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Blood Of Silence, Tome 6 : Rhymes, Chapitre 33

 

Rhymes

CHAPITRE 33

***

 

 

Je soupire, on n’avance pas assez vite à mon gout et je commence à trépigner d’impatience. J’ai envie d’arriver et de régler cette histoire rapidement.

Sean baisse l’auto radio et je sens que la discussion va commencer. Mon frère n’est pas le plus grand parleur du monde et si parfois j’ai envie de le secouer pour qu’il s’ouvre, à d’autres, j’apprécie son silence.

On est en route pour aller chez les Evils, suite à ma découverte l’autre soir chez Robyn on a décidé avec eux de régler rapidement le problème. Sean a insisté pour venir, sous prétexte qu’il en supporte plus le club et toutes les chattes qui ont envahi les lieux. Comme il n’est pas encore prêt à monter sur une moto, nous voilà dans sa voiture pour faire la route jusque chez les Evils. Le point positif, c’est confortable et chauffé. Le point négatif, j’ai tout sauf envie de parler à qui que ce soit. Je suis d’une humeur exécrable depuis que j’ai joué à l’enfoiré de première avec Robyn.

 

— Alors ? commence Sean.

 

— Alors quoi ?

 

— La shérif.

 

Je prends une grande inspiration, mais ne réponds pas. Je ne sais pas quoi dire. Ce qui me fait rire, parce que je deviens comme lui alors que je l’ai toujours poussé à me parler.

 

— T’es complètement accroc.

 

Je jette quelque coup d’œil à Sean, pour ne pas perdre trop longtemps la route des yeux et emboutir un de mes frères en motos devant moi.

 

— C’est pire que ça.

 

Le silence revient et je repense à tous ces moments avec elle, à combien j’ai apprécié la découvrir, retirer l’uniforme et comprendre la femme qui se cache dessous, sentir sa douceur et ses peurs. Elle me manque, regarder des films avec elle me manque, cuisiner avec elle me manque, l’entendre rire me manque, sentir le poids ses jambes sur les miennes alors qu’elle commence à s’endormir, me manque. Tout me manque et la culpabilité me pourrit.

 

— C’est quoi pire qu’accroc ?

 

— Aimer la personne pour qui tu n’es pas fait.

 

Mon jumeau s’agite sur son siège, je l’entends gémir quand sa jambe cogne le tableau de bord.

 

— C’est elle, hein ? il demande.

 

Je me tourne vers lui pour croiser son regard, il comprend l’importance de Robyn, je ne sais pas s’il l’accepte par contre.

 

— C’est elle, je confirme.

 

La main de mon frère s’abat sur mon épaule, de nouveau je lui jette un coup d’œil, il sourit comme un imbécile.

 

— Va te faire foutre, je lance en me dégageant.

 

— Quoi ! Mon petit frère est amoureux laisse-moi avoir peur pour lui.

 

Je me mets à rire alors qu’il me sort exactement les mêmes mots que je lui aie dits quand Lemon a fait son apparition dans sa vie. La différence étant que Lemon est bénéfique pour lui, ce qu’elle a fait de lui est bien, elle lui a donné une famille, de l’assurance sur ce qu’il est et elle le rend heureux. Avec Robyn, je n’ai rien à lui apporter à part des emmerdes et des trahisons. Qui voudrait de ça ?

 

— Qu’est-ce que tu comptes faire ? demande Sean.

 

— Rien, il n’y a rien à faire quand on est incompatible.

 

— Si tu l’aimes, c’est bien parce que vous êtes compatibles. Je ne te dis pas que je suis emballé à l’idée que tu te foutes avec une shérif, mais si c’est ce que tu veux Rhymes, si c’est elle, c’est tout ce qui compte.

 

Je n’en crois pas mes oreilles.

 

— T’es en train de me dire que tu l’accepteras ?

 

— Ce que je veux dire, c’est qui que tu choisis je suis de ton côté.

 

Je me cramponne au volant, Sean n’est pas ce qu’on pourrait qualifier d’ouvert, mais c’est mon jumeau. Ce serait un autre membre du club, je ne suis pas certain qu’il l’accepte avec autant de passivité.

 

— La famille mon frère, ça te ramollit.

 

— Ça ramollis rien du tout, ça rend juste plus dingue et beaucoup plus crevé. C’est peut-être ce qu’il te faut.

 

— Quoi ? Une famille ?

 

— Ouais.

 

Je me mets à rire amèrement en pensant que je ne suis pas près de retrouver le lit de Robyn, alors une famille…

 

— Ça n’arrivera pas. Même si jamais elle me pardonne, ce que je viens de faire, elle ne sera jamais ma femme. Elle est shérif, elle ne peut pas être associée à un criminel notoire.

 

Ce crétin vient de montrer ce que ça pourrait être elle et moi, ce qu’on pourrait devenir si toute cette merde n’était pas entre nous. Et bien sûr que j’en ai envie, bien sûr que j’ai envie d’avoir la femme que j’aime dans ma vie de toutes les façons possibles. Mais je suis lucide, certaines choses ne verront jamais le jour.

 

— Parce que tu n’es pas en train de t’imaginer un avenir avec elle là ?

 

— Non.

 

— Bien sûr que si.

 

— Tu m’emmerdes Sean.

 

— Non, c’est simplement la vérité. Tu sais, ce que tu m’as dit quand Lemon était enceinte et que je me suis tiré comme un con « il n’est pas trop tard ». Il n’est pas trop tard Rhymes, si tu l’aimes, il n’est pas trop tard. Fais les choses bien, trouve des compromis, rampe devant elle si c’est nécessaire, mais ne la laisse pas t’échapper sous prétexte qu’elle est shérif. Parce que crois-moi, tu le regretteras toute ta vie.

 

— Et le club ?

 

— Une fois cette guerre finie, une fois les Santorra enterrés, ce sera calme ici, les trafics roulent et les cadavres arrêteront de surgir de nulle part.

 

Je ne réponds pas et réfléchis à ce qu’il dit. Il a raison, ça ne me rangera pas du bon côté de la loi, ça ne fera pas de moi quelqu’un de rangé, mais même si les flics ne cesseront jamais de vouloir nous faire tomber, le coin sera débarrassé des emmerdes. Rien ne verra troubler nos habitudes et sans croire que tout roulera, on sait qu’il y aura moins de danger. Est-ce qu’elle pourrait accepter ça ? Est-ce qu’elle pourrait avoir ce genre de relation avec moi ? Je n’en sais rien, mais je vais remercier mon frère d’avoir semé le doute chez moi alors qu’on arrive à destination et qu’on doit planifier la mort d’une balance.

 

 

***

 

 

Nous sommes de retour dans la salle de réunion des Evils. Leur club commence à devenir une deuxième maison à force et je ne sais pas si nous devons nous réjouir de cette nouveauté. Les Evils sont solides et de ce que j’ai pu voir jusqu’ici, loyaux, pourtant je n’arrive pas à leur faire confiance. On a liquidé les Blacks ensemble, on livre leurs armes, mais passé le boulot, j’ignore si on pourrait compter sur eux.

Cinq de leurs membres sont installés à la table, Abb, Zagan, Nergal, Andras et Baalam. Un ramassis de noms à la con qui doit cacher des Robert, Marc et Arthur. De notre côté, il n’y a qu’un seul président H, Creed étant parti livrer une bonne partie du stock de coke avec les autres absents. Sean, Liam et moi finissons le tableau des Blood autour de la table.

 

— On vous écoute, lance calmement Zagan.

 

H raconte ce qu’on sait sur la balance grâce aux photos prises dans le dossier de Robyn. À sa voir son nom, a quoi il ressemble et où il a été transféré. Il ne mentionne pas comment on a eu ses infos et je sens que ça agace les Evils de ne pouvoir compter que sur nos dires.

Lors de la descente contre les Blacks, ils nous ont fait confiance et même si ça n’a pas terminé comme on l’aurait souhaité, le plus gros du boulot a été fait. Ils sont tous rentrés entiers et personne ne s‘est fait arrêter. Reste à finir le boulot.

 

— En prison alors ? Cet enfoiré ne sait même pas marchander comme il faut. Avec vous, les Santorra et nous dans le marché, il aurait pu obtenir une immunité et même la protection des Marshals.

 

Les Evils se mettent à rire suite aux propos de Baalam. Jason Llyod n’est sûrement pas la lumière ni le cerveau de l’organisation des Blacks, mais ce qu’il sait est trop dangereux pour nous, pour qu’on le traite à la légère.

 

— C’est peut-être un gros con, en attendant il a nos vies entre ses mains.

 

— T’as l’air à cran, VP.

 

Je croise le regard de Zagan, presque aussi froid qu’un iceberg, et je ne peux m’empêcher de sourire en pensant que je vois ce genre de regard depuis que je suis né et qu’il est loin de me faire peur.

 

— Je le suis, je n’ai pas envie de retourner en taule. T’as un problème avec ça ?

 

Je sens le regard de mon président insistant sur moi, ce qui signifie « arrête de foutre la merde », mais je ne vais pas m’écraser devant cet enfoiré, il n’y a aucune raison.

 

— Aucun, si tu me dis comment on vient à bout de cette raclure.

 

— Très bien. Il n’est pas encore en prison, je suppose que le marché tient à des conditions qui ne doivent pas encore toutes être remplies. En attendant, on ignore où il est, mais on peut le trouver et savoir quand il sera transféré…

 

— Comment ? il me coupe.

 

Je soupire et réprime la sensation de dégouts qui m’envahit alors que ça veut dire trahir de nouveau Robyn si toutefois c’est possible. Mais on n’a pas le choix, on doit savoir où il est et l’éliminer.

 

— C’est notre affaire.

 

Zagan hoche la tête l’air sceptique et je poursuis quand leur président me fait signe de continuer.

 

— On sait où il va, dans quelle prison, à nous tous on peut largement intercepter le convoi et s’occupera de cet enfoiré. Voilà le plan.

 

— Ça veut dire buter des fédéraux.

 

J’acquiesce et je pris chaque jour pour que Robyn ou ses hommes ne soient pas de la partie. Je ne sais même pas ce que je ferais si je la trouvais de l’autre côté de mon canon. Tirer sur elle n’est pas envisageable, mais je sais que d’autres auront moins de scrupules. Je ferais en sorte qu’elle ne soit pas du voyage, même si ça veut dire l’attacher à son lit.

 

— Un jour vous allez arrêter de nous prendre pour des crétins décérébrés, qui n’ont pas prévu tout ce que ce plan inclut ? demande H blasé du comportement des Evils.

 

— On assure nos arrières mon frère, répond Abb, rien de plus normal.

 

— Assurez, en attendant c’est ce qu’on a de mieux comme solution. Si ça ne vous convient pas, on vous écoute.

 

Les membres des Evils se jettent des coups d’œil, puis ils se mettent à rire pendant que du côté des Blood on perd patience.

 

— Ouais, on a plus simple, reprend Nergal le sergent d’armes.

 

Je me penche en avant étalant mes avant-bras sur la table, curieux de la connerie qu’ils vont nous sortir.

 

— À la prison du comté, c’est bien là qu’il va ?

 

H acquiesce, je me fais la réflexion que la pièce est presque respirable sans la fumée de tabac de Creed, Savage et Nir.

 

— On a un frère enfermé là-bas, il peut s’en charger.

 

Je soupire en me redressant, je jette des coups d’œil à mes frères, abasourdis par la révélation. Le dire plus tôt aurait été judicieux, nous éviter des ulcères pour savoir comment agir aurait semblé trop simple surement.

 

— Bande d’enfoirés ! jure mon frère.

 

Les Evils se mettent à rire devant nos mines déconfites et je sens la pression se relâcher. Robyn ne sera pas en danger. Si c’est interne, elle ne craint rien et personne ne saura ce que j’ai déterré de son sac. Le soulagement m’envahit et je me rends compte que sa vie compte plus que la mienne, que je me serais mis en travers d’elle et d’une balle sans même réfléchir. Parce qu’elle est cette femme, celle que je protègerais de tout, même de moi.

 

MARYRHAGE

Commentaires

  • merci mon Dieu! j'ai cru que mon cœur allait s’arrêter quand la balance est venu voir les fédéraux vivant....Sean, je t'adore!
    merci les filles

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