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Velvet Love

  • Velvet Love - Epilogue


     

    Cinq ans plus tard,

     

    Harrison me fait tourner puis renverser en arrière, je ris en priant pour que mon dos tienne le coup. Il me redresse et reprend notre danse plus calmement. Il sourit, je crois qu’il n’a pas cessé de sourire depuis l’église. Je caresse sa joue qu’il n’a même pas pris soin de raser parfaitement alors que ma sœur m’a trainé hier chez l’esthéticienne pour enlever chaque poil qui recouvre mon corps.

    — Tu as dit oui, il murmure contre mes lèvres.

    Je ris en l’embrassant, je crois qu’il n’en revient pas encore.

    — Tu en doutais ? je demande.

    Il cesse de danser pour seulement nous balancer au son de la musique au loin. Nous sommes les héros de la fête et pourtant nous n’y sommes pas. Harrison m’a arraché aux bras de mon père pour me tirer dans le fond du jardin et me faire danser à sa façon, sans vêtements même si en l’occurrence, enlever ma robe aurait été trop compliqué.

    — J’ai mis plus d’un an pour que tu acceptes de m’épouser, crois-moi, jusqu’à ce que tu prononces ce oui, j’ai cru à un non.

    J’aurais dû, peut-être qu’il aurait continué son manège et qu’il m’aurait demandé chaque jour du reste de notre vie de l’épouser. J’ai aimé chaque demande, de la plus stupide alors que je suis aux toilettes et lui derrière la porte à marchander avec un rouleau de papier toilette à celle devant nos familles à noël. Ma préférée reste celle où j’ai dit oui quand il a demandé sans grand espoir en me faisant l’amour. C’était la plus vraie la seule que j’attendais pour répondre oui.

    — Me voilà devenue madame petit con.

    Harrison rit en me faisant tourner sur moi-même puis il me ramène contre lui, son torse contre mon dos. J’aperçois le reste de la fête d’ici et je crois que rien ne pourrait être plus parfait.

    Nos familles et nos amis sont présents. Je souris en me remémorant le stress de ma sœur qui m’a aidé avec la mère d’Harrison à tout préparer pour ce grand jour. Je lui prédis une grande carrière en tant qu’organisatrice d’évènement, tout le monde est mené à la baguette et gare à celui qui fait un pas de travers. Mon père qui m’a donné son bras pour remonter l’allée de l’église, son regard avant qu’on entre et sa question avant d’unir ma vie avec celle d’Harrison. « Si tu doutes il est encore temps de faire marche arrière. »

    Je ne doutais pas de lui dire oui, je doutais de dire une connerie, de gâcher ce moment parfait qu’il a attendue depuis plus d’un an. Heureusement Holly, ma demoiselle d’honneur, m’a soufflé les premiers mots de mes vœux parce que j’étais submergée par l’émotion, prise dans le regard de mon mari je n’arrivais à rien. Tout s’est finalement bien passé pour le plus grand bonheur de tous les invités.

    Knox a sorti un costume neuf, j’ignorais même qu’il savait qu’on en vendait encore en magasin et je l’ai aperçue danser avec madame Gisèle. Ma mère est venue, maintenant que Mark et Christine ont divorcé et qu’elle a trouvé quelqu’un d’autre l’ambiance entre ces trois-là est moins tendue. Toutefois, je crois qu’il est trop tard pour mes parents ce qui me rend triste pour mon père, parce qu’il l’aime encore mais ma mère est têtue. Yann nous a fait un discours de témoin que personne n’a déchiffrer, mais les larmes d’émotions qui coulaient sur ses joues ont suffi à nous faire comprendre qu’il était heureux pour nous.

    On a eu le droit à la vidéo regroupant nos enfances à tous les deux, on a ri et pleuré en voyant Cléo aux côtés d’Harrison et en pensant à son absence.

    Le procès concernant son homicide c’est terminé il y a cinq mois, ça a été long, éprouvant pour ses parents et lui mais la justice a enfin été rendue. Le coupable emprisonné, tous les flics complices ont eux aussi écopés de peine de prisons, pas assez élevées selon moi, mais c’est mieux que rien comme dit Harrison.

    Il me retourne dans ses bras, mes mains se posent sur sa chemise blanche qui lui va à ravir. J’adore le voir en costume. Tous les matins il en enfile un qui moule son corps d’une façon torride et je suis certaine que toutes ses collègues doivent baver devant lui. Il est parfait quand il a le visage d’un baroudeur et l’allure d’un homme d‘affaire.

    Je lève le visage pour le regarder, je crois que moi aussi j’ai encore un peu de mal à me dire qu’il est devenu mon mari. Ces cinq dernières années avec lui ont été les plus belles de ma vie, même si parfois je doute encore, même si parfois on se prend la tête pour rien je l’aime toujours autant si ce n’est plus. Il a terminé ses études dans sa grande école de commerce qui lui ont directement ouvert les portes d’une grande entreprise où il est directeur commercial. Pour ma part j’attends toujours que Knox m’offre une tasse, peut-être qu’elle sera dans mes cadeaux de mariages. Je m’éclate toujours autant dans mon boulot et même si parfois les adultères me fatiguent, ça vaut le coup pour les affaires plus complexes. On a déménagé dans un appartement plus grand, dans l’immeuble de Yann qui ne se gêne pas pour venir s’inviter à diner. Vivre avec Harrison a mis notre couple à l’épreuve, parce que j’ai commencé en gardant mes habitudes de célibataires. Mes sous-vêtements qui trainent partout, le frigo vide et les placards remplis de chocolat. Petit con m’a fait comprendre la leçon en laissant lui aussi trainer ses caleçons partout et en remplissant le frigo de bière et rien d‘autres. On a établi des règles que j’ai complétement oublié parce que même si parfois il y a certains écarts dans l’ensemble on s’en sort bien niveau coloc.

     

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    La petite foule de notre mariage se met à nous appeler, ils ont enfin remarqué notre absence, au bout d’une heure il était temps.

    — Avant qu’on y retourne, dis-moi où l’on va en lune de miel ?

    Harrison s’éloigne de moi et prends ma main pour nous ramener à la fête, mes talons ont disparus de mes pieds il y a un moment et l’herbe fraiche me chatouille les pieds.

    — Le but d’une surprise Kalinka, c’est de ne rien dire avant qu’on soit face à la surprise.

    Je m’arrête et le contraint à faire de même. Les surprises et moi on n’est pas super copain, ce qu’il sait parfaitement, mais il aime m’agacé. Je crois que c’est son passe-temps favoris et au final moi aussi j’aime bien ça. Sauf que je vais partir pour un endroit inconnu pour une semaine et ma sœur s’est chargée de préparer mes bagages pour que je n’ai aucune idée du lieu de destination. J’ai donc un peu peur de passer une semaine en nuisette et talons de dix centimètres.

    — Tu sais, moi aussi j’ai les moyens de te faire chanter, je reprends en souriant exagérément.

    — Ah oui ? Avec quoi ?

    Je m’approche de lui et glisse ma main le long de son torse.

    — Je peux te priver du truc qui finit par « tion ».

    Il éclate de rire et prend mon visage entre ses mains.

    — Si tu parles d’épilation, je suis au regret de t’annoncer que ce n’est pas dans mes pratiques.

    — Tu sais très bien de quoi je parle.

    Il embrasse mon front en riant encore. Je suis à peine vexée qu’il se moque de moi, à force je n’y prête presque plus attention. Je rougis et me sent mal à l’aise dès qu’il parle de sexe parce que je n’arrive toujours pas à en discuter, une chose que je n’ai pas réglé mais je crois qu’elle ne se règlera jamais c’est comme ça que je suis. La thérapie que j’ai terminée il y a deux ans, m’a permis d’avancer, aidé par Harrison, ma vie a changé. Je suis passée d’asocial renfermée sur elle-même qui avait l’amour propre d’un poisson rouge à une femme mariée et heureuse qui accepte ses kilos en trop et qui est capable de partager un repas avec n’importe qui. Le changement est grand et sans ce petit con qui se moque de moi parce que je suis incapable de prononcer le mot en « tion » je n’en serais pas là.

    — Oui je sais, il reprend, comme je sais que tu ne le feras jamais parce que t’aimes ça au moins autant que moi.

    Je rougis et baisse les yeux, il n’a pas tort. J’aime faire l’amour avec lui, et toutes les pratiques que ça implique, parce qu’il est parfait quand il est pris dans le plaisir.

    — Tu vois ce que tu as fait de moi à présent.

    Sa bouche se pose sur la mienne, je capture son sourire avec mes lèvres.

    — Ma femme.

    Je l’embrasse à nouveau avant de reprendre sa main pour regagner la fête.

    — T’as de la chance que je t’aime, je lance en le trainant derrière moi.

    Il me rattrape et m’enlace par derrière, son souffle rieur sur ma nuque, je crois qu’on n’est pas près de rejoindre les invités qui ne cessent de nous réclamer.

    — Kalinka ?

    — Quoi ? dis-je en me retenant de rire parce que je sens que je vais avoir droit à mon premier mot de cul de femme mariés.

    — Fellation.

    Je ris, je suis heureuse parce que je sais qu’il y en aura des centaines d’autres, qui me mettront mal à l’aise et qui me feront l’aimer encore et encore.

     

    Maryrhage

  • Velvet Love - Chapitre 26


     

     

    Je rumine depuis plusieurs heures affalées sur mon canapé à enfiler du chocolat. Petit con est devenu un gros con et je n’en reviens pas. Qu’est ce qu’il s’est passé pour qu’on en arrive là ? Je me refais le film de notre discussion et je n’arrive toujours pas à comprendre comment il a pu me dire ça.

    Je me redresse, il a tout foutue en l’air. J’étais tellement contente de mon travail, de partager cette victoire avec lui, pour lui et il n’a rien trouvé de mieux que de me juger sur des faits inexistants.

    Je me traine jusqu’à la cuisine, il fait nuit dehors, je jette un œil à l’horloge au mur, minuit. Je ne suis pas fatiguée, je suis juste énervée. Je prends une bouteille d’eau dans mon frigo et fait demi-tour jusqu’au salon quand on frappe à ma porte. Je n’ai pas à me demander qui c’est, à cette heure-ci, il n’y a qu’une personne pour venir m’emmerder.

    Je n’ouvre pas alors qu’il insiste. Je l’entends m’appeler à travers le bois. Je m’approche pour entendre ce qu’il a à dire.

    — Qu’est ce que tu veux ?

    — Te parler, de ton dossier sur ma sœur.

    Son ton est calme et posé. Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à ce qu’il soit énervé, surement à cause de cet après midi et de sa colère.

    J’ouvre et le laisse entrer. Ses cheveux partent dans tous les sens, ses yeux brillent de larmes qu’il a dû verser et mon cœur se serre. J’aurais voulue être avec lui pour lui annoncer ce qu’il a découvert dans les documents que je lui aie donnés. J’aurais voulue lui apporter un peu plus qu’une enquête, de l’aide mais il ne m’en a pas laissé le temps.

    Je referme la porte, Harrison se tourne vers moi. Il brandit le dossier pendant que je le double pour aller rejoindre le salon. Il me retient par le bras.

    — Il faut qu’on parle de ça, dit-il, mais d’abord j’ai autre chose à te dire.

    Il pose le dossier sur le meuble de l’entrée et s’avance dans ma direction. Prés, trop près de moi, si près que je sens son souffle dans mes cheveux.

    — Ça suffit, il reprend, cette distance entre nous, j’en ai marre.

    Il avance encore et je recule en l’écoutant parler de ce ton si spécial.

    — Je ne veux pas être ton pote, celui que tu viens voir à deux heures du matin avec qui tu dors mais qui n’a pas le doit de te toucher. Je ne veux pas t’attendre encore, je ne veux pas qu’un autre prenne ma place et je ne veux pas d’une autre femme Kalinka. Je te veux toi et tant pis s’il n’y a pas de sexe entre nous pour le moment, je peux attendre mais je ne peux pas rester sans toi. Tu comprends ?

    Il avance encore et je continue de reculer dans le couloir, mon cœur bat si fort dans ma poitrine sous son regard que j’en ai mal aux cotes. Si je comprends ? Je ne suis pas certaine mais les mots résonnent en moi c’est certain.

    — Ces mois sans toi je me suis rendu compte de l’importance que t’as dans ma vie. Et c’est complétement dingue parce que à part m‘emmerder tu n’as rien fait pour que ce soit le cas et pourtant ça l’est Kalinka. J’ai besoin de toi et cet après midi…

    Il secoue la tête, je percute le mur de ma chambre et je me retrouve coincée contre son corps. Il caresse ma joue, ses doigts tremblent sur ma peau brulante. Je suis incapable de bouger ou de parler, trop choquée par ce que je ressens dans mon cœur de le voir se mettre à nu de cette façon.

    — Je suis désolé pour ce que j’ai dit. T’avais l’air sur un nuage et j’ai eu peur.

    Il se penche vers moi, ma bouche s’ouvre pour accueillir le baiser qu’il va me donner, j’en meurs d’envie.

    — De quoi ? je demande d’une voix faiblarde.

    Son regard intense bardé de sourcils parfaits se plante dans le mien et j’ai l’impression que ce qu’il va dire va m’achever, qu’il va me donner tout de lui et que je ne pourrais pas y résister.

    — De te perdre, définitivement.

    Sa bouche s’approche un peu plus de la mienne, je la suis du regard en sentant les battements de mon cœur de plus en plus fort, le souffle d’Harrison qui se propage à mes lèvres et enfin il m’embrasse. Doucement d’abord, comme s’il n’était pas certains que je ne le repousse pas, puis sa main resserre sa prise sur ma nuque et sa bouche s’approprie la mienne. Son baiser devient plus passionné, plus ardent, plus en adéquation avec ce qu’il vient de dire. Il me fait comprendre par ses gestes que je lui manque et dieu sait qu’il me manque aussi. Je m’accroche à ses épaules quand il presse mon corps sur le sien, nos bouches ne s’arrêtent pas de se retrouver et je prends conscience du désir qui m’habite tellement puissant que je ne contrôle plus rien. Je suis en train de lâcher prise dans ses bras, de me laisser aller à son amour, à mon amour pour lui et à ce que mon corps réclame. Lui, encore lui et toujours lui. Harrison presse mes reins contre son corps, je sens parfaitement combien il a envie de moi et si avant je me serais retenue, si j’aurais peut-être reculée aujourd’hui je ne le fais pas. Je m’accroche de plus belle à son corps, je l’embrasse avec toute la passion dont je suis capable et je me laisser aller. Je savoure ce moment précieux, celui où il n’y a pas de barrières qui me disent stop.

    Harrison relâche ma bouche, le souffle court, ses lèvres à un cheveux des miennes il m’observe. Je caresse son visage brut, sa barbe de quelques jours qui picotent mes doigts. Il est beau, les yeux brillants de désir et d’amour, il est parfait. Il me sourit et s’écarte de moi. Il enlève son t shirt d’un geste rapide, sa peau apparait sous mes yeux, je le dévore du regard en me disant que je peux toucher tout ça, que je peux l’embrasser, la gouter et que j’en ai envie. Je passe ma main sur sa poitrine, sur son tatouage étrange que je trouve beau aujourd’hui. Il me laisse faire en respirant fortement, ma main glisse plus bas, sur ses abdos qui se durcissent sous mon passage. Je me rends compte du pouvoir que j’ai sur lui en me remémorant ses mots, en constatant l’effet que j’ai sur son corps. J’ai peur de faire l’amour, il a peur de me perdre. On est sur un pied d’égalité, on a tous les deux des doutes et des appréhensions qui vont disparaitre.

    Harrison prend ma main et la déloge de sa peau, il m’observe dans les yeux alors qu’il prend le bas de mon haut de pyjama. Ma respiration s’accélère et je le laisse faire. Il prend son temps, il me laisse celui qu’il me faut au cas où je voudrais reculer, mais je n’en ai pas envie. Je lève les bras et le tissu se retrouve par terre la seconde d’après. Je ferme les yeux, je suis à moitié nue devant lui. Je sens mes seins durcir sous son regard, je sens ma peau frissonnée agréablement et je dois être rouge écarlate.

    Sa main se pose sur mon bras et me fait sursauter, j’ouvre les yeux pour l’observer, il n’y a pas de dégout dans son regard, il y a seulement du désir et de l’envie.

    J’en ai le souffle coupé et mes jambes ne me tiennent plus, je m’effondre contre Harrison qui me serre de toute ses forces dans ses bras. Sa peau brulante contre la mienne. Cette sensation que je découvre pour la première fois. Mon pyjama le plus doux n’a pas cet effet, ce sentiment de chaleur bienfaitrice, de douceur réconfortante et d’amour.

    — Ne me lâche pas, je murmure contre sa peau.

    Ma bouche embrasse son épaule, envahit par son odeur, je découvre aussi son gout. Harrison resserre sa prise sur moi, nos corps sont liés par la peau, et si ça peut paraitre naturel pour beaucoup de monde, pour moi c’est sensationnel. Harrison embrasse mon épaule délicatement, comme si une volée de papillon s’y posait, je frissonne et me tortille contre lui, j’en veux plus, tellement plus. Découvrir son corps, ne faire plus qu’un avec lui, l’aimer et sentir qu’il m’aime autant que moi.

    Ils nous entrainent en direction du lit, son regard se pose sur le mien avec interrogation. Il est encore temps de reculer mais je ne le ferais pas. Pour une fois dans ma vie je suis certaine de ce que je veux, certaine d’en être capable, certaine de pouvoir lui faire confiance et certaine de m’abandonner.

    Il s’assoit et sa peau s’éloigne de la mienne. Il m’observe, son regard détail le haut de mon corps nu, je suis tentée de me cacher mais il retient mes bras.

    Il se penche et embrasse mon ventre aussi délicatement qu’il l’a fait plus tôt, je soupire de plaisir, parce que c’est terriblement agréable de sentir ses lèvres et son souffle chaud sur ma peau. Il remonte, lâche un de mes bras et pose sa main sur mon sein.

    — Tu es belle.

    Sa voix est rauque, chargée de désir. Je suis du regard ses mouvements, ses baisers sous mon sein, sa main qui l’englobe et son regard dans le mien. C’est terriblement érotique de le voir apprécier ma peau. Il se lève et sa bouche reviens sur la mienne, mes seins écrasés contre la dureté de sa poitrine il me montre combien il me veut.

    Il me fait basculer sur le lit, son corps sur le mien me prive un instant de respirer mais je m’en contre fou. Je pourrais manquer d’air avec lui, ça n’a pas d’importance, il m’apporte son souffle, il me pousse en avant, il me donne envie d’être meilleure, de faire des choses dont je ne me serais pas crue capable et je comprends comme l’amour est puissant avec lui. Je comprends qu’on peut tout faire et tout abandonner pour la personne qui a pris notre cœur.

    Sa jambe écarte les miennes et son corps vient s’y placer naturellement. Nos bouches se retrouvent de nouveau, sa barbe se frotte contre ma peau et la chauffe agréablement, le désir qui bat dans mon ventre ne fait qu’augmenter alors qu’il se frotte contre moi. Je gémis dans sa bouche, sa main part sur mon sein, l’autre sur ma joue. Je suis envahie par énormément de sensations et pas une n’est désagréable. Il délaisse ma bouche pour s’attaquer à mon cou, mon corps convulse en sentant ses lèvres sur cette partie terriblement érogène de ma personne, je le sens sourire contre ma peau, satisfait de son effet. Ses baisers sont tantôts délicats tantôts appuyés, ils me font perdre la tête.

    Il continue de descendre, ses mains englobent mes seins, sa bouche dévore les pointes durcis qui n’attendaient que ça. Les décharges de plaisir se répercutent directement dans mon vagin et je tente de fermer les jambes mais je ne peux pas, son corps y est. Je l’encercle avec mes jambes et me presse contre lui, pour savourer le frottement qu’il me procure à chaque mordillement de ma poitrine.

    Il défait mes jambes autour de sa taille, après avoir léché mon ventre il se redresse. Je l’observe à genoux sur mon lit, le corps à moitié nu, sa peau qui m’appel et son regard sur moi. Je rougis en croisant ses yeux, ce désir viril qui émane de lui est excitant et un peu effrayant.

    Il attrape l’élastique de mon pyjama et commence à le faire glisser sur mes hanches. Il ne regarde pas ce qu’il fait, c’est mon visage et mes réactions qu’il dévore du regard.

    Je lève les fesses pour laisser glisser le pantalon sur mes jambes, il l’enlève complétement et enfin il détourne le regard pour voir ce qu’il a laissé à découvert.

    Il sourit puis son corps revient sur le mien, son visage à hauteur du mien.

    — Pas de culotte ? il demande de sa voix grave.

    — Pas pour dormir.

    Ses sourcils se haussent et un sourire en coin se dessine sur ses lèvres que j’ai envie d’avoir partout sur mon corps.

    — Tu veux dire qu’à chaque fois qu’on a dormi ensemble tu n’avais pas de culote ?

    Je secoue la tête pour lui répondre, il rit en posant son visage dans mon cou.

    — Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’excite encore plus, dit-il en mordillant ma peau.

     Je caresse son corps et Harrison entreprend de nouveau de me noyer sous ses baisers et ses caresses. Il alterne entre pression douce et forte, ses lèvres, sa langue, ses dents, ses mains rugueuses tantôt douces tantôts directives et je perds totalement pieds. Je m’abandonne à son toucher jusqu’à ce que je sente ses doigts sur l’intérieur de ma cuisse. Il relève la tête pour me regarder. Sa main glisse doucement de mon genou jusqu’à entre mes jambes. Je ne respire plus, j’attends qu’il me touche, j’attends de savoir ce que je vais ressentir, parce que j’ai envie qu’il me touche là, mon corps le réclame mais j’ai aussi peur. D’avoir mal, de ne pas apprécier de…je ne sais pas, mais je redoute.

    Il me sourit en m’embrassant, puis ses lèvres restent au-dessus de ma bouche quand il commence à jouer avec les quelques poils que j’ai à cet endroit. Son doigt glisse entre mes lèvres et je me rends compte que je suis accrochée à ses bras comme à une bouée. Il trouve mon clitoris et mes yeux s’agrandissent en sentant le plaisir m’inonder. Je gémis sur ses lèvres Harrison capture chacun des débordements de sensations que je laisse sortir. Il me caresse doucement et je perds pied, je relâche ses bras et me laisse aller à ce plaisir qui me gagne. Le feu dans mon ventre grandit puis ses doigts glissent plus bas jusqu’à l’entrée de mon corps. Il entre toujours avec douceur et je sens mon corps réagir en se resserrant sur lui. Il fait quelques allées retour et je me cambre pour en avoir plus tellement c’est bon. Mon corps se détend, son pouce se pose sur mon clitoris et l’explosion que je sens grandir en moi arrive. Mais Harrison arrête avant.

    Je grogne, il rit dans mon cou.

    — C’est bon ? il demande

    — Oui, alors pourquoi tu arrêtes ?

    Il frotte sa joue contre la mienne.

    — Tu ne veux plus savoir ce que ça fait de l’avoir entre tes cuisses ?

    Oh mon dieu ! Est-il obligé de me ressortir ça maintenant ?

    Il n’attend pas ma réponse, son corps glisse agilement sur le mien et son visage se retrouve entre mes jambes. Il frotte sa barbe contre ma peau, je frissonne parce que ça pique mais c’est aussi terriblement érotique. Il embrasse ma peau après le passage de feu qu’a provoqué sa barbe puis ses lèvres se posent entre mes cuisses.

    Je me redresse surprise de l’effet que ça me fait.

    — Harrison…

    Il souffle sur ma peau chaude et humide ce qui déclenche de nouveau frisson puis sa bouche n’attend plus, plus de patience ni de douceur il me dévore. Je retombe sur le lit en me cambrant de plaisir, mon dieu c’est possible que ce soit aussi bon de sentir sa langue se frotter à mon clitoris ? C’est chaud, dur et humide et quand il aspire je perds totalement pied. Il glisse un doigt dans mon vagin et je sens de nouveau l’explosion dans mon ventre se préparer à se propager dans le reste dans mon corps. Ma main se pose sur sa tête, j’accroche ses cheveux, je jure que s’il s‘arrête maintenant je le tue, c’est trop bon. Il continue jusqu’à ce que l’orgasme me ravage. Mon corps convulse et mes cuisses se referme sur sa tête pourtant il n’arrête pas de me donner ce plaisir qui inonde chaque partie de moi. Je suis envahie de bien-être et je voudrais que ça ne s’arrête jamais, que ce qui propage dans mes veines demeure encore et encore.

    Mon corps finit par se calmer, Harrison se redresse, les lèvres luisantes et je détourne le regard, un peu honteuse de n’avoir pensée qu’à moi.

    Il attrape mon menon et me ramène dans sa direction, sa bouche vient embrasser la mienne et me fait partager le gout de mon plaisir sur ses lèvres.

    Le désir renait immédiatement dans mon bas ventre quand sa langue entre dans ma bouche. Mes jambes l’encerclent de nouveau pour le rapprocher de moi.

    Harrison sourit, c’est sa faute à ce petit con, ces sensations je veux les ressentir de nouveau encore et encore.

    Mes mains glissent sur son torse, je m’approche de sa braguette que je tente d’ouvrir à l’aveugle tout en continuant de l’embrasser. Devant ma nullité en matière d’ouverture de pantalon il m’aide et ma main se faufile sous son caleçon. Il est dur sous ma paume, chaud et je le caresse doucement. Harrison à l’air d’apprécier, son corps se tend et je l’entends soupirer de plaisir.

    Il se redresse, fini d’enlever son pantalon et son caleçon. Il revient à genoux entre mes jambes. Il me regarde et je le vois se caresser. J’ouvre de grands yeux pour ne pas en perdre une miette, j’ai vue ça en fantasme des centaines de fois, mais la réalité est tellement meilleure. Je me redresse et me met à genoux devant lui, ma main se pose sur la sienne et je suis son mouvement sur son sexe en érection. Je suis fascinée.

    Harrison attrape ma nuque et m’embrasse voracement alors qu’on continue tous les deux de le caresser. Sa main finit par s’éloigner pour rejoindre l’autre dans mes cheveux et j’ai sa peau sur ma paume. Je le presse un peu plus fort, il gémit dans ma bouche et m’excite d’autant plus. Le voir, le sentir prendre du plaisir m’en procure.

    — On peut s’arrêter à ça si tu veux, il lance contre mon oreille.

    — Non, je te veux.

    Il reprend ma bouche doucement.

    — Je n’ai pas de préservatif, mais j’ai fait des tests avant qu’on se sépare et il n’y a eu personne depuis.

    Il n’y a eu personne. Pas une des filles de sa classe, belle comme une déesse, personne.

    — Je prends la pilule, je me contente de répondre.

    Il me fait basculer sur le dos, son corps reviens surplomber le mien, sa main attrape ma cuisse et la relève sur sa hanche.

    — J’adore ça, il lance, tes cuisses autour de moi. C’est chaud, c’est doux c’est un avant-gout de ce qu’il y a entre.

    Je souris en rougissant et mon autre jambe vient l’encercler. Je sens son gland se frotter contre les parois humides de mon sexe et je gémis. Il continue de se frotter à moi en mordillant mes seins un à un, il me chauffe encore et encore alors que je brule de l’attendre. Mon corps le réclame, il a besoin de le sentir combler ce vide en moi qu’il a fait naitre. Mes hanches se lèvent et ma main se faufile entre nous, je crois qu’il prend trop de précaution et je ne lui en voudrais jamais de vouloir être prudent et doux avec moi, mais là ce n’est plus ce dont j’ai besoin. C’est de lui. Je prends son sexe et le presse à l’entrée du mien. Je sens Harrison se tendre au-dessus de moi, je le relâche et attend qu’il fasse les derniers centimètres qui nous séparent de cette union. Il prend mes mains et les relèves au-dessus de ma tête, nouées au siennes. Mes doigts pressent les siens, son regard planté dans le miens, la respiration saccadée je le sens me pénétrer. Ce n’est pas douloureux c’est déchirant mais bon. C’est étrange et Harrison doit le sentir puisqu’il s’arrête en me regardant. Mes jambes le pressent de continuer, il m’embrasse et continue d’entrer en moi.  Son corps est tendu comme un arc, il e retient toujours, il retient sa fougue et son désir pour mon plaisir. Je me dégage de ses lèvres et de ses mains, je prends son visage entre elles et observe ce visage étrange et pourtant tellement beau, cet homme au cœur énorme, patient, doux, drôle, intelligent en me disant qu’il est à moi. Mais que ce n’est pas suffisant, je veux qu’il soit en moi totalement, qu’on partage notre amour de cette façon et chose étrange, moi qui fuyait le sexe et ces débats je le réclame en chuchotant contre ses lèvres combien je l’aime et combien j’ai besoin de le sentir dans mon corps. Il se détend et finit de nous unir en une poussée qui me fait frémir de plaisir. Il s’arrête une fois enfoncé en moi, il m’observe avec ce regard dément de celui qui perd le contrôle, celui d’un animal qui ne contrôle plus rien et l’excitation déjà bien présente redouble. Harison me fait l’amour avec passion et amour, avec tendresse et fougue, avec virilité et délicatesse.

    Il nous unit dans le sexe, il me donne du plaisir autant que je lui en donne et je découvre enfin ce qu’est l’union charnelle tel qu’elle doit être. Pas un moment où l’on se sert de moi comme d’un défouloir mais un moment d’amour et de fusion parfaite avec celui que j’aime.

     

    ***

     

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    J’ai fait l’amour avec Harrison. Je ne suis pas sûre de réalisé ce que je viens de faire. Le plaisir embrume encore mes pensées et je suis bien. J’ai lâché prise, totalement. Je me suis abandonnée et j’ai bien fait parce que c’est Harrison. Ce qui s’est passé, ses paroles, ses gestes envers moi, même s’ils démontraient de l’assurance il a aussi ses doutes. Je comprends aujourd’hui ce qu’il nous manquait pour que ma confiance soi total, qu’il me montre qu’il n’est pas parfait. Lui aussi est humain et il a peur tout autant que moi. Je me sens soulagée, heureuse et comblée. Faire l’amour avec lui c’est donner tout son sens à ce terme, le sexe avant lui je le voyais comme un mal, une chose où je laisserais une part de moi que je ne retrouverai pas, mais pas avec Harrison. Avec lui, je lui ai donné volontairement, et j’ai reçue tellement plus en retour. Ce plaisir, ce partage des sens, ça peut être ça l’amour, ça doit être ça.

    — Ça va ? demande Harrison.

    Je suis allongée contre lui, mon visage sur son torse, il caresse doucement mon dos de bas en haut et je suis sur un petit nuage.

    — Très bien, je réponds en soupirant.

    Je le sens rire sous ma tête que je relève pour le regarder. Son regard se baisse sur moi. J’imprime son visage dans ma mémoire, son air rêveur et fatigué.

    — C’était bien ? je demande un peu gênée.

    — Tu veux qu’on parle de sexe ?

    Je me recouche sur son torse en le pinçant.

    — Non, je veux juste savoir si c’était bien pour toi.

    Il rit de nouveau et je le pince encore.

    — Une vraie torture, mais je survivrai.

    Je me redresse d’un coup pour le voir se foutre de moi. Son regard glisse sur ma poitrine et je me recouvre immédiatement avec le drap. Petit con s’arrête de rire et me fait basculer sur le dos pour venir au-dessus de moi.

    — Evidemment que c’était bien. Ça ne l’était pas pour toi ?

    — Si.

    — Parfait, parce qu’il y a des chances que je veuille recommencer.

    Il embrasse ma joue et mon nez, ses mains capturent mes poignets et les maintiennes au-dessus de ma tête.

    — Kalinka ?

    Sa bouche se promène sur mon cou, me tirant des frissons.

    — Oui ?

    — Ce soir je t’ai masturbée, je t’ai fait un cunnilingus, et je t’ai pénétrée.

    Je me fige, les yeux et la bouche ouvertes. Petit con !

    Mon genou se lève pour aller frapper ce qu’il a entre les jambes, mais il se laisse aller sur mon corps et me prive de tout mouvement.

    — La ferme ! je lance en le voyant ouvrir la bouche pour continuer de me mettre mal à l’aise.

    Il rit et tente de m’embrasser mais je détourne le visage. Il lâche mes poignets et mes poings en profite pour le frapper. Je le déteste quand il fait exprès de me gêner ainsi, surtout qu’on est nu dans mon lit, c’est encore pire après ce qui vient de se passer. Il prend mon visage entre ses grandes mains et me maintiens en place pour que je le regarde. Mes poings cessent de s’en prendre à lui en voyant cette lueur dans ses yeux, cette chose qui gonfle mon cœur et qui me dit que je suis au bon endroit avec la bonne personne même s’il peut être agaçant.

    — Kalinka ? il demande d’une voix tendue.

    Je ne réponds pas, je n’ai pas envie d’entendre toutes les positions sexuelles qu’il envisage d’essayer avec moi. Sa bouche se rapproche de la mienne, sa langue trace le contour de mes lèvres et je gémis malgré moi.

    — Je t’aime.

     

    ***

     

    Harrison revient dans ma chambre, un plateau dans les mains avec deux tasses fumantes dessus et le dossier que je lui ai remis cet après-midi.

    Je récupère mon chocolat chaud, il s’installe au pied du lit avec son café, torse nu, il ne porte que son jeans.

    — Pourquoi tu ne m’as rien dit ? il demande.

    — Je ne voulais pas te donner de faux espoir.

    Enquêter de mon côté me permettait de pouvoir échouer sans le décevoir. Il n’y aurait eu que moi de déçue.

    — Quand elle est morte, il reprend en baissant les yeux sur le dossier, je m’en suis voulue, parce que je n’étais pas avec elle.

    — Ce n’est pas ta faute.

    — Je sais, j’ai mis du temps à le comprendre mais je sais que le seul coupable c’est celui qui l’a renversé. Mais à onze ans, la douleur de sa perte, la douleur de mes parents c’était ma faute.

    Il frotte ses yeux et mon cœur se serre d’imaginer ce petit garçon qu’il a dû être, pleurer la perte de sa sœur.

    — Elle était chiante, comme peut l’être une petite sœur, accrochée à mes basques, à vouloir tout faire avec moi, à me faire enrager contre mes parents qui me demandaient d’être plus sympa avec elle. Quand elle est morte, je me suis rendue compte que j’adorais ça en fait. Etre le grand frère, la protéger, lui montrer des conneries autant que des choses à ne pas faire.

    Il relève la tête dans ma direction, ses beaux yeux remplis de larmes.

    — Elle me manque, tous les jours. Chaque jour depuis sa mort, je me demande qui a fait ça, qui nous l’a prise, qui est l’enfoiré qui l’a renversé et qui a continué sa route. Où est-il ? Comment il peut se regarder dans un miroir en sachant qu’il a tué une enfant et vivre quand même, alors que moi qui ne l’ai pas tué je n’y arrivais pas ? Comment on peut faire ça Kalinka ?

    Je n’en sais rien, je n’ai malheureusement pas de réponses à apporter à ses questions.

    Il prend le dossier et l’ouvre pour en tirer une feuille.

    — Il avait seize ans à l’époque des faits, dit-il en reniflant, c’était un gosse lui aussi.

    — Ça n’excuse rien.

    — Non, ça n’excuse rien, mais je n’imaginais pas ça.

    Je me lève et m’approche de lui. C’est difficile pour Harrison de mettre un nom sur un visage qu’il a dû imaginer comme celui d’un monstre alors qu’en fait c’est un jeune homme tout ce qu’il y a de plus banal qui lui a pris sa sœur.

    J’ai été surprise aussi après ma conversation avec monsieur Sira en apprenant que le coupable n’était pas le père mais le fils. Monsieur Chaussant, le PDG de la fabrique était selon les dires de son employé, un homme bien, qui se soucierait du bien-être de ses salariés et qui faisait de son usine une entreprise à taille humaine. Son fils, qui a repris l’affaire il y a cinq ans est tout le contraire, la première chose qu’il a fait c’est renvoyer des dizaines de salariés pour les remplacer par des machines et augmenter la production. Ce qui n’est pas un crime mais quand le directeur commercial m’a annoncé qu’il sortait d’un pensionnat suisse où son père l’a subitement envoyé l’année de ses seize ans j’ai commencé à m’intéresser à Franck Chaussant de plus près. En recherchant la voiture, en tenant compte que sa mère m’avait dit que c’était lui qui l’avait embouti la conclusion était simple. Le fils a renversé Cléo, son père a tenté de faire réparer la voiture en prétendant avoir renversé un sanglier, il a envoyé son fils en suisse pour l’éloigner du drame, peut être qu’il prenait ça pour une punition nécessaire et il a payé le commissaire pour que l’enquête n’arrive pas jusqu’à eux.

    Qu’un père ait pu faire ça me dépasse. Son fils a arraché la vie d’une enfant et lui a trouvé normal de maquiller son crime et de le soustraire à la justice. Il a montré à son fils qu’avec de l’argent on pouvait tout acheter et tout cacher même un meurtre. Quel adulte on devient après ça ?

    — Qu’est ce que tu vas faire ? je demande en le prenant dans mes bras.

    — En parler à mes parents et à notre avocat dans un premier temps, puis aller dire ce que je pense au commissaire.

    — Il payera pour ça, lui aussi.

    — Ça ne ramènera pas Cléo, mais la justice sera enfin rendue.

    Oui malheureusement on ne la fera pas revivre mais pour toutes ces personnes qui ont cru qu’elles pouvaient s’en tirer et pour Cléo, pour que quelqu’un paye, la justice devra faire son devoir.

    Harrison se lève et me serre contre lui.

    — Merci, dit-il en embrasant mon crane, merci pour elle.

    J’appuie mon visage sur son torse là où il a tatoué se tombe. Je n’enlèverai pas sa douleur mais je l’accompagnerai dans cette bataille, je serais là pour lui comme il l’a été pour moi parce qu’on forme un couple à présent, plus forts que ce qu’il a été à ses débuts parce qu’on sait qu’on peut compter l’un sur l’autre, que la confiance et l’amour nous unissent et qu’on peut tout surmonter à partir de là.

     

    Maryrhage

  • Velvet Love - Chapitre 25


     

    Je raccroche en soufflant. C’était la dernière de la liste et toujours rien. Je reprends le relevé du personnel envoyé par Monsieur Sira, il ne me reste que la direction à vérifier.

    Quand le directeur commercial m’a enfin contacté c’était pour me dire qu’il n’y avait eu aucune visite dans leurs locaux durant le mois de février il y a douze ans. C’est plutôt une bonne chose en fait, même si ça m’oblige à écumer le personnel de l’usine un par un en me faisant passer pour une radio qui voudrait leur offrir un voyage.

    Je reprends mon téléphone et compose le numéro du domicile du PDG de l’époque. Ça sonne, Knox sort de son bureau, habillé en short et en polo de tennisman. Je retiens le rire qui menace de sortir en remarquant le bandeau sur son front.

    Allo ? me répond une voix douce à l’autre bout du fil.

    — Jacqueline ? je demande en prenant un air enjoué.

    Un petit moment de flottement s’installe avant qu’elle reprenne.

    Oui.

    — Je me présente, Juliette de Radio Tonique, la radio qui vous agite !

    Knox hausse un sourcil sous son bandeau et s’installe en face de moi raquette à la main.

    — Heu…dit-elle gênée.

    — Vous savez pourquoi je vous appelle Jacqueline ?

    Pas vraiment non.

    — Mais parce que Radio Tonique vous a sélectionnée pour participer à notre jeu le « Vivifiant Du Matin », en vous faisant gagner un superbe voyage d’une semaine pour deux personnes aux Sri Lanka !

    Oh !

    — Mais vous vous doutez bien que ce n’est pas aussi simple qu’un coup de fil. Radio Tonique va faire travailler votre mémoire grâce à deux questions. Vous êtes prêtes jacqueline ?

    Heu oui.

    — On remercie votre mari, Jacques, pour nous avoir transmis ces infos pour jouer avec nous. Donc, première question Jacqueline, quelle était la couleur de la voiture de votre mari il y a douze ans ?

    Blanc à l’autre bout du fil, je meuble en lui demandant de bien réfléchir, de prendre son temps et de faire travailler sa mémoire. Les secondes passent et je désespère qu’elle me réponde, prise par le stress de se tromper et de laisser filer le super voyage que je lui aie agité sous le nez comme une carotte.

    Rouge !

    — Vous êtes sûre de vous Jacqueline ? N’oubliez pas que vous jouez pour un voyage au Sri Lanka, réfléchissez bien.

    Oui, oui, certaine, c’était la Mercedes rouge il y a douze ans, celle que mon fils a embouti.

    Tiens donc.

    — Et c’est une bonne réponse ! Bravo Jacqueline, allez plus qu’une et à vous le Sri Lanka ! Restez concentrée.

    Je le suis Juliette.

    Je me retiens d’éclater de rire en poursuivant.

    — Deuxième et dernière question, celle qui peut vous ouvrir les portes du Sri Lanka durant une semaine. De quel pays le Sri Lanka est-il une ancienne colonie ?

    Knox sort son portable sur lequel il doit rechercher la réponse avec Wikipédia. A l’autre bout du fil un silence résonne.

    — Allez Jacqueline, on fait marcher sa mémoire avec Radio Tonique et on se remémore ses cours d’histoire de sixième. Le Sri Lanka est une ancienne colonie de …

    Je ne sais pas, dit-elle dépitée, je ne sais pas du tout.

    — Ah Jacqueline, on ne perd pas espoir allez, un pays au hasard sait-on jamais.

    Et bien, heu, je ne sais pas, l’Espagne peut être.

    — Oh quel dommage ! C’est une mauvaise réponse, la bonne était le Royaume Uni. Je suis désolée Jacqueline, mais c’est insuffisant pour gagner le voyage d’une semaine. Toutefois, Radio Tonique vous offre une photo dédicacée de toute l’équipe et un bon d’achat de dix euros pour des jus de fruits vitaminés.

    Bon tant pis, merci à vous.

    — A bientôt Jacqueline, à l’écoute de Radio Tonique la radio qui vous agite !

    Je raccroche en dévisageant Knox. Je crois que je tiens un suspect. Une Mercedes rouge correspond aux critères que les enquêteurs de l’époque ont relevés, sans compter que le fils l’a embouti. Je me demande bien comment.

    — C’était pour quoi ce petit numéro ?

    — Et vous, c’est pour quoi le look Boris Becker [1]?

    Il jette un œil à sa tenue qui devait en jeter il y a trente ans, mais qui fait un peu vieillot aujourd’hui.

    — Une cliente croit que son mari la trompe, il est prof de tennis.

    Le pauvre, Knox à deux mains gauches. Quand il aura pris des dizaines de balles dans la tête il lui dira tout ce qu’il voudra.

    — Je bosse sur une enfant renversée il y a douze ans. Elle est morte et l’enfoiré qui l’a renversé court toujours.

    Knox repousse son bandeau puis appui ses avant-bras poilus sur mon bureau.

    — Il y a douze ans ? Les flics ça a donné quoi ?

    Je sors du tas de dossier devant moi le rapport de la police qui ne m’aide en rien et le tend à mon patron qui y jette un œil.

    A la lumière des derniers évènements il est clair que les flics ont fait la moitié du boulot. Si le PDG de la fabrique à jouets située dans le secteur de l’accident n’a pas été inquiété c’est qu’il y a un problème quelque part.

    Knox se met à ricaner en me tendant une feuille.

    — Le commissaire Chaussant, il lance, tu sais comment on l’appel dans le milieu ?

    Je prends le document où il est inscrit affaire classée sans suite, faute de preuves et signé de la main de ce fameux commissaire.

    — Comment ?

    — La pute, me répond Knox en souriant.

    — La pute ?

    — Oui, un billet et tu achètes son silence. Je serais toi je ne tiendrai pas compte de ce rapport.

    La pute…et bien, voilà qui confirme ce que je pensais depuis le début. Les flics ont été achetés et qui a assez d’argent pour acheter le silence d’un commissaire si ce n’est un PDG.

     

    ***

     

    Quelques jours plus tard,

     

    J’inspire l’air qui commence à se réchauffer en ce mois d’avril. Finit l’hiver et son froid polaire et bonjour rayon de soleil et fleur qui poussent. Les gens ont le sourire, ils retrouvent la vie pendant que je dépéris. Je n’aime pas le retour de la chaleur.

    J’avance dans la rue de Clara, la séance a été intense, un peu comme à chaque fois avec elle. Les émotions ça fait mal quand ça sort mais on avance bien, du moins je pense. Maintenant que je sais qui est mon père, les trous de ma vie sont comme qui dirait comblés. Je sais pourquoi je n’aurais jamais l’amour de ma mère et surtout je sais que ce n’est pas de ma faute. J’ai toujours crue ne pas être assez bien pour elle au final je n’ai rien fait de mal, je suis moi et elle incapable de se défaire de sa culpabilité même par amour pour moi. Tant pis, j’avance dans ma vie et j’en suis presque heureuse. Aujourd’hui avec la psy, comme la semaine dernière, on a parlé d’Harrison, de mes rapports inexistants avec lui. Le sexe, le gros problème que je n’arrive pas à surmonter encore. Ma vie sexuelle n’a pas commencé de la meilleure des façons il faut dire, sans compter que je n’avais déjà pas la meilleure des images de moi, se sentir utilisée par un garçon n’a pas aidé à me rassurer. Pourtant Harrison est différent, je le sais, je sais aussi qu’il m’aime, du moins qu’il m’aimait, peut-être que ce n’est plus le cas et je ne pourrais pas lui en vouloir d’être passé à autre chose. La patience j’en ai pas, alors je ne peux pas lui demander de rester chaste en attendant qu’un déclic se fasse chez moi. Déclic qui peut être ne viendra jamais.

    La semaine dernière la psy m’a donné comme devoir de me regarder chaque jour dans un miroir nue et de me dire que je suis belle. Un calvaire pour moi. Le premier jour je n’ai pas pu ouvrir les yeux, le deuxième j’ai chialé, le troisième j’ai compté les bourrelets et ainsi de suite. Pas un jour je me suis dit je suis belle, mais j’ai réussie à me regarder, c’est un début.

     

    J’ai hâte de rentrer, de vérifier mes mails, et j’espère enfin régler l’accident de Cléo. Je suis excitée, toucher du bout des doigts le but et devoir compter sur quelqu’un d’autre pour l’atteindre est sacrément frustrant. J’ai un coupable, à ce stade on ne peut même plus parler de suspect, mais sans preuves physiques pour la justice c’est tout ce qu’il sera. Alors après vérifications auprès de Monsieur Sira de ce qu’il pensait de son PDG de l’époque j’ai fais le tour des garages du coin qui auraient pu avoir à réparer la fameuse Mercedes rouge ou des casses qui l’auraient détruite. Bingo, un garage à bien eu la voiture de monsieur Chaussant PDG de la fabrique de jouets. J’ai dû dégotter des places pour un match de foot qui affichait complet pour obtenir ce que je voulais. J’attends son rapport maintenant, la dernière preuve qu’il me manque pour aller tout raconter à Harrison.

     

    J’arrive rapidement au bas de mon immeuble, je monte tout aussi vite et me jette sur mon PC pour aller vérifier mes mails. Je jure que si cet enfoiré ne m’a rien envoyé, j’appelle le stade pour dire qu’il est armé. Il passera son match en cage ça lui fera les pieds. La machine de haute technologie s’allume enfin et je ne perds pas de temps. Ma boite mail affiche quatre nouveaux messages dont un du garagiste véreux. J’ouvre la pièce jointe, un devis sur les réparations à cause d’un choc avec un sanglier. Les dates correspondent. Je jubile en lançant l’impression. Je viens de résoudre une affaire beaucoup plus compliqué qu’un adultère et ça seule. Je me sens fière parce qu’en plus ça permettra peut-être à Harrison et à ses parents d’enfin respirer en comprenant ce qu’il s’est passé et de mettre un nom sur celui qui leur a pris Cléo.

     

    Une fois les documents prêts je les fourre rapidement dans le reste du dossier et je n’attends pas. Je sors de chez moi, descend en trombe les escaliers et traverse la rue sans même regarder si une voiture y est. Je fais le code de l’immeuble d’Harrison entre, appuie sur le bouton de l’ascenseur qui met un temps fou à arriver alors je prends les escaliers. Je crois que je n’ai jamais été aussi euphorique qu’aujourd’hui. Arrivée à l’étage de petit con, je tambourine à sa porte en reprenant mon souffle. Il doit être aux alentours de dix-huit heures j’espère qu’il est là. Je frappe encore et encore jusqu’à ce que la porte s’ouvre à la volé sur lui.

    — Kalinka ? Il est encore tôt pour une rencontre nocturne.

    Je grimace et entre en le bousculant. Il referme la porte et je m’avance jusqu’au salon. Je ne tiens pas en place et j’essaye de reprendre mon souffle pour aligner deux mots.

    — Ça va ? il demande en s’asseyant calmement sur le canapé.

    Je souris en hochant la tête, ça va plus que bien, je prends un shoot d’adrénaline en plein cœur et c’est bon.

    — Il faut que je te parle.

    — OK, mais calme toi d’abord, t’es flippante.

    Je ris et viens m’installer à côté de lui, je jette un œil au dossier que je tiens dans mes mains en me demandant par quoi commencer.

    — Qu’est ce qu’il y a ?

    Je lève les yeux sur lui, mon sourire s’agrandit alors qu’il fronce ses sourcils toujours trop beaux.

    — Je ne sais pas par où commencer, je reprends, mais je dois te le dire et j’ignore comment, ce qui est très con.

    Je devrais surement commencer par me calmer, parce que tout mon corps tremble. Le silence s’installe alors que je tente de reprendre une respiration normale. Je jette un coup d’œil à Harrison, il semble nerveux à son tour et je me rends compte que je n’ai même pas songé à ce qu’il en penserait. J’ai envisagé seulement qu’il serait soulagé, mais pas qu’il pourrait m’en vouloir de m’être appropriée l’histoire de sa sœur. Peut-être qu’il va me détester pour avoir réveillé les vieux démons qu’il a l’air d’avoir enfouis profondément dans son cœur. S’il ne parle jamais d’elle ce n’est pas pour rien.

    — Je vais peut-être commencer par m’excuser en fait, parce que je n’ai pas réfléchi en venant t’annoncer ça et peut être que…

    — Il y a quelqu’un d’autre ? il me coupe.

    — Quoi ? je demande abasourdie.

    Il soupire, son regard gris bleu ancré profondément dans le mien.

    — C’est ce que tu es venue m’annoncer, qu’il y a un autre homme dans ta vie ?

    Je suis tellement secouée par ce qu’il dit que je ne suis pas sûre de vraiment comprendre ce qu’il raconte.

    — Un autre homme ?

    Il se lève et entame une série de pas sur le parquet du grand salon.

    — Je n’ai pas envie de savoir avec qui tu couches Kalinka.

    Avec qui je couche…Il est totalement à côté de la plaque mais quelque chose me dit que cette conversation qui a refroidie mon euphorie va être instructive.

    — Parce que toi tu ne couches avec personne, peut être ? je demande.

    Il fait demi-tour pour m’observer. La douleur dans son regard ne passe inaperçue pour moi et je baisse les yeux pour ne pas avoir à la soutenir.

    — C’est ce que tu crois ? Que je suis incapable de me passer de sexe durant quelques mois ?

    — Je ne sais pas, je ne t’ai pas demandé de m’attendre après tout.

    Il s’approche rapidement et me surplombe de toute sa hauteur. Il est énervé et je me demande encore comment on en est arrivé là, alors qu’à la base j’avais résolue l’énigme de la mort de sa sœur.

    — C’est comme ça que t’essaye de résoudre tes problèmes, en couchant avec un mec que tu connais depuis deux jours ?

    Je me lève doucement en le fusillant du regard. Je suis en colère à mon tour à présent. Il sait pourtant le problème que j’ai avec le sexe et si je n’y arrive pas avec lui alors que jusque-là j’avais confiance en lui, je ne risque pas de le faire avec un inconnu.

    — C’est vraiment ce que tu crois ? Tu crois que je serais capable de le faire avec un inconnu et pas avec toi ?

    — Je ne sais pas, tu ne m’as pas demandé de t’attendre après tout.

    — Et j’ai surement bien fait !

    Harrison passe les mains dans ses cheveux, la tension entre nous est palpable, elle n’a rien de sexuelle ou d’agréable elle est pesante et notre colère n’est retenue que par un simple fil qui ne va pas tarder à couper. Je préfère m’en aller avant d’entendre d’autres choses que je serais incapable de supporter.

    — J’étais venue pour ça, dis-je en laissant tomber le dossier sur le canapé. Pas pour t’annoncer qu’il y avait quelqu’un d’autre dans ma vie, mais pour te parler d’une affaire qui te touche personnellement. Voilà, fais-en ce que tu veux maintenant.

    Je me retourne et regagne la porte en l’écoutant jurer dans mon dos. Je ne comprends pas ce qu’il vient de se passer, pourquoi il a réagi comme ça et pourquoi il ne comprend pas que s’est lui que j’aime et personne d’autre. Que j’ai simplement besoin de temps, mais comme il dit, je ne lui ai pas demandé de m’attendre.

     

    [1] Boris Franz Becker, né à Leimen (Bade-Wurtemberg) le 22 novembre 1967, est un joueur de tennis allemand professionnel. Il a remporté six tournois du Grand Chelem dans les années 80-90.

     

    Maryrhage