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Instinct - Tome1 - Chapitre 17 - Elya


 

 

J’étais résolue. Loin d’être enchantée à l’idée de quitter le pays pour un endroit dont je ne sais rien, mais je pensais que je pourrais agir une fois sur place. Que je pourrais m’arranger pour être en sécurité mais j’aurais dû penser que Brent ne lâcherait rien. Qu’il serait capable de tout et surtout qu’il a le portefeuille infini capable d’acheter n’importe qui.

La loyauté n’a plus aucune valeur de nos jours, seul l’argent compte, ce que Stone et moi comprenons douloureusement.

J’entends des gémissements des plaintes rauques de douleurs qui proviennent de l’autre côté de la pièce. Je tente de défaire els liens qui serrent mes poignets mais rien n’y fait.

J’ignore où l’on est, je sais juste qu’on a fait de la route, je suppose donc qu’on est de retour à New-York, ce qui semble le plus logique si Brent veut récupérer son tableau.

L’attaque a été rapide, je n’ai pas eu le temps de la voir arriver que l’un des hommes de Stones avait déjà son arme braquée sur nous dans l’avion et à l’extérieur les coups de feu résonnaient.

Puis on m’a attaché les mains, foutue une cagoule sur la tête et trainé jusqu’à une voiture et enfin jusqu’ici.

Les gémissements de douleurs se font plus fort de l’autre côté de la pièce dans laquelle on est enfermé.

— Stones ? Est-ce que ça va ?

Je revois le vieil homme à l’air amicale prendre un coup de crosses sur le crâne.

— Je survivrai. Et toi ma jolie ?

J’acquiesce bêtement, comme s’il pouvait me voir avant de reprendre.

— Oui, tout va bien.

Mis à part qu’on est enfermé dans une pièce qui sent le moisie et l’humidité, que j’ai froid, que le bébé fait des cabrioles dans mon ventre et que je suis morte de trouilles.

— Je suis désolée, je lance en sentant les larmes monter.

— Ne le soit pas, on va s’en sortir.

Je renifle en secouant la tête. Il ne va pas nous épargner, si je suis encore en vie c’est seulement parce que je sais où est ce foutue tableau et qu’il n’a que moi pour l’atteindre. Une fois qu’il l’aura récupéré je finirais comme Deva et Ian et j’entrainerai Stones avec moi.

— Nik va se rendre compte qu’il y a un problème.

Je ricane en secouant la tête, il en manque que lui pour que le tableau de ma culpabilité soit terminé.

— J’aurais déjà dû l’appeler pour lui confirmer que tout se passait comme prévus, continue Stones, et tu sais comment il est, intransigeant sur le protocole.

Oui, il l’est. Il aime que tout se déroule dans l’ordre, que tout soit réglé au millimètre près.

— Il nous retrouvera.

Je ferme les yeux très fort en pensant que je l’espère, il est notre seule chance de revoir la lumière du jour. Mais le temps qu’il se rende compte de ce qui s’est passé, on sera surement déjà enterré quelque part où personne n’entendra plus jamais parler de nous.

— Qu’est-ce que te veux cet enfoiré de Brent ?

Je soupire, mes yeux habitués à la pénombre distingue à présent la masse de Stones à l’autre bout de la pièce, ainsi que la porte plus sombre que les murs.

— Un tableau, je réponds en me levant à l’aide du mur.

Je me dirige à petit pas vers la porte, le sol n’est pas lisse, c’est de la terre humide.

— Tu lui as volé un tableau ? Je comprends mieux pourquoi Nikita s’est entiché de toi.

Je souris en tournant la poignée de mes mains liées. Nik ne sait rien de tout ça, il sait encore moins que j’ai épousé cette enflure de Brent.

— Pas vraiment, je lance en relâchant la poignée bloquée.

— Comment ça ?

Je donne un coup de pied de rage dans la porte close et rejoint Stones.

— Un ami à moi travaillait pour Brent, il lui faisait des copies d’œuvres que Brent revendait comme des originaux. Sauf que pour le dernier il a réclamé l’original pour faire un travail précis et il l’a gardé.

— Il l’a tué ?

J’acquiesce dans la pénombre en repensant à cette soirée, au corps de Ian gisant dans l’atelier, à Deva qui a subi le même sort. Cet enfoiré n’a pas hésité à me tabasser, à passer ses nerfs sur moi en exigeant des réponses. Je n’ai rien dit, parce que je savais qu’il me tuerait à la minute où je lui indiquerais l’endroit où est caché le tableau. J’ai profité de son inattention, lorsqu’il m’a laissé seule dans la chambre attenante pour sauter par la fenêtre et c’est là que je me suis cassé le bras et fêlée des côtes, puis je suis tombé sur Nik.

— Tu sais où il est ce tableau ?

Je me tourne vers mon compagnon de captivité, j’ignore si je peux lui faire entièrement confiance, si quand Brent va réapparaitre et exiger que je lui dise, Stones ne va pas me trahir. Je ne sais rien de cet homme à part qu’il a la confiance de Nik, ce qui en dit long sur lui probablement.

— Comment avez-vous connu Nikita ?

Stones émet un petit rire de gorge.

— Son père et moi étions ami, je l’ai vu naitre.

— Il est mort, son père ?

— Oui, il s’est fait descendre lors d’un casse chez un particulier. Nik n’était pas avec lui, c’était trop gros pour une seule personne.

Le connaissant il doit s’en vouloir de ne pas avoir été là pour son père.

— Alexeï, le père de Nikita, voulait se prouver qu’il n’était pas fini, que son fils n’était pas le meilleur, qu’il pouvait encore surprendre. Leur relation était très compétitive, assez étrange pour un père et un fils.

— Et sa mère ?

Stones soupire, je vois sa tête bouger, j’imagine qu’il la secoue de dépit. Nik a décidément hérité du père de l’année.

— Sa mère c’était tout pour Nik, si avec son père c’était tendue, avec elle il était fusionnel. Alexeï se moquait souvent de lui enfant, comme quoi il ne sortirait jamais des jupons de Sarah. Il l’aimait tout simplement et c’était la seule à lui donner l’affection dont il avait besoin. Quand elle est morte, une part de Nik est partie avec elle, il n’a plus jamais été le même.

Je repense à notre tour dans le jardin à sa haine fasse aux enclos vide en se rappelant sa mère et sa perte.

— Jusqu’à toi, reprends Stones, je ne l’ai jamais vue s’inquiéter pour quelqu’un comme il s’inquiète pour toi.

Je détourne le regard comme s’il pouvait voir quoi que ce soit dans cette pénombre. Il m’a ouvert son cœur et je regrette de ne pas l’avoir entendue quand ma mémoire est revenue. Si je lui avais dit ce qu’il se passait avec Brent il n’aurait pas pris cette décision qui nous a. Conduis ici avec Stones. Mais qu’aurait-il fait ? Se confronter à cet enfoiré l’aurais mis en danger. Seulement à présent son ami est prisonnier avec moi et risque d’y rester.

Je soupire de lassitude, j’ignore quoi faire, j’ignore comment on pourrait s’en tirer sans que ce soit les pieds devants.

La porte s’ouvre et me coupe de mes pensées, la lumière jaillit et nous éblouie. Brent entre, dans son costume parfait comme toujours. D’aussi loin que je me souvienne il a toujours été impeccable, loin de la tenue pratique de Nik. La différence, lui ne se mouille pas alors que Nik si.

Brent s’approche, ni Stones ni moi en bougeons. A la porte il y a deux hommes armés, dont celui qui a trahis son patron lors de l’embarquement dans l’avion.

— Salut ma jolie, dit-il en s’accroupissant devant nous.

Je ne réponds rien, je me demande seulement comment j’ai pu tomber amoureuse de cet enfoiré. Qu’est ce qui n’allait pas chez moi à l’époque pour qu’un simple sourire de séducteur accompagné de mots percutants suffisent à me faire succomber ?

— Tu sais ce que je veux, il reprend, alors donne-le moi et tout sera fini.

Je ricane, sa main n’attend pas elle part percuter ma joue dans un revers puissant. Il n’a jamais aimé que je me foute de lui.

— Va te faire foutre Brent !

— Laisse-la tranquille Brent, grogne Stones à mes côtés.

Mon mari qui a fait en sorte que le divorce que j’ai demandé ne soit pas prononcé en ne signant aucun papier, en se foutant de moi durant des années que j’ai fini par renoncer à obtenir quelque chose de lui, se met à rire.

— Tu t’es fait pleins de copains depuis notre dernière rencontre, dit-il à mon encontre, ce ne sera pas suffisant pour sauver ta vie, alors dis-moi où est ce putain de tableau si tu veux que toi et ton foutu bébé soyez épargné.

— Tu sais que Nik et ses hommes ne vont pas mettre longtemps à te retrouver, poursuis Stones.

Brent se tourne vers lui, le regard sombre.

— Nik est un bon à rien qui n’est pas capable d’aligner deux plus deux.

Je repense à Keme, à ce regard qui glace jusqu’à l’os à ce côté sans cœur qui émane de lui, à Lane et ses facilités avec un ordinateur et je me dis que Brent a une fois de plus tout faux.

Stones doit penser pareil puisqu’il se met à rire et énerve notre kidnappeur qui lui en colle une à son tour.

— Dernière chance Emy, où est le tableau, sinon j’égorge ton nouvel ami.

Stones rit de nouveau alors qu’on se dévisage avec ce qui a été mon mari un jour. Stones est peut-être trop sûr de lui, je sais que Brent est un gros lâche et qu’il n’hésitera pas à descendre toute personne qui pourrait être une menace pour lui. La peur s’infiltre en moi alors que le regard (couleur) de Brent me défie de prendre ce risque. Je ne peux pas laisser une autre personne mourir, je ne peux pas.

— Libère le et je te dirais ce que tu veux savoir.

— Hors de question ! répliques Stones, je ne vais pas te laisser avec ce taré !

Il se tourne vers lui, un sourire confiant sur le visage.

— Il ne me fera rien, il n’est pas si stupide, sinon il aura des dizaines d’hommes qui voudront sa peau, au cul.

Justement, en enlevant Stones, il n’a plus rien à perdre. S’il le laisse en vie, il se vengera, s’il le tue, tous les braqueurs du monde avec qui il bosse le vengeront. Brent est cerné et il le sait. Je le vois à son regard fuyant qu’il tourne vers ses hommes à la porte. Son business de copie se joue à New York il pourrait surement fuir mais il perdrait gros. Je me mords la lèvre pour ne pas rire, en comprenant qu’il vient de s’enterrer lui-même. Et il prend Nik pour un con ? Et bien, on peut dire que Nik réfléchit avant d’agir, Brent lui est trop imprévisible.

— On dirait que t’as perdue…

Sa main revient me frapper, il est en colère parce qu’il est au pied du mur.

— La ferme salope ! Tu vas finir comme Ian et Deva, une balle dans la tête et une dans le ventre pour finir ce batard que tu portes !

— Si tu savais comme ça me réjouit qu’il ne soit pas de toi, je rétorque.

Brent se redresse, ses poings sont fermés le long de son corps, il se retient de me frapper, seulement parce qu’il veut son tableau.

— A une époque tu m’aurais supplié de t’en faire un.

Oui, à une certaine époque où j’étais stupide, ou je le prenais pour le directeur d’une galerie, ou j’étais aveugle et où je voulais croire au grand amour. Ce grand amour qui m’a fait me marier à Londres, deux mois après l’avoir rencontré lors d’une conférence qu’il donnait en tant qu’invité de mon prof d’histoire de l’art. Du haut de mes vingt ans il semblait fascinant, magnétique. A la lumière de nos années passé ensemble c’est seulement un arriviste qui achète et arnaque tout le monde.

— Qu’est-ce qu’il raconte ? questionne Stones.

Brent sourit, comme s’il s’apprêtait à m’achever.

— Cette salope est ma femme.

— Quoi ?

— Je suis ta femme seulement parce que tu refuses le divorce ! je m’énerve.

Je sens le regard perplexe de Stone sur moi. J’espère qu’il n’imagine pas n’importe quoi, comme le fait que je me suis joué de Nik. Ce n’est pas le cas, j’aime Nik. J’ai découvert cet homme en me cherchant moi-même et ce qui s‘est passé entre nous n’a rien de faux. Tout est réel, tout comme mes sentiments pour cette montagne de muscles au cœur meurtrie. Nik est vraie, même s’il semble sauvage au premier abord c’est simplement sa protection, ce n’est pas pour se jouer des autres. Il n’a rien à voir avec Brent. Durant ce temps qu’on a passé ensemble, j’ai appris à connaitre cet homme, à voir sa passion pour l’art, sa bonté avec moi, son besoin de contrôle qu’il a laissé s’évaporer dans mes bras, sa loyauté et ses blessures. Pas seulement physiques mais aussi les invisibles à l’œil nu, celles qu’on cache aux autres, celles qu’on ne laisse pas sortit sauf avec les personnes qu’on aime.

Nik m’aime, je le sais, même s’il n’a rien dit, il n’a pas vraiment besoin de mots pour le dire, il a pris soin de moi, il a voulu m’aider coute que coute et j’espère que ses sentiments et sa détermination à vouloir me sauver vont le mener jusqu’ici pour nous secourir. Il n’y a pas d’autres solutions, il n’y a plus que le destin qui nous a mis une fois sur la même route et espérer qu’il recommence.

 

Maryrhage

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