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Légion #2, Chapitre 20

Chapitre 20

Tristan

 

 

Février 2013,

Calvi, Corse.

 

 

J’essaie de ne pas focaliser sur ce que je vois à la télévision. Le Lieutenant Wagner m’a trainé dans le cinéma vide pour me montrer un « super film ». J’ai vite perdu mon calme en voyant les premières minutes de La Chute du faucon noir[1]. Je me demande à quoi il joue.

Depuis trois semaines, Wagner est passé à une vitesse supérieure.

S’il m’accorde certains privilèges, il me pousse un peu plus à bout sur d’autres points. J’ai repris un entrainement sportif avec lui. Il ne cesse de parler, d’évoquer des événements. Chaque minute avec ce mec a pour but de me déstabiliser.

Je suis raide comme un piquet sur mon siège alors que le film avance. Je l’ai déjà vu, je sais à quoi m’attendre et je sais que le choix de diffuser n’est pas un choix de hasard. Wagner l’a fait exprès.

À chaque coup de feu, chaque explosion, je me raidis sur ma chaise en sentant des frissons de terreurs me tordre l’estomac.

Je ferme les yeux, des images de cette fameuse nuit me reviennent à l’esprit, les échanges de tirs, cette même peur à l’idée d’être fait prisonnier, ou pire : de mourir.

Je ne cesse de faire trembler ma jambe, mes mains deviennent moites, mon cœur s’emballe, l’angoisse monte au fur et à mesure des secondes qui s’écoulent, je lutte contre une terreur intérieure qui me gagne. J’essaie de chasser tout ça, de me convaincre que c’est fini. Mais Wagner ouvre en grand, les portes menant à la fin de mon self-control déjà très maigre.

Je tiens quarante-cinq minutes avant de craquer. Je me lève d’un bon, fou de rage.

 

— Allez vous faire foutre ! je déclare d’une voix glaciale en me foutant du protocole.

 

Je récupère ma veste de treillis, foudroie l’officier qui m’observe en gardant un calme plat.

 

— Flashs-backs ? lance le Lieutenant avec sérieux sans bouger.

 

Je ne dis rien. Pire, j’ai eu la preuve flagrante qu’un simple film arrivait à me faire sortir de mes gongs. Je n’arrive plus à séparer réalité et fiction. Les souvenirs qui me hantent ressortent au moindre stimulus en se foutant royalement de mes tentatives désespérées de les contrôler.

J’ai besoin d’air.

 

— La réponse est évidemment oui Vial ! renchérit le Lieutenant sans chercher à me retenir.

 

Je quitte la salle de projection sans un mot de plus, avec l’irrépressible envie de fuir ce cauchemar vivant. Je n’ai jamais aimé les films de guerre, pour beaucoup, je les trouve surjoués, mais celui-ci, après ce qu’il nous ait arrivé, à une toute autre interprétation dans mon esprit.

 

 

***

 

Juillet 2013,

Vallée d’Uzbin, Afghanistan.

Neuf jours de captivité.

 

Je tremble sans pouvoir m’arrêter, ma tête me fait un mal de chien, ma vision est trouble depuis plusieurs heures, j’ai des palpitations. Mes membres vibrent, j’ai l’impression de sentir les battements de mon cœur dans mes doigts et mon épaule.

Mon corps meurtri par les coups est sanguinolent des entailles qu’il a subies. À ce rythme, je vais choper une infection qui aura ma peau plus rapidement que les actes de ces barbares.

Je suis allongé dans la pénombre de la cellule, la petite fenêtre diffusant la faible lumière de la Lune pleine. Il règne des odeurs insoutenables. Mais à force des heures passées ici, je crois que je m’y suis habitué.

J’aimerai être fort et taire la douleur, mais elle palpite dans chacun de mes membres. La fatigue, les tensions et les conditions de vie n’aident pas à ne pas flancher. Ils nous poussent à bout, brisent notre courage, notre force. Ils ont compris qu’il fallait nous faire flancher autrement par la douleur. On y est habitué. C’est à force de patience, d’acharnement qu’on détruit des hommes comme nous.

Je n’ose pas bouger. Depuis qu’ils m’ont sorti de la pièce trempé, couvert d’eau, de sueur et de sang séché et qu’ils m’ont jeté comme un malpropre sur le sol en pierre, je suis resté là à tenir ma main blessée contre mon torse tailladé.

Ils ont tué Vadik, sous mes yeux impuissants. Ils ont rendu les coups. Ils m’ont fait mal, si mal. J’ai l’impression que chaque partie de mon être est en feu. Mon épaule déboitée me lance, respirer devient compliqué, j’ai l’impression que les os de mon thorax rentrent dans ma peau.

C’est ce qu’on appelle se faire déglinguer.

Je sens mon alliance dans la poche intérieure de mon pantalon taché, ils ne sont pas allés chercher jusque-là.

Je pense à Ezra. Je pense à elle de plus en plus. Je me souviens de ses bras, de ce que c’était d’être auprès d’elle. Il n’y avait pas de peur, pas de souffrance, juste du bien. Elle me manque. Son sourire semble s’effacer dans ma tête, et ça me ronge, ne pas me rappeler de ça ni de ses yeux qui s’enflamment lorsque je m’enfonce en elle. J’ai oublié notre photo, je ne voulais pas la prendre avec moi pour cette mission par peur de la perdre.

Je me demande ce qu’on leur a dit, à nos familles. Est-ce qu’ils savent ? Que doit penser Ezra ? Je lui ai promis de ne rien lâcher, de toujours rentrer et pourtant, cette promesse n’est plus de mon ressort.

Et si je ne rentrais pas ? Qu’est-ce qu’il se produirait ? Elle pourrait vivre sans moi, elle me l’a déjà dit, mais quelle vie se serait ?

Mon cœur se serre à cette pensée. Penser à elle me faire autant de bien que de mal.

Je crois que je suis en train de souffrir d’une sévère déshydratation. Je déraille, mon esprit voit des morts, il revit sans cesse ce qu’il s’est produit ses derniers jours. L’attaque, l’embuscade, la peur et la séquestration. Les nombreux allées et retours dans cette pièce puante.

Cela fait deux jours que personne n’est venu nous chercher. Je commence à croire qu’il se passe quelque chose, mais peut-être que je me trompe. Peut-être que je n’ai plus la notion du temps.

 

— Tristan ? résonne une voix.

 

Je sors de mes pensées en tournant légèrement la tête. Hal est contre les barreaux de sa cellule, le norvégien est pas mal amoché lui aussi. Ils lui ont fracturé le bras et la moitié de son visage est tuméfié.

 

— Hal ? je réponds sur un ton sombre.

 

Il déglutit avec difficulté en cherchant ses mots.

Hal n’a pas beaucoup parlé depuis que je suis revenu sans Vadik. Une fois sans les auteurs de son crime, j’ai totalement craqué. J’ai perdu ce courage et cette force, sur ce même sol. J’ai laissé échapper ma rage et ma douleur sans dire un mot.

Hal a compris. Vadik ne reviendrait jamais plus, et je ne me pardonnerai jamais ce qu’il s’est produit, ni même ce que j’ai ressenti.

Nous n’en avons pas parler, mais la douleur était là. Déchirante et silencieuse.

On est habitué à souffrir en silence.

 

— Kolman n’est vraiment pas bien, et toi ?

 

Kolman s’accroche à je ne sais pas quoi pour ne pas laisser l’infection le terrasser. Le peu que j’ai vu de son état fait peur. Je n’ai jamais vu une telle pâleur chez quelqu’un. Il est couvert de sueur, tremblant de fièvre et délirant. La douleur doit être insupportable. Mais il résiste, il nous prouve que l’esprit, peut parfois tout faire.

 

— Ça va.

 

Hal me dit que Dallas n’a toujours pas reparlé depuis qu’il est sorti de la pièce, il y a quelques jours, on ignore ce qu’ils lui ont fait, mais le légionnaire américain semble avoir trinqué. Il est replié sur lui-même en tremblant, le regard vitreux.

Démoli.

 

— Sans me mentir, répète Hal.

 

Je respire avec difficulté en essayant de me tourner. La vérité c’est que ça ne va pas. Et que ça n’ira pas mieux au fil des jours si rien n’est fait. La mort ou la liberté. Mais le sauvetage semble compromis.

Et s’ils pensaient que nous sommes tous morts ?

Je chasse cette idée.

 

— Mal, et toi ? je réponds.

 

— Aussi.

 

Le silence de la nuit est interrompu par des échanges de tirs. Je me fige, Hal aussi.

 

— Qu’est-ce qu’il…

 

On entend le bruit des mitrailleuses, de l’agitation à l’extérieur et à l’intérieur du poste de contrôle. Le son d’hommes courant dans notre direction nous parvient.

L’adrénaline nous gagne. Je sens naitre une tension palpable au sein du couloir des cellules. La porte de ce dernier s’ouvre brusquement sur nos ravisseurs.

 

— Tuez-moi les tous avant qu’ils arrivent.

 

Les insurgés ouvrent la cellule face à la mienne. Je dévisage l’action en essayant de comprendre ce qu’ils vont faire. Des coups de feu résonnent à travers la fenêtre, on entend le bruit d’une explosion, des hurlements.

Qui est venu semer la discorde dans le silence de la Vallée ?

Le chef du groupe de rebelle entre à son tour. La colère et l’inquiétude marquent son visage. Ils nous dévisagent tour à tour avec rage.

L’espace d’un instant, je pense que Kolman est si mourant, qu’ils pensent que ce dernier est déjà mort.

Ils sortent Hal et Dallas de leur cage. La porte de la mienne s’ouvre juste après. Deux autres personnes au visage caché y pénètrent, même faible, même blessé, je ne me laisse pas faire.

Je me débats, j’essaie de lutter contre les deux enfoirés, des coups pleuvent, j’ai été dans une meilleure forme. Mon visage rencontre un poing, je prends l’équilibre, on en profite pour me trainer hors de la petite prison.

On nous installe à genoux dans le couloir, un homme derrière Hal, Dallas et moi. Le canon de leurs armes sur chacune de nos têtes pour nous dissuader de jouer les super-héros. C’est comme une brûlure. Sentir ça, c’est flirter avec la Mort et ne jamais succomber.

Le chef marche devant nous en déclarant en français pour que nous comprenions :

 

— Ils ne vous sauveront pas. Vous allez périr, soldats de la main des soldats de Dieu pour leur donner un exemple de notre puissance. Nous sommes sans pitié.

 

Ils ?

L’organe dans ma poitrine se serre l’instant d’après en comprenant que les forces de l’OTAN ont dû reprendre le contrôle de la région et qu’ils ont enfin tenté une opération au poste de contrôle pour peut-être trouver des survivants.

 

— Tranchez profond, ordonne le chef dans notre langue pour que nous comprenions.

 

Un sentiment angoissant nous envahit.

La peur me tord l’estomac lorsque je ne sens plus le canon de l’arme contre mon crâne. On va crever alors que notre calvaire s’achève. Il n’y a aucune justice.

Je croise le regard d’Hal alors que l’homme derrière lui sort un couteau de combat, le pose sur sa gorge, sans lui laisser le temps de dire quelque chose et sans l’ombre d’une hésitation, il dessine une longue plaie sanguinolente sur sa peau. Du sang jaillit, le corps d’Hal s’effondre alors qu’une marre rouge vient tâcher le sol.

Je hurle en essayant de me débattre, j’essaie de protester. Je n’arrive pas à croire ce qu’il vient de se passer. On me tire les cheveux en me menaçant.

Ils ont tué Hal.

La douleur me foudroie de l’intérieur. La rage explose. Un profond sentiment d’injustice me gagne. À mes côtés Dallas reste impassible alors qu’il est le prochain. Il semble accueillir la mort comme une échappatoire à ce qu’il nous est arrivé. J’aimerai lui dire de résister, d’y croire encore, mais mentir n’a jamais fait partie de mes talents.

Je sens également la froideur d’une lame se poser contre ma gorge, je ferme les yeux, le cœur battant, un sentiment de profond désespoir me gagne.

On a perdu la bataille, et notre mission s’achève ainsi. À genou devant des ennemis qui ne respectent rien. Qui ont tué encore et encore.

Je ne regrette rien concernant mes actes en tant que militaire, si ce n’est de ne pas avoir suffisamment eu de courage dans ma vie d’homme pour dire ce que je pensais vraiment à la seule femme qui a comptait dans ma maigre existence.

J’ai été un légionnaire talentueux, un soldat brillant, mais j’aurai pu être un aussi bon mari avec moins de trouille et plus de temps.

Je m’apprête à accueillir la Faucheuse dignement, je ne supplierai pas mon adversaire d’épargner ma vie. Comme Vadik, comme Hal, je resterai digne.

Les rebelles s’hurlent dessus, l’homme qui s’apprête à me trancher la gorge hésite, je comprends son trouble quand un énorme fracas résonne. Il y a une vague de poussière qui nous aveugle.

La morte est lente à arriver et laisse profiler un espoir de vie.

Les événements se passent si vite, j’entends des coups de feu, mon réflexe est de me mettre à terre pour échapper aux balles.

Les échanges de tirs sont brefs, c’est brusque et maitriser. Le silence revient rapidement, suivis par des gémissements d’agonie.

Mon corps me lâche lorsque ma vue trouble entraperçois des soldats en treillis pénétrer les lieux, je reste allongé, incapable de bouger, l’esprit marqué par ce que je viens de voir.

J’ai perdu Hal.

J’entends quelqu’un me parler, mais je ne comprends pas. Je me sens vaciller, la nausée me terrasse, la peur explose, l’adrénaline chute et je sombre dans l’obscurité, le cœur meurtri.

 

***

 

Février 2013.

Calvi, Corse.

 

Je m’assois face au mémorial des légionnaires parachutistes mort pour la France. Il est dans un coin tranquille du camp, en paix, où reposent les noms de centaines et centaines de disparus. Ils ont ajouté récemment une vingtaine de soldats, donc Hal et Vadik.

C’est toujours un choc pour moi de les voir, de percuter encore et encore qu’ils ne soient plus là, qu’on les a abattus lâchement.

J’aurais tellement aimé faire quelque chose, me battre plus. Quand je repense à ces neuf jours enfermés dans ces cellules, à endurer la fatigue, la douleur, à attendre que la mort vienne et résister à leur assaut, je me demande ce qu’il se serait produit si l’un de nous avait lâché le morceau concernant l’Opération.

 

— Comment on en est arrivé là, les gars ?

 

Je soupire en passant une main sur mon visage.

Je veux retrouver ma vie d’avant, je veux redevenir cet homme sain d’esprit, capable d’être un bon légionnaire.

Mais ça me ronge, l’Afghanistan me ronge tellement, on dirait que les souvenirs de cette OPEX qui a mal tourné sont comme un produit corrosif qui nous bouffe l’esprit.

Ça tourne sans cesse. La culpabilité, le manque, l’impression d’être incapable de tout… la honte.

 

— Vial ?

 

Je jure en entendant la voix du Lieutenant Wagner derrière moi. Ce type ne lâche rien.

Il reste un peu en retrait, et j’apprécie ce geste. On reste ainsi durant de longues minutes à observer les noms d’hommes ayant perdu la vie durant leur fonction.

J’ignore pourquoi ma langue se délie au bout d’un moment de silence, semblable à un instant de recueillement.

 

— Ma femme me manque. Mes frères me manquent, j’ai beau être entouré, je me sens seul, je déclare sans même le regarder, seul avec mes démons qui prennent le dessus.

 

Je reste les yeux rivés sur les deux prénoms gravés dans le marbre sombre en lettre d’or.

 

— Qu’est-ce que ça t’a fait, quand elle est partie ? m’interroge Wagner.

 

J’ai compris depuis le départ qu’il savait qu’Ezra était en Afghanistan pour son boulot. Il n’a pas cessé de me titiller avec.

 

— Atrocement mal, j’avoue dans un souffle. J’ai l’impression de ne plus réussir à contrôler quoi que ce soit.

 

Je me tais un instant avant de croiser son regard clair qui m’observe attentivement, comme s’il essayait de deviner ce que je ne prononçais pas à voix haute.

 

— Est-ce que ça à un sens ? je l’interroge.

 

— Ce que nous faisons ? Oui. C’est exactement comme lorsque tu étais dans les fermes autour d’Aubagne.

 

Construire et forger la tête de dur à cuir de ses hommes volontaires pour les faire peut-être devenir Légionnaires.

 

— Lève-toi, et rejoins-moi, il y a un créneau au stand de tir, voyons ce que tu as dans le bide, conclut Wagner.

 

Il ne dit rien de plus sur mes révélations, elles semblent lui convenir.

Je jure en me demandant bien, quelle crasse il va me faire pour me mettre en pleine gueule que je ne maitrise plus rien. Un simple film m’a fait péter les plombs, alors tirer de nouveau… je n’ai pas touché une arme depuis l’incident en pleine montagne.

Et étrangement, c’est la première fois dans ma vie de légionnaire que je me demande qui va contrôler: moi ou mes démons.

En me levant, je repasse devant la stèle où il est inscrit : « Sur la terre imprégnée du sang des légionnaires, le soleil ne se couchera jamais. »

Et comme à chaque fois que je vois ces quelques mots, j’essaie de me dire que jamais ils ne seront oubliés. Il faut simplement apprendre à vivre avec leur absence. Et c’est un long chemin.

 

***

 

Février 2013.

Calvi, Corse.

 

LE 14/02/2013

De : madamisella-boussolle@hotmail.fr 

À : tristan.vial@hotmail.fr

Objet : Joyeuse Saint Valentin, et puisse ta main droite soulagée mon absence.

Pièces jointes : PHOTO SEXY 1 – PHOTO SEXY 2.

 

Repman,

Je n’ai pas fermé l’œil avant que minuit s’affiche. J’ai attendu le bon moment pour t’envoyer ce mail que j’ai écrit quelques heures auparavant.

C’est la Saint Valentin aujourd’hui, et je pense à toi. Si nous n’avions pas été éloignés l’un de l’autre, je te promets qu’on aurait eu une nuit de folie. Comme toujours. Peut-être t’aurais-je proposé une partie de Strip poker ou encore mieux : un pendu sexuel version anglaise.

On aurait passé un super moment en tête à tête. Je t’aurai convaincu de faire l’école buissonnière.  (Je rêve je sais !)

J’ai un cadeau pour toi planquer avec mes cadeaux de ton noël. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop d’attendre.

On ne s’accroche pas aux dates et aux trucs que font tous les autres, cependant, je tiens à te souhaiter une belle journée des amoureux.

En attendant de t’offrir autre chose de plus chaud, n’oublient pas d’aller regarder les pièces jointes de mon mail, je crois que ça pourra t’occuper un moment.

Je t’aime !

Ezra.

 

PS1 : je rentre dans trois semaines et quatre jours.

PS2 : je vais bien.

PS3 : comment tu vas ?

 

***

 

LE 14/02/2013

De : tristan.vial@hotmail.fr

À : madamisella-boussolle@hotmail.fr 

Objet : Joyeuse Saint Valentin à toi aussi.

 

Ez

Te dire que j’ai eu chaud est un doux euphémisme. Je me demande quand tu as eu le temps de dessiner cette carte sur ton corps.

N’oublie pas que tu es sexy et bronzée !

Ma main droite et sa compatriote plus au sud ont de quoi s’occuper en effet.

Quand tu rentreras, on rattrapera Noël, et ça, ne t’en fais pas. Je compte bien te mettre la raclée aux deux ! N’oublie pas qui perd facilement.

Ton cadeau t’attend sagement aussi.

J’espère que tu en auras un autre en revenant à Calvi.

Sept lettres.

Tristan.

 

PS1 : je note, trois semaines, quatre jours bientôt trois. J’ai hâte.

PS2 : j’en suis heureux.

PS3 : c’est compliqué en ce moment. Je t’en parlerai un autre jour que celui de la fête des « amoureux ».

 

AMHELIIE 

 

[1] : NDA : « LA CHUTE DU FAUCON NOIR » est un film parlant de la bataille de Mogadiscio qui s'est déroulée les 3 et 4 octobre 1993 à Mogadiscio, en Somalie, entre un détachement interarmées américain appelé Task Force Ranger et les milices de différents clans somaliens, lors d'une tentative d'arrêter deux proches d'un chef de guerre somalien. Les militaires ont été pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population. Dix-neuf militaires américains et plusieurs centaines de Somaliens trouvèrent la mort.

Commentaires

  • Bonjour,
    Je viens de lire le chapitre et je me demande si il n'y aurait pas un erreur de date concernant le flashback : il est daté de juillet 2013 et après, pour l'échange de mails, on revient à février 2013.
    Encore merci pour toutes ces heures de lecture.

  • Pas de mot. Toujours aussi prenant, touchant, douloureux.

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