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Instinct #1 - Chapitre 11 - Elya


 

 

Nik sort les ingrédients un à un puis les dépose sur le plan de travail. Je l’observe en fronçant les sourcils, sous son aspect méthodique. Je suppose que chaque chose a une place et chaque place a une chose. J’en viens à me demander si ce mec sait ce que se détendre veut dire. Même cuisiner il le fait de façon militaire.
La cuisine est grande et spacieuse, en bois sombre, un peu veillotte mais pratique. Le genre de pièce où l’on imagine sa grand-mère faire de bons petits plats.
Il termine de poser ce dont il a besoin, j’observe les ingrédients sur le plan de travail en me demandant ce qu’il veut faire.
— Des lasagnes, il répond à ma question muette.
Il m’explique le processus et par quoi commencer. Je le laisse mettre les pâtes à cuire et m’occupe des oignons. Je ne sais pas si j’aime cuisiner, dans l’immédiat ce n’est pas une activité qui me semble familière mais elle ne me dérange pas. Je préfère être là plutôt que dans ma chambre à fixer des tableaux.
Je me dirige vers le four pour prendre une allumette dans la boite qui traine à côté. Je la fourre entre mes lèvres puis je reviens couper les oignons.
— Qui est venue Nik ? je questionne.
Je sais que d’un côté il me cache parce qu’on ne sait pas qui je suis et qui en a après moi, mais je doute que ce soit pour ça qu’il l’a fait aujourd’hui. C’est pour lui, pour sa propre sécurité, pour que je n’en apprenne pas plus. Ces personnes sont forcément des complices, des amis, de la famille, quelqu’un de proches de lui qui sait que je suis ici, mais qui ne fera rien contre.
Au bout de quelques secondes de silence je relève la tête pour voir pourquoi il ne répond pas. Il m’observe, du moins mes mains occupées à trancher des oignions à une vitesse digne d’un chef. Je suis tellement surprise de voir de quoi je suis capable et ça, même avec mon plâtre, que je relâche tout et m’écarte.
Ce n’est pas normal, c’est comme si quelqu’un prenait possession de moi et je déteste ça. Je ne me souviens pas de la dernière fois oú j’ai cuisiné et pourtant mes gestes ont l’air de savoir quoi faire.
Je lève les yeux sur Nik, il me dévisage avec intérêt et presque de la crainte.
— Des souvenirs ? il demande comme à chaque fois que mon comportement est étrange.
Pourtant, toujours rien à l’horizon.
— Non.
— Bien. On sait à présent que tu as souvent tranché des oignons.
Je ramasse l’allumette tombée au sol et part la mettre à la poubelle. Mon corps tremble, mon équilibre est précaire et je sens une boule d’angoisse se former dans ma gorge. Une qui fait monter les larmes à mes yeux, cette impuissance face à mon état, à qui je suis et où je suis commence à épuiser mes nerfs. J’en ai marre de ne pas me connaitre, de découvrir des choses qui viennent de je ne sais où et qui n’apporte aucune aide.
Je sens le grand corps de Nik juste derrière moi. J’inspire et tente de chasser l’angoisse qui me gagne, mes yeux se ferment et une image floue comme j’en ai souvent vient se loger sous mes paupières. Celle d’une autre cuisine, d’un autre homme derrière moi qui me serre contre lui. Puis plus rien. Encore plus rien, encore un souvenir inutile qui ne m’apprend rien.
Je fais volte-face rapidement, je chasse le trouble en regardant Nik, toujours silencieux qui se contente de m’observer. Son corps est bien trop proche, sa puissance trop présente, je le contourne aussi rapidement que je peux pour en revenir à notre plat.
Il me rejoint en silence et nous reprenons nos taches. Les larmes coulent sous l’effet de l’oignon, elle masque la réalité de ces perles salées qui coulent sur mes joues. L’impuissance. Celle qui me rend folle. Celle qui me prive de ma propre vie dont j’ignore tout.

Les lasagnes finissent par prendre forme, Nik est plutôt doué.
— Tu aimes cuisiner ? je demande quand il enfourne le plat dans le four.
— On vient de faire le seul plat que je connaisse.
Je souris, pourtant cuisiner, suivre une recette au mot prés, serai bien son genre.
— Qui t’as appris à faire les lasagnes ?
Il revient vers moi, essuie le plan de travail avant de me répondre. Je pense à sa mère, à ce qu’il m’a dit sur elle plus tôt dans la journée. A combien il avait l’air triste et en colère en mentionnant sa mort.
— Angélique, il répond.
— Angélique ?
Il retourne à l’évier et commence la vaisselle. Je reste assise sur un tabouret à attendre des réponses.
— La cuisinière de ma famille.
Son air dur et froid reprend le dessus, ce qui me laisse penser qu’elle n’est plus en activité et peut-être que comme sa mère, elle est aussi est morte.
Je m’en veux d’avoir mis les pieds dans le plat, j’ignore pourquoi ça me chagrine de le voir triste alors qu’il ne fait rien pour m’épargner.
— Et si on faisait un dessert, dis-je en me levant.
Je me dirige vers le frigo, mon estomac commence à gargouiller sous l’odeur alléchante qui s’échappe du four.
Mes yeux divaguent sur les étages du frigo, mon cerveau se met en route, tout comme face à un tableau, il associe les aliments les uns aux autres et mes envies font le reste. Je sors du beurre et un bol de framboises. Je me dirige ensuite vers les placards, là où j’ai vu que Nik rangeait tout ce qui est sucré. Je souris face à deux tablettes de chocolat blanc.
— Tarte framboise chocolat blanc ! je lance ravie en brandissant les tablettes.
Nik s’essuie les mains sur un torchon, il semble amusé.
— Tu sais faire ça ?
— Je crois que oui.
Il acquiesce de la tête, je sors ce dont on a besoin pour faire la pâte à tarte puis, Nik dispose le tout bien aligné sur le plan de travail.
— Tu vas devoir faire la pâte, je reprends, avec mon bras plâtré je ne pourrais pas.
— Laisse-moi deviner, c’est le plus chiant ?
— C’est le plus salissant.
Nik me dévisage avec une lueur étrange dans les yeux, une lueur presque animal dans ce regard
vert trop clair pour mon bien être.
— Me salir les mains ne me dérange pas, il conclut d’une voix tendue.
Je retourne aux ingrédients et lui explique comment procéder. Il écoute attentivement, je crois qu’il pourrait, il prendrait des notes.
Il s’attaque à la pâte, pendant que je m’occupe des fruits. Je regarde ses grandes mains pétrir les ingrédients avec force et attention, je commence à trouver ses gestes excitants. J’écrase les framboises avec une fourchette pour en faire une sorte de purée, sans vraiment faire attention à ce que je fais, accaparé par les mains de Nik. Le jus des fruits se met à gicler sous ma fourchette et part éclabousser le t-shirt et le visage de Nik.
On s’arrête quelques secondes, avant que je ne me mette à rire de voir la trainer de jus de framboises glisser sur son nez, le long de sa cicatrice.
Il sort ses mains de la pâte mais ne peut pas s’essuyer avec, je prends pitié de lui, m’approche et enlève le jus de mon doigt que je finis par lécher. Je cesse de rire en croisant son regard, mon ventre se tord en sentant ce feu incandescent dans ses pupilles qui m’observent trop fortement. Mon cœur bat à tout rompre alors que je me hisse tant bien que mal sur la pointe des pieds, pour aller directement lécher le jus qu’il reste sur son menton. Nik respire fortement, ses yeux me fixent et l’atmosphère se charge de désir et d’envie. Je savoure le gout acide de la framboise sur ma langue puis, je trempe la main dans le bol de purée du fruit et l’étale sur son visage. Il ne dit rien, il me laisse faire et ma langue repart se poser sur sa peau pour laper chaque trainée que je viens de laisser. Je ne comprends ce que je fais, pourquoi j’agis ainsi, je sais juste que j’ai envie de cet homme, que j’ai envie de sentir ses mains sur moi, que j’ai envie de découvrir son corps et sa force.
Nik semble rester de marbre jusqu’à ce que ma bouche se pose sur la sienne. Je perçois son souffle brulant et j’imagine le sentir entre mes jambes. Je gémis en mordillant sa lèvre et la seconde d’après tout dérape. Nik sort de sa torpeur, il me saisit par la taille et m’installe sur le plan de travail. Son corps vient se nicher entre mes jambes puis sa bouche s’approprie la mienne. On partage la framboise sur ma langue, il grogne, ce son se répercute directement sur ma peau. Nike me fait vibrer par son baiser dévorant, ses mains me parcourent avec avidité, son désir calé contre mon entre jambe il se frotte à moi et éveille de plus en plus mon désir. Ses lèvres quittent les miennes, elles dévient sur mon cou, des frissons me gagnent alors qu’il goute ma peau. J’ai envie de lui, terriblement envie qu’il me possédé, qu’il me domine.
Ses mains pleines de pates saisissent mes cuisses il les presses contre lui, la tête me tourne de toutes les envies que j’ai envers lui. Je tire sur son t-shirt, qui disparait la seconde d’après. Son corps passe sous mes doigts, ses muscles tailler dans l’acier, sa peau brulante que je salis de framboises. Nik reprend ma bouche, il ne me ménage pas, il est brut, il est possessif, il est lui. Nos langues se tourmentent, ses mains remontent sur ma taille et je gémis de douleur lorsqu’il les pose sur mes cotes. Il se fige contre mes lèvres, nos regards se croisent et si le feu du désir est toujours là, il ne le domine plus. La raison revient, Nik s’écarte de moi me laissant pantelante sur la farine du plan de travail. Il recule comme si je venais de le bruler.
— Nik…j’arrive à dire d’une voix tendue.
Il recule encore, passe sa main dans ses cheveux courts et semble prendre conscience de ce qui se passe.
— Je ne veux pas te faire de mal.
Je reste pantelante à le dévisager alors qu’il détourne le regard, honteux. Mon cœur semble se briser de le voir ainsi, le voir…avoir peur.
Je finis par descendre du plan de travail, je m’approche de lui doucement, il ne bouge pas, il ne me regarde même pas. Il ne m’a pas fait de mal, il a été un peu brutal, mais c’est ce qui m’excite chez lui, je ne veux pas de douceur, je veux qu’il me baise. Je ne suis pas fragile, je ne suis pas en sucre et ses mains, si elles sont fortes je sais qu’elles ne me feront jamais de mal. Je le sais depuis le début, même quand il tente de me faire peur je sais au fond de moi qu’il ne fera rien contre moi. Il me maitrisera si je vais trop loin, mais il ne me frappera pas.
Je tends la main derrière moi et la plonge dans la purée de framboise, j’en prends une poignée et la pose sur son torse. Il me regarde enfin alors que j’étale le fruit sur sa peau. Il saisit mon poigné sur son bas ventre.
— Ne fait pas ça, il gronde.
Mon ventre se serre de le voir lutter avec l’envie, de l’entendre m’avertir, il ne fait que m’exciter un peu plus. J’enlève mon t-shirt, puis ma peau rencontre la sienne, son torse se colle à ma poitrine par le jus de fruit. Mon visage à hauteur de ses larges épaules, j’embrase sa peau, la mordille et goute au gout de Nik mélangé à la framboise. Ses mains se serrent en poing, son torse se lèvent rapidement, il se contient, alors que je veux qu’il se lâche.
— Elya…je ne sais pas être tendre.
Je souris contre ses muscles, puis je relève la tête, prend la sienne entre mes mains et croise son regard perdu entre le désir et la raison. Il sait être tendre, il l’a été plus d’une fois avec moi, dans la baignoire, quand il m’a massé, dans la piscine et tout à l’heure dans le jardin quand le souvenir de la parte d’une mère dont je ne me souviens pas m’a surpris.
— Ne le soit pas.
Son front vient se poser sur le mien alors qu’il expire, il perd pied, je caresse sa cicatrice avant de l’embrasser doucement et tout dérape de nouveau. Il saisit mes cuisses et me soulève dans ses bras, mes jambes s’enroulent autour de sa taille, sa bouche s’accapare la mienne, avec passion et puissance. Je sens sa queue se presser sous mes fesses et l’envie de lui augmente. Il me réinstalle sur le plan de travail et allonge mon corps dessus. Ses mains me caressent durement, ma peau en feu semble s’arracher à chaque passage de ses paumes rugueuses. Je me tortille et je maudis ce foutue plâtre qui me prive d’une partie de mon toucher. Sa bouche s’attarde sur mes tétons, il mord et aspire les pointes. Je me cambre, les décharges de désir se répercutent directement entre mes jambes. Nik lèche mon ventre puis il dégage le survêtement qui me couvrait. Mes jambes nues l’entourent et le rapproche de moi. Il déchire la culote qu’il m’a acheté et ses doigts me touchent enfin là où je veux qu’ils soient. Je gémis fortement, mes yeux croisent son regard, ma peau frissonne devant ce désir brutal qui l’habite. Non, il ne va pas me ménager et c’est tout ce que je veux. Je me redresse, ses doigts s’enfoncent en moi, Nik guettent mes réactions à chaque va et vient et je ne tiens plus, ce n’est pas suffisant, ce ne sont pas ses doigts que je veux, c’est lui, en moi.
Je m’assois sur le plan de travail, ses doigts quittent l’entrée de mon corps, je m’empresse de défaire son jean, il mordille mon épaule et suce le lobe de mon oreille ce qui me fait m’y prendre à deux fois pour venir à bout de sa ceinture et des boutons de son jean. Je saisis sa queue dure et brulante dans ma main, la taille ne m’impressionne pas, tout est grand chez lui, tout est fort et l’idée qu’il me possède totalement ne fait qu’attiser mon désir. Il me ramène au bord, ses mains sur mes fesses, je le caresse en frottant son gland contre ma peau humide d’envie. Nik m’embrasse alors qu’il mime le va et vient qu’il s’apprête à faire en moi. Il n’entre pas, il reste sur mon clitoris à me rendre un peu plus folle d’envie. Je gémis, il prend mes bras et les enroulent autour de ses épaules.
— Accroche toi, dit-il contre mes lèvres.
Je souris de sa vantardise, puis je croise son regard alors que je sens sa queue à l’entrée de mon corps.
— Pas de douceur Elya.
J’hoche la tête haletante en attendant qu’il entre en moi. Son regard ne quitte pas le mien, ses mains saisissent mes cuisses plus fortement, comme s’il avait peur que je lui échappe. L’attente devient insoutenable quand enfin il me pénètre d’un coup de rein puissant. Mon corps décolle du plan de travail, mon vagin palpite de le sentir profondément en moi, comblant ce manque qu’il a fait naitre. Nik ressort de mon corps et revient plus fort, sa bouche contre la mienne, je mords sa lèvre, il grogne et recommence encore et encore. Il accélère et me prend sans douceur, sans tendresse, juste avec envie et passion. Nos corps ne font qu’un, nos peaux collantes l’une contre l’autre, sa queue enfoncée en moi et sa bouche contre la mienne. Son regard me rend folle, il est comme habité par un autre homme, un que j’ai entraperçue, un qui ne contrôle plus rien et qui laisse son désir prendre le dessus.
Je sens les prémices de l’orgasme m’envahir, ses picotements agréables qui parcourent mon corps. Je délaisse ses épaules et prend son visage entre mes mains, ses va et vient ne s’arrêtent pas, alors que je touche du bout du doigts sa cicatrice, il est magnifique, animal, puissant, viril, il me possède totalement. Je jouis en l’enserrant en moi, en gardant les yeux ancré dans les siens. Nik continue d’aller et venir en moi prolongeant mon plaisir, les vagues de bien-être qui s’abattent sur mon corps endoloris, puis je vois son visage se tendre, son regard devenir plus ombrageux et je le sens jouir à son tour enfoncé dans mon corps, il se déverse en moi.
Son corps se laisse aller contre le mien, mon visage se pose sur son épaule et nous reprenons notre souffle ainsi. Je ferme les yeux en savourant sa peau et ses bras qui me soutiennent.
Je refuse de penser à ce qu’il vient de se passer, je veux juste encore profiter de ce moment, où chacun de nous a oublié qui était l’autre.

 

MARYRHAGE

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