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Free Fallin #2 - Chapitre 18 - Vanya


Aujourd’hui j’ai compris qu’il y a très peu de réelles certitudes dans la vie. On peut prendre certaines choses pour acquises et se rendre compte qu’elles sont aussi futiles que le temps. On peut penser certains faits établis pour ensuite les voir évolués d’une façon qu’on aurait jamais cru apercevoir. La vie nous montre chaque jour que tout est incertain, que les les gens, les pensées, les réalités et même notre destin ne sont pas immuables. Tout change tout le temps, tout évolue et nous fait souvent perdre pied. On tombe, on se blesse on se heurte continuellement à ces nouveautés qu’on voudrait pouvoir serrer dans nos mains pour les empêcher de changer encore. On évolue avec le temps ; on laisse la vie faire de nous des êtres parfois meilleurs et à d’autres pires. On se perd en prenant les mauvaises directions, on fait demi-tour, ou l’on fonce droit dans le mur et on observe les dégâts. On retape, on répare, on tire des traits, on renait et puis on continue. Ce sont les incertitudes de la vie, de nos existences mêlées les unes aux autres, de nos dépendances et de notre avenir. On s’entrechoque continuellement, et puis on tombe sur cette celle qui fait la différence. Celle qui ne changera jamais, celle qui devient le chemin. Celle qui prend toute la place et qui remet la vie en ordre. Celle qu’on ne laissera jamais partir. Celle qui donne un sens. Celle qui révèle tout et fait que tout devient clair dans l’obscurité. La mienne, je l’ai trouvé dans la salle d’attente d’une prison. La mienne, elle m’a souri et je n’ai pas cessé de l’aimer depuis. Qu’elle soit triste et perdue ou forte et heureuse ; qu’elle soit loin de moi ou dans mes bras, je l’aime. Je l’aime et je n’ai jamais renoncé, j’ai toujours su qu’on se retrouverai. Qu’il faudrait du temps et de la patience, mais qu’elle reviendrait. J’ignorais que ce serait ce soir, j’ignorais pouvoir vivre la pire journée de ma vie et connaitre le meilleur en même temps. J’ignorais pouvoir tenir Jessa dans mes bras et me sentir au bord du précipice en même temps.

— C’est ça. Toi et moi, c’est comme ça.

Elle sourit étrangement sans lâcher mon visage, ses yeux parcourent chacun de mes traits.

Jessa ne me laisse pas le temps de répondre que sa bouche revient sur la mienne. J’ignore ce qu’il s‘est passé pour elle aujourd’hui, j’ignore même si j’ai réellement besoin de le savoir tellement j’ai envie d’elle. Je me contente de savourer sa présence, son corps contre le mien, ses bras qui s’enroulent autour de mes épaules et sa langue qui ravage la mienne. J’ai besoin de cet amour aujourd’hui plus que jamais. J’ai besoin de l’avoir, de me dire que je ne suis pas seul, qu’elle est là, qu’elle me comprend, que ce qui semble totalement impossible pour le reste du monde, n’a pas sa place entre nous.

Ses baisers me font oublier, ils enlèvent tout, ils relèguent tout au second plan. Il n’y a plus que nous et ce désir brutal qui la frappe autant que moi. Je relâche son corps. Son regard ne me quitte pas alors qu’elle glisse contre moi pour retrouver le sol. Ses mains s‘accrochent à mon t-shirt, désespérément. Je ne bouge pas, je l’observe, je regarde cette beauté qui me fait mal, cette envie dans son regard. Chez moi me semble trop loin. J’ouvre la porte arrière du taxi et attire Jessa pour la faire entrer avec moi. Ma taille ne facilite pas les choses mais je ne compte pas laisser d’espace entre elle et moi.

Jessa monte, la porte se referme et je l’attire sur moi. Sa bouche revient ravager la mienne et je caresse son corps assis sur mes jambes. Elle se presse sur mon sexe, elle gémit et le contrôle disparait. Il n’y a plus que ses halètements, sa peau sous mes doigts, ses yeux qui expriment trop d’envie et cette attente qui va prendre fin.

Elle enlève mon t-shirt, le sien disparait, je défaits son soutien-gorge pendant qu’elle ouvre mon jean. Je sens sa main saisir ma queue et ma bouche capture son téton rose. Jessa se cambre en me caressant, la chaleur du taxi mêlé à celle de nos corps rend l’air irrespirable. Je lèche sa poitrine, la mordille et goute à cette peau qui m’a tellement manqué. Mes mains glissent sur ses fesses je relève sa jupe sur sa taille et la presse contre moi. Jessa, s’agite et son entre jambe couverte d’un peu de lingerie vient se frotter à ma queue. Je lève les yeux sur elle, son visage rouge, la sueur sur son front, ses yeux brillant, et je n’attends pas plus. Mes doigts dégagent sa culote pour sentir la chaleur humide entre ses jambes. Elle se mord la lèvre en fermant les yeux alors que je la caresse plus fort.

— Regarde-moi, je lance.

Ses yeux s’ouvrent, je place ma queue à l’entrée de son corps et en levant les hanches je la pénètre d’un coup. Jessa crie, mon cœur explose ma poitrine et je capture ses lèvres en nous unissant. C’est tellement bon d’être là, d’être en elle, de l’avoir dans mes bras, de sentir ses doigts qui tirent mes cheveux et sa langue qui se noue à la mienne. Aucun de nous deux ne bougent durant quelques minutes, nos yeux ne se lâchent pas comme pour être sûr de rendre tout ça réel. Le regard de Jessa est différent de ce que j’ai connue lors de la seule nuit qu’on a partagé ensemble. Tout est différent et je comprends qu’elle est là, entièrement, qu’elle me donne tout et pas seulement son corps qui manque cruellement d’attention. Elle se donne à moi, de toute ses forces, de toute son âme. Je l’enlace étroitement, et laisse son corps nous propulser vers le plaisir en savourant la douceur de sa peau, son odeur et ses caresses.

 

 

***

 

 

Je frissonne en sentant le doigt de Jessa tracer des lignes éphémères sur mon torse. On reprend notre souffle, allongés comme on peut à l’arrière du taxi. Les silences, avec elle, ça n’a jamais était un problème, ça ne ressemble pas à de l’embarras parce qu’on ne sait pas quoi dire, c’est juste que les moments se suffisent à eux-mêmes, qu’ils n’ont pas besoin de mots, que tout a été dit même si ce n’était pas avec des paroles. Pourtant, ce soir j’ai besoin de mots. J’ai besoin de certitude et de savoir que ce qui s’est passé, je ne l’ai pas rêvé. Qu’elle est là et que cette présence à la même signification pour elle que pour moi.

— Qu’est ce qui s’est passé Jessa ?

Je la sens soupirer sur mon torse. Elle ne répond pas immédiatement et mon bras la serre un peu plus comme pour la rassurer.

— J’ai appris pour ton père.

Je redresse la tête pour la regarder, son regard croise le mien et j’ai peur de mal comprendre.

— Tu couches avec moi parce que mon père va mourir ?

— Non ! s’exclame-t-elle en se redressant, bien sûr que non !

Ma tête retombe sur la banquette arrière, je me frotte les yeux. La journée a été longue, les questions, les réponses que je ne veux pas entendre et la perversion du système qui se dévoile sous mes yeux, m’ont assez dégoutté pour le moment. Je ne veux pas rajouter la pitié de Jessa.

— Alors qu’est-ce que mon père à avoir là-dedans ?

Jessa reviens s’allonger sur moi, son visage à hauteur du mien. Ses longs cheveux blonds lâchés viennent encadrer nos visages. Ses yeux brillent de larmes.

— Rien. Il n’a rien à voir avec nous. Il m’a juste fait comprendre que je voulais être avec toi.

Sa tête retombe sur mon torse avant qu’elle reprenne.

— Je me suis trompée Vanya, je pensais qu’en te gardant en ami, qu’en m’éloignant de ce que je ressens j’avancerai. Je me relèverais et j’arrêterai d’avoir peur. Je pensais que tenter de sauver une vie était ce que je devais faire, que ça me rapprocherait de Jay, que je serais avec lui encore…

J’entends les sanglots et la culpabilité dans sa voix. Mes bras l’encerclent, elle n’a pas à s’en vouloir de s’être trompée, d’avoir voulue survivre.

— Je voulais un combat contre la mort et je voulais le gagner. Me dire que c’est possible. Que la justice existe réellement et je me suis perdue.

Son visage revient au-dessus du mien, je ne dis rien fasse à sa douleur qu’elle m’expose enfin.

— Ce n’est pas contre la mort que je dois me battre, c’est pour la vie. C’est pour toi Vanya, pour nous. C’est ce que j’ai compris en voyant ton père aux infos ce matin. Je t’aime et même si j’ai peur, même si je ne veux pas l’oublier, c’est avec toi que je veux être. C’est avec toi que je suis heureuse, c’est avec toi que j’ai envie de vivre.

Sa bouche se pose sur la mienne, je reste inerte à sentir ses larmes sur mes lèvres. J’ai l’horrible impression que rien n’est réel, que quelque chose va venir se mettre entre nous encore et pourtant elle est bien là. Elle m’embrasse avec son désespoir et sa culpabilité, son corps encore nu est bien sur le mien et je sens les frissons qui la gagne sous mes doigts.

— Il le fallait Jessa. Il fallait que tu le fasses, que tu te trompes, que tu cherches seule le moyen de survivre pour comprendre.

— Pourquoi tu m’as laissé faire ?

— Parce que sinon tu te serais demandée toute ta vie si tu fais le bon choix. Si être avec moi est bien, si ne rien faire face à la mort est acceptable et si tu m’aimes assez pour vouloir cet amour. Je ne veux pas que tu l’oublies, je veux seulement avoir ma place.

Ses bras m’encerclent, son visage part se perdre dans mon cou et les larmes qu’elle a tenté de retenir sortent enfin. On se serre l’un l’autre avec force et besoin. Besoin d‘avoir sa peau contre la mienne, de sentir son amour et d’en tirer la force nécessaire pour affronter demain.

Je repense aux mots de Jay, à cette lettre qu’il m’a laissée.

« Montre-lui la vie et aime-la »

C’est ce que je fais, chaque jour même quand elle est loin de moi, même quand elle se perd parce que la vie est ainsi. Pleines d’erreurs qui finissent par nous faire comprendre l’essentiel. Elle avait besoin de tomber pour se relever, elle avait besoin de chuter pour comprendre qu’on peut tout recommencer. L’amour ne disparait pas, il ne s’en va pas après un coup de vent, il reste toujours et le mien sait être patient. Il est capable de l’attendre une vie entière, de se battre contre la mort et d’accepter les défaites, parce qu’on en sortira toujours vainqueur si on est ensemble.

 

 

***

 

 

Le lendemain matin,

 

 

Je verse le café dans les tasses puis je les pose sur le plateau. Je fouille dans mes placards à la recherche d’un truc à manger pour le petit déjeuner mais je n’ai rien à part des paquets de pates. Un coup d’œil à mon frigo pour comprendre qu’un tour au supermarché est urgent. Tant pis, on ira prendre un vrai petit déj dehors, plus tard. Je prends le plateau et l’emmène dans le salon, Jessa est assise en tailleur sur mon canapé, les cheveux en désordre et vêtue seulement d’un de mes t-shirt. Je pose le plateau sur la table basse.

— Je n’ai rien à manger, désolé.

Jessa me sourit en fronçant son nez. Mon sexe se réveil sous cette mimique que j’ai toujours trouvé excitante.

— Café, c’est très bien pour le moment, dit-elle en prenant une tasse.

Je m’installe sur le fauteuil en face d’elle et je la regarde souffler sur le liquide brulant.

Hier soir après avoir refait l’amour dans ma voiture on est enfin rentré chez moi prendre une douche et dormir. C’est la première fois qu’elle dort chez moi. J’ai passé beaucoup de nuit dans son appartement, mais elle n’a jamais fréquenté mon lit. J’ai adoré ça, l’avoir dans mes bras, chez moi, et pouvoir lui faire l’amour au petit matin.

Je prends mon café et profite de cette matinée tranquille.

— Je suis passée chez ta mère hier, lance Jessa.

— Chez ma mère ?

Elle hoche la tête en serrant sa tasse à deux mains.

— Pourquoi ?

— Je te cherchais, tu étais injoignable et après avoir vue les infos je me suis dit que peut-être tu étais avec elle.

Je baisse les yeux sur ma tasse, j’ai reculé ce moment. Je sais depuis (TEMPS) qu’il va mourir mais je n’ai pas encore trouvé le courage d’en informer ma mère. J’ignore comment elle va réagir, si même cette nouvelle aura un quelconque impact sur elle.

— Elle ne sait rien ? demande Jessa.

Je relève la tête pour la regarder.

— Je ne lui ai rien dit, mais s’ils en ont parlé aux infos peut être qu’elle est au courant. Quoi qu’il en soit je dois aller la voir.

— C’est ce que tu ne pouvais pas me dire ?

— Entre autres, oui.

— Explique moi.

Je repose ma tasse, mes mains se frottent sur mon jean à défaut de pouvoir s’enfoncer dans mes poches. Parler de lui me met toujours mal à l’aise et surtout en colère.

— Tu as vu Carter ? me questionne Jessa.

— Oui, hier j’étais avec lui.

— Neuf exécutions, elle reprend, la faucheuse à parler d’un produit qui arrive à expiration.

Je me mets à rire, elle doit être dans tous ses états et déjà sur le pied de guerre pour aller se battre.

— C’est ça, le Midazolam arrive à expiration à la fin de l’année. Il coute cher, l’état ne peut pas se permettre de le jeter, je réponds blasé de cette décision.

— Qu’est-ce que ton père a fait alors ? je sais que ce n’est pas cette décision qui t’as énervé comme ça.

Non effectivement, même si je trouve ça minable de faire passer l’argent avant la vie, qu’il soit exécuté ne m’énerve pas, mais ce qu’il m’a demandé oui.

— S’il est encore en vie c’est parce qu’il donne des infos au comptes gouttes aux enquêteurs pour relancer l’affaire et retarder la sentence. Pas cette fois. Il ne peut pas arrêter l’exécution.

— Pourquoi ?

— Il m’a dit que le FBI ne voulait plus enquêter, qu’il ne cherchait plus les corps qu’il pourrait révéler. Le procureur a clos l’enquête quand la date de l’exécution a été prononcé. Il reste le procès pour la dernière victime retrouvés qui aura lieu dans deux mois.

— Et les appels, les recours ?

— Ils seront rejeté selon lui.

— Et selon toi ?

— Il a raison. C’est fini. Son manège n’intéresse plus personne.

— Mais et les victimes qu’il reste à trouver, les familles…

Je baisse les yeux, c’est exactement ce que j’ai dit à Carter hier et lui comme moi avons essayer de comprendre ce bordel qu’est la justice dans notre pays. Un ramassis de conneries qui ne sert que le pouvoir des hommes élues.

— Ça n’a surement pas assez de poids pour le procureur.

— Ça n’a pas de sens…

— Ça en a un, seulement pas le nôtre. Le procureur veut se faire réélire à la fin de l’année, exécuter des hommes qui coutent cher à l’état, enfermés depuis des années dans le couloir et de ce fait, faire économiser le prix d’un produit déjà acheter lui assure sa place. Mon père est coupable, les enquêteurs ont déjà trouvé (NOMBRE VICTIMES), c’est suffisant pour l’opinion publiques. Ce n’est pas les quelques familles restantes qui n’obtiendront jamais de réponses qui feront pencher la balance.

Je suis écœuré de ce système, de cette justice qui se mêle à la politique et qui n’a plus rien de juste. Il est corrompu, il ne sert personne et certainement pas la justice.

— Qu’est-ce qu’il t’a demandé de faire ?

Je croise son regard vert en colère et je repense aux paroles de mon père. Cette façon abjecte de jouer avec la vie des gens pour son propre intérêt. J’ignore pourquoi je suis encore surpris de sa cruauté, alors que pourtant je l’ai vue de mes propres yeux aux procès.

— De me battre pour lui.

 

Maryrhage

Commentaires

  • Mary ce chapitre est magnifique
    Bouleversant
    Merci
    Bon évidemment la fin me laisse perplexe connaissant Vanya...

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