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Fucking Love #2 - For You - Chapitre 7

 Chapitre 7

Dereck

 

 

Une semaine plus tard.

 

 

— Jax ?

 

Je ne cache même pas la surprise dans ma voix en le voyant sur le pas de ma porte. Je ne m’attendais pas à une visite de lui après une semaine sans signes de vie. Je savais qu’il avait besoin de temps pour réfléchir, mais quelque part, j’espérais que ce moment n’arriverait pas. Parfois j’aime repousser l’échéance, et quand je sens qu’une page va se tourner, j’en ressens un nombre important de sentiments, pas tous bons.

 

— Salut Dereck.

 

On se dévisage quelques instants, mon partenaire m’a l’air nerveux. Il frotte sa nuque, ses cheveux bruns sont en pétard. Il a la même gueule de tôlard que moi. Pas rasé, fatigué, et aborde une impression disant qu’on a raté quelque chose.

Est-ce que tu es déçu de nous, Jax ?

 

— Est-ce qu’on pourrait parler ? me propose Jax.

 

Je refoule le stress qui me gagne en acquiesçant. Je m’écarte pour le laisser entrer. Son parfum envahit mes sens quand il me frôle. Je me raidis.

Je n’aime pas sa façon d’être, elle n’indique rien de bon, un sentiment de crainte m’envahit.

Je ferme la porte à clé, Jax m’observe quand je me retourne. Je n’arrive pas à garder ce suspens, il faut que je sache.

 

— Est-ce que tu veux que je démissionne tout à l’heure quand nous arriverons au studio ? je demande.

 

Mon partenaire sourit légèrement. Cette simple expression allège un poids dans ma poitrine.

 

— Je veux qu’on s’assoie et qu’on discute sérieusement dans un premier temps, si t’es d’accord, me propose Jax. On a le temps encore avant d’aller au studio.

 

— OK.

 

Calme-toi Dereck.

On gagne mon salon pour s’installer sur mon grand canapé d’angle. Jax d’un côté, moi de l’autre. Je coupe le son de la télévision. Le silence se fait maitre des lieux. J’observe  Jax dans son jean et son t-shirt rouge. J’ai envie de plus. De ne pas connaitre cette distance.

Est-ce que je vais le perdre pour de bon ?

 

— Comment tu vas ? ne peut s’empêcher de demander Jax.

 

Je tape du pied sans m’en rendre compte, mon rythme cardiaque s’accélère. On dirait un gamin sur le point de passer son bac. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je n’arrête pas de penser. Je me demande ce que je vais faire si jamais mon aventure chez FUCKING BOYS doit s’arrêter, je n’ai pas envie de quitter Los Angeles. Mon frère est au point mort pour son enquête, ma vie stagne dans le doute et ce n’est pas bon. Je suis inquiet à l’idée d’exploser et de faire une connerie dans toute cette attente. Jax est devenu mon ancre, il représente un nouveau départ, et ce boulot, ressemble au paradis. Cette seconde chance, je ne veux pas la niquer aussi.

 

— Je suis nerveux, je ne dors pas beaucoup, je réponds en fuyant son regard.

 

Je ne voudrais pas y lire « pauvre Dereck, je vais te faire encore plus de mal en te révélant ce que je compte faire de notre situation ».

 

— Moi aussi, m’avoue l’acteur d’une voix morne.

 

Le silence revient, je frotte les mains, je cherche les bons mots. Je les avais pourtant, je n’ai pensé qu’à ses excuses depuis des jours. À la meilleure façon de lui expliquer ce qu’il n’a pas compris. Je veux qu’il comprenne que j’ai changé. Je ne suis plus le Dereck d’avant. J’ai changé.

Une tension palpable nait petit à petit dans mon salon, je me tourne vers Jax, il m’observe déjà de ses yeux bleus. Mon rythme cardiaque s’accélère.

Ne me quitte pas.

Je veux croire qu’il y a encore une infime chance de rattraper mon erreur.

 

— Je suis désolé, nous lançons en même temps.

 

Cette intervention commune à l’avantage de nous détendre. Un rire léger nous gagne.

 

— Va y commence, je renchéris, je crois que j’ai suffisamment parlé l’autre jour.

 

— Et moi pas assez, j’ai réagi comme un idiot blessé, me répond Jax avec honnêteté.

 

— C’était compliqué à encaisser, j’admets, et je ne t’en veux pas pour ça. Je ne t’en veux même pas à vrai dire.

 

Jax se décale sur le canapé, je suis surpris de voir qu’il s’approche de moi. Son genou vient toucher le mien, un frisson me gagne, je ne veux pas tenter d’interpréter les signes, mais ce rapprochement me fait du bien.

Est-ce que c’est bon ou est-ce que Jax fait ça avant de me donner le coup fatal ?

 

— Je ne sais pas ce que je voulais faire après l’après-midi où tu m’as dit les raisons de ton départ de Miami. J’ai eu besoin de réfléchir, beaucoup, peut-être trop. J’ai pesé le pour et le contre, ça n’a pas été concluant. Alors, hier, je suis allé chez Demon. Nous avons beaucoup parlé, il m’a expliqué certaines choses et m’a éclairé sur d’autres que je ne comprenais pas. Il a changé mon jugement sur certains points, même si à mes yeux, certaines pratiques me dépassent, je n’ai pas à juger ceux qui les aiment parce que moi, je ne les accepte pas. J’ai eu tort.

 

Mon partenaire soupire en regardant ses mains, je sens une certaine culpabilité chez lui. Mais je suis surpris de son discours.

J’ai encore en tête ses mots, je n’en reviens pas. Jax est allé voir Demon pour essayer de comprendre ? Je ne cache pas ma surprise ni l’espoir que qui va avec. J’admire son intelligence, Jax ne reste pas fermé dans ses idées, quand il ne sait rien sur un sujet, il tente de s’ouvrir pour en comprendre les mystères. C’est ce qu’il a fait. Sans doute, c’était peut-être plus simple pour lui d’entendre certaines explications de la bouche d’un ami, plutôt que de celui qu’on aime.

En connaissant Demon, je ne doute pas qu’il a dû être plus que franc sur SHADOWS mais sur le BDSM aussi.

Jax prend le temps de me confier quelques parties importantes de son échange avec l’Hardeur, je l’écoute attentivement. Petit à petit, je me détends en voyant que Dem a fait les choses bien. Je suis presque soulagé de voir Jax calme. Il n’est plus aussi nerveux qu’en arrivant et n’affiche pas ce même regard que lors de mon annonce.

 

— Et j’ignorais que tu te tapais Demon, finit Jax en se laissant aller à un petit rire tendu.

 

Oh bordel.

Mon cœur rate un battement en l’entendant mentionner cette histoire. Alors comme ça Demon s’est montré très… loquace.

Est-ce de la jalousie ?

 

— C’est un peu compliqué… je commence, c’était des histoires comme ça, sans… rien de sérieux.

 

Sa main se pose sur mon genou, il le serre en cherchant mon regard. L’ambiance dans le salon s’intensifie.

 

— Je n’allais pas te piquer une crise, à vrai dire, je pensais en rire en te demandant de me raconter dans quelles circonstances on peut se taper Demon Riggs « comme ça ».

 

— Nous étions amis Jax, parfois ils nous arrivaient d’un peu déraper mais… je n’ai jamais eu de sentiments pour lui.

 

Pas comme pour toi.

Mon partenaire, qui n’était pas du tout jaloux d’après lui, prend un air satisfait en m’entendant lui dire que je n’étais pas sous le charme de Demon.

Est-ce un signe ?

 

— Demon m’a dit qu’il pensait que tu avais eu une rupture entre le Dereck de SHADOWS et le Dereck d’aujourd’hui et il a raison. Tu n’es pas un monstre Dereck, et je suis désolé de t’avoir dit que tu en étais un. J’étais sous le choc l’autre jour, quand tu m’as appris tout ça. J’ai eu l’impression de voir un inconnu. Pire que ça, j’ai eu une sensation de déjà-vu. Je pensais connaitre presque tout de toi, et j’ai découvert une facette très sombre à un moment où je n’avais pas suffisamment de recul pour l’encaisser de manière plus adulte. J’ai senti mon cœur se briser en deux. Je me suis dit que j’avais laissé entrer un homme dans ma vie, la remettre en question et lui, il trouvait le moyen de tout foutre en l’air. Je t’en ai voulu Dereck de me révéler ce qu’il y avait de moche chez toi.

 

Bon sang.

Je me sens subitement vulnérable de l’entendre me dire tout ça. Je m’en veux de lui avoir fait ressentir cette peur et cette déception mais ses mots, son respect et ses excuses qui n’auraient pas eu besoin d’être dites, ça engendre un flot d’émotions intenses.

Jax s’en veut de m’avoir jugé, et je lui en suis reconnaissant de s’ouvrir autant. De me confier ce qui l’a brisé cet après-midi-là. Pourquoi sa réaction était si forte et sa colère si puissante.

Je comprends désormais.

 

— Jax… je commence.

 

Mais il m’interrompt.

 

— Mais maintenant, je préfère savoir que d’imaginer une réalité qui n’existe pas. Maintenant, je me dis que je sais presque tout de toi. Le bon comme le mauvais, le douloureux et le moche. Et c’est mieux.

 

Nos regards clairs se croisent de nouveau. L’expression sur le visage de Jax ne cache pas ses doutes et sa déception de lui-même. L’organe dans ma poitrine se serre. Je saisis sa main sans hésiter et la serre de toutes mes forces pour lui montrer que je le soutiens, que j’ai ressenti cet amas de sentiments durs et contradictoires qui nous plongent dans l’incertitude.

C’est violent d’aimer quelqu’un dont on ne connait pas tous les secrets et c’est d’autant plus violent quand on les apprend une fois qu’on est engagé.

À mon contact, Jax cède une première barrière. Il se retourne, attrape mon t-shirt gris et m’attire contre lui pour que nos visages soient face à face.

Son souffle se mêle au mien quand il m’avoue d’une voix triste :

 

— Ma fille te réclame. Elle est en colère après moi parce qu’elle pense que je me suis disputé avec toi et que je t’ai foutu dehors sans te donner une seconde chance. Le pire, c’est qu’elle a raison aussi. Et tu sais quoi ? Passé le choc, passés les doutes et les zones sans réponses, j’ai compris ce que je voulais. Mais est-ce que toi, tu veux la même chose encore ?

 

Je l’attire contre moi d’un geste brusque, on est à moitié avachi l’un sur l’autre. Le contact de son corps contre le mien dégage une chaleur réconfortante.

Je n’ai plus peur maintenant, je comprends que les choses n’ont pas changé malgré le passé. Jax m’offre une seconde chance, et peut-être même que je n’avais pas perdu la première. Il avait besoin de temps pour réfléchir et faire son choix.

Il l’a fait.

Je souris, il attend ma réponse. Je glisse ma main dans ses cheveux, c’est agréable de ne plus avoir de plâtre pour faire ça. Agréable de pouvoir le toucher encore.

 

— C’est toi que je veux, je réponds sans hésiter. Depuis ce baiser sous la pluie, depuis notre trio avec Archer, depuis la nuit où tu m’as dit que tu ressentais quelque chose, depuis que j’ai appris à te connaitre. C’est toi que je voulais. Qu’importe les sacrifices à faire, même si t’es hétéro et moi homo. Je n’ai pas su résister non plus et j’ai échoué en te promettant de ne pas franchir la barrière entre amitié et sentiments. Mais je te veux Jaxson Howard.

 

— Je ne veux pas que tu quittes FUCKING BOYS, renchérit-il en serrant toujours mon t-shirt.

 

— Moi non plus, je réponds dans un souffle.

 

Ma bouche s’écrase contre la sienne l’instant d’après. Jax jure et m’embrasse en retour. Ses lèvres cherchent les miennes, la tension augmente, l’envie aussi. Je sens naitre une putain d’érection dans mon jean. Je le veux. J’ai besoin de calmer cette excitation qui demeure depuis un mois. J’ai envie de le retrouver de cette façon. De lui prouver que c’est différent des autres fois. Entre nous, ça devient de plus en plus fort.

Ma langue se joint à la partie, la sienne effleure la mienne. Nous continuons ce combat où nos souffles deviennent haletants et le désir si ardent.

Mes mains glissent sur son torse, je touche ses muscles ferment en le faisant basculer sur le dos. Je sais qu’il nous reste des tas de sujets à évoquer, mais à cet instant, le feu me dévore et je veux cet homme.

Jax laisse échapper un juron en ayant mon érection contre la sienne. Il m’embrasse avec plus de ferveur. Mais dès que je commence à vouloir retirer son t-shirt, l’acteur fait preuve d’un grand self-control.

Jax s’écarte avant que le choses se compliquent, il me jette un sourire heureux en touchant ses lèvres. Un poids semble avoir quitté ses épaules, et le soulagement a envahi ma poitrine. On commence petit à petit à mettre les points sur les I, à éclairer des zones d’ombres et à révéler ce qu’on a tant gardé pour nous depuis des mois.

Les sentiments font flipper, et nous sommes deux désavantagés de ce côté.

Il se lève du canapé, comme pour nous donner de la distance. Je le laisse faire, peut-être Jax a besoin d’un peu d’espace pour la suite.

 

— Je voudrais que tu me promettes que si un jour tu dérapes et rechutes, tu ne redeviendras pas cet homme capable de faire n’importe quoi devant une caméra pour du fric, mais un homme capable de demander de l’aide. Et si un jour, tu as envie de plus, de…tente d’expliquer Jax en scrutant mon salon.

 

Il ne me faut pas beaucoup de temps pour piger ce qu’il a du mal à sous-entendre. Son hésitation étant toutes les pratiques que j’ai un jour adorées.

Mon compagnon me jette un regard en coin et soudain je comprends pourquoi il s’est éloigné pour me parler de ça. Ce n’est pas seulement notre baiser qui l’a mis dans cet état, ce sont ses pensées.

 

— Tu rougis, je le taquine. Tu ne serais pas curieux Jaxson Howard ?

 

Jax passe une main nerveuse sur sa nuque en jouant avec la balle de baseball qu’il a trouvé dans ma bibliothèque.

 

— J’ai vu une vidéo de Demon et Archer, d’accord ? se justifie-t-il, c’était assez… intense et j’y pense encore, mais ça m’a amené à me poser des questions sur ce que tu voudrais peut-être. En plus de ce qu’on a.

 

Je soupire en m’appuyant sur mes coudes, il doute encore sur certains points et je ne peux que le comprendre. Même si Demon lui a permis de répondre à ses questions, celles qui me concernent sont sans réponses encore.

 

— Je ne peux pas te promettre qu’il n’y aura jamais de rechute avec la drogue. Mais si jamais ça se produit, je me ferais hospitaliser pour qu’on m’aide. Je ne veux pas revivre ces mois d’enfer seul. En revanche, je peux t’affirmer que je ne tournerais plus dans des trucs hardcore. Je ne suis plus un Hardeur. Ça me convient ce qu’on a entre nous. C’est différent, mais ça me plait parce qu’il se dégage des choses encore plus intenses que de soumettre quelqu’un dans un donjon.

 

Jax se fige en m’écoutant parler d’une voix calme et apaisée. La nervosité s’est envolée à l’instant où il m’a dit qu’il me voulait malgré mon passé. C’est à mon tour de lui enlever certains doutes.

Je ne quitte pas ses yeux en révélant ce que je pense avoir compris.

 

— Je crois que t’as des tas de trucs à découvrir encore Jax. Alors si t’es curieux de quelque chose, tu m’en parles et on voit. Mais je ne veux plus jamais baigner dans le milieu du BDSM de façon… poussée. Je ne veux plus jamais être un dominant dans ce contexte. Ça m’a trop détruit. Je n’ai pas réussi à être aussi détaché que Demon pour continuer dans cette voie. Et sincèrement ? Ce ne sont pas des pulsions, je peux très bien me passer de tout ce que j’ai pu faire auparavant dans le porno. Regarde, c’est exactement ce que j’ai fais depuis le début de notre partenariat.

 

Je lui offre un clin d’œil complice en voyant Jax devenir rouge, c’est surprenant quand on le connait. C’est toujours compliqué de parler de ses envies et de ses fantasmes. Et Jax a beau être un super acteur porno, dans sa vie d’homme, il reste comme la moyenne des gens : ses fantasmes sont… tabous, ses désirs doivent être raisonnables.

 

— Je crois que Jaxson Howard a deux trois fantasmes en tête là, je murmure sur le ton de la confession.

 

— Bordel, je… tente-t-il de s’expliquer.

 

— Tu voudras que je t’attache et que je te bande les yeux, Jax ? je le taquine, que je joue avec toi, ton corps avant de nous propulser dans le plaisir ?

 

Sa respiration s’accélère, je le vois déglutir avec difficulté, et l’envie de lécher sa gorge pour apprécier les battements de son cœur me tord l’estomac. Je serre les poings, si ça ne tenait qu’à moi, Jax se retrouverait plaquer contre le sol de mon appartement. Nous serions déjà en pleine action.

Mon partenaire m’offre un regard noir qui ne cache pas cependant son excitation.

 

— Je vais aller boire un verre d’eau, murmure Jax.

 

Je me lève pour le retenir, nos corps se heurtent de nouveau, l’atmosphère de la pièce se gorge d’excitation. Je le fais basculer sur le canapé avec moi, sous moi. Jax encaisse mon poids, je souris comme un ado à l’idée de pouvoir me permettre ça, de lui dire ce qui me passe par la tête, de le toucher sans craindre de représailles par la suite.

 

— Alors ?

 

— Va te faire foutre Dereck, jure-t-il.

 

— Bientôt, je l’espère.

 

J’embrasse le coin de sa mâchoire avant de m’écarter.

 

— J’arrête de t’embêter avec ça, même si l’idée me plairait, ce que tu m’offres me convient.

 

Jax reste allongé un instant, les yeux clos, il ressemble le peu de self-control qu’il lui reste.

Bordel, j’ai hâte d’être à cet après-midi pour faire redescendre la tension maintenant que mes peurs se sont envolées.

 

— J’aimerai te dire aussi : merci d’avoir cherché à comprendre, j’avoue en frottant mes mains sur moi. Merci d’avoir compris en partie, de ne pas me juger sur ce que j’ai pu être. T’as le droit d’être curieux Jax sur ce que t’as découvert, ce n’est pas mauvais. Et jamais je ne ferais quoi que ce soit qui te mette mal à l’aise. Je ne veux pas d’une relation tâchée par les pratiques de mon passé. Je veux ce qu’on avait à Chicago.

 

J’affronte son regard, Jax acquiesce, il se redresse et m’avoue sans pudeur :

 

— Je devrais te sortir de ma vie. M’éloigner de toi pour le bien de ma fille, pour le mien, pour me rendre les choses plus simples avec Bell mais…

 

Il me surprend en montant sur mes genoux. Je me retrouve plaquer contre le dossier du canapé, Jax me surplombe, il est subitement sérieux. Mon rythme cardiaque s’emballe de cette soudaine proximité.

 

— Je suis amoureux de toi, poursuit Jax, et je n’arrive plus à lutter contre.

 

Je ferme les yeux en resserrant ma prise autour de sa taille.

Il a enfin accepté ses sentiments et il a eu le courage de me les dire à voix haute. Et ça… c’est comme sauter sans parachute, grimper sans cordage, courir près du vide et avancer dans le noir. C’est aussi fort qu’un feu d’artifice et aussi intense que le contact d’une main sur une peau. C’est aussi renversant qu’un des plus grands discours, ce sont des mots qui vont changer tout un monde.

Aujourd’hui c’est le mien qui change.

Son front se pose contre le mien, quand il reprend, sa voix est rauque et sincère.

 

— Ça me fait toujours autant flipper, parce que la dernière personne que j’ai aimée, elle m’a abandonné. Mais, tu m’obsèdes. Quand je pense à toi, je me sens heureux. Même si ça me semble compliqué. Ça me rend dingue cette chaleur qui me gagne quand je suis près de toi. Mon cœur s’emballe à chaque fois qu’on se touche et une montagne de sensations m’envahit quand on se noie dans le sexe. Je souris comme un con quand tu fais de même. J’aime quand tu es avec ma fille, j’aime que tu l’adores et que sans t’en rendre compte, tu prennes soin d’elle. J’admire le combat que t’as dû mener, même si je ne sais pas tout et que je ne l’ai pas compris tout de suite. J’aime l’homme que t’es en dehors du porno, et le contraste que tu arbores parfois. Fort mais avec des faiblesses. J’aime quand t’es drôle et qu’en un regard, tu arrives à dire beaucoup de choses sans prononcer le moindre mot. J’aime l’idée que t’es réussi à me montrer qu’on puisse aimer au-delà des apparences. Je n’ai aimé et voulu que des femmes, mais aujourd’hui, la seule personne que je veux, c’est toi. Je veux qu’on fasse plus qu’essayer, Dereck.

 

Bordel.

Mon cœur chavire devant cette déclaration, je ne m’y attendais pas, je ne pensais pas connaitre ce sentiment un jour, ni cette chance. L’amour me semblait une aventure interdite, jusqu’à lui.

 

— Je veux ça aussi.

 

Même si je n’ai aucune idée de comment ça va se passer, je n’ai pas envie de tourner la page en disant que l’alchimie entre nous n’existe pas. Nous sommes adultes, nous le voulons tous les deux et nous avons compris que ça ne servait à rien de taire nos sentiments.

 

— Je suis imparfait, m’explique Jax, mais j’essaie de rattraper mes erreurs avant que les gens auxquels je ne tiens m’échappent. Je démarre dans cette existence-là, Dereck, je risque de faire de nombreux faux pas. Je n’ai jamais été en couple en étant un adulte. Je n’ai jamais été avec un homme…

 

— Et moi donc.

 

Jax reste assis sur mes cuisses. Je résiste à la chaleur qui grimpe, à cette envie puissante de vouloir plus que sa proximité. C’est dur de se concentrer, mais je l’écoute, parce que je sais que les minutes qui vont suivre sont importantes.

 

— Si tu veux t’engager avec moi, il faut accepter que Sage soit là aussi. Ma fille reste ma priorité.

 

— Je sais, et jamais je ne t’en voudrais ou te le reprocherais, je réponds sans hésiter.

 

J’adore cette gosse, et quand elle est avec son père, voir Jax aussi protecteur et viril me fout une putain d’érection. Jamais Sage n’a été un problème dans mon esprit, même si ça implique beaucoup de responsabilités de sortir avec quelqu’un qui est parent.

 

— Mais je peux en avoir une deuxième.

 

Jax me surprend en m’avouant ça. Ça gonfle l’organe dans ma poitrine et me prouve que je ne suis pas rien pour lui. Qu’il a mis le temps mais qu’une fois que Jax est engagé, il l’est totalement.

Putain, ça promet.

 

— Je crois en la fidélité dans un couple, je suis assez vieux jeu là-dessus. Je crois qu’on peut très bien faire marcher notre partenariat et notre histoire. 

 

Jax est incapable de s’arrêter de parler, comme si nous avions un train à prendre, comme si le temps pour s’expliquer était compté. Je le laisse faire, parce que j’apprécie tellement de le voir lâcher les rênes. Et si me dire toutes ces choses le rassure, Jax peut me parler toute la journée. Entendre sa voix et savoir que ce mec va être à moi me satisfait tellement.

 

— Je n’accepterais pas de te partager en dehors du boulot, je l’interromps.

 

Et encore…

Jax redevient sérieux, son regard croise le mien, sa voix devient tendue, il inspire plusieurs fois avant de se lancer.

 

— Et si un jour, tu veux qu’on arrête tout ça, je t’en prie, ait le courage de venir me le dire en face.

 

La peur de l’abandon. Bell l’a traumatisé avec ça.

 

— OK, c’est promis, je jure.

 

Jax pose de nouveau son front contre le mien en nouant son bras autour de mon cou.

 

— Merci de ne pas me prendre pour un fou de dire tout ça.

 

J’embrasse sa joue râpeuse en sentant des vagues de chaleur nouer mon ventre.

 

— Est-ce qu’on recommence à zéro ? je demande.

 

— Je ne veux pas oublier Chicago, murmure Jax contre moi. On tourne la page plutôt, si tu es d’accord ?

 

— Je suis d’accord… j’affirme sur un ton amusé.

 

— Mais ?

 

Il commence à bien me connaitre. Je souris contre lui en lui faisant part de ce que j’aimerai. On a débuté notre histoire à l’envers.

 

— Mais j’aimerai qu’on recommence du début sur certains points.

 

Jax sourit à son tour. Il me dévisage, amusé, prêt à entendre mes idées.

Mes mains descendent le long de son dos, je le presse contre moi en expliquant :

 

— Je veux te draguer et réussir à te séduire. Sortir avec toi et rentrer chez moi sans rien avoir obtenu de toi si ce n’est un baiser coller contre un mur entre deux ruelles. Je veux passer plusieurs soirées à tes côtés et apprendre à connaitre tout ce que j’ignore encore sur toi. J’aimerais qu’on normalise cette relation sous certains aspects.

 

— Tant que tu peux coucher avec moi, plaisante Jax.

 

Un rire léger résonne.

 

— Je doute de pouvoir réussir à me contrôler à ce niveau, tout comme je pense que Scarlett ne serait pas d’accord pour une chasteté prolongée.

 

Et bordel, jamais je ne tiendrais plus que quelques heures. Si je me retiens, là tout de suite de lui dire de se foutre à poil et de le baiser c’est juste parce que tout à l’heure, quand nous arriverons au studio, l’attente aura engendré des pulsions et une envie folle auquel on pourra succomber.

Mon côté voyeur et exhibitionniste va en prendre plein la gueule.

 

— T’es un grand romantique, Dereck, souligne mon partenaire.

 

Ma main se pose sur sa nuque.

 

— Tu n’as pas idée. Sache que j’étais malheureux à l’idée de te perdre. Tu n’as jamais été avec un homme ? Je ne suis jamais tombé amoureux d’un. Je ne sais pas faire non plus, sinon, je n’aurai pas autant merdé ces derniers mois en te cachant la vérité. Je crois qu’on avance en terrain inconnu Jax, mais ça me va parce qu’on avance ensemble.

 

— Je suis désolé de mettre du temps à comprendre les choses et à les accepter surtout, s’excuse-t-il.

 

— Je me dis que l’attente valait peine.

 

Et je crois qu’il partage mon avis. Si ces sept jours lui ont permis de prendre une décision censée, ça me va.

J’observe Jax et je sens qu’il a envie de me parler. Je l’encourage, je pars du principe qu’à partir de maintenant, tout peut être dit.

 

— Est-ce que je peux te demander une dernière chose ?

 

— Je t’écoute.

 

Jax hésite, cherchant ses mots durant un moment. Je fronce les sourcils et avant qu’il ne se lance, je crois savoir.

 

— Est-ce qu’on peut rester discret quelques mois ? J’aimerai éviter que Bell l’apprenne et qu’elle s’en serve contre moi pour le jugement. Le regard des gens ne m’effraie pas, simplement…

 

— Une chose à la fois ? je renchéris pour conclure sa phrase.

 

Je comprends parfaitement. Ça ne me dérange pas. Je me fous des étiquettes, je veux simplement que Jax soit le mieux possible. C’est nouveau pour lui d’assumer d’être avec un homme. Je ne compte pas lui imposer la totale. S’il veut prendre son temps, on ira à son rythme.

Jax me remercie d’un signe de tête, ce mec ne se rend pas compte de ce qu’on aimerait faire pour lui.

 

— J’ignore encore comment justifier mon boulot auprès du juge, pour l’instant, je réfléchis encore à ce sujet, mais je veux prendre le temps de le dire à Sage, quand elle sera moins perturbée après le retour de sa mère. Je veux faire les choses bien. Je veux être sûr de nous avant de lui dire.

 

Ces propos son censés. Il n’y a rien à contredire.

La rencontre a eu lieu alors Bell. Je n’oublierai pas de demander comment ça s’est passé pour eux deux quand on sera sorti de ce moment spécial nous concernant.

 

— Tu es son père, tu sais ce qu’il y a de mieux pour elle, je le conforte dans ses propos.

 

Jax soupire en acquiesçant, il n’est pas bien depuis le retour de son ex, je veux être là pour lui. Mon partenaire n’a pas à affronter ces emmerdes seul.

 

— Et puis, si tu es d’accord, j’aimerai voir si ça marche entre nous avant de le dire aux autres. J’aimerai qu’on règle nos problèmes sans que tout le monde vienne nous juger. Mais je ne veux pas qu’on les règle séparément, poursuit Jax.

 

— Ça me va. C’est tellement plus que ce que je pensais obtenir après t’avoir dit mon passé, je réponds avec sérieux.

 

— On aurait dû avoir cette conversation il y a des semaines Dereck, on a repoussé, je suis désolé de ça aussi.

 

Il faut dire qu’on a connu pas mal de merde dernièrement qui n’ont pas aidé. Maintenant on sait, on est fixé.

 

— Essayons pour de vrai cette fois, conclut Jax.

 

Je le serre contre moi en savourant les sensations de dingue qui m’envahissent. Je pensais que notre histoire se terminerait aujourd’hui, mais nous avons trouvé le moyen de la faire débuter pour de bon. Ensemble. Et même si toutes nos emmerdes sont loin d’être réglés, j’ai la certitude qu’une chose dans ma vie sera stable et vraie : Jax.

Commentaires

  • Un chapitre qui fait du bien. Ils seront ensemble pour affronter les épreuves. J’ai hâte qu’ils retournent en tournage ☺️

  • Qu'est-ce que je les aime ces 2 là !
    Merci pour ce super chapitre, ahhhhhhhhhhhhhhhhhh c'est top

  • ENFIN !!!!!!!!!!!!!!!! j'ai hate de lire le prochain chapitre sur le tournage ca va etre CHAUD BOUILLANT bordel de mer..
    merci les filles

  • Je n'ai pas pu lire les premiers chapitres donc j'ai un peu de mal à me mettre dedans (sans mauvais jeu de mots) mouhahaha mais j'aime toujours autant Dereck et Jax et je me lance de ce pas dans le chapitre 8

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