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Inside Lines, Chapitre 24


Chapitre 24

Kade

 

 

 

Je scrute le regard furieux de mon père. Je termine d’enfiler mon maillot d’entrainement pour couvrir les preuves du « crime ». Asher reste silencieux, il règne dans son bureau un sentiment de tension des plus étouffants.

Nous avons joué avec le feu, et nous venons de nous brûler. Nous aurions dû verrouiller la porte du bureau. On a été pris par la fougue du moment, l’envie qui nous irradier depuis des heures dans la salle de musculation du club.

On a royalement merdé.

Mon père ferme la porte derrière lui pour que personne n’entende. Une colère noire le gagne. Je reste près de mon amant pour lui apporter mon soutien.

Les prochaines minutes vont être compliquées. Je crains qu’Asher ne se referme dans sa spirale infernale du contrôle après ça. Il faut dire que ça n’a pas raté. Notre idylle interdite vient d’éclater. Ash avait raison. Depuis le début. Comme s’il avait eu une vision de comment ça se terminerait.

Et c’est moi qui l’est poussé à succomber, à notre nous qui n’était qu’éphémère il y a plusieurs mois de ça, pour devenir quelque chose de plus solide.

Est-ce qu’Ash va me le reprocher ?

Il reste très sérieux, prêt à encaisser les reproches.

 

— Grant, vous êtes viré, annonce Jefferson d’une voix tranchante.

 

Le coup de massue nous percute avec violence, la sentence tombe sans préavis, et je ne suis même pas étonné.

Depuis l’affaire de (NOM), mon père n’attendait que ça, de trouver la faille pour virer son coach qui faisait des vagues à cause d’une histoire qui ne le concerne pas.

 

— Arrête, j’interviens, ne prends pas une décision de la sorte sans…

 

Mon père me foudroie du regard.

 

— Ferme là, Kade. Je ne te demande pas ton avis. T’es qu’un petit con !

 

Il se tourne vers Asher et le dévisage avec haine. Je vois transparaitre dans son regard, le même que celui qu’il m’a accordé le jour où j’ai fait mon coming-out. Celui d’un homme qui se sent trahit après avoir mis tant d’espoir en quelqu’un.

Nous n’avons rien fait de mal. Et l’entendre me sermonner de la sorte ne me plait pas. J’en ai marre qu’il me rabaisse.

 

— C’est comme ça que vous l’avez dressé pour qu’il ne soit plus violent sur le terrain ? lui demande-t-il avec froideur. Vous appelez ça être professionnel Grant ? Vous venez de dépasser les bornes. Vous pouvez faire un trait sur votre carrière de coach, votre manque d’impartialité ne vous sera pas pardonné.

 

Sans rien rajouter de plus, le dirigeant quitte la pièce en emportant avec lui les rêves et les espoirs d’Ash. Quand la porte claque, mon coach s’assied sur son bureau en poussant un soupir désespéré. Je me sens coupable, et en colère que ça se passe ainsi.

 

— Bordel, jure Asher en passant une main dans ses cheveux.

 

Je m’approche de lui, j’ai envie de m’excuser, de lui dire que j’aurai dû être plus prudent, que je n’aurai pas dû le tenter aujourd’hui. Je ne veux pas que ça s’arrête entre nous, même si ça me semble compromis, j’ai envie de me battre pour ce qu’on a.

Il doit bien y avoir une solution.

 

— Je vais lui parler, j’annonce avec conviction, je vais le convaincre de ne rien dire, je vais prendre la faute sur moi…

 

En plus c’est le cas. Sans moi, sans notre alchimie, sans notre tentation et nos rapprochements, nous n’en serions pas là. Mais il n’y aurait jamais eu de nous.

 

— Kade.

 

Nos regards se croisent. Je vois l’absence d’espoir dans les yeux verts de mon amant. Si je m’écoutais, l’envie pourrait revenir à grande vitesse.

 

— Je ne veux pas qu’on te vire. On n’a rien fait de mal.

 

— Je suis ton coach et tu es mon joueur, me rappelle-t-il.

 

Oui il y a… un conflit d’intérêt, mais pas sur le terrain. Je ne suis que Kade King avec le maillot d’Arsenal et Archer reste Coach Grant quand on pénètre ici.

Mon cœur se serre alors qu’une petite voix murmure que c’est inévitable. On a atteint le point de non-retour.

 

— Nous savons faire la différence.

 

Asher secoue la tête, pas convaincu que les autres pensent la même chose, mais je m’en fous. On va pouvoir s’arranger. Trouver une solution. Il le faut. On ne peut pas virer Asher, pas après ce qu’il a fait pour le club. J’aimerai comprendre la colère de mon père, pourquoi il déteste à ce point le coach qui lui rapporte des millions grâce à ses exploits.

Je ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, je quitte le bureau de mon coach pour aller parler à l’homme qui détient toutes les cartes du jeu. J’espère pouvoir obtenir ce que je veux. Quitte à marchander, quitte à passer pour ce petit con qu’il pense que je suis.

Je dois protéger celui qui croit en moi.

 

***

 

— Tu ne peux pas faire ça ! je déclare en entrant dans son bureau.

 

J’arrive au bon moment on dirait. Jefferson King a dans les mains son téléphone, comme s’il s’apprêtait à appeler quelqu’un. Je ferme la porte de la pièce à clé et m’approche de mon père d’un pas décidé. Il va commettre une énorme erreur.

Mon paternel m’affronte durement. Il affiche cet air contrarié, celui que je peux prendre quand on ne fait pas ce que j’aurai aimé qu’on fasse. Je l’avais très souvent, avant Asher. Avant qu’il ne veuille voir au-delà des apparences, avant que je ne lui tape dans le cœur, comme on tape dans un ballon pour remporter la victoire finale. Il a été la différence. Celui qui m’a apporté de la paix dans mon bordel sans fin.

 

— Depuis quand tu as une liaison avec ton coach ? m’aboie mon père.

 

— Depuis quand ça t’intéresse ? je rétorque aussi sèchement.

 

Je viens m’appuyer sur le rebord de son bureau en adoptant une position imposante. Il se dégage dans la pièce un sentiment palpable de contrariété. Je vais devoir me montrer très convaincant.

Mon père croise les bras sur sa chemise.

 

— C’est interdit par le règlement.

 

Un rire me gagne.

 

— Et alors ? Énormément de choses sont interdites, mais tout le monde s’emploie à les faire quand même. Tu es bien placé pour le savoir. Les pots de vin, c’est ton truc.

 

Ma petite réflexion sarcastique en plus d’être véridique ne lui plait guère. Mon paternel me foudroie du regard. Il n’aime pas qu’on lui rappelle ses propres erreurs. Pourtant, c’est l’un des hommes les plus véreux du sport qui vient me donner des leçons.

Je sais qu’Asher ne m’a jamais

 

— Il n’y a pas conflit d’intérêts, Kade dans mes affaires, se défend-il.

 

— Bien sûr que si.

 

C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Ce milieu est tellement pourri, que ce soit dans n’importe quel pays ou fédération sportive. Tant que l’argent est roi, les hommes en voudront plus. Et il essaie de me faire dire que c’est pire ? J’ai sué corps et âme pour obtenir ma place sur le terrain. J’ai mérité mon poste, je n’ai eu aucune faveur d’Ash.

 

— Tu pensais qu’en baisant ton coach, tu pourrais obtenir ce que tu voulais ? me provoque mon père.

 

— Ne me cherche pas… je le menace.

 

— Ou bien, est-ce l’Emperador qui pensait qu’en se baisant mon fils, il pourrait obtenir ce qu’il souhaitait ? Je me le demande ! Comment un Dieu des stades en arrive à trahir ses propres règles ! Je suis furieux Kade. Furieux que tu aies participé à saboter la renaissance de ce club !

 

Je me fige en entendant ses propos assassins, c’est ce qu’il pense ? Que j’ai saboté son plan pour Arsenal ? J’ai participé avec Asher et le restant de l’équipe à rendre ce club meilleur. Notre équipe, elle fonctionne ensemble, elle marche grâce à un staff, grâce au génie d’Ash. Je ne suis qu’un pion, et jamais je n’ai pensé ça.

J’ai seulement été égoïste. J’ai désiré un homme. Je l’ai voulu pour moi, en dehors du stade. Ça n’a aucun rapport. Mais pas pour mon père.

L’inquiétude me gagne de plus en plus. Je comprends qu’il ne cèdera pas. Mon père n’aime pas Asher, parce qu’il ne le suit pas, parce qu’il n’est pas un petit chien. Il ne lui a pas obéi. Il est victime d’un scandale qui met à mal l’empire qu’il tente de bâtir, mais pour lequel, il ne fait qu’aligner les chèques. Ils n’ont aucune importance sur le terrain.

Je comprends que quoique je fasse, quelles que soient mes erreurs, mon père me verra toujours comme son fils capricieux qui ne peut rien réussir sans lui. Il devait penser que ma titularisation, je lui devais, désormais, il croit que c’est mon cul qui m’a permis de jouer.

Bordel de merde, j’en ai la nausée.

 

— Asher Grant sera viré. Je vais réunir le Conseil d’administration, et il sera relevé de ses fonctions avant la fin de la semaine. Nous allons connaitre des jours sombres, mais nous n’avons pas le choix, je nommerai John entraineur le temps d’en trouver un autre. Te concernant, estime-toi heureux que tu ne sois pas suspendu par le club.

 

Il commence à composer un numéro sur son téléphone de bureau, je m’approche et coupe la communication avant.

 

— Qu’est-ce que tu veux ?! je déclare avec froideur.

 

La colère bouillonne sous ma peau. Je n’ai pas pu évacuer l’excitation et la frustration de voir mon coach m’allumer, maintenant, ce condensé de sentiments va exploser envers l’homme qui m’a toujours considéré comme un moins que rien.

Je refuse de lâcher le morceau, d’abandonner. Ash n’espère plus, moi je crois en lui. Toujours.

Parce que je suis tombé amoureux de cet homme.

 

— Pardon ? souligne Jefferson. Tu te penses capable de jouer à ce jeu Kade ? Laisse-moi rire. Dégage de mon bureau et estime-toi heureux que je te sauve la mise.

 

Je ne l’écoute pas. Ma colère, celle ensommeillée revient me hanter. Je vois rouge, mon cœur se met à battre rapidement. Une envie de faire taire mon père me gagne.

Je ne réfléchis pas quand j’arrache littéralement du bureau le téléphone. Il part s’éclater contre le sol. Mon père sursaute, je me penche en le foudroyant du regard à mon tour.

 

— En échange du maintien d’Asher, qu’est-ce que tu veux ?!

 

Tout se négocie avec Jefferson King. C’est comme ça qu’il a convaincu Chelsea de me vendre à un prix dérisoire, c’est ainsi qu’il a pu récupérer le contrat d’Asher au club d’Allemagne. À force de compromis et de négociations, mon père peut céder. Je comprends que ça se passera comme ça. Si je veux qu’Ash reste ici, je devrais sacrifier quelque chose. Les affaires entre King marchent ainsi.

 

— Il doit partir, insiste mon père.

 

— Non, je rétorque sèchement.

 

— Vous ne pouvez pas rester comme ça. John est au courant, c’est un homme bien qui ne laissera pas faire ça.

 

Il n’a pas tort, mais je doute que mon père ne se soucie de ça. Ça l’arrange même.

 

— Dis-moi ce que tu veux, j’insiste. Je me débrouillerai pour te l’obtenir. Ne me fais pas croire que tu n’as pas les moyens de faire taire John.

 

Mon père me dévisage en prenant une expression surprise. Je ne démords pas, je suis prêt à vendre mon âme au Diable pour que mon coach ne soit pas viré. Tant que cette histoire avec la femme et l’enfant ne sera pas réglée, Ash ne trouvera pas une autre place en Angleterre. Peut-être à l’autre bout du monde. Il ne mérite pas ça. Il ne mérite pas de payer pour nous, alors que c’est moi qui aie tout fait éclater.

Un rire amer résonne. Jefferson King l’a vraiment mauvaise. Comme lors de ma révélation il y a deux ans.

 

— J’ai acheté ce club pour toi. Pour que tu puisses jouer ! Sans moi, tu serais encore sur le banc de touche de Chelsea parce que tu as refusé de te faire discret ! Encore une fois, tu te débrouilles pour tout faire foirer ! me reproche-t-il.

 

— Je ne veux pas être dans ton club si c’est sans le Coach Grant, je renchéris avec conviction. C’est lui qui permet à cette équipe d’avoir à ce point changé en une saison. Si nous sommes septièmes du classement, ce n’est pas pour rien ! Tu es pigé Papa, tu ne pourras pas virer Asher en prétextant l’affaire de la femme, parce que c’est trop tard. Tu ne pourras pas dire non plus qu’il entretenait une relation avec moi sans me griller.

 

Et ma carrière, son petit prodige de fils, c’est ce qui compte le plus pour lui. Les apparences sont ce qui a de plus important, je suis son jouet, sa fierté décevante, mais qui l’aide à briller. Il ne voudra pas plus entacher ma carrière. Avoir un fils gay entache à l’image, si ce même fils corrompt son coach… les journaux sont tellement machiavéliques que je n’ose même pas imaginer les gros titres.

Mon cœur bat de plus en plus vite, je dois paraitre fort, quitte à me brûler les ailes. Comme je le fais à chaque fois que je prends un cachet pour me rendre plus performant.

Il faut savoir faire des sacrifices pour ça, pour ceux qu’on aime et ce qu’on aime.

Mon père ne lâche pas le morceau, on s’affronte, face à face.

 

— C’est toi, ou lui. C’est impossible que ça demeure ainsi. Nous avons un problème. Mais puisque tu es aussi intelligent, tu auras sans doute une idée ? s’exclame-t-il avec sarcasme.

 

Je le dévisage durant quelques instants, le temps suffisant pour que germe une idée. Une auquel je n’aurai jamais pensé il y a deux ans. Je vois dessiner cette solution en prenant compte des désirs de mon père. De ce qu’il rêve par-dessus tout, je pense aux miens et je comprends que je n’ai pas d’autres choix.

 

— Je crois bien que j’ai la solution, j’annonce.

 

Pour toi, pour nous, Ash.

 

***

 

Deux semaines plus tard…

 

 

Je suis agressif sur le terrain. Je veux gagner, remporter chaque duel, accéder aux cages et marquer un but, encore.

Nous n’avons pas le choix.

Je me donne à fond, je m’épuise, encore et encore. Je cours de partout. Je veux cette victoire, une de plus. Je joue bien, mais je faute. Asher sur la touche me hurle des indications que je ne suis pas. Je me rebelle, mais pour la bonne cause.

On doit gagner.

J’affronte un autre adversaire. Je me plonge dans la visualisation du terrain, je réfléchis à la meilleure tactique pour le contrer et accéder au gardien.

Le stade retient son souffle avide de savoir si je vais marquer mon deuxième but de la soirée. Je n’ai jamais été aussi doué, ni aussi dopé. Mais ça marche, ça marche tellement bien.

Je décide de feinter avec mon adversaire. Je l’humilie d’un mouvement de jambe pour faire passer le ballon devant moi. Je le bouscule pour atteindre ma cible, il me course, mais je l’intercepte avant et pars en direction des cages. Je cours, si vite, mes crampons accrochent le sol, mais je finis par ne plus ressentir le ballon heurtant ma pointe. Je vois le gardien. Je fonce, j’attends la dernière seconde pour frapper et espérer que mon tir se solde par un but. Tout le monde retient son souffle, même moi… pour rien.

Le ballon tape la barre transversale, un élan de déception gagne tout le monde. Je hurle de frustration.

Ça n’aurait pas dû se passer ainsi.

L’effort est tellement intense depuis quarante-cinq minutes que je ne comprends pas tout de suite que je suis allé trop loin.

Le coup de sifflet annonçant la mi-temps résonne. Je n’ai pas marqué, j’ai échoué. Mon corps me parait plus lourd, les joueurs gagnent sous les applaudissements les vestiaires pour se reposer. Je tente d’avancer, mais le reste ne suit pas. Ma vision se trouble, mon cœur bat si vite dans ma poitrine. Je n’entends plus rien si ce n’est ça, et ma respiration en vrac. Je me sens partir l’instant d’après sans pouvoir lutter. Je m’effondre sur la pelouse avec l’amère impression que je vais exploser.

 

***

 

Je vois toujours flou, mon cœur continue de battre vite. J’ai à peine perdu connaissance, mais j’ai alarmé tout le monde. On m’a sorti du stade en civière pour me placer à l’infirmerie de (NOM EQUIPE). Ma tête tangue, j’ai la nausée. Mon corps est couvert de sueur et tremble comme si j’avais de la fièvre. J’ai du mal à respirer, mes jambes me font mal.

J’ai refusé qu’on m’examine, je sais très bien ce qu’il s’est passé à la sortie du terrain. Mon corps craque. Après deux matchs sous haute tension, après une prise plus violente et soudaine des dopants, je passe de presque rien, à beaucoup trop. Mais ça marchait. On gagne, je suis le meilleur. Je suis tellement shooté que je ne ressens rien. J’agis, tel un robot devant marquer des buts. Je divague bordel. Mon cœur bat toujours aussi vite.

Qu’est-ce qu’il m’arrive ?

 

— Kade ?

 

Cette voix…

Ash s’approche de moi. C’est tellement la merde entre lui et John. Son bras droit ne supporte pas l’idée que Jefferson fasse l’aveugle et mette sous silence cette histoire. L’équipe commence à ressentir qu’il y a des tensions, mais elles sont vite apaisées par mes performances et nos victoires.

On gagne. On doit gagner.

Je délire grave.

Mon coach s’assoie sur la chaise à côté du fauteuil d’examen, je suis sous une couverture, je tremble encore.

 

— Pourquoi le doc vient me chercher en disant que je dois raisonner mon joueur pour qu’il se laisse examiner, murmure mon amant.

 

— Ce n’est rien, juste… déshydraté.

 

C’est un tout Ash. J’ai pactisé avec le diable pour nous, pour qu’on puisse rester ainsi et j’obtiens le revers de la médaille.

Je frissonne en sentant la main chaude de mon coach contre mon front. Il doit penser que je suis malade, je ne le suis pas. Je suis un tricheur. C’est pire.

 

— On dirait que t’as la grippe, pourquoi tu ne m’as pas dit que tu n’étais pas bien ? poursuit-il.

 

Si on a mis de la distance en public, en privée, on n’y arrive pas. Asher n’a pas compris comment j’avais calmé mon père et j’ai menti en lui disant qu’il me devait quelque chose. Mon compagnon ne m’a pas vraiment cru, mais en voyant qu’on ne le levait pas de ses fonctions, il a fini par croire ma version. Ça a jeté un froid entre nous, malgré tout.

Je sens que ça l’emmerde d’être dans cette situation. Il se sent indigne. Il ne devrait pas, on lui doit tout ici.

Je ferais tout pour lui, pour qu’il reste.

Par réflexe, je me tourne vers lui pour le dévisager dans son costume classe aux couleurs du club. Je ne me sens vraiment pas bien. Quatre cachets, c’était trop. Je n’aurai pas dû, j’ai joué avec le feu et je me suis brûlé pour de bon.

Je commets ma seconde erreur de la journée. Je tends une main vers lui, je m’attends à ce que la sienne me rejoigne, mais ce n’est pas le cas. Je vois défiler un tas d’expression chez Asher, l’inquiétude, la surprise, suivis de l’inspection. Il me scrute avec attention, comme s’il avait vu quelque chose.

 

— Bordel… jure Asher quelques instants plus tard.

 

Il attrape mon menton, me relève la tête pour croiser mon regard avec plus de précisions. Je ne cherche pas à le fuir, je n’y arrive pas à vrai dire, même si je lutte pour qu’il ne comprenne pas.

 

— Pourquoi tu as fait ça ? murmure mon coach d’une voix brisée.

 

Je baisse les yeux, ils m’ont trahi. Je comprends que mon amant a pigé mon terrible secret. Celui du dopage, celui dans lequel je suis allé trop loin.

Parce que je n’avais pas le choix. Je devais être le meilleur, pour qu’on oublie ses défauts qui font si tache dans le milieu.

Et je devais tout faire pour remporter encore un match. Encore un, puis un autre, pour nous hisser le plus loin possible.

Pour toi.

Mais ça, jamais Asher ne le comprendra.

Commentaires

  • oh la ce chapitre me fait mal au coeur :(. Mon dieu mes petits sucre d'or * couine*

  • merde merde merde qu'estr ce qu'il a bien pu proposer a son pere ??? et qu'elle va etre la reaction de ASH a la decouverte du doppage de kade ?? ralala sacre chapitre
    merci les filles

  • Oh crotte de chiotte !! c'est pas possible
    j'espère qu'ils vont vite se remettent de cette histoire.
    Je le hais ce père dont ses rêves de gloire se font au détriment de la santé et du bonheur de son fils qui doit se doper pour sauver son coach et amant de cette haine.

    Merci pour ce chapitre très bouleversant et pour vos petits messages sous-entendu montrant que le dopage n'est pas toujours la meilleure solution mais que malheureusement pour certain c'est une solution pour se faire accepter.

  • Ce qui devait arriver arriva c est la merde pour kade et asher....le père de kade quel connard!!!!!comment va réagir asher sur le dopage j espère que ses sentiments pour kade seront plus fort que tout. Super chapitre merci les filles

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