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Fucking Love #1 - For Play - Chapitre 5

Chapitre 5

Dereck

 

 

Dix jours plus tard.

 

Après avoir rencontré la totalité de l’équipe cent pour cent féminine, Scarlett a pu trouver un créneau où nous étions tous disponibles pour qu’elle puisse me présenter au restant de la team des FUCKING BOYS autour d’un rapide brunch.

Mis à part Jax et les filles, je n’ai eu le temps de croiser personne. L’annonce de mon arrivée au studio a fait fureur sur les réseaux sociaux, la première photo officielle avec Jax encore plus. L’autre soir, j’ai pris le temps de lire les commentaires sur le super cliché de Mack. Les fans sont aux anges. En dix ans de carrière, ce que je connais depuis deux trois ans me semblent irréaliste. Depuis quand les stars du porno sont devenues des icônes masculines sexy ? Je n’ai pas vu le changement arriver, et parfois, c’est assez flippant.

Je récupère le café que me tend Mack en me lançant un clin d’œil alors que Scarlett fait tinter son verre de jus d’orange en déclarant :

 

— Merci les gars de vous êtes levés plus tôt pour ce petit-déj de bienvenue. En effet, si Lewis est parti, on accueille un gars formidable qui, je ne doute pas, nous apportera beaucoup de bonnes choses pour le studio.

 

Scarlett se tourne vers moi en levant son verre :

 

— Bienvenue Dereck parmi nous !

 

L’ensemble de l’équipe lance la même chose, des applaudissements arrivent, je me contente de sourire en les remerciant.

Deux bruns viennent vers moi. L’un a les yeux gris, l’autre vert. Celui à la barbe de quelques jours qui vient durcir son visage. J’ai remarqué qu’ils sont les plus jeunes de toute l’équipe.

 

— Brooks Hill, déclare-t-il en me serrant la main, dans le milieu, on m’appelle « Oks Sky » et lui c’est Lake Baker, dit « Lake Phoenix ».

 

Brooks montre d’un signe de tête, l’homme dont je comprends être son partenaire. Lake me tape une poigne de main virile en me saluant. Un accent est très présent, mais je n’y prête pas réellement attention, il lui donne un côté un peu distingué.

On discute rapidement, j’apprends que ce sont les deux performeurs de FUCKING BOYS, ceux qui aiment tourner accompagnés d’une ribambelle de sex-toys, à plusieurs, dans n’importe quels endroits. Les deux hommes ont l’air très proches. On sent la complicité se dégager entre eux. Je soupçonne qu’il y ait plus que de l’amitié d’ailleurs.

Brooks se donne pour mission de me présenter chacun des gars. Je les ai vus en photos sur les murs du studio, mais j’ai encore du mal à savoir qui est qui.

Le jeune acteur me montre un autre brun qui discute avec Ciera. Il a l’air sympathique, ses yeux marrons sont charmeurs.

 

— Là c’est Zane Know, il a pour pseudo « Zane Bass ». À l’autre bout de la pièce, tu as son partenaire, Mason Crows, qui se fait appeler « Mace Ryder ». Ils tournent principalement en LIVE, occupent le Gentlemen Club et réalisent une partie des clichés de Mack pour la partie Photos du site, m’explique Brooks.

 

Mason est le blond qui termine sa nuit sur le canapé.

Un autre blond, cette fois-ci barbu et nettement plus avenant s’approche de moi pour me saluer en me tapant dans le dos.

 

— Archer Stone, je suis le partenaire de Demon, se présente-t-il, et avant que tu le demandes, moi c’est King mon nom d’acteur, en toute modestie.

 

Je ris à sa vanne, j’ai déjà entendu parler d’Archer King.

Je n’ai pas besoin de chercher le partenaire en question parce qu’il arrive la seconde d’après derrière Archer. Son regard noir me scrute avec attention et mon sang ne fait qu’un tour en le reconnaissant.

 

— Demon Riggs, rajoute l’homme aux cheveux rouge et noir, mais plus connu sous le nom de…

 

Demon Hunter.

Je ne prête pas attention au Hardeur, je fais comme si c’était un inconnu, pourtant, en fouillant le site, je n’avais pas fait le lien. Mais c’est bien lui, Demon Riggs, surnommé le Chasseur, l’une des rares personnes témointe de ma descente aux enfers.

Bordel de merde Dereck ! T’as merdé, t’as grave merdé en ne te rendant pas compte de ça avant.

Je me contente de lui serrer la main en priant pour que l’acteur ne délie pas sa langue. Une tension palpable nait entre nous, nos regards froids en disent long, mais ne durent pas assez longtemps pour éveiller des soupçons.

Demon ne dit rien quand je romps nos salutations, on discute vaguement avec les autres avant que je ne parte rejoindre Jax qui me fait signe.

En signant chez FUCKING BOYS, j’ai voulu tourner la page et recommencer une nouvelle existence, en vérité, je commence à croire que mon combat contre moi-même est bien loin d’être terminé si chaque pas que je fais, me ramène au passé.

 

***

 

 

Lorsque j’arrive dans la chambre transformée en studio, je remarque les filles qui sont occupées par le montage des différentes caméras statiques, les projecteurs lumineux  pour accentuer celles déjà bien intenses du plafond et améliorer le décor.

Jax est déjà là, en caleçon comme moi. Il est assis sur le rebord du lit et pianote sur son téléphone. Comme s’il avait senti mon regard sur lui, l’Américain quitte des yeux son portable pour me faire un signe de tête. Jax était en retard ce matin, il m’a rapidement expliqué que sa fille avait trainé pour aller au centre aéré, râlant que son père ne voulait pas passer la journée avec elle alors qu’elle était en vacances. J’ai l’impression que le sujet « Sage » est délicat pour lui, quand Jax en parle, on sent une culpabilité impressionnante.

Je me demande bien pourquoi.

Je me doute que ça ne doit pas être simple de jongler entre une vie de père et une existence d’acteur de porno gay. Mais un pressentiment me dit qu’il y a plus.

Je rejoins mon partenaire de l’autre côté du lit en testant le matelas ce qui fait rire les gens qui nous entourent.

 

— Je vais déjà avoir mal au cul, si en plus, j’ai mal au dos ! je déclare sur un ton amusé.

 

Les rires reviennent et je me laisse aller contre le matelas en m’étirant. La nuit a été courte, j’ai du mal à dormir dans mon nouvel appartement. Comme dirait mon frère Vinz, j’ai du mal à me détendre tout court depuis que j’ai quitté Miami, puis New York il y a de ça plusieurs mois.

 

Raquel, l’infirmière me sort de mes pensées en s’approchant de nous. C’est une grande brune aux yeux marron qui sourit sans cesse. Elle n’a pas l’allure de son métier avec ses tatouages, on dirait une tatoueuse amatrice de Hard Rock.

 

— Salut, les gars, je vous montre vos derniers tests VIH et MST.

 

Elle nous tend nos deux papiers pour que nous puissions juger par nous même que notre partenaire est nickel. Pas de syphilis en vue pour lui comme pour moi, ni de maladies. Les tests datent de quatre jours. C’est presque une habitude de se faire piquer pour qu’on mette notre sang dans des petits tubes histoire de vérifier que tout est OK.

Ce n’est pas la seule chose de répétitif dans notre métier. Il y a une longue liste. Pour exemple, le truc le plus désagréable à faire lorsqu’on se retrouve être un passif, que ce soit dans la vie en général, mais surtout dans le porno, si on souhaite montrer une impression de propreté impeccable, on est obligatoirement obligé de passé par la phase lavement. C’est une réalité qui n’est pas souvent sexy, qui en agace plus d’un, pourtant, c’est comme ça. Plus tôt on l’accepte, plutôt on prend la main, et plus vite c’est réglé. C’est également le genre de détails que beaucoup de personnes ne percutent pas.

 

— Pas de Poppers, pas de viagra et pas d’injection ? nous demande l’infirmière qui veille.

 

Scarlett mise sur le naturel, du début jusqu’à la fin. Dans mon contrat, il est strictement interdit d’user de ces trois formes d’excitants.

Ce qui m’arrange bien.

Toujours avec mon air détendu, je lui montre mon entrejambe encore au repos, emprisonnée dans mon caleçon de marque.

 

— Vois par toi-même je ne bande pas encore, j’ironise.

 

Raquel se laisse aller à un petit soupir qui en dit long sur mon humour.

 

— Tu es vraiment un petit marrant toi. Jax ?

 

— Comme d’hab, lâche l’acteur en levant son pouce.

 

— OK.

 

Raquel disparait et laisse place quelques instants plus tard à Scarlett. La réalisatrice est très détendue aujourd’hui, on dirait une artiste peintre avec sa salopette en jean et ses escarpins noirs. Elle remonte ses lunettes sur son nez avant de s’installer entre nous deux en croisant les jambes.

Mack nous prend tous les trois en photos pour alimenter les comptes Twitter et Instagram de FUCKING BOYS, Scarlett n’y prête même pas attention. Elle sort de sa poche un papier avec des statistiques qu’elle nous montre. On se penche avec Jax tout en l’écoutant.

 

— OK les gars, donc aujourd’hui, on va tourner pour la catégorie Do It To Me. Les résultats des votes de la semaine viennent de tomber et mes petits chanceux, autant vous dire que nos fans vous ont gâtés pour votre première scène en duo filmée, nous annonce-t-elle, excitée comme une gamine de dix ans.

 

La catégorie Do It To Me est la partie préférée de nombreux fidèles du studio d’après les gars. Pourquoi ? Parce que toutes les semaines, les fans peuvent choisir un binôme et trois sections définissant le prochain film qu’ils vont faire ensemble : préliminaires, positions et divers. De quoi mettre en images leurs fantasmes.

Scarlett nous laisse découvrir par nous même les trois propositions gagnantes.

Effectivement, nous sommes plutôt chanceux.

 

— 69, Cowboy et Fleshlight ? Qui a mis ces propositions ? C’est Mack, pas vrai ? plaisante Jax. Je vais…

 

Le brun se tourne vers Mack qui a également la responsabilité du site web et des réseaux sociaux.

 

— Mack ! l’engueule-t-il avec humour.

 

La photographe fait mine de régler des détails techniques avec Ciera sur l’éclairage en lui faisant un clin d’œil complice.

 

— J’aime te voir faire ça ! se justifie-t-elle, estime-toi heureux, ça aurait pu être autre chose.

 

Dans quel genre ?

Je n’ai pas été assez curieux pour aller voir, mais je crois que je vais m’abonner aux newsletters de FUCKING BOYS pour aller voter aussi.

Scarlett se lève en frappant amicalement nos deux cuisses, telle une bonne copine.

C’est vraiment nouveau pour moi.

Je me tourne vers Jax qui sourit en posant la feuille sous le lit.

 

— T’es du genre à te faire sucer plutôt au-dessus ou en dessous ? je le taquine comme il sait le faire.

 

— Les deux me vont, me répond-il, tant que ça glisse tout seul.

 

Je me mords la lèvre pour ne pas partir dans un rire. Si je suis considéré par mes pairs comme quelqu’un de joviale, j’ai trouvé un concurrent de taille.

Scarlett intervient dans notre conversation sans quitter les réglages de la caméra centrale.

 

— Si je peux me permettre, vous faites comme vous voulez, mais vous vous installez en travers du lit pour les caméras. Ciera se met à droite, Leila à gauche et Mack tourne pour prendre les clichés.

 

Ni Jax ni moi ne la contredisons, c’est même logique et pour un film qui va tenter d’être filmé d’un seul coup, mieux vaut simplifier la tâche des caméramans.

C’est un véritable ballet qui s’orchestre autour de nous. Tout le monde s’active rapidement pour qu’on ne perde pas trop de temps.

 

— On va essayer de la tourner en une fois, poursuit Scarlett. On va mettre un peu de temps à tout mettre en place pour que vous puissiez faire ce que vous avez à faire sans qu’on vous dérange pour obtenir le bon angle. Ici les règles ne changent pas des autres studios. Prévenez quand vous êtes sur le point de jouir qu’on ne rate rien. Le reste, faites-vous plaisir. Essayez que ça dure plus de dix minutes quand même. Ce sera bon pour toi Dereck ? Je sais que certains studios, ça ne marche pas ainsi.

 

J’apprécie que Scarlett reprenne les bases, je suis nouveau, et même si le but est à peu près le même dans n’importe quel studio, c’est la manière qui change. En plus, c’est la première fois que je tente un film classé dans la catégorie Arty.

Je passe une main légèrement tremblante dans mes cheveux en voyant tous les regards tournés vers moi.

 

— Non aucun problème.

 

Ma réponse satisfait l’équipe technique au complet. Mis à part Scarlett, aucune des autres femmes présentes ne nous ont vus ensemble avec Jax. Comme m’a dit mon partenaire hier pendant notre footing, il y a des curieuses. Ce à quoi j’ai répondu que le voyeurisme ne me posait pas l’ombre d’un problème. C’est un dopant pour mon excitation. Jax a éclaté de rire en renchérissant comme quoi j’allais être servi.

 

— On s’est dit que pour votre première scène ensemble étant donné que le casting s’est bien passé, on pouvait retenter la version naturelle avant d’essayer quelque chose de plus scénarisé, le Do It To Me, tombé à pic, conclut Scarlett.

 

— Ça me va, je confirme.

 

Jax fait de même. Il ne semble pas du tout perturbé. Ce mec m’impressionne par son professionalisme.

Autumn, l’assistante production qui se charge de tous les petits détails s’approche de nous en souriant. Cette femme est adorable, elle a tendance à rougir un peu souvent ce qui lui donne un certain charme. Elle mordille sa lèvre en déclarant :

 

— Jax, j’ai mis le Fleshlight Turbo[1] dans la table de nuit, et le lubrifiant est sous les deux oreillers.

 

— Merci, répond Jax en lui lançant un clin d’œil.

 

D’après ce que j’ai compris, FUCKING BOYS est en partenariat avec une grosse chaine de sex-toys anglais qui tente de conquérir petit à petit le marché américain. L’entreprise fournit le studio en accessoires, jouets, et autres joyeusetés.

Comme Jax me l’a expliqué, c’est avec Brooks et Lake que l’entreprise a une sacrée vitrine. Les deux jeunes acteurs n’ont aucune limite et sont capables de tout tester. Même les sex-toys les plus étranges.

Jax m’a raconté la fois où Brooks et Lake ont reçu dans leur colis, un embout stimulateur clitoridien pour brosse à dents électrique. Aucun d’eux n’avait entendu parler de ça. C’était une erreur du commercial qui préparait les colis des deux acteurs tous les mois. Mais les deux mecs ont réussi à trouver un moyen de s’en servir. Brooks a envoyé Autumn leur chercher une fameuse brosse à dents électrique et les deux FUCKING BOYS ont tournée l’une des scènes les plus regardées du site, celle de la salle de bains, avec la brosse à dents et le sex-toy féminin détourné sur un homme. Apparemment, Lake confirme que sur son gland, c’était un truc de dingue.

Je vois Autumn tendre à mon partenaire une tablette tactile ainsi qu’une paire d’écouteurs.

 

— Tiens.

 

L’Américain les récupère en lui faisant un signe de tête. Autumn nous salue avant de repartir vers ses collègues pour régler les derniers détails, nous laissant seuls sur le lit dépourvu de couette et de draps.

Jax se rend compte que j’observe la tablette, un peu surpris.

 

— Ma solution naturelle, mec, m’explique-t-il en souriant.

 

Il mime une branlette avec son autre main pour illustrer ses propos. À son tour, l’acteur semble étonné que ça ne soit pas une pratique logique dans ma tête.

Si tu savais, d’où je viens, on n’utilise pas ce genre de mécanisme pour la lever.

 

— Pour vaincre l’absence d’excitation naturelle, je renchéris.

 

— En quelque sorte.

 

Pourtant, tu ne semblais pas en avoir besoin l’autre jour.

Je m’attends à ce que Jax allume sa tablette pour faire ce qu’il a à faire. Je ne suis pas du tout offusqué, je suis même assez admiratif de sa capacité à coucher avec des hommes alors que ces derniers ne l’excitent pas forcément. Au lieu de ça, l’Américain s’installe contre la tête de lit en posant la tablette éteinte sur ses cuisses dénudées.

 

— Je dois t’avouer qu’au départ, quand Scarlett m’a engagé et que j’ai commencé à tourner du porno, j’étais assez mal à l’aise, me confie Jax avec naturel. La première scène que j’ai tournée, j’ai mis vingt minutes à bander et j’ai giclé en genre… trois.

 

Je me mets à rire devant cette confession qui ressemble étrangement à mon vécu. Les débuts sont loin d’être performant et c’est là qu’on remercie les joies du montage pour réussir à faire un film durant vingt minutes quand il a fallu trois ou quatre jours pour tourner les scènes tellement la situation nous exciter à un tel point que la moindre caresse nous faisait jouir comme des puceaux. J’ai connu ça.

 

— Maintenant, je n’ai plus de gêne, me lance Jax, les filles sont habituées, je suis habitué à leur présence, certaines regardent tandis que d’autres semblent ne pas réellement voir ce qu’il se passe.

 

Jax me montre sa tablette pour accentuer ses propos.

 

— Concernant la branlette anthem baise, je fais comme si de rien n’était. Ça fait partie du job, je ne vais pas rougir parce qu’on me regarde m’exciter. On me scrute durant des heures en train de soulager cette fameuse excitation, je crois que niveau malaise, c’est la baise qui prime.

 

— Tu ne demandes jamais à aller à l’écart avec ton partenaire pour qu’il s’en charge ? Aucune des filles ne… se chargent du boulot ?

 

Comme dans certains labels où on tourne du porno de mauvaises qualités comme sur YouPorn, il y a des actrices qui sont payés pour maintenir l’excitation des acteurs entre deux prises.

Jax éclate de rire, sa voix grave fait trembler sa poitrine musclée.

 

— Ici, ça ne marche pas ainsi. Est-ce que tu fonctionnes comme ça ? m’interroge-t-il.

 

J’acquiesce.

 

— Il y avait toujours un endroit tranquille hors caméra et hors des regards indiscrets, je rétorque en lui lançant un clin d’œil.

 

Jax m’observe en souriant, je me demande à quoi il pense à cet instant.

 

— Intéressant.

 

Et même plus que ça.

On dirait deux potes discutant de tout et de rien alors que d’ici dix minutes, on se retrouvera l’un contre l’autre à s’activer devant les caméras. C’est le genre d’ambiance que je n’ai jamais connu. Elle met à l’aise, je ne le cache pas. C’est agréable de ne pas se demander de quoi les prochains instants vont être. Je suis surpris de mon état d’esprit, je pensais que retourner devant les caméras, sur un plateau me stresserait, en vérité, l’ambiance et les gens font que ce n’est pas le cas. Ils ont beau l’ignorer, leur naturel est quelque chose de plaisant.

Pas de stress, pas d’appréhension, pas de merde. Juste l’envie. Pari en parti gagné, Dereck.

Jax me tend un écouteur pour me sortir de mes pensées noires.

 

— Ça te branche ? me propose l’Américain.

 

— Mater du porno hétéro pour bander ? je souligne d’une voix amusée, tu m’as vu ?

 

Un rire nous gagne. De ce côté-là, nous sommes totalement opposés. Depuis mon arrivée à FUCKING BOYS, j’ai commencé à apprendre à connaitre mon partenaire de boulot. Jax est pointilleux sur le fait qu’il désire avoir une véritable relation d’amitié. Je crois que ça lui permet de contrôler le reste. Si nous sommes amis, nous ne risquons pas de devenir plus dans sa tête. D’un certain côté, ça m’amuse. Bien souvent, c’est ainsi que les histoires plus compliquées commencent, mais je n’ai pas voulu le contredire. Je le laisse mener le bateau parce que je n’ai pas envie de ramer dans ma propre direction.

Plus maintenant.

Si j’ai constaté qu’on partageait beaucoup en commun, notamment les films – ceux qu’on ne regarde pas à la télévision avec des enfants – et le sport, je me suis rendu compte que nous étions différents sur de nombreux points. Jax est quelqu’un à la vie simple et saine. Ses responsabilités personnelles, qu’il n’a pas tellement abordées pour l’instant, l’oblige à l’être et ça semble lui aller.

Quant à moi… je suis ce qu’on appelle le contraire. Même si j’essaie de changer pour davantage ressembler au modèle qu’est mon compagnon de baise filmé.

Je suis un électron libre, un qui tente encore te trouver son chemin.

La route est encore longue mon ami et parsemée d’embuches.

 

— Je peux cliquer sur trio MMF ? m’offre Jax.

 

— Un vrai ?

 

L’acteur saisit sa tablette, la déverrouille et part cliquer directement sur l’application d’un site connu de tous.

 

— Ça peut se trouver, déclare-t-il, sûr de lui.

 

 

***

 

 

Dix minutes plus tard, tout est en place. Un silence d’examen règne dans la chambre de tournage, tout le monde nous laisse le champ libre et personne n’a perdu son temps. Dès que Scarlett nous a donné le feu vert, on s’est sauté dessus avec Jax comme si le désir était vrai.

On a passé dix minutes à mater un film porno avec un trio, où le mec exerçait ses talents de phylosuck[2] sur la fille pendant que son partenaire le prenait par-derrière après lui avoir léché le cul durant un long moment. C’était presque amusant de se préparer ensemble, comme deux potes adolescents qui découvre la magie du porno. Pour ma part, cet interlude sous les regards curieux de certaines filles m’a excité comme un dingue. En trois minutes, je bandais comme un fou. L’ambiance qui s’est installée était palpable et remplie de tensions.

Si Jax a gardé les yeux rivés sur l’écran, les miens ont dévié vers sa queue bandée qu’il faisait disparaitre entre ses longs doigts. J’ai remarqué comme ses abdos se contractaient à chaque fois que son pouce effleuré son gland. Sa respiration qui s’accélérait, le mouvement de son bras qui travaillait son érection pour l’allonger. J’ai résisté à l’envie de tendre la main pour le toucher. Mais je sais ce que j’aurai fait. J’aurai glissé mes doigts entre ses jambes pour palper ses couilles et le faire gémir pour de bon et peut-être même plus.

Heureusement pour mon self-control, Scarlett nous a sorti des gémissements exagérés de l’actrice amatrice pour nous dire de nous lancer.

Je me retrouve nu sous Jax, nos bouches se dévorent avec avidité. Son torse se frotte contre le mien tatoué. Mes piercings aux tétons effleurent les siens, les gestes de Jax se font plus désordonnés quand je glisse une jambe autour de ses reins pour que nos deux érections entrent en contact l’une de l’autre. Jax ondule de hanches pour accentuer le toucher nos deux verges qui se caressent. Nos langues entrent en duel, je dessine le contour de sa bouche, la suce avant de l’embrasser avec davantage de profondeur.

J’entends le bruit des clichés pris par Mack, je sens la présence des deux caméras qui bougent près de nous pour avoir le meilleur angle, mais aucun de nous deux n’y prête attention. Elles n’existent pas.

Comme à mon habitude, savoir qu’on m’observe m’excite comme jamais. Je m’agrippe à mon partenaire en mordillant ses lèvres. Son souffle se mélange au mien, j’entends battre l’organe vibrant dans ma poitrine. La tension nous anime un peu plus. Jax saisit mes cheveux, ma tête bascule en arrière, nos regards se croisent et mon cœur s’emballe. Une alchimie se créer immédiatement, je lis dans ses yeux clairs une forme d’envie, jouer ou pas, je l’ignore, mais ça marche. J’ai envie de ce mec. J’ai envie de sa queue au fond de ma gorge, enfoncée profondément dans mon cul, foutant le bordel en moi pour me pousser à bout.

 

— Retourne-toi, je lance d’une voix rocailleuse.

 

Jax se penche pour m’embrasser chastement une dernière fois. L’acteur s’écarte, il s’exécute d’un mouvement fluide. J’observe son corps musclé bouger. L’instant d’après, je me retrouve en face à face avec son cul. Ses reins sont à se damner et je regrette que Jaxson Howard soit un hétéro aussi actif que Jaxson Howard, parce que l’envie de glisser mon érection entre les deux lobes de ses fesses avant de m’enfoncer entre elles, hante mon esprit.

Jax s’installe sur moi, ses jambes viennent s’allonger de chaque côté de mes épaules. À cet instant, j’ai une vue plaisante de la zone sud de mon partenaire qui prend soin de s’épiler chaque partie de son anatomie.

Bordel de merde.

Les clichés continuent lorsque je pose mes mains sur chaque fesse de Jax pour les écarter. Je me rappelle très bien les propos de mon partenaire, « hétéro ouvert d’esprit qui n’a pas de problème avec son cul », le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd en ayant cette discussion.

Je n’hésite pas, je laisse trainer ma langue sur l’orifice serré, titillant les muscles crispés. Jax se laisse aller à un juron appréciateur qui me fait poursuivre mes caresses. Je dévie plus bas, vers ses testicules que je suce entre mes lèvres, exagérant un peu le bruit de succion.

Mon autre main saisit sa queue qui pointe dans l’autre direction. Je l’attire vers ma bouche en la faisant basculer vers le bas. Le mix entre la dureté de son membre et la douceur de sa peau gorgée de sang me captive. J’ai toujours adoré faire ça. Sentir le sexe d’un homme glisser dans ma bouche, et y faire tournoyer ma langue autour.

Jax ne perd pas son temps, une fois à hauteur de ma verge, il la saisit d’une poigne ferme, ses doigts libres glissant vers mes testicules pour les caresser. Ses lèvres se posent sur mon gland qu’il suce franchement. Des frissons me gagnent tandis que des spasmes de plaisir parcourent mon corps.

Ça va être chaud… et tendu.

Je m’agrippe à ses hanches en lui assenant la même torture. Je prends entièrement sa queue entre mes lèvres en détendant ma mâchoire pour pouvoir l’accueillir plus en profondeur. Ma langue titille les veines qui sont en relief, je commence à le faire aller et venir en creusant les joues. Jax tient la route, ses reins bougeant d’eux-mêmes pour en obtenir plus. Je souris en resserrant mes doigts à la base de sa verge pour le pomper.

On trouve un rythme qui nous permet à de s’activer sur l’autre tout en prenant le temps d’apprécier les gestes procurés.

Jax est pointilleux, on dirait un bon élève qui fait en sorte de ne rien manquer, et c’est bandant. Le détail qu’il met pour faire une pipe est excitant, il n’épargne aucune zone de mon érection. Sa langue la lèche sur toute sa longueur avant de revenir taquiner mon gland, qu’il lape et suce.

Je jure, des spasmes de plaisirs nouent mon ventre, des frissons me gagnent. Je respire de plus en plus vite. La chambre silencieuse est interrompue par quelques-uns de nos râles.

Ma langue revient lécher l’entrée de son corps, travaillant la pression de ses muscles. Ma main passe entre ses cuisses musclées, je la referme sur son sexe et commence à le masturber lentement.

Nos deux corps s’activent, chacun de nous bouge sous les assauts de l’autre. La tension monte. Nos esprits se noient. Mon rythme cardiaque s’accélère sous les sensations de la bouche experte de Jax. Ce dernier me surprend en nous fait basculer sur le côté. Le contact se rompt quelques instants, puis il m’incite à grimper sur lui pour que nous échangions nos rôles. Je me retrouve sur lui, à la même place qu’il occupait quelques secondes auparavant. Un sourire se dessine sur mes lèvres en trouvant l’acteur possessif et entreprenant. Jax ne perd pas de temps non plus. Deux doigts humides s’introduisent en moi d’un geste fluide. C’est tellement soudain que j’en laisse échapper un putain de gémissement. La sensation de pénétration est de plus en plus forte quand Jax se met à aller et venir. Ses doigts tournent, sortent, reviennent et recommencent. Ils s’enfoncent toujours plus brusquement, mes hanches remuent sur lui, mon poing le caresse rapidement alors que le souffle me manque. Jax excite chaque partie de cette zone érogène de mon corps. Je m’allonge sur lui, ma langue traine sur sa verge pendant que ma main fait coulisser son sexe entre mes doigts au même rythme que les siens m’élargissant.

 

— Remonte les jambes, je lance d’une voix rauque.

 

Je lèche son gland lentement en avalant la goute salé, Jax me renvoie l’ascenseur en effleurant ma prostate.

Bordel de merde, il sait ce qu’il fait.

Je me redresse pour que Jax s’exécute. ses jambes se relèvent, arquant son cul vers moi, me laissant l’espace pour aller glisser ma tête plus bas. En m’allongeant, je prends soin de coincer ses cuisses pour qu’il puisse garder la position pour longtemps. Jax est totalement exposé, j’entends les shoots de Mack, mais ça ne semble pas le déranger.

Je retrouve son ouverture humide des précédents gestes de ma langue. Je contracte cette dernière pour l’enfoncer dans l’orifice travaillé et commence à jouer avec les nerfs de mon nouveau partenaire.

 

— Oh bordel ! jure l’acteur, surpris.

 

Jax s’arrête un instant. Un gémissement lui échappe alors qu’il découvre une nouvelle sensation. J’alterne entre caresses et pénétrations. Son érection se frotte à ma gorge. Dès que je remue, j’impose à sa verge une légère pression supplémentaire qui ne sert qu’à attiser un peu plus le feu.

 

— Ça s’appelle un 69 amélioré, je le taquine, ma voix résonnant contre son cul.

 

Il relève davantage ses cuisses pour me laisser un meilleur accès avant de reprendre les assauts de sa propre langue sur mon cul. D’une main, il écarte l’une de mes fesses pour dévoiler mon entrée. Sa langue me titille lentement, alternant coup bref et rapide, et ceux plus lents. Son autre main passe entre nous pour se caresser en même temps. Je continue mon manège. Dans d’autres circonstances, si Jax n’était pas unique actif, je ne doute pas que nous aurions fini tous les deux par prendre l’autre. Travailler son cul me fait bander à un tel point que s’en est presque douloureux de lutter pour ne pas jouir dans contre lui… ou au fond de sa gorge. Enfoncer ma langue en lui me fait imaginer ce que ça serait si ma queue l’a remplacé.

Zone inaccessible pour ta bite, mon pote. Tant pis !

Nos actions se font plus rapides, l’empressement se mêle à l’excitation. Jax fait glisser sa langue de façon plus profonde, accompagnant ses doigts qui reviennent à l’assaut. Je gémis contre sa cuisse en mordillant sa peau. C’est tellement bon putain.

C’est tellement bon de prendre son pied tout court en tournant Dereck !

J’avais réellement oublié et pour ça, que Dieu bénisse le Porno Arty.

Je jure en me redressant. Je cesse mon manège, je ne tiens plus. Les jambes de Jax retombent contre le matelas lorsque je lève mes bras. Mon cul s’assoit presque sur son visage. Sa langue continue sa danse folle contre mon orifice. Allant et venant, léchant et s’enfonçant en moi. Je saisis ses cheveux en le lâchant lui.

 

— Jax, je grogne, va-y, plus vite.

 

Je sens les battements de mon cœur jusque dans ma queue. Ma respiration s’emballe. J’ai besoin de plus.

L’acteur continue encore. Je saisis mon érection que je commence à caresser en rythme avec les assauts de Jax. Je vois les caméras braquées sur nous, mais pas une fois je croise leur regard. Je suis plongé dans le moment, à la merci d’un hétéro qui aurait une liste d’amants plus longue que celle de sa fille pour Noël.

La chambre se remplit de plaintes et de jurons. Je me laisse aller contre l’Américain qui mordille ma fesse en introduisant une dernière fois ses doigts, histoire de me faire frémir.

Je sens naitre les prémices d’un orgasme dans ma verge. Des frissons me font trembler, ma peau est couverte d’un film de sueur. En moi, l’énergie est à son comble, ça palpite, ça bouillonne et ne demande qu’à exploser.

Je tire sur ses cheveux en accélérant ma prise autour de mon sexe.

 

— Baise-moi bordel ! j’exige en me sentant proche.

 

Un sourire se dessine contre mon cul. Jax laisse trainer ses dents sur ma peau en caressant mon torse de ses mains libres.

 

— Allez, en selle, cow-boy, lâche Jax en claquant mon cul.

 

Je cesse tout mouvement, je tremble à cause de la tension engendrée. J’enjambe mon partenaire. Jax tend la main pour ouvrir le tiroir, il en sort le Fleshlight de couleur bleue qui n’a rien d’anatomique, on dirait un jouet futuriste qui entre en contraste avec nos deux peaux.

Je me penche pour attraper le lubrifiant sous les oreillers, saisit la bouteille, l’ouvre pour en déverser une bonne quantité dans ma main. Je reviens vers le brun qui m’observe avec une certaine envie que je ne cherche pas à interpréter.

Je l’enjambe de nouveau, à cheval sur lui, face à lui. J’aperçois autour de nous l’une des caméras qui se rapprochent et zoome sur nos deux érections l’une contre l’autre.

Ma main atterrit sur la queue bandée de Jax que je caresse pour lubrifier. Les hanches de Jax suivent le mouvement de mon poignet, réclamant plus. Il a beau être hétéro, ne pas être attiré par les hommes, tout son corps réagit au contact d’un homme et ça me plait.

Mon partenaire attrape à son tour le lubrifiant, en verse une bonne dose dans le Fleshlight.

Seigneur !

 

— Lubrifie ton cul, Dereck, lance Jax sur un ton rauque.

 

C’est ce que je fais. Mes doigts humides partent entre mes jambes. J’en insère deux, testant la détente de mes muscles. Ils glissent avec aisance, la sensation me fait arquer les hanches, mais je ne la prolonge pas. Je veux autre chose de nettement plus imposant.

L’instant d’après, je me place au-dessus de la verge de l’Américain. Je la tiens d’une main, le temps de faire passer son gland au-delà de mon entrée. Je sens la résistance, celle excitante mélangeant douleur et plaisir. Je n’hésite pas, je force le passage en m’empalant d’un coup sec. Des picotements et une brûlure se mêlent au sentiment de pénétration. Jax jure en se mordant la lèvre. Je garde dans un coin de ma tête que l’immédiat le fait frémir.

Je resserre mes muscles autour de lui pour lui donner une impression de serrée. Ses mains sur mon bassin m’agrippent un peu plus. Je nous donne une seconde pour reprendre nos esprits. Mon cœur palpite dans ma poitrine, je vois Jax, sa poitrine monte et descend rapidement.

Je me penche pour l’embrasser chastement, nos lèvres jouent simplement l’une contre l’autres. Un instant plus tard, je commence la chevauchée. J’ondule des hanches d’avant en arrière en le gardant enfoui profondément en moi. Jax m’accompagne, il relève son bassin de temps à autre pour que son sexe aille se frotter contre ma prostate. La chaleur me gagne, je prends appui sur le torse de Jax en accélérant le rythme, de la sueur perle sur nos deux peaux. Une odeur de sexe se répand dans la pièce, mélangée à l’excitation.

J’observe Jax saisir le Fleshlight. Sa main installe le sex-toy contre le bout de mon sexe, il attend que je revienne vers lui pour m’introduire à l’intérieur. Mon ventre se contracte à cette idée. Je n’hésite pas. La sensation de fraicheur et d’humidité est immédiate lorsque je m’enfonce dans le jouet. Un putain de juron résonne. Entre sa queue allant et venant en moi et ça, c’est l’un des mix les plus intenses que j’ai ressenti ces derniers mois. J’en profite à fond et Jax aussi. Son regard sur moi me plait. Il semble captivé par les réactions de mon corps engendré par ses propres gestes. Je n’ai même pas besoin d’exagérer mes impressions, ce n’est pas le but recherché, mais bordel, ce serait pourtant simple de laisser sortir ce plaisir qui monte.

Jax commence à faire glisser le Fleshlight sur ma queue en rythme inversé avec mes hanches qui ondule sur son érection enfoncée dans mon cul. Dès que je vais vers lui, il recule le jouet, dès que j’enfonce, il le fait avancer.

 

— Imagine que c’est ma bouche autour de ta verge, Dereck, imagine ma langue, là, tout de suite, chuchote Jax en s’activant.

 

Bordel, il parle vraiment bien pendant le sexe en plus.

Un autre gémissement sourd m’échappe, Jax tient le rythme en me masturbant à l’aide du Fleshlight. Je n’en ai jamais utilisé d’aussi réaliste, l’impression d’être dans la bouche d’une homme est impressionnante, chaque nervure apporte une friction bandante et lorsque c’est son partenaire qui mène la danse, c’est encore plus jouissif. Je ne contrôle plus rien.

Jax fait descendre le sex-toy jusqu’au bout, m’enfonçant entièrement dans la cavité molle qui fait succion. Je me cambre pour faire face aux picotements qui me gagnent sous le plaisir. J’ai la même sensation qu’une gorge profonde. Cette impression d’être totalement avalé. Ça mêlé à sa verge me pilonnant, je suis à deux doigts de sombrer pour de bon. L’avantage d’être un acteur porno, c’est qu’on apprend l’endurance.

Jax ressort ma queue du jouet, il me fait jurer en jouant avec le bout de ce dernier contre mon gland, m’insérant à peine. Je me venge en m’empalant de manière plus rude sur son érection.

On s’allume l’un l’autre durant un moment, résistant à l’orgasme qui monte petit à petit. L’intérieur de mon ventre me brûle, mon sexe est presque douloureux, mais les sensations de plaisir qui en découlent ne me donnent pas envie de basculer.

Enfin… pas vraiment.

 

— Plus vite ! Oh bordel, oui comme ça ! je lance d’une voix cassée.

 

Jax accélère ses gestes, son bassin rencontre le mien avec plus de rudesse. J’alterne entre va et viens et aller et venu dans le sex-toy.

Mes nerfs sont mis à rude épreuve lorsque Jax reprend son manège sur mon gland. Je le foudroie du regard, un sourire se dessine sur ses lèvres. Je finis par lui prendre le Fleshlight pour augmenter la rapidité des succions du jouet. J’accélère le mouvement de mon bassin sur la queue de mon partenaire, celle-ci bute presque à tous les coups contre ma prostate, m’envoyant des décharges électriques dans tout le corps avant de venir mourir dans mon sexe.

Jax resserre sa prise autour de mes hanches, les siennes rejoignent les miennes. Son érection s’enfonçant plus rapidement.

 

— Putain, Dereck ! murmure-t-il en figeant son visage dans une expression particulière, ne t’arrêtes surtout pas !

 

Il résiste en fermant les yeux, son visage se crispe et je comprends que c’est le signal.

Je le retire de mon cul, son érection se dresse devant la mienne. Je l’attrape en même temps que ma queue pour les caresser ensemble. Les caméramans le comprennent aussi et toute l’attention est portée sur nos deux sexes.

Il ne m’en faut pas beaucoup pour amener le brun au bord du gouffre. Dès que mon pouce effleure son gland rouge, la tête de Jax bascule en arrière pour succomber.

Il jouit en laissant échapper plusieurs jets de sperme qui viennent tacher mon torse et le sien. La caméra de Leila n’a rien raté de son orgasme. Je profite de ses traits marqués par le plaisir, un vrai spectacle à l’état pur qui ne manque pas de m’exciter définitivement. De mon autre main libre, je me termine en serrant mes doigts avec plus de force autour de mon sexe. Je me branle en créant une friction soutenue, à la limite de la douleur, mais qui marche.

Quelques instants plus tard, je succombe à mon tour, sous le regard de Jax qui n’en perd pas une seconde, des giclées longues qui se mélangent au résultat de sa propre jouissance. J’explose en laissant un juron résonner. Mon esprit se trouble, c’est l’explosion.

 

— Seigneur Dereck ! lâche Jax en laissant aller sa tête contre le matelas.

 

Je me laisse aller contre lui, le souffle court, un sourire déformant mon visage. Pour une première, c’était intense.

Pour un come-back devant les caméras, je trouve que je m’en suis bien sorti si je me fie aux réactions de mon partenaire.

Bon retour sur le ring, Dereck !

 

***

 

 

Quelques heures plus tard.

 

 

Jax est parti plus tôt chercher sa fille au centre aéré pour passer l’après-midi avec elle à la plage. Il m’a proposé de l’accompagner, mais j’ai décliné l’offre. La reprise m’a un peu claqué et une fois les derniers shoots faits avec Mackenna, je vais rentrer chez moi.

Avant de prendre le chemin du retour, je fais un détour par la cuisine pour me prendre une bouteille d’eau. Je me raidis en entrant dans la pièce de détente, là où il y a le bar. Demon est présent. Dès que je m’approche du frigo, l’Hardeur aux cheveux rouges et noirs lève son regard sombre vers moi. L’atmosphère se gorge de tension en une fraction de seconde.

Jusqu’à présent, aucun de nous n’a montré aux autres que nous nous connaissions. Je suis surpris que Demon n’ait pas essayé de me parler avant.

Les choses n’ont pas changé on dirait.

J’attends que l’acteur me dise quelque chose lorsque j’ouvre le frigo pour en sortir une bouteille, il plane dans l’air une sorte de non-dits qui en révèle beaucoup.

Le Dom ne met pas longtemps à rompre le silence.

 

— Tu lui as dit ? se contente de me lâcher Demon en mangeant ses morceaux de pommes coupés.

 

L’acteur me jette un regard noir rempli de reproches. Je m’appuie contre le frigo en le dévisageant avec un air tout aussi froid que lui.

À quoi joue-t-il ?

 

— Pourquoi j’aurais dû lui dire ? je lâche sur la défensive.

 

— Tu veux que je m’en charge ? rétorque Demon en croquant dans un bout de pommes.

 

Il n’a pas changé. Son côté insolent et sarcastique me fait penser à un autre moi. Demon lui, n’a pas eu l’occasion de les perdre.

 

— Jax n’est pas comme nous, poursuit l’Hardeur.

 

— Je le sais, je réponds avec agacement.

 

Un rire le gagne.

 

— Alors c’est quoi ton cirque de gentil passif ? Ça te ressemble tellement pas.

 

J’ai changé, connard, je n’ai pas eu le choix.

Je m’approche de lui, Demon ne bronche pas. Il reste calme en apparence et se contente d’user de mots à défaut de gestes. Je m’appuie contre le comptoir, mes mains de part et d’autre de son assiette pleine de quartiers de pomme. Nos regards se croisent, la tension se fait plus électrique dans la pièce. Je ne suis pas venu foutre la merde.

Je la fuis Demon, comme toi tu l’as fait avant moi-même si tu as été moins chanceux.

 

— Si tu avais un minimum de mémoire Demon, tu te rappellerais ce que ça fait d’être des gars comme nous, je déclare en serrant les dents. Tu ne peux pas me reprocher de vouloir changer. Surtout que t’as fait la même chose.

 

J’ai droit à un regard assassin. Visiblement, j’ai touché un point sensible.

 

— Je n’oublie pas d’où je viens, ne t’en fais pas, me répond l’Hardeur sur un ton rempli de reproches, le truc, c’est que Jax a une petite fille, il a une vie compliquée, il n’a pas besoin d’un partenaire qui se trimballe un paquet d’emmerdes. Pigé ?

 

Je rêve où ce connard se permet de me menacer ? Il me juge avec le Dereck Blacks qu’il a connus il y a cinq ans, mais il ne sait pas quel homme je suis devenu entretemps. Dereck Cole a repris le dessus.

Ça te surprendrait mon pote.

 

— Je sais ce que je fais, je lance sèchement.

 

— J’y veille, se contente de me dire Demon en mangeant un autre carré de pomme. Si tu merdes, je ne te raterais pas, ici, c’est pas comme là-bas.

 

Je ne réponds pas, je jette ma bouteille vide et quitte la cuisine pour rentrer chez moi.

Pour la première fois depuis quatre mois, je me sens mal. Mal de cette conversation qui me remet en pleine gueule le gars que je tente de fuir depuis un moment.

Si tu savais Demon, entre toi et moi, nous deux, il n’y a eu aucun chanceux.

 

 

 AMHELIIE

 

[1] NDA : « Fleshlight Turbo » est un des masturbateurs pour homme de la célèbre marque de sextoys © Fleshlight.

[2] : NDA : « Phylosuck » est un terme dans le porno et le sexe désignant un partenaire sexuel dont les particularités linguales sont des plus appréciables.

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