce discuter normalement. Mon côté féminin aux hormones en effusion s’affole en voyant ce gars sexy parler à l’adorable miniature. Il lui explique les choses comme si c’était une mini adulte.

     

    — Il faut pas le dire à tonton H, tonton Ceed, tonton Liam, tonton Klason, tonton Sav, et tonton Nir ? renchérit la petite fille.

     

    — Exact.

     

    Harley réfléchie, indécise.

     

    — Et ne pas le dire aussi à Tata Gina, tata Sassha, tata Slaer, tata Evie, tata Delta, tata Raven, tata Pipé, tata Janis, tata Broolyn et tata Sky ?

     

    Je laisse échapper un petit rire devant cette situation.

     

    — Oui, confirme Rhymes.

     

    Elle se tait un instant avant d’écarquiller les yeux. Sa petite main recouvre sa bouche comme si elle avait oublié quelqu’un.

     

    — Et Granny ? lance-t-elle d’une voix triste.

     

    — Tu ne diras rien à Granny, poursuit le Blood.

     

    Je me demande qui est cette « Granny », sachant que les parents de la petite n’ont pas de parents.

     

    — Et à Zomby ?

     

    — Ni à Zomby, ma puce.

     

    — Mais elle parle pas Zomby ! proteste la petite.

     

    Je souris, elle me fait fondre avec son caractère bien trempé, on dirait sa mère, du peu que j’en ai vu.

     

    — C’est un secret entre toi, moi, et Lope, Rhymes avec tendresse pour ne pas l’énerver.

     

    À la mention de mon surnom, Harley se tourne vers moi, elle me sourit, les yeux remplis d’espoir. J’ai tapé dans l’œil de cette gamine sans le faire exprès. Je ne comprends pas ce qu’elle me trouve. Elle a dû trouver ça sympa que je noie son oncle avec du jus d’orange. Et je dois reconnaître que moi aussi j’ai adoré ça.

     

    — Oh Lope, à toi je peux le dire que t’es en culotte chez tonton ?

     

    Cette gamine est adorable. Je hoche la tête en m’approchant d’eux. Rhymes me

     

    — Oui, mais ne le dis pas trop fort, je réponds.

     

    La petite se met à applaudir, puis elle se penche vers le double de son père pour embrasser son front. Rhymes se laisse faire lorsque ses deux petites mains baveuses se posent sur ses joues.

    Mon cœur fond.

    Pourquoi diable, elle est là, les enfants attendrissent les cœurs, même les plus froids.

    Une fois cet instant de tendresse qui semble sceller notre secret, Harley ignore totalement Rhymes à mon profit. Elle se tourne vers moi en souriant toujours.

     

    — Tu manges des céréales avec moi ? Tonton il met plein de sucre dans mon bol, c’est bon !

     

    Rhymes se lève pour venir me rejoindre, il passe une main autour de ma taille, je résiste à l’envie de m’écarter.

     

    — Tu restes ? souffle-t-il à mon oreille.

     

    Je lui jette un regard en inspirant. Je ne peux pas briser le cœur de ce môme.

     

    — Un café et je m’éclipse.

     

    — Merci.

     

    Il embrasse ma joue. Je ne perds pas une seconde pour clarifier les choses :

     

    — Pour ta nièce, parce que c’est un ange et qu’elle m’amuse.

     

    — Je prends ton excuse. Elle me va.

     

    Même si je reste aussi un peu pour lui, Rhymes en a également conscience si je me fie au clin d’œil complice qu’il m’offre.

    Totalement torse nu, il se dirige vers sa cuisine et commence à s’affairer dedans.

     

    — Lope, t’es une copine à tonton ? Maman elle dit que tonton, il a pas de copine, poursuit Harley en quête de mon attention.

     

    — Elle parle bien pour son âge, je fais remarquer.

     

    Même si elle bute sur certains mots, qu’elle n’en dit pas beaucoup, elle doit connaitre plus que 200 à 300 mots comme les gamins à 2 ans.

     

    — Cette gamine est précoce, m’explique Rhymes en sortant trois bols et des paquets de céréales, il est très fier, elle est aussi intelligente que son oncle. Son père a réussi quelque chose, ça va être une tronche !

     

    — Lope ? T’es sa copine ? Tu veux être ma copine aussi ? J’ai que des tatas, et tata Slaer, elle dit c’est…

     

    — Cool, Harley, la reprend Rhymes avec facilité.

     

    — Cool d’avoir des copines, répète Harley. Tu veux être ma copine ?

     

    Je me mords la lèvre pour ne pas rire alors que je ressens un besoin terrible de prendre dans mes bras cette gamine, d’en respirer l’odeur et de savourer son innocence si rare qui fait tellement de bien. Les enfants ont de drôles de pouvoir sur les plus grands. J’adorerai en avoir plus tard.

     

    — Deux ans, hein ? je déclare.

     

    Je pars m’installer sur le canapé de Rhymes pour accorder quelques minutes à Miss Harley. La petite semble folle de joie et étrangement moi aussi.

     

    — Oui, une tronche.

     

    Harley me saute dans les bras lorsque j’arrive à sa hauteur, elle se met à me raconter qu’elle adore son oncle, qu’elle aime quand il lui fait des spaghettis à la tomate, qu’elle le suit de partout. Je crois que je viens de découvrir une autre facette du VP. Il est très famille. Et c’est sexy.

    Je sens son regard sur nous deux, je tente de calmer au mieux les battements de mon cœur qui deviennent de plus en plus affolés. Ça ne me parait pas glauque comme situation, même si elle est bizarre. Plus j’apprends à connaitre Rhymes, plus j’oublie qui il est.

    On fonce droit dans le mur, et visiblement, personne ne veut arrêter cette course.

     

    AMHELIIE