Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Inside Lines, Chapitre 22

 


 

Chapitre 22

Kade

 

 

 

Je crois que je suis sous le choc.

Ses révélations tournent dans ma tête, comme un écho hantant.

Asher a fait ça. Il a touché sa femme, il a… franchi la limite. Celle qui est d’une violence inouïe. Celle qui représente l’horreur. Celle qui brise l’amour et dépasse tout.

Asher est comme moi, il a cette colère en lui qui l’a fait basculer dans le cercle infernal de la violence.

Ses mots perdurent. L’ambiance dans son salon est pesante. Je m’écarte de lui sans m’en rendre compte. Mon coach ne cherche pas à me retenir. Il reste debout, les yeux humides, le visage crispé. Il est un genou à terre, à découvert.

Bordel.

 

— Je…

 

Ma voix s’enraille. Je ne peux rien dire de plus. Je serre les poings, le cœur lourd. J’ai besoin de quelques minutes, j’ai besoin de réfléchir, d’encaisser. Je ne m’attendais pas à ça.

Asher ne laisse pas transparaitre de telles blessures. Je pensais qu’il avait su vivre quelque chose de dur pour le rendre si intransigeant avec lui-même, je n’imaginais pas ça.

Je ne suis pas quelqu’un de bien, me disait-il.

Je passe une main dans mes cheveux, je suis perdu. Ce n’est pas l’homme que j’ai appris à connaitre. Le mec qui m’obsède depuis le premier jour est un type bon, un gars bourré de défauts mais qui ne laisse transparaitre que la bonté malgré ses allures de glaçons.

Merde, je n’en reviens pas. C’est trop… bouleversant.

 

— Coach je… j’ai besoin de…

 

Partir.

Sans dire un mot de plus, parce que j’en suis incapable, je saisis ma veste, mes clés et quitte sa maison, le cœur lourd en le laissant dans le silence.

Il m’a posé une question, mais je n’ai pas les mots pour lui répondre. Pas maintenant. Et peut-être que je ne les trouverais pas. Que répondre à ça ?

 

 

***

 

 

Il s’est passé une heure lorsque je me gare de nouveau devant chez Asher. La route a été dégagée, la neige s’est imposée dans les rues. L’hiver est toujours aussi présent, mais il n’a pas réussi à apaiser les tensions en moi. Conduire m’a aidé à faire le vide dans ma tête, j’aurai pu rester des heures à arpenter les rues du quartier, mais un élan de lucidité m’a transpercé.

J’ai fui, comme un sauvage sans dire un mot à Asher. Je l’ai rejeté alors qu’il s’était confié, qu’il avait besoin de soutien, de mots.

Quel enfoiré je fais.

J’ouvre ma portière sans attendre, il recommence à neiger à gros flocon. Dès qu’Asher entend ma portière, il sort avec un gros manteau sur le dos. Je n’ai pas quitté le mien.

Je cours dans la neige pour le rejoindre, il fait de même, et sans hésiter, quand son corps heurte ma poitrine, je saisis son blouson en l’attirant vers moi.

Ma bouche s’écrase contre la sienne, le baiser est brutal en plus d’être soudain. Asher semble surpris de mon approche. Je le maintiens contre moi, sa chaleur se mélange à la mienne, mon cœur s’emballe. La neige fond sur nos deux visages alors que nous restons debout, l’un contre l’autre à profiter de cet instant.

On tremble, l’atmosphère qui nous entoure est chargée en tension. Asher s’écarte légèrement, rompant ce baiser qui ressemble plus à un contact qu’à un échange langoureux, nos regards se croisent, je lis l’incertitude dans le sien.

J’ai merdé.

 

— Je suis désolé, je m’excuse sans attendre. J’ai réagi comme un putain de lâche en m’en allant.

 

Ash acquiesce en laissant aller, son front contre le mien. Ses mains saisissent mon cuir.

Il parait si fragile à cet instant, comme un homme à découvert sur un terrain miné qui tente de s’en sortir.

 

— Je comprends. T’avais besoin d’encaisser, je ne t’en veux pas.

 

Pourtant, le ton de sa voix laisse transparaitre qu’il est blessé. Il avait tellement honte quand il m’a parlé de ce qu’il a fait, tellement honte d’avoir franchi la ligne. Ash s’est dévoilé et je suis parti.

 

— Je n’aurai pas du. Je suis tellement désolé.

 

— Je ne t’en veux pas, me répète-t-il.

 

— Je suis désolé de t’avoir rejeté, je murmure.

 

On s’affronte du regard, Ash est nerveux, moi aussi. Il s’attend à une réaction de ma part, mais les mots s’emmêlent dans ma tête. Tant de questions, tant de réalité et de compréhension qui s’enchainent. J’ai appris son plus sombre secret, Asher a levé la dernière barrière nous séparant de l’inévitable : on ne confie pas ça à n’importe qui. Je suis devenu quelqu’un cette nuit, pour lui.

 

— Viens, rentrons…

 

Je l’interromps en le gardant près de moi. Je ne veux pas bouger, même s’il commence à faire froid, même si je ne sais pas trop comment m’y prendre, je ne veux pas briser ce calme apparent. Asher sera nerveux à l’intérieur, et moi… je la verrais elle. Emprunte de ce lieu qui a été sa maison, avec l’homme qu’elle a aimé et qui semble m’appartenir éphémèrement.

 

— Tu n’es pas un monstre, je reprends en le prenant contre moi.

 

Ma voix est hésitante, je soupire, mes mains tremblent contre sa veste. La neige tombe toujours, je l’observe. La lumière du porche d’Ash me permet de distinguer l’expression perdue de mon entraineur. Pour la première fois depuis notre rencontre, j’ai l’impression d’être le plus vieux et le plus stable de nous deux. C’est une révélation, je ne m’attendais pas à ça en venant ici, en pensant aux démons de mon coach. Il est imparfait, comme moi, et la colère est sa pire ennemie.

Je décide en un instant de laisser parler librement mon esprit, sans doute, je vais m’emmêler, dire des choses qui me dépassent, mais réfléchir me fait perdre la tête.

Il a besoin de moi.

Je ne le quitte pas des yeux.

 

— Tu sais ce qui me retient de ne pas m’en aller définitivement ? C’est parce que je connais le Asher Grant de maintenant. Celui d’avant, il ne me parle, je ne le retrouve pas en toi en repensant à ce que tu m’as avoué. Et tu sais ce que ça veut dire ? Que tu as vraiment changé. Alors peut-être que je me trompe, peut-être que je ne te connais pas suffisamment, mais je sais plusieurs choses. Comme un scientifique, je me fis à ce que je vois, ce que j’ai appris.

 

Ash déglutit avec difficulté. Je lâche son blouson pour essuyer la neige qui perle sur son nez. Il frissonne à mon contact, c’est comme s’il doutait de mes réactions.

 

— Je sais ce que ça fait de péter les plombs, je poursuis avec calme. Même si depuis toi, j’ai l’impression que cette haine qui me murmure à l’oreille de sortir quand j’atteins mes limites se fait plus silencieuse, je sais ce que ça fait de ne plus rien contrôler. Qu’un mot, un geste, nous plonge dans l’obscurité.

 

J’inspire longuement, calmant l’organe dans ma poitrine qui palpite avec rapidité.

Tu t’es tellement dévoilé coach, tellement, pour moi.

 

— Oui, tu as été un monstre à un moment de ta vie, je reprends la gorge nouée. Tu n’as pas d’excuses, tu as laissé la colère t’emporter. Aucune douleur ne justifie qu’on frappe sur quelqu’un d’innocent, de plus faible que soit. Aucune.

 

Asher resserre sa prise sur moi. La neige nous trempe, mais je ne veux pas bouger, je veux marquer cet instant. Alors que tout le monde est censé se faire de belle déclaration d’amour pour ce jour spécial, entre nous, il n’y aura rien de tout ça. Nos mots vont nous faire mal. Comme un pansement qu’on arracherait d’un geste vif juste après avoir suturé les points des plaies béantes et douloureuses.

J’ai l’impression que je dois le dire, que nous sommes obligés d’en passer par là.

Je ne tolère pas tes actes, mais je comprends qu’on puisse basculer.

 

— Mais tu as fait ce qu’il fallait pour changer, je déclare la voix tremblante. Pour soulager cette souffrance qui te faisait basculer dans la violence. Tu as demandé pardon, tu regrettes et je crois que les blessures que tes actes ont engendrées ne cicatriseront jamais. Elles seront toujours présentes, comme le rappel qu’un jour tu as franchi la ligne. Tu es déjà puni pour ce que tu as fait, Ash. Tu es hanté par tes actes, par ses souvenirs.

 

C’est son fardeau quotidien comme je dois affronter la solitude, les conséquences de mes actes. La drogue que je prends pour me maintenir au top.

 

— La colère nous réunit, mais elle ne doit pas gagner. Tu as tes démons, j’ai les miens. On se ressemble plus que je ne le pensais, coach.

 

Je caresse sa joue humide, mon entraineur brise la glace, je vois un autre homme devant moins, plus faible, sa carapace s’effritant.

 

— Tu veux que je te pardonne ? Mais de quoi dois-je te pardonner ? De tes erreurs passées ? je continue, la gorge nouée. Je n’ai pas à te pardonner Ash, parce que ce n’est pas à moi de te donner ce pardon. Elle l’a fait. Mais je peux te dire que je te comprends dans tes souffrances. Je sais ce que ça fait d’être dépassé par sa colère. Tu ne comprends pas pourquoi elle t’a pardonné malgré ce que tu lui as fait ? Je vais te dire pourquoi. Parce qu’elle t’aimait, parce qu’elle savait que dans ton obscurité, tu faisais en sorte de te battre tous les jours pour ne plus sombrer quand tu as décidé de te faire aider. Tu as franchi le pas, tu ne t’es pas enfermé dans ta douleur même si tu as dû atteindre un point de non-retour.

 

Nous partageons un point en commun avec Gabrielle j’ai l’impression : ce don qui nous permet de voir au-delà des apparences.

Je ressens une boule dans ma gorge, mes yeux me brûlent. Je découvre un être brisé et compliqué, qui n’a rien de facile à donner, mais qui me touche en levant son masque. J’ai été choqué, j’ai eu besoin de réfléchir un peu et sans doute, je cogiterai encore, j’aurai d’autres questions, mais ce que je vois chez Asher, ne ressemble en rien à un monstre.

 

— Tu te bats toi aussi, je déclare avec sincérité. Et tu gagnes. Chaque jour, en te prouvant que tu n’es plus cet homme, celui que je pense connaitre. Pardonne-toi, mais n’oublie pas. Certaines erreurs nous marquent à jamais, et je pense que celle-ci a été l’acte de trop. Celui qui t’a permis de retrouver le Asher bon que tu es redevenu aujourd’hui.

 

Je respire difficilement, l’ambiance entre nous se fait plus haletante et chargée en émotion. On vient de prendre un tournant délicat dans notre relation, celui où les mauvaises facettes ressortent.

 

— Alors je ne te pardonne pas, parce que ça n’a aucun sens, je veux croire en toi. Croire que tu as changé, parce que tu me le prouves.

 

Mes mains encadrent son visage, je vois des larmes de soulagement et de douleur glissent le long de ses joues barbues.

 

— Je crois en toi, déjà, coach. Tu m’aides à surmonter mes démons, chaque jour, c’est une lutte quand je rentre sur un stade. Tu es mon défouloir, mon calme chassant mes tempêtes. Laisse-moi te montrer que je tiens à toi, malgré ton passé, malgré tes problèmes. Je t’accepte, parce que je te comprends et je t’admire d’avoir réussi à faire ce que je suis incapable d’atteindre.

 

Ash s’effondre contre moi. Je ne le repousse pas quand il se laisse aller dans mes bras. Sa tête se réfugie dans mon cou, il s’accroche à ma veste en sanglotant silencieusement. Son corps est secoué par des spasmes, le barrage se brise et le reste s’échappe avec violence. Je le soutiens de toutes mes forces. Je lui apporte ce réconfort dont il a besoin. Même s’il a été le bourreau, ses actes l’ont détruit lui aussi. Et c’est là que je constate qu’il n’est pas comme ses monstres qui se croient tout puissants et ne réalise pas le mal qu’ils ont fait.

Peut-être est-ce la première fois qu’il se laisse aller ainsi, peut-être qu’il ne trouvera jamais son pardon, mais qu’il acceptera définitivement qu’il a chuté en blessant l’être qu’il aimait. Il a eu de la chance, et cette chance, il se doit de la saisir pour réparer ses erreurs. C’est ce qu’il fait. C’est ce que je constate en me repassant le fil de nos souvenirs, de ceux qu’il a partagé avec moi et qui prennent leur sens soudainement.

Asher a des démons, comme j’ai les miens.

Mon cœur se serre, mon coach s’en remet à moi, il se met à nue, et le voir dans un tel état, encore effondré par son passé me bouleverse à son tour.

Asher Grant est un homme bien qui a commis de graves erreurs. Je comprends de nouveau pourquoi Gabrielle a eu la force de lui pardonner.

Je ferme les yeux en embrassant sa joue, Ash me serre contre lui en essayant de se calmer, je lui murmure que je suis là. Que je ne m’en irai plus, impossible.

À cet instant, je sens que la porte de mon cœur s’ouvre pour le laisser entrer et s’installer. Je suis en train de tomber amoureux d’un homme imparfait, au destin brisé et aux erreurs douloureuses. Et dans ses imperfections, je m’y retrouve, parce que nous ne sommes pas si différents.

 

***

 

 

Voilà une soirée de Saint-Valentin des plus étranges. On est plongé dans l’obscurité du salon d’Ash, devant la cheminée, totalement à poil sous les couvertures que je suis allé chercher dans sa chambre. On était trempé de notre conversation, Ash était mal, il avait besoin de calme, de chaleur et d’un certain réconfort. Je l’ai déshabillé, j’ai fait de même et on s’est retrouvé allongé dans l’amas de couvertures et d’oreillers. On a terminé par se coller l’un contre l’autre, avant de s’emballer et de répondre au désir de nos deux corps. Sans un mot, on s’est laissé emporter par le moment, par l’envie et tous ses silences qui voulaient tant dire.

On a franchi une autre limite, on s’est rapproché. J’ai encore beaucoup de questions sur son passé, sur Gabrielle, mais pour l’instant, j’estime que mon amant a suffisamment dû affronter ses démons pour la nuit. Je veux profiter de ce calme avant les tempêtes à venir.

J’observe Asher perdu dans ses pensées, le visage tourné vers la cheminée qui crépite. Je n’arrive pas à me contrôler, ma main se lève pour venir toucher les traits masculins de mon amant. Je caresse ses joues râpeuses, frôle son nez, sa bouche, son cou, un frisson le gagne, je le ramène à moi.

Asher se tourne pour me faire face, sa peau est chaude, je me blottis contre lui, nos jambes emmêlées.

Je n’aime pas son soudain silence, ses yeux qu’il détourne comme s’il avait encore honte. Mon regard n’a pas changé en mal, désormais, il comprend mieux pourquoi cet homme est devenu celui qu’il est.

 

— Raconte-moi un souvenir d’un match extérieur ? je demande d’une voix rauque.

 

Ma main se fourre dans ses cheveux que j’ai malmenés pendant que je m’enfonçais en lui pour lui faire perdre pied. J’ai eu besoin de prendre soin de lui, de montrer à Asher que mes sentiments n’avaient pas changé malgré ce que j’avais appris. J’ai dit ce que j’avais à dire. Il sait ce que je pense de ces actes, mais j’espère qu’il a compris que je pouvais être un allié, comme lui l’est pour moi. C’était étrange et bon d’être ainsi. De lui faire l’amour lentement, de raviver la flamme pour chasser ses démons en lui et le faire oublier.

Mon cœur s’emballe en le voyant sourire alors qu’il réfléchit.

 

— Une rencontre contre Barcelone, c’était la première fois que j’allais jouer contre une telle équipe. J’avais peut-être vingt ans. C’était dans le couloir menant au stade pour entrer sur la pelouse. J’étais nerveux, j’allais jouer contre une grosse équipe, avec de bons joueurs. J’étais perdu dans mes pensées quand le ballon d’or en titre est venu me voir pour parier avec moi, combien de gamelles nous ferions dans la soirée à cause de la pluie. J’ai ri, j’ai fait semblant de ne pas être impressionné, j’ai parié, on a joué, et à la fin du match, après avoir lamentablement perdu, ce même joueur est revenu me voir en me disant que le talent, ce n’était pas forcément de gagner à tous les coups, mais de remporter son propre match, mais qu’il devait admettre que j’étais d’une sacrée concurrence.

 

Asher se tait un instant, je bois ses paroles avec passion, il vit ses souvenirs et les partages avec émotion. J’aime l’expression dans son regard, celle qui exprime la joie.

 

— Il est devenu mon coéquipier par la suite. Et j’ai chéri cette rencontre, qui fut l’une des plus belles de ma carrière.

 

Je caresse son torse, ravi d’en apprendre un peu plus sur lui. Je joue avec la fine ligne de poil, Asher frissonne mais me laisse continuer.

 

— Comment tu te vois dans dix ans ? m’interroge-t-il à son tour.

 

Je souris à mon tour, l’ambiance dans la pièce rend ce moment intime et hors du temps, il soulage la tempête.

Je me rapproche de lui, je n’ai pas besoin de beaucoup réfléchir, mon avenir me semble simple.

 

— Dans dix ans, je veux avoir obtenu mon premier ballon d’or, jouer en équipe nationale régulièrement, voir des jeunes comme moi s’imposer qu’on me propose de présider une association de lutte contre l’homophobie. Je veux être marier, avoir des enfants, une famille, un pour commencer. Je veux une vie normale dans dix ans. Comme n’importe qui, parce que je suis n’importe qui. Ce n’est pas parce que je suis gay que je devrais être différent. Rien n’est impossible quand on désire quelque chose, il faut juste posséder le courage de se battre pour l’obtenir. Je passe ma vie à le faire, alors ça ne sera pas un problème.

 

Ma confession fait naitre un mélange entre tension sexuelle et hésitation. Asher me fuit de nouveau. L’avenir se semble pas être son truc, surtout en présence de quelqu’un qui n’en a pas peur.

 

— Je ne voulais pas d’enfant avec Gabrielle, m’avoue-t-il. Je ne me suis jamais vu comme étant un père, et certainement pas après ce que j’ai fait.

 

Sa remarque ravive une certaine blessure entre nous. Celle du choc. Je tourne son visage vers le mien. Je ne partage pas son avis.

 

— Je ne suis pas d’accord.

 

Il ferme les yeux en tremblant. Mes bras se referment davantage autour de lui. Il se laisse faire et je savoure l’impression d’avoir mon coach entièrement, pour moi. Avec sa force et ses faiblesses.

Je crois qu’Ash a besoin de temps lui aussi, pour accepter ce que nous nous sommes dit cette nuit.

Mon visage se rapproche du sien. Mon cœur vrille de cette intimité qu’on se donne, celle que je n’ai jamais connu et que je ne pensais pas connaitre avec lui. Mais c’est instinctif. Comme un besoin de le protéger et de le réconforter de lui-même.

 

— Si tu devais me dire une confession des plus secrètes, là maintenant, et qui ne compterait pas l’instant d’après, que dirais-tu ? je chuchote à son oreille.

 

Ash se fige. Son regard croise le mien l’instant d’après. Mon rythme cardiaque devient plus irrégulier. Mon coach me pousse sur le dos pour me grimper dessus. Je le laisse faire en savourant sa nudité et sa chaleur.

Dans la pénombre, les cheveux en pétard, je dévisage un amant qui s’ouvre pour moi, rompant la glace une nouvelle fois.

 

— Je suis en train de tomber amoureux d’un Guerrier au cœur tendre, qui malgré ses airs de petits cons, a une belle vision des gens et du monde.

 

Touché.

Je tente de ne pas trop montrer l’espoir qu’engendrent ses propos. J’utilise la meilleure arme pour sauvegarder mon cœur déjà meurtri par un entraineur des plus sexys.

 

— J’aimerai bien rencontrer ce type, je lance avec humour.

 

— Il est sympa.

 

— Génial, plutôt, je plaisante.

 

Mais l’ambiance entre nous montre tout le contraire. Asher se penche pour embrasser mon cou, là où il a laissé la marque de ses lèvres tout à l’heure.

 

— Dommage que cette confession ne comptait pas, souligne mon coach, la voix lourde.

 

Dommage en effet. Cependant, j’ai l’impression que ça sans, il ne me l’aurait pas dit. Asher aurait pu m’avouer n’importe quoi, pourtant, il a décidé de me confier ça.

C’est que quelque part, au fond de lui, malgré les démons, ça doit compter.

Commentaires

  • oh la la la ce chapitre.. encore intense celui-ci !! Mais pff un poids de retirer on va dire. J'aime vraiment dont la façon ils se rapproches

  • wouo !!!!!!!!!!!!!! eh bé ca fait du bien de partager hein ASH ?? beau chapitre
    merci les filles

  • Chapitre d'une immense intensité
    Beau et touchant
    Ils se sont bien trouvés nos loulous
    Merci les filles

Écrire un commentaire

Optionnel