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#1 Sauvage

  • Instinct - Tome1 - Chapitre 17 - Elya


     

     

    J’étais résolue. Loin d’être enchantée à l’idée de quitter le pays pour un endroit dont je ne sais rien, mais je pensais que je pourrais agir une fois sur place. Que je pourrais m’arranger pour être en sécurité mais j’aurais dû penser que Brent ne lâcherait rien. Qu’il serait capable de tout et surtout qu’il a le portefeuille infini capable d’acheter n’importe qui.

    La loyauté n’a plus aucune valeur de nos jours, seul l’argent compte, ce que Stone et moi comprenons douloureusement.

    J’entends des gémissements des plaintes rauques de douleurs qui proviennent de l’autre côté de la pièce. Je tente de défaire els liens qui serrent mes poignets mais rien n’y fait.

    J’ignore où l’on est, je sais juste qu’on a fait de la route, je suppose donc qu’on est de retour à New-York, ce qui semble le plus logique si Brent veut récupérer son tableau.

    L’attaque a été rapide, je n’ai pas eu le temps de la voir arriver que l’un des hommes de Stones avait déjà son arme braquée sur nous dans l’avion et à l’extérieur les coups de feu résonnaient.

    Puis on m’a attaché les mains, foutue une cagoule sur la tête et trainé jusqu’à une voiture et enfin jusqu’ici.

    Les gémissements de douleurs se font plus fort de l’autre côté de la pièce dans laquelle on est enfermé.

    — Stones ? Est-ce que ça va ?

    Je revois le vieil homme à l’air amicale prendre un coup de crosses sur le crâne.

    — Je survivrai. Et toi ma jolie ?

    J’acquiesce bêtement, comme s’il pouvait me voir avant de reprendre.

    — Oui, tout va bien.

    Mis à part qu’on est enfermé dans une pièce qui sent le moisie et l’humidité, que j’ai froid, que le bébé fait des cabrioles dans mon ventre et que je suis morte de trouilles.

    — Je suis désolée, je lance en sentant les larmes monter.

    — Ne le soit pas, on va s’en sortir.

    Je renifle en secouant la tête. Il ne va pas nous épargner, si je suis encore en vie c’est seulement parce que je sais où est ce foutue tableau et qu’il n’a que moi pour l’atteindre. Une fois qu’il l’aura récupéré je finirais comme Deva et Ian et j’entrainerai Stones avec moi.

    — Nik va se rendre compte qu’il y a un problème.

    Je ricane en secouant la tête, il en manque que lui pour que le tableau de ma culpabilité soit terminé.

    — J’aurais déjà dû l’appeler pour lui confirmer que tout se passait comme prévus, continue Stones, et tu sais comment il est, intransigeant sur le protocole.

    Oui, il l’est. Il aime que tout se déroule dans l’ordre, que tout soit réglé au millimètre près.

    — Il nous retrouvera.

    Je ferme les yeux très fort en pensant que je l’espère, il est notre seule chance de revoir la lumière du jour. Mais le temps qu’il se rende compte de ce qui s’est passé, on sera surement déjà enterré quelque part où personne n’entendra plus jamais parler de nous.

    — Qu’est-ce que te veux cet enfoiré de Brent ?

    Je soupire, mes yeux habitués à la pénombre distingue à présent la masse de Stones à l’autre bout de la pièce, ainsi que la porte plus sombre que les murs.

    — Un tableau, je réponds en me levant à l’aide du mur.

    Je me dirige à petit pas vers la porte, le sol n’est pas lisse, c’est de la terre humide.

    — Tu lui as volé un tableau ? Je comprends mieux pourquoi Nikita s’est entiché de toi.

    Je souris en tournant la poignée de mes mains liées. Nik ne sait rien de tout ça, il sait encore moins que j’ai épousé cette enflure de Brent.

    — Pas vraiment, je lance en relâchant la poignée bloquée.

    — Comment ça ?

    Je donne un coup de pied de rage dans la porte close et rejoint Stones.

    — Un ami à moi travaillait pour Brent, il lui faisait des copies d’œuvres que Brent revendait comme des originaux. Sauf que pour le dernier il a réclamé l’original pour faire un travail précis et il l’a gardé.

    — Il l’a tué ?

    J’acquiesce dans la pénombre en repensant à cette soirée, au corps de Ian gisant dans l’atelier, à Deva qui a subi le même sort. Cet enfoiré n’a pas hésité à me tabasser, à passer ses nerfs sur moi en exigeant des réponses. Je n’ai rien dit, parce que je savais qu’il me tuerait à la minute où je lui indiquerais l’endroit où est caché le tableau. J’ai profité de son inattention, lorsqu’il m’a laissé seule dans la chambre attenante pour sauter par la fenêtre et c’est là que je me suis cassé le bras et fêlée des côtes, puis je suis tombé sur Nik.

    — Tu sais où il est ce tableau ?

    Je me tourne vers mon compagnon de captivité, j’ignore si je peux lui faire entièrement confiance, si quand Brent va réapparaitre et exiger que je lui dise, Stones ne va pas me trahir. Je ne sais rien de cet homme à part qu’il a la confiance de Nik, ce qui en dit long sur lui probablement.

    — Comment avez-vous connu Nikita ?

    Stones émet un petit rire de gorge.

    — Son père et moi étions ami, je l’ai vu naitre.

    — Il est mort, son père ?

    — Oui, il s’est fait descendre lors d’un casse chez un particulier. Nik n’était pas avec lui, c’était trop gros pour une seule personne.

    Le connaissant il doit s’en vouloir de ne pas avoir été là pour son père.

    — Alexeï, le père de Nikita, voulait se prouver qu’il n’était pas fini, que son fils n’était pas le meilleur, qu’il pouvait encore surprendre. Leur relation était très compétitive, assez étrange pour un père et un fils.

    — Et sa mère ?

    Stones soupire, je vois sa tête bouger, j’imagine qu’il la secoue de dépit. Nik a décidément hérité du père de l’année.

    — Sa mère c’était tout pour Nik, si avec son père c’était tendue, avec elle il était fusionnel. Alexeï se moquait souvent de lui enfant, comme quoi il ne sortirait jamais des jupons de Sarah. Il l’aimait tout simplement et c’était la seule à lui donner l’affection dont il avait besoin. Quand elle est morte, une part de Nik est partie avec elle, il n’a plus jamais été le même.

    Je repense à notre tour dans le jardin à sa haine fasse aux enclos vide en se rappelant sa mère et sa perte.

    — Jusqu’à toi, reprends Stones, je ne l’ai jamais vue s’inquiéter pour quelqu’un comme il s’inquiète pour toi.

    Je détourne le regard comme s’il pouvait voir quoi que ce soit dans cette pénombre. Il m’a ouvert son cœur et je regrette de ne pas l’avoir entendue quand ma mémoire est revenue. Si je lui avais dit ce qu’il se passait avec Brent il n’aurait pas pris cette décision qui nous a. Conduis ici avec Stones. Mais qu’aurait-il fait ? Se confronter à cet enfoiré l’aurais mis en danger. Seulement à présent son ami est prisonnier avec moi et risque d’y rester.

    Je soupire de lassitude, j’ignore quoi faire, j’ignore comment on pourrait s’en tirer sans que ce soit les pieds devants.

    La porte s’ouvre et me coupe de mes pensées, la lumière jaillit et nous éblouie. Brent entre, dans son costume parfait comme toujours. D’aussi loin que je me souvienne il a toujours été impeccable, loin de la tenue pratique de Nik. La différence, lui ne se mouille pas alors que Nik si.

    Brent s’approche, ni Stones ni moi en bougeons. A la porte il y a deux hommes armés, dont celui qui a trahis son patron lors de l’embarquement dans l’avion.

    — Salut ma jolie, dit-il en s’accroupissant devant nous.

    Je ne réponds rien, je me demande seulement comment j’ai pu tomber amoureuse de cet enfoiré. Qu’est ce qui n’allait pas chez moi à l’époque pour qu’un simple sourire de séducteur accompagné de mots percutants suffisent à me faire succomber ?

    — Tu sais ce que je veux, il reprend, alors donne-le moi et tout sera fini.

    Je ricane, sa main n’attend pas elle part percuter ma joue dans un revers puissant. Il n’a jamais aimé que je me foute de lui.

    — Va te faire foutre Brent !

    — Laisse-la tranquille Brent, grogne Stones à mes côtés.

    Mon mari qui a fait en sorte que le divorce que j’ai demandé ne soit pas prononcé en ne signant aucun papier, en se foutant de moi durant des années que j’ai fini par renoncer à obtenir quelque chose de lui, se met à rire.

    — Tu t’es fait pleins de copains depuis notre dernière rencontre, dit-il à mon encontre, ce ne sera pas suffisant pour sauver ta vie, alors dis-moi où est ce putain de tableau si tu veux que toi et ton foutu bébé soyez épargné.

    — Tu sais que Nik et ses hommes ne vont pas mettre longtemps à te retrouver, poursuis Stones.

    Brent se tourne vers lui, le regard sombre.

    — Nik est un bon à rien qui n’est pas capable d’aligner deux plus deux.

    Je repense à Keme, à ce regard qui glace jusqu’à l’os à ce côté sans cœur qui émane de lui, à Lane et ses facilités avec un ordinateur et je me dis que Brent a une fois de plus tout faux.

    Stones doit penser pareil puisqu’il se met à rire et énerve notre kidnappeur qui lui en colle une à son tour.

    — Dernière chance Emy, où est le tableau, sinon j’égorge ton nouvel ami.

    Stones rit de nouveau alors qu’on se dévisage avec ce qui a été mon mari un jour. Stones est peut-être trop sûr de lui, je sais que Brent est un gros lâche et qu’il n’hésitera pas à descendre toute personne qui pourrait être une menace pour lui. La peur s’infiltre en moi alors que le regard (couleur) de Brent me défie de prendre ce risque. Je ne peux pas laisser une autre personne mourir, je ne peux pas.

    — Libère le et je te dirais ce que tu veux savoir.

    — Hors de question ! répliques Stones, je ne vais pas te laisser avec ce taré !

    Il se tourne vers lui, un sourire confiant sur le visage.

    — Il ne me fera rien, il n’est pas si stupide, sinon il aura des dizaines d’hommes qui voudront sa peau, au cul.

    Justement, en enlevant Stones, il n’a plus rien à perdre. S’il le laisse en vie, il se vengera, s’il le tue, tous les braqueurs du monde avec qui il bosse le vengeront. Brent est cerné et il le sait. Je le vois à son regard fuyant qu’il tourne vers ses hommes à la porte. Son business de copie se joue à New York il pourrait surement fuir mais il perdrait gros. Je me mords la lèvre pour ne pas rire, en comprenant qu’il vient de s’enterrer lui-même. Et il prend Nik pour un con ? Et bien, on peut dire que Nik réfléchit avant d’agir, Brent lui est trop imprévisible.

    — On dirait que t’as perdue…

    Sa main revient me frapper, il est en colère parce qu’il est au pied du mur.

    — La ferme salope ! Tu vas finir comme Ian et Deva, une balle dans la tête et une dans le ventre pour finir ce batard que tu portes !

    — Si tu savais comme ça me réjouit qu’il ne soit pas de toi, je rétorque.

    Brent se redresse, ses poings sont fermés le long de son corps, il se retient de me frapper, seulement parce qu’il veut son tableau.

    — A une époque tu m’aurais supplié de t’en faire un.

    Oui, à une certaine époque où j’étais stupide, ou je le prenais pour le directeur d’une galerie, ou j’étais aveugle et où je voulais croire au grand amour. Ce grand amour qui m’a fait me marier à Londres, deux mois après l’avoir rencontré lors d’une conférence qu’il donnait en tant qu’invité de mon prof d’histoire de l’art. Du haut de mes vingt ans il semblait fascinant, magnétique. A la lumière de nos années passé ensemble c’est seulement un arriviste qui achète et arnaque tout le monde.

    — Qu’est-ce qu’il raconte ? questionne Stones.

    Brent sourit, comme s’il s’apprêtait à m’achever.

    — Cette salope est ma femme.

    — Quoi ?

    — Je suis ta femme seulement parce que tu refuses le divorce ! je m’énerve.

    Je sens le regard perplexe de Stone sur moi. J’espère qu’il n’imagine pas n’importe quoi, comme le fait que je me suis joué de Nik. Ce n’est pas le cas, j’aime Nik. J’ai découvert cet homme en me cherchant moi-même et ce qui s‘est passé entre nous n’a rien de faux. Tout est réel, tout comme mes sentiments pour cette montagne de muscles au cœur meurtrie. Nik est vraie, même s’il semble sauvage au premier abord c’est simplement sa protection, ce n’est pas pour se jouer des autres. Il n’a rien à voir avec Brent. Durant ce temps qu’on a passé ensemble, j’ai appris à connaitre cet homme, à voir sa passion pour l’art, sa bonté avec moi, son besoin de contrôle qu’il a laissé s’évaporer dans mes bras, sa loyauté et ses blessures. Pas seulement physiques mais aussi les invisibles à l’œil nu, celles qu’on cache aux autres, celles qu’on ne laisse pas sortit sauf avec les personnes qu’on aime.

    Nik m’aime, je le sais, même s’il n’a rien dit, il n’a pas vraiment besoin de mots pour le dire, il a pris soin de moi, il a voulu m’aider coute que coute et j’espère que ses sentiments et sa détermination à vouloir me sauver vont le mener jusqu’ici pour nous secourir. Il n’y a pas d’autres solutions, il n’y a plus que le destin qui nous a mis une fois sur la même route et espérer qu’il recommence.

     

    Maryrhage

  • Instinct - tome 1 - Chapitre 16 - Nikita


     

     

    Le calme règne dans la voiture qui nous conduit dans le New Jersey. Keme conduit, fidèle à lui-même il ne dit rien et se contente de faire ce qu’on attend de lui, Elya à mes côtés ne dit rien non plus. Je me penche vers elle et lui enlève le bandeau que j’ai mis sur ses yeux pour quitter la maison. Elle les frotte une fois le tissu tombés puis regarde autour d’elle avant de m’observer.

    Elle ne veut toujours pas me parler, elle ne veut toujours rien dire sur son passé et ce qui lui fait peur. Je ne peux rien faire de plus pour elle et ça m’énerve.

    Nous sommes bientôt arrivés et je sais parfaitement que rien ne changera sa décision. Elle est obstinée, j’ignore pourquoi mais quoi que je dise ou fasse elle continuera de se taire.

    Je me calle contre la vitre et regarde la nuit nous entourer. Stones a facilement pu trouver un endroit pour elle. Je ne lui ai pas demandé où exactement, savoir que c’est au Mexique est déjà trop, je pourrais le retrouver avec cette simple information et une fois qu’elle sera hors de ma vie, je veux que ce soit définitif. Pour son bien, pour notre sécurité et pour que tout redevienne comme avant. Avant qu’elle débarque et mette ma vie sans dessus dessous.

    Keme entre dans le petit aéroport qui va l’emmener loin de moi. Je sens une main saisir la mienne, je ne me tourne pas, je me contente de la serrer.

    Je ne veux pas qu’elle parte, mais sans savoir contre quoi se battre, je ne peux pas faire autrement. Cette histoire est en train de me briser le cœur. Elya me brise le cœur. Son manque de confiance en moi m’insupporte parce que je ne le comprends pas.

    Keme se gare près d’un petit avion en bas duquel Stones et ses hommes sont là. Il me jette un coup d’œil dans le rétro, je lui fais signe de nous laisser quelques secondes. Il descend puis je me tourne vers Elya, qui n’a pas lâché ma main.

    — C’est ta dernière chance, je lance.

    Elle me sourit en se tournant dans ma direction pour s’appuyer de profil contre le dossier du siège. Je sais déjà ce qu’elle va dire.

    — Je dois te dire merci…

    — Bordel Elya !

    — Merci Nik, pour tout.

    J’affronte son regard, il n’y a aucun regret, aucune déception juste de la fatalité. Elle qui ne voulait pas quitter New York à l’air d’avoir changer d’avis. Je ne la comprends plus, je n’arrive pas à la suivre et maintenant il est trop tard.

    Je relâche sa main et me frotte le visage, je tente de rester calme.

    — Dis-moi pourquoi tu fais ça, dis-le-moi maintenant que ça n’a plus d’importance, j’ai besoin de savoir.

    — Je t’aime, dit-elle dans un souffle, c’est tout ce qu’il y a à savoir.

    Je la soulève et l’assois sur moi à califourchon, son corps vient se blottir contre le mien.

    — Ne dis pas ça.

    Elya se dégage de ma poitrine pour me regarder. Elle n’a pas le droit de me dire qu’elle m’aime si c’est pour partir. Elle va prendre ce foutu avion et s’envoler loin de moi. Elle me donne une raison de plus de connaitre sa vérité. Pourquoi je n’arrive pas à me résigner ? Pourquoi je ne peux pas la laisser partir sans comprendre, sans donner une raison valable à ce qu’elle s’en aille loin de moi ?

    Sa main se pose sur ma joue, son visage près du mien je vois les larmes dans ses yeux bruns.

    — Ne fais pas ça…je murmure contre ses lèvres.

    Sa bouche se pose sur la mienne, avec tellement de tendresse que ça me bouleverse. Moi, la montagne de muscles, l’homme à la cicatrice de monstre, celui qui ne savais même plus que son cœur pouvait battre pour quelqu’un est en train de se faire terrasser par cette femme dont j’ignore toujours le nom.

    — C’était étrange, elle reprend, mais c’était bien, Nikita. Et si je n’avais pas retrouvé la mémoire ce serait différent, ce serait toi que je voudrais, mais pas comme ça Nik. Je ne peux pas, comprends-le s’il te plait, ne m’en veux pas.

    Je ferme les yeux en saisissant son poignet, sa main toujours sur ma joue, j’appuie mon front sur le sien. Elle me demande l’impossible, elle me demande de rester dans l’ignorance et de la laisser faire, la laisser fuir sans vouloir changer les choses.

    — Tu me demandes l’impossible.

    J’attrape sa nuque et presse mes lèvres sur les siennes, je l’embrase une dernière fois avec rage. Je voudrais trouver le moyen de la faire changer d’avis, pouvoir appuyer là où elle me dirait ce qui l’empêche de me faire confiance mais je sais que ça ne changera rien. Elle a pris sa décision et je vais devoir vivre avec.

    Je la relâche et sans la regarder je sors de la voiture. J’avance jusqu’à Stones.

    — Nik, dit-il joyeusement en me prenant dans ses bras.

    Stones est un ami de mon père, peut-être a-t-il était son seul ami. Il est la personne qui nous trouve les contrats, il recèle la marchandise si on opère sans commanditaire et se remplis les poches sur notre dos. Il connait tout le monde dans le milieu, il est la vitrine de ce commerce parallèle, celui qui côtoie ouvertement les grands de ce monde. Il sait vers qui se tourner et je sais qu’Elya sera en sécurité avec lui. Stones est quelqu’un de bien.

    — Salut, Stones, je réponds en me dégageant de ses bras.

    Il m’observe en souriant, son visage rond et dégarnis sur le dessus lui donne une allure aimable mais il peut être un ennemi redoutable si on se joue de lui.

    Elya s’approche à son tour, je les vois s’observer puis je fais les présentations.

    — Alors c’est vous l’extraction d‘urgence ? demande Stones. Je suis plus habitué à voyager avec des œuvres d’arts, mais je fais volonté une exception pour un si jolie brin de fille.

    Elya sourit sans grande conviction. Stones a accepté de nous aider sans même demander pourquoi. Il sait que je ne l’appel qu’en cas de nécessité et que si je réclame son aide, c’est que la situation l’exige.

    Je fais signe à Elya de monter dans l’avion, elle observe l’appareil puis son regard se pose sur moi. Elle me demande de comprendre et de lui pardonner mais je n’en ai pas envie. Ce que je vois c’est qu’elle abandonne, qu’elle agit stupidement alors qu’elle vient de m’avouer qu’elle m’aime. Comment peut-on quitter quelqu’un qu’on aime réellement ? Rien n’a de sens et la voir monter les marches me confirme que je suis en train de la perdre, définitivement. La douleur dans ma poitrine se réveille, elle me demande d’agir, de faire quelque chose pour la garder près de moi, mais je ne peux pas. Je ne peux pas trahir ma promesse faites à Keme sans raison valable et elle ne veut pas me les donner.

    — Ça va aller, mon grand ? me demande Stones en posant lourdement sa grosse paluche sur mon épaule.

    — Ouais, fais attention à elle surtout, je réponds difficilement.

    — Ne t’en fais pas, elle est en sécurité avec moi.

    J’en suis conscient mais ce n’est pas suffisant. J’ai confiance en lui mais il n’est pas moi. Il aura beau faire de son mieux, ce ne sera jamais suffisant, ce ne sera pas comme si c’était moi. Je détourne el regard, Stones salut Keme et monte à son tour dans l’avion. Mon cœur martèle ma poitrine à vive allure, quelque chose me dit que je fais la plus grosse erreur de toute ma vie. Pourtant je en bouge pas, je ne fais rien, il n’y a plus rien à faire.

    Les moteurs de l’avion se mettent en marche, je quitte la piste pour rejoindre Keme dans la voiture. Nous quittons l’aéroport pour rentrer à New York et j’ai envie de tout envoyer se faire foutre.

    — Tu as pris la bonne décision.

    Je me tourne vers Keme au volant, semblable à lui-même aussi froid qu’un glaçon, i en prend pas la peine de jouer avec moi, il ne tente pas de me faire croire que quelque chose dans ce monde pourrait le toucher. Comment il pourrait comprendre ce que je ressens pour cette femme, combien ça fait mal de devoir l’abandonné ?

    — Je suis en train de t’envier.

    Je ferme les yeux en pensant que je touche le fond. Keme se met à rire légèrement.

    — Tu ne sais pas ce que tu dis.

    Il me jette un regard aussi tordu qu’il l’est. Je me demande s’il souffre de son état, s’il est capable de se sentir différent, d’éprouver quelque chose vis-à-vis de ça mais quand il me sourit bêtement je me dis que c’est impossible.

    Le silence revient, els kilomètres défilent, je ne prête attention à rien, je cherche encore à quel moment je me suis laissé embarqué par Elya. A quel moment mon cœur s’est ouvert pour elle et à quel moment j’ai pu y croire. Ce n’était pas prévus ainsi, elle aurait dû recouvrer sa santé et disparaitre, mais je n’aurais pas dû tomber amoureux d’elle. Pourtant depuis le début rien ne marche dans le sens prévu. Et j’en paye le prix aujourd’hui. A écouter son cœur, on finit toujours par en souffrir, je le comprends douloureusement.

    Le portable de Keme posé sur le tableau de bord se met à sonner. Je le récupère puisqu’il conduit, c’est Lane.

    — Oui ? je réponds en décrochant.

    — Nik ? Ou êtes vous ?

    — On rentre, pourquoi ?

    Il a l’air à cran, un peu trop excité.

    — J’ai du nouveau, je sais qui elle est.

    Le silence s’installe entre nous, j’attends le cœur battant qu’ils reprennent et me dise ce qu’il a découvert.

    — Bordel Lane, depuis quand il faut te tirer les vers du nez !

    — Ne la laisse pas partir Nik.

    — Quoi ?

    Je ne comprends rien de ce qu’il raconte et le stress commence à m’envahir.

    — Elle est morte si tu la laisse s’envoler avec Stones, il la retrouvera.

    — Putain Lane, dis-moi ce que tu as trouvé.

    Il se lance enfin et me donne les explications que j’attendais le souffle court. Je fais signe à Keme de faire demi-tour et d’accélérer alors que je continue d’entendre la vie d’Elya raconté par Lane. Elya qui est en réalité Emy, la femme de Brent.

     

     

    ***

     

     

    Je reste prostré à regarder les cadavres sur le tarmac, à essayer d’assembler toutes les pièces de ce puzzle qui n’a pas encore tout son sens. Nous sommes revenus sur nos pas avec Keme et on a bien fait. Lane avait raison, je n’aurais pas dû la laisser avec Stones. La culpabilité m’envahit, tout comme la peur.

    Qu’est-ce que j’ai fait ?

    — Elle doit détenir quelque chose qu’il veut, sinon son corps serait sur ce sol.

    Je lève les yeux sur Keme, accroupis près du cadavre d’un des hommes de Stones et je déraille. Je me jette sur lui, mes poings font le reste sur sa tête. Je frappe, parce que toute cette merdre c’est à cause de lui ! A cause de son incapacité à ne pas vouloir tuer tous les étrangers qui croisent nos routes. Elya n’était pas un problème ! Elle ne l’a jamais été ! Et maintenant elle est en danger par sa faute !

    Je continue de le frapper, mes poings me font mal, Keme crache du sang mais je m’en fous, je ne m’arrête pas. Je pense à Elya, a la peur qu’elle doit avoir à ce moment même, à moi qui l’ait abandonné pour lui, pour cette promesse qui va couter la vie de la femme que j’aime.

    Keme réussit à me faire basculer sur le sol, alors que mes forces diminue, il me maitrise en montant sur moi, tout en maintenant mes poignets au-dessus de ma tête.

    — Arrête, avant de le regretter, il lance, son regard noir sans pitié plongé dans le mien.

    Je me débats et lorsque mes hanches heurtent son entre jambe, je sens parfaitement qu’il bande. Je me fige, la colère en moi devient plus forte de voir que tout ça l’excite. Je le repousse méchamment et me relève sur mes jambes.

    — Si elle meurt, j’aurais ta peau Keme et je prendrais autant de plaisir que tu en éprouves quand tu enlèves une vie.

    Il essuie sa lèvres ouverte d’un revers de manche puis il me sourit.

    — Tu ne devrais pas faire de promesses que tu es incapable de tenir Nikita. Que ce soit pour elle, ou pour moi. Je n’y suis pour rien si elle est dans la merde, elle l’était déjà quand tu l’as trouvé.

    Je lui lance un regard glacial en sachant qu’il a raison mais j’aurais pu la protéger si je l’avais gardé avec moi et ça, c’est sa faute.

    — Maintenant, arrêtons de perdre du temps en discussion inutile, si tu tiens à la retrouver en vie, il faut agir maintenant.

    Il a raison, je dois me reprendre et pour le moment me focaliser sur les recherches. J’inspire plusieurs fois en essayant de clamer mon corps qui sent le danger trop proche. Je tourne en rond en regardant les corps au sol.

    — Stones ne nous a pas trahis, j’affirme.

    — Tout porte à croire que c’est le contraire.

    — Ils sont six, ils étaient sept.

    Keme regarde autour de lui avant d’hocher la tête. C’est une déformation professionnelle, partout où je vais, je compte le nombre de personnes présents, mon cerveau note les entrés et les sortis tout comme les obstacles tels que les hommes. Et tout à l’heure quand je suis sortie de la voiture, j’ai compté les hommes et leur puissance de frappes.

    — Effectivement pourquoi s’emmerder avec un homme de main alors que les autres sont sur le carreaux. C’est donc lui le traitre, un des hommes de Stones.

    C’est ce que je pense aussi, sinon il serait allongé sur ce sol avec ses collègues.

    — Il a dû prévenir Brent de notre rendez-vous, ce lâche a attendue qu’on quitte les lieux pour agir et prendre Elya et Stones.

    — Qu’est-ce qu’il lui veut ? questionne Keme.

    — Le bébé.

    — Dans l’état où on l’a trouvé ça m’étonnerait qu’il s’inquiète pour ce gamin.

    C’est vrai, rouer une femme enceinte de coup lui donne très peu de chances de garder son enfant. Je ne comprends pas ce qu’il cherche avec Elya. C’est peut-être sa femme mais il n’a pas l’air de tenir à elle, alors pourquoi ?

    — Elle a forcément quelque chose contre lui pour qu’il prenne la peine de venir la chercher ici, alors qu’il aurait pu la faire tuer.

    Je suis d‘accord, mais qu’est ce qu’elle a qui lui fait peur à ce point ? Qu’est ce qui s‘est passé le soir ou je l’ai rencontré ? Pourquoi l’a-t-il presque tué pour ensuite la laisser s’enfuir ? Le mystère s’éclaircit et pourtant les zones d’ombres persistent et m’empêche encore de comprendre ce que cache Elya.

     

    Maryrhage

     

     

  • Instinct #Tome1 - Chapitre 15 - Elya


     

    Je dois partir. Vite. Je tremble en arpentant la chambre de Nik tout en réfléchissant à un moyen de m’enfuir. Il n’y en a pas, Nik ne laisse rien au hasard et face à lui je ne fais pas le poids.

    Le bébé s’agite dans mon ventre, j’essaye de me calmer, de ne pas lui transmettre ma nervosité, mais je suis morte de trouille.

    C’était Deva sur la photo. Deva, mon amie.

    Je ferme les yeux, les flashbacks reviennent comme quand j’ai vu son visage souriant sur le papier. J’ignore comment Nik en est venue à penser que je pouvais être elle, mais il vient de se mettre en danger par ma faute. Je dois partir d’ici avant qu’on me retrouve et que quelqu’un finisse le travail commencé.

    Tout est revenue, j’ai vu ma vie défiler par des centaines d’images accompagnées de sensations alors que je fixais cette photo. Mes souvenirs, qui je suis, ma vie ne m’est plus inconnue. Certaines choses sont encore floues, mais je sais qui je suis, je sais ce qu’il m’est arrivé et j’en tremble encore de peur. Et puis la douleur et la perte. Je presse mon ventre, je ne tiens pas en place, je suis sur les nerfs de ce débordement d’émotions. Tout me traverse en même temps et c’est trop pour moi.

    Je dois partir. C’est la priorité. Si Nik se met en relation avec ses contacts pour me faire quitter le pays, je suis morte. Brent ne tardera pas à apprendre que je suis encore en vie et il finira le travail.

    Mes pensées s’embrouillent, mon cerveau inerte jusqu’à aujourd’hui carbure à milles pourcent, tout se mélange et je n’arrive pas à faire le tri, à me calmer et à essayer de trouver un moyen de me sortir d’ici. Je dois me calmer, je dois évaluer la situation avec sang-froid.

    Je me dirige vers le lit et me laisse tomber dessus, je fixe le mur de tableau en respirant calmement. Tous ces tableaux dont je connais l’histoire. Je souris en sachant pourquoi à présent.

    Le bébé donne un coup et me fait sortir de mes pensées, je passe ma main sur mon ventre, les larmes montent en pensant à son père, je me laisse submerger quelques instants par ce sentiment de perte qui m’inonde. Comment tout a pu dégénérer à ce point ? Pourquoi je l’ai laissé faire ? J’aurais dû voir qu’il se passait quelque chose de grave, j’aurais dû le sentir.

    Je n’ai rien fait pour le sauver, de lui-même et de ses conneries qui lui ont couté la vie.

     

     

    ***

     

     

    Deux jours plus tard,

     

    La porte s’ouvre, Nik apparait, il se poste devant le lit, les bras croisées sur sa poitrine puissante, il m’observe sans rien dire. Il ne dit rien depuis l’autre soir et je ne cherche pas à entrer en contact avec lui. C’est déjà compliqué de me confronter à son regard, à sa douleur qu’il aimerait cacher, mais que je vois parfaitement. Il est en colère contre moi, contre mon silence, seulement ce silence, il permet de le protéger. Il permet de ne pas le mêler plus qu’il ne l’est déjà à mes problèmes.

    Le sort a voulu que je tombe sur lui ce soir-là, un homme qui fait partie de ce monde, de celui des trafiquants d’arts, de ceux qui ont tué Ian. Je ne veux pas que Nik subisse le même sort, je ne veux pas perdre quelqu’un d’autre, je veux juste partir et tenter par moi-même d’affronter ce problème.

    On se dévisage, je me dis que la chance à jouer contre lui, qu’avoir agi avec son cœur l’a mis en danger alors qu’il ne le mérite pas. Mon cœur se serre ne le regardant, en comprenant sa colère, il a tenté de me faire confiance, il a laissé son mur tomber et je suis en train de le trahir. Mais je n’ai pas le choix et peut être qu’un jour il le comprendra.

    — Est-ce que tu comptes me parler, maintenant ?

    Son ton montre son mécontentement, je me lève du lit et en fait le tour pour être en face de lui. Son visage se baisse pour maintenir ce lien par nos regards. Ça fait mal d’être là, devant lui et de devoir lui cacher des choses, de devoir le mettre de côté alors qu’il a fait son possible pour me venir en aide, qu’il m’a protégé. Lane a raison, Nik est quelqu’un de bien. Il est humain sous cette carapace que son physique et ses peurs infligent, il y a ce cœur qui ne demande qu’à battre de nouveau et à se laisser aller. Il l’a fait avec moi, il s’est ouvert et je suis en train de le trahir.

    J’ai envie de me jeter dans ses bras, de les sentir se refermer sur moi et me sentir en sécurité. Même quand je ne savais rien de moi, dès que son corps était contre le mien, j’avais ce sentiment que rien ne pouvait m’arriver, j’aimerais que ce soit encore le cas, j’aimerais qu’il me réchauffe de sa présence et qu’on puisse avancer ensemble. Mais c’est impossible, je n’ai pas le droit de risquer sa vie, d’être égoïste et de le mettre en danger pour des problèmes dont il n’est pas la cause.

    — Très bien, reprend Nik, c’était ta dernière chance.

    Il se retourne part en direction de l’armoire, en sort un sac et commence à le remplir par le peu de vêtements que je possède grâce à lui.

    — Qu’est-ce que tu fais ? je demande en m’approchant.

    Il termine le sac, le ferme puis se retourne. Je l’observe le cœur battant.

    — Tu pars, aujourd’hui.

    — Où ?

    — Mexique.

    — Non !

    Il gagne la salle de bain sans même prendre en compte ma décision. Je le suis, bien décidé à le faire changer d’avis.

    — Nik, je ne peux pas aller au Mexique.

    Il attrape tout ce qui traine de produits et le fourre dans la poche avant du sac.

    — Pourquoi ?

    Sa colère est bien présente, dans ce simple petit mot il me fait passer tout sa hargne sur mon manque de confiance. Ce n’est pas le problème, j’ai confiance en lui, seulement ceux qui veulent ma peau, voudront la sienne aussi.

    Je ne réponds rien et détourne le regard.

    Je le sens s’approcher, la seconde d’après son corps puissant est contre le mien. Je lève le visage dans sa direction, je croise ce regard intense, ce vert si clair qui me fait frissonner. Sa main se pose sur ma joue, il la caresse doucement et j’aperçois de nouveau son cœur.

    — Pourquoi tu ne me fais pas confiance ? Je peux te protéger Elya, je peux t’aider, je l’ai fait jusque-là.

    Je sais qu’il en est capable, je sais que je pourrais lui confier ce qui m’a conduit à lui et qu’il m’aiderait, mais il se mettrait en danger. Il risquerait sa vie pour la mienne, et celle de ses amis tout comme sa liberté.

    Je pose ma main sur la sienne en appuyant ma joue dessus, je ferme les yeux en appréciant cette caresse. J’entends Nik soupirer, je sens son corps se rapprocher encore, je perçois sa chaleur et sa force. Et je comprends. Je comprends ce qu’il a voulue obtenir quand on a fait l’amour et qu’il a cru que c’était la dernière fois. Mes yeux s’ouvrent, je croise son regard brulant en embrassant sa paume puis je me hisse sur la pointe des pieds pour prendre ses lèvres. Il ne bouge pas, il me laisse faire, mais je sens qu’il lutte contre cette envie, ce besoin inexplicable entre nous, celui qui l’a conduit à m’emmener ici, celui qui m’a fait tomber dans ses bras.

    — Nik, je murmure contre ses lèvres.

    Sa respiration s’accélère, ses yeux se ferment, sa tête s’agite dans un non silencieux, et la tension dans son corps s’intensifie, tout comme le désir dans le mien. J’ai envie de lui, une dernière fois, tant que nous sommes tous les deux en sécurité dans sa maison.

    Sa main se pose sur ma joue, il me regarde avec tellement de passion et de douleur que j’en ai le souffle coupé. Puis ses lèvres cessent de réfléchir, sa bouche vient ravager la mienne et réveil le feu en moi. Ce feu qu’il a allumé depuis notre rencontre et je sais à présent qu’aucun homme ne m’a touché ainsi. Je souris en passant ma langue sur ses lèvres, je ne suis pas adepte du SM, je n’ai même jamais rencontré d’hommes qui me donne envie d’être une proie comme Nik me le fait ressentir. Ma sexualité est banale, elle était banale, avant lui.

    Je m’accroche à ses épaules, le sac tombe au sol, Nike m soulève contre lui, mes jambes nues s‘enroulent autour de sa taille et sa force m’enveloppe. Ses mains parcourent mon dos, mes fesses qu’il presse contre lui, contre son érection que je meurs d’envie de sentir en moi.

    Il nous pousse jusqu’au mur, mon dos s’y appuie, sa bouche relâche la mienne et dévore mon cou. Je gémis en sentant ses lèvres aspirer ma peau, ses dents me mordre et la passion qui se déchaine en lui. Je tire sur son t-shirt, qu’il enlève rapidement suivie du mien et à mon tour je m’attaque à sa peau. J’ai envie de le marquer, de laisser des traces sur son corps, pour qu’il ne m’oublie pas. Nos corps brulant se retrouvent, la chaleur de sa peau, la rudesse de ses caresses m’excitent de plus en plus. Je me frotte à lui, à la recherche de ce contact que mon entrejambe meurt d’envie de retrouver. Nik déchire ma culotte, celle qu’il m’a offerte et ses doigts viennent me caresser.

    Ma tête part en arrière, heurter le mur, sa bouche en profite pour lécher ma gorge, pendant que ses doigts trouvent mon clitoris.

    Il me relâche, mes pieds touchent le sol de nouveau, je manque de perdre l’équilibre mais Nik m retient. Il s’agenouille devant moi, relève ma cuisse sur son épaule et ses doigts reviennent là où je les veux. Je gémis en avançant mon bassin, j’en veux plus. Nik donne un coup de langue entre mes lèvres qui me fait trembler. Il recommence encore et encore jusqu’à ce que mon corps se transforme en une boule de désir, concentré sur sa bouche. Je baisse les yeux, je croise les siens, lorsque ses doigts s’aventurent plus loin et que je les sens me pénétrer avec force.

    Un crie m’échappe, la langue de Nik revient sur mon clitoris et je me laisse aller aux sensations qui m’envahissent. La caresse chaude de ses lèvres, l’empalement de ses doigts en moi et le torrent de plaisir qui nait dans mon ventre. C’est bon, c’est tellement bon ce qu’il me fait. Il ne s’arrête pas, il continue sa lente torture, cette douce agonie qui va me conduire à l’orgasme. Ma main accroche sa tête et je le presse plus fort contre mon intimité brulante. Nik alterne, tantôt ses doigts son sur mon clitoris et sa langue me pénètre, tantôt l’inverse. Je l’entends grogner quand je gémis plus fort, quand sa bouche m’aspire, quand ses dents me mordillent et lorsque ses doigts se courbent en moi pour trouver ce point qui me fait définitivement perdre pied. Nik continue de me pousser au plaisir ultime que je sens bouillonner dans mon ventre. Puis il se redresse, ses doigts toujours en moi, son corps puissant surplombe de nouveau le mien. Il n’attend pas, sa bouche s’abat sur la mienne et me ravage comme il a ravagé mon sexe. Mon gout sur sa langue me rend folle. Je m’accroche à ses épaules larges, Nik mord ma lèvre et me relâche, son souffle brulant contre ma bouche.

    — Dit mon nom, il gronde, quand tu vas jouir je veux t’entendre dire mon nom.

    — Nik, je gémis.

    Ses doigts vont et viennent en moi, son pouce caresse mon clitoris et je sens que je vais partir.

    — Non, dit-il, mon vrai nom.

    Je le dévisage, ce regard brulant me fait frissonner, ses doigts s’enfoncent plus fort.

    — Nikita, il reprend, dis le Elya, dis mon nom.

    Son ton autoritaire, sa voix brisée par l’envie et ses doigts qui n’arrêtent pas ont raison de moi, je crie son nom, son vrai nom en laissant la vague de plaisir envahir mes sens. Je suis traversée par ce courant puissant, Nik reprend mes lèvres et mes paroles meurent dans sa bouche, il prolonge mon plaisir en me soutenant de son bras libre. Je suis parcouru de spasmes qui emprisonnent ses doigts en moi, son odeur, son corps, sa peau me font perdre la tête.

    Puis la vague s’adoucit. Je reste accroché à Nik, ses doigts s’éloignent et son corps vient me presser contre lui. Je tente de défaire la ceinture de son jean en sentant son érection prête à me combler de nouveau, mais il m’arrête.

    — Parle-moi, dis-moi qui tu es.

    Je baisse les yeux, mes mains quittent son corps, je le sens se raidir puis s’éloigner. Le froid m’envahit après la chaleur brulante qu’il a fait naitre en moi, il m’abandonne.

    — Nikita…

    Ses yeux encrés dans les miens, je me répète que c’est son vrai nom. Je souris, ça lui va bien, c’est assez létal comme lui. Pourquoi faut-il parler maintenant ? Pourquoi il cherche encore ce que je ne lui donnerait pas ?

    — C’est ta dernière chance, il reprend d’un ton dur, parle-moi.

    Je me baisse et récupère mon t-shirt que je remets sur ma peau frissonnante de sueur. Je ne peux pas lui dire, je ne peux rien lui dire, il ne restera pas sans rien faire.

    — Ton nom ?

    Je m’avance vers lui, il est encore torse nu, mes doigts glissent sur sa poitrine solide, sur sa peau en sueur, je sens les battements de son cœur rapide. Je ne réponds pas, je ne peux pas.

    Nik perd patience, il récupère à son tour son t-hsirt et se rhabille, je note la bosse de son jean qui n’a pas disparu. Il récupère le sac et sort de la salle de bain d’un pas rapide. Je me demande comment on peut passer de ce genre de passion à de la colère à chaque fois, à des regrets et des reproches.

    — Habille-toi, on part au Mexique.

    Je reste devant le miroir à m’observer, à me reconnaitre. Je sais qui je suis, je sais que mes choix sont incompréhensibles pour lui, mais ce sont les seuls que je puisse faire. J’ai déjà trop perdue, je préfère qu’il m’en veuille, qu’il soit en colère contre moi que mort.

     

    Maryrhage